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Félix III

vendredi 10 juin 2016, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 2 septembre 2011).

Félix III

Aristocrate romain, Pape de 483 à 492

Félix III 48ème Pape de l'Église catholiqueFils du prêtre Félix, il fut bisaïeul du futur saint Grégoire le Grand. Veuf et père de famille, il est élu pape à la succession de Simplice le 13 mars 483.

Il arrive sur le trône de Pierre avec l’appui évident du roi des Hérules [1], Odoacre, mais la forte personnalité du pape parvient rapidement à faire oublier ce soutien embarrassant.

Il fut confronté rapidement d’ailleurs en 488 à l’invasion de l’Italie par Théodoric le Grand et à la chute de son ancien protecteur. En Afrique les Vandales [2], ariens [3], déclenchent une violente persécution contre les catholiques.

Mais c’est la rupture avec Constantinople qui occupa surtout son pontificat. En effet l’empereur Zénon, sous l’influence du patriarche de Constantinople Acacius, tenta d’apaiser le conflit monophysite [4] en publiant un texte “l’Henotikon”, supposé trouver un compromis entre monophysisme et catholicisme. Mais Félix III y décèle une trop forte influence du monophysisme et lance l’anathème en 484 contre Acace. Le patriarche réagit en rayant le nom de l’évêque de Rome des diptyques liturgiques, ce qui revient à l’excommunier.

Cette rupture durera jusqu’au règne de Justinien 1er, soit 35 ans environ. Il parvient cependant, avec l’aide de Zénon qui signe une trêve avec les Vandales, à mettre un terme aux persécutions contre les catholiques africains.

Il se trouve alors confronté au problème des catholiques devenus ariens sous les persécutions de Genséric et de son fils Hunéric et qui souhaitent redevenir catholiques. Ceux qui sont restés fermes dans leur croyance sous la persécution refusent ce retour et il doit envoyer une lettre aux évêques d’Afrique exposant sous quelles conditions ils peuvent recevoir dans l’Église ces “brebis égarées”. Il meurt à Rome le 1er mars 492.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de histoire de Félix III. - Pape/Encyclopédie universelle Imago Mundi

Notes

[1] Les Hérules sont un peuple germanique appartenant au groupe ostique, ou groupe des Germains dits « orientaux », issus de Scandinavie comme, entre autres, les Goths, les Gépides, les Vandales et les Burgondes. Peu connus, les Hérules apparaissent comme un peuple mineur mais furent souvent signalés dans les raids gothiques et notamment sur la Mer Noire, où ils se découvrent vite une vocation de pirates.

[2] Les Vandales sont un peuple germanique oriental. Ils conquirent successivement la Gaule, la Galice et la Bétique (sud de l’Espagne), l’Afrique du Nord et les îles de la Méditerranée occidentale lors des Grandes invasions, au 5ème siècle. Ils fondèrent également le « royaume vandale d’Afrique » (439–534) dont la capitale fut Carthage.

[3] L’arianisme est un courant de pensée théologique des débuts du christianisme, due à Arius, théologien alexandrin au début du 4ème siècle, et dont le point central concerne les positions respectives des concepts de « Dieu le père » et « son fils Jésus ». La pensée de l’arianisme affirme que si Dieu est divin, son Fils, lui, est d’abord humain, mais un humain disposant d’une part de divinité. Le premier concile de Nicée, convoqué par Constantin en 325, rejeta l’arianisme. Il fut dès lors qualifié d’hérésie par les chrétiens trinitaires, mais les controverses sur la double nature, divine et humaine, du Christ (Dieu fait homme), se prolongèrent pendant plus d’un demi-siècle. Les empereurs succédant à Constantin revinrent à l’arianisme et c’est à cette foi que se convertirent la plupart des peuples germaniques qui rejoignirent l’empire en tant que peuples fédérés. Les wisigoths d’Hispanie restèrent ariens jusqu’à la fin du 6ème siècle et les Lombards jusqu’à la moitié du 7ème siècle.

[4] Le monophysisme est une doctrine christologique apparue au 5ème siècle dans l’Empire byzantin en réaction au nestorianisme, et ardemment défendue par Eutychès et Dioscore d’Alexandrie. Elle affirme que le Fils n’a qu’une seule nature et qu’elle est divine, cette dernière ayant absorbé sa nature humaine.