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Guillaume V de Montferrat dit Guillaume l’ancien

lundi 23 novembre 2020, par ljallamion

Guillaume V de Montferrat dit Guillaume l’ancien (vers 1115-1191) Marquis de Montferrat de 1136 à sa mort

Issu de la famille des Alérame [1]. Guillaume est le fils unique du marquis Rénier 1er et de sa femme Gisèle de Bourgogne , fille de Guillaume 1er, comte de Bourgogne [2] et veuve du comte Humbert II de Savoie .

Il est probable qu’il soit l’un des plus jeunes enfants de ses parents, car il combattait encore en 1187.

Sa parenté est impressionnante : neveu du pape Calixte II, demi-frère d’ Amédée III de Savoie , beau-frère de Louis VI par sa demi-sœur Adèle de Savoie et cousin d’Alphonse VII de Castille.

Guillaume prend part à la seconde croisade [3], aux côtés de son demi-frère Amédée III, comte de Savoie, son neveu Louis VII le jeune, roi de France, de son beau-frère le comte Guy de Braindrate ou Guido III de Biandrate [4] et des parents germaniques et autrichiens de son épouse.

En tant que partisan de l’empereur connu plus tard comme les Gibelins [5], lui et ses fils combattent avec l’empereur Frédéric 1er Barberousse dans la longue lutte contre la Ligue lombarde [6].

Après la capitulation de l’empereur avec le traité de Venise en 1177, Guillaume doit régler seul le problème des villes rebelles. Manuel 1er Comnène demande en même temps le règlement du solde pour ses troupes engagées en Italie.

Guillaume rompt avec Barbarousse et s’allie avec Manuel. L’aîné de ses fils survivant, Conrad est capturé par l’archevêque Christian de Mayence, le chancelier de l’empereur, mais ce dernier est lui-même capturé par Guillaume de Montferrat à la bataille de Camerino [7].

En 1179 Manuel propose un mariage entre sa fille Marie Comnène (1152-1182) et l’un des fils de Guillaume.

Comme Conrad et Boniface étaient déjà mariés, c’est le fils cadet, Rénier qui épouse la princesse, de 10 ans plus âgée que lui. Rénier et Marie sont tués lors de l’usurpation d’ [8], et la famille se rapproche de nouveau de Frédéric Barberousse.

En 1183, avec le couronnement de son petit-fils mineur Baudouin V de Jérusalem, Guillaume, ayant au moins la soixantaine, confie le gouvernement de Montferrat à ses fils Conrad et Boniface et part en Terre sainte.

Il reçoit le château de Saint-Elie [9]. Il combat à la bataille de Hattin [10] le 4 juillet 1187, quand il est capturé par les soldats de Saladin.

À la même époque, Conrad, son second fils arrive à Tyr [11], met la ville en état de défense et met Saladin en échec. Ce dernier tente de le faire fléchir en lui montrant son père prisonnier et en lui promettant la vie sauve et la liberté en échange de la ville, mais le père et le fils refusent l’échange.

Saladin finit par le libérer en 1188 à Tortose, et Guillaume finit ses jours à Tyr, auprès de son fils. Il est probablement mort au cours de l’été 1191.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « William V, Marquess of Montferrat »

Notes

[1] Les Alérame, en italien les Aleramici, connus aussi sous le nom antique des Aleramidi, furent une importante famille féodale piémontaise dont les diverses branches gouvernèrent le Montferrat, Saluces, Savone et d’autres terres comprises entre la Ligurie et le Piémont.

[2] Le ou la comté de Bourgogne, appelé aussi Franche Comté de Bourgogne était un important comté fondé en 982 par le duc Henri Ier de Bourgogne pour son fils adoptif le comte Otte-Guillaume de Bourgogne. Ce comté est formé par la réunion des quatre circonscriptions administratives carolingiennes (pagi bourguignons) : l’Amous (région de la Saône, de l’Ognon et du Doubs), l’Escuens (région de Château-Chalon), le Portois (région de Port-sur-Saône) et le Varais (région enserrée dans le « M » que forme le tracé de la rivière le Doubs). A l’origine, son territoire correspondait approximativement à l’actuelle région de Franche-Comté sans le Territoire de Belfort et le Pays de Montbéliard. Il avait pour capitale Dole (château de Dole) et était gouverné du xe au xviie siècle par les comtes palatins de Bourgogne.

[3] La deuxième croisade commença en 1147 après avoir été lancée en décembre 1145 par le pape Eugène III à la suite de la chute d’Édesse en 1144. Elle s’acheva en 1149 par un échec total pour les croisés, qui rentrèrent en Europe sans avoir remporté de victoire militaire en Orient.

[4] Biandrate est une commune italienne de la province de Novare, dans la région du Piémont en Italie.

[5] Les guelfes et les gibelins sont deux factions (parti ou, plus souvent, brigate ou sette) médiévales qui s’opposèrent militairement, politiquement et culturellement dans l’Italie des Duecento et Trecento. À l’origine, elles soutenaient respectivement deux dynasties qui se disputaient le trône du Saint Empire : la pars Guelfa appuyait les prétentions de la dynastie des « Welf » et de la papauté, puis de la maison d’Anjou, la pars Gebellina, celles des Hohenstaufen, et au-delà celles du Saint Empire. Conflit en apparence limité au Saint Empire, l’opposition entre Guelfes et Gibelins va se transporter dans diverses parties d’Europe, principalement dans les villes de la péninsule italienne. Dans cette bipolarisation, parfois surestimée, les allégeances dynastiques sont parfois secondaires, les adhésions fluctuantes, et il faut attendre le règne de Frédéric II pour que papauté et empire deviennent des symboles forts de ralliement et que se construise une véritable division antithétique. Ce clivage trouve des manifestations dans le domaine civique et religieux et cristallise les tensions entre les villes italiennes, au sein de leurs élites et parfois entre la ville et son contado. L’écho du conflit se manifeste à des époques ultérieures, en revêtant de nouveaux caractères et en stigmatisant des oppositions idéologiques nouvelles.

[6] Les Ligues lombardes étaient des alliances militaires actives aux 12 et 13ème siècles. Fondées par les cités du Nord de l’Italie, principalement de Lombardie, ces ligues visaient à contrecarrer les ambitions hégémoniques des empereurs germaniques.

[7] Camerino est une commune italienne, située dans la province de Macerata, dans la région des Marches, en Italie centrale.

[8] 1885

[9] aujourd’hui El Taiyiba

[10] La bataille de Hattin ou bataille de Tibériade a lieu le 4 juillet 1187 près du lac de Tibériade, en Galilée. Elle oppose les armées du royaume chrétien de Jérusalem, dirigées par Guy de Lusignan, aux forces de Saladin. Ce dernier remporte une victoire écrasante, qui lui ouvre les portes de la Palestine.

[11] Tyr se situe dans la Phénicie méridionale, à un peu plus de 70 km au sud de Beyrouth et à 35 km au sud de Sidon, presque à mi-chemin entre Sidon au nord et Acre au sud, et à quelques kilomètres au sud du Litani.