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Marcus Fabius Vibulanus (consul en 442 av. jc)

samedi 18 septembre 2021, par ljallamion

Marcus Fabius Vibulanus (consul en 442 av. jc)

Homme politique romain

Emblème de la République romaine.Tribun militaire [1] à pouvoir consulaire en 433 av. jc.

Il est membre des Fabii Vibulani [2], branche de la gens des Fabii [3] qui, selon Tite-Live, a failli disparaître après la bataille du Crémère [4] en 477 av. jc où a péri son grand-père Marcus Fabius Vibulanus . Son père Quintus Fabius Vibulanus , trop jeune, n’a pas participé à la bataille et la gens Fabia a pu survivre.

Marcus a 2 frères, Numerius Fabius Vibulanus , consul en 421 av. jc et tribun consulaire [5] en 415 et 407 av. jc, et Quintus Fabius Vibulanus Ambustus , consul en 423 av. jc et tribun consulaire en 416 et 414 av. jc.

Il a 3 fils : Quintus Fabius Ambustus, consul en 412 av. jc et tribun consulaire en 390 av. jc, Numerius Fabius Ambustus, tribun consulaire en 406 et 390 av. jc et Cnaeus Fabius Ambustus, tribun consulaire en 404, 401, 395 et 390 av. jc.

Il est peut-être élu consul au cours de l’année 457 av. jc, avec Lucius Quinctius Cincinnatus . Ces deux consuls ne sont mentionnés que par Diodore de Sicile. Ce dernier les insère entre les consuls de 457, Caius Horatius Pulvillus et Quintus Minucius et ceux de 456 Marcus Valerius Maximus Lactuca et Spurius Verginius Tricostus Caeliomontanus . Cette année-là, les tribuns de la plèbe [6] Aulus Verginius et Marcus Volscius Fictor font voter une loi qui passe à 10 le nombre de tribuns élus chaque année.

Il est élu consul avec Postumius Aebutius Helva Cornicen pour l’année 442 av. jc. Durant son consulat, il prend des mesures, via un sénatus-consulte [7], pour installer une colonie latine à Ardea [8] afin de repeupler la région et de l’aider à se défendre contre les Volsques [9] après que les dissensions civiles ont réduit de beaucoup la population. Les “Triumviri coloniae deducendae” Agrippa Menenius , Titus Cloelius Siculus et Marcus Aebutius sont chargés de superviser la répartition des terres.

En 437 av. jc, Vibulanus participe à la guerre contre Véies [10] en tant que lieutenant sous les ordres du dictateur [11] Mamercus Aemilius Mamercinus nommé après la bataille près de l’Anio qui a entraîné de lourdes pertes. Mamercinus mène les troupes romaines sur la plaine au sud de Fidènes [12] dont les Romains et les Étrusques [13] se disputent la domination.

Vibulanus est chargé de garder le camp tandis que le gros des troupes part affronter les Étrusques. Lars Tolumnius , roi de Véies, envoie un contingent contourner le champ de bataille pour prendre le camp d’assaut durant les combats mais Vibulanus opère une sortie et met le détachement en fuite. La bataille est remportée par les Romains. Mamercinus obtient l’honneur de célébrer un triomphe à son retour à Rome.

En 433 av. jc, il devient tribun militaire à pouvoir consulaire avec Marcus Folius Flaccinator et Lucius Sergius Fidenas , tous les trois patriciens. Cette année-là est marquée par l’apparition d’une épidémie de peste à Rome. Un temple est voué à Apollon dans l’espoir de limiter l’épidémie mais les pertes en hommes et en bétails sont importantes. Le temple est construit 2 ans plus tard et dédié à Apollo Medicus.

Les pertes sont telles que les Romains craignent une famine étant donné que les champs ne sont plus cultivés. Ils décident alors d’envoyer des ambassadeurs en Étrurie, dans la Plaine pontine [14], à Cumes [15] et en Sicile [16] pour tenter d’obtenir du blé.

Deux ans plus tard, en 431 av. jc, Vibulanus est lieutenant sous les ordres du dictateur Aulus Postumius Tubertus dans la guerre contre les Volsques et les Èques [17]. Ces derniers sont vaincus près du mont Algide [18], victoire pour laquelle Aulus Postumius célèbre un triomphe

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Filippo Coarelli, Rome and environs : an archaeological guide, University of California Press, 2007, 555 p. (ISBN 978-0-520-07961-8)

Notes

[1] Le tribun militaire est un officier supérieur qui sert dans la légion romaine sous la Rome antique. Sous le Haut Empire, le poste de tribun militaire reste une étape dans les débuts de carrière publique, rendue obligatoire par Auguste pour le cursus honorum tandis que son accès par la voie électorale tombe en désuétude. Il semble que l’empereur, en tant qu’imperator se réserve les nominations

[2] Les Fabii Vibulani et Fabii Ambusti sont des patriciens romains membres d’une branche de la gens Fabia. Ils occupent de hautes magistratures au cours des 5ème et 4ème siècles av. jc. À l’origine, ils portent le cognomen Vibulanus mais durant le dernier quart du 5ème siècle av. jc apparaît le cognomen Ambustus qui finit par définitivement supplanter le cognomen Vibulanus. Ambustus signifie « brûlé, roussi ».

[3] Les Fabii sont les membres de la gens Fabia, une illustre famille de la Rome antique qui prétend descendre d’Hercule par une fille d’Évandre.

[4] La bataille de Crémère oppose une armée réunie par la gens romaine des Fabii aux forces de Véies, en 477 av. jc, sur les rives de la rivière Crémère, lors de la première guerre entre la République romaine et Véies. L’engagement se solde par un désastre pour les Fabii, la clades Cremerensis.

[5] Un tribun militaire à pouvoir consulaire est un magistrat romain disposant d’un niveau d’imperium presque équivalent aux consuls qu’il remplace de façon irrégulière au début de la République romaine, entre 444 et 367 av. jc. Après cette date, le tribunat consulaire est définitivement abandonné.

[6] Dans la Rome antique, les tribuns de la plèbe sont les représentants de la plèbe, élus pour une durée d’un an par le concile plébéien.

[7] Un sénatus-consulte ou senatus consultum est un texte émanant du sénat : un simple avis du sénat romain durant l’Antiquité ou ayant force de loi sous le consulat et les deux empires napoléoniens.

[8] Ardea (en français Ardée) est une ville italienne, située dans la ville métropolitaine de dans la région Latium en Italie centrale.

[9] Les Volsques appartiennent aux anciens peuples italiques installés dans le sud du Latium. Leur nom avec sa terminaison en « -cus » les classe avec les autres tribus dont le nom se termine en « -cus », comme les Herniques, qui sembleraient être les premiers habitants indo-européens de la côte occidentale de l’Italie

[10] Puissante cité étrusque située à la frontière sud de l Étrurie, dans la campagne falisque, à 16 km au nord de Rome sur le territoire de la commune de Formello. Elle était considérée comme la plus riche des villes de la Ligue étrusque.

[11] Le dictateur est, durant la République romaine, un magistrat extraordinaire qui détient les pleins pouvoirs (imperium) pour un mandat qui ne peut, à l’origine, excéder six mois. Selon la tradition, le titre a été institué en 501 av. jc pour répondre à une situation d’urgence militaire, mais un magister populi (littéralement « maître du peuple ») existe déjà sous la Royauté romaine.

[12] Fidènes était une colonie étrusque dépendant de Véies qui fut occupée par les Romains. Ses habitants sont nommés les Fidénates. La cité se situait à environ 8 km au nord de Rome sur la Via Salaria, qui reliait Rome au Tibre. Fidènes contrôlait ainsi un gué du Tibre à 10 km environ en amont de Rome, ce qui en faisait une position stratégique importante sur la Via Salaria vers les montagnes, et sur les liaisons entre l’Étrurie et le Latium. Le Tibre étant également considéré comme la frontière entre l’Etrurie et le Latium, l’extension sur la rive ouest de Fidènes représente une extension de la présence étrusque dans le Latium. Pendant longtemps, ce fut le premier centre latin de la frontière septentrionale du territoire romain, qui restait néanmoins soumis à l’influence de la cité étrusque de Véies. La ville finit par tomber définitivement dans l’orbite romaine lors de la prise de la ville par ces derniers et quelques auteurs antiques mentionnent qu’à cette époque, la cité était presque déserte. Puis, la ville obtient et conserve la fonction de centre administratif du territoire comme Municipium romain.

[13] Les Étrusques sont un peuple qui vivait depuis l’âge du fer en Étrurie, territoire correspondant à peu près à l’actuelle Toscane et au nord du Latium, soit le centre de la péninsule italienne, jusqu’à leur assimilation définitive comme citoyens de la République romaine, au 1er siècle av. jc, après le vote de la Lex Iulia en 90 av. jc pendant la guerre sociale.

[14] Les marais pontins sont une région marécageuse située en Italie centrale, dans la région du Latium, à environ 60 kilomètres au sud de Rome. Jusqu’aux travaux d’assèchement entrepris sous le régime fasciste, elle était réputée pour sa stérilité et ses miasmes.

[15] Cumes est une ancienne cité de la Grande-Grèce, située au bord du golfe de Gaète (mer Tyrrhénienne), à 12 km à l’ouest de Naples, en Campanie. C’est aujourd’hui une zone archéologique de première importance, qui présente des vestiges nombreux et variés, dont le plus illustre est l’antre de la Sibylle.

[16] La Sicile est la plus grande île méditerranéenne. Avec une superficie de 25 708 km², c’est la région la plus étendue de l’Italie et son territoire est constitué de neuf anciennes provinces à leur tour partagées en 390 municipalités. Elle est également la seule région italienne à compter 2 des 10 villes les plus peuplées du pays : Palerme et Catane. Son chef-lieu est Palerme.

[17] Les Èques, sont un peuple italique du nord-est du Latium antique et de l’Apennin central. Ils parlent une langue de la branche ombrienne des langues sabelliques. À partir de la fin du 6ème siècle av. jc et pendant le 5ème siècle av. jc, les Volsques et les Èques, deux peuples liés, envahissent le Latium lors de la migration plus générale des peuples sabelliens qui quittent les Apennins pour s’installer dans les plaines d’Italie. Ils occupent alors la partie supérieure de la vallée de l’Anio, du Tolerus (aujourd’hui le Sacco) et de l’Himella, torrent de l’Aia, dans la province de Rieti. À l’est, les cités latines d’importance les plus proches sont Préneste et Tibur. Au sud, les Herniques occupent la vallée du Tolerus. À l’est, sur l’autre rive de l’Anio, se situent les Marses et enfin, au nord, ce sont les terres sabines.

[18] Le mont Algide est une montagne située à 31 km au sud-est de Rome dans le Latium, ainsi nommée à cause de l’air froid qui y règne. Elle s’étend de Tusculum à Préneste. Il s’agit du rebord sud-est des monts Albains, constitué du mont Artemisio (812 m), du mont Peschio (925 m) et du Maschio d’Ariano (891 m). Le poète Horace place le mont Algide sous la protection de la déesse Diane