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Geraint de Domnonée

samedi 25 avril 2020, par ljallamion

Geraint de Domnonée

Roi de Domnonée du début du 8ème siècle

Carte de Bretagne des marches de Bretagne au temps de charlemagnePendant son règne, la Domnonée [1] est entrée probablement en conflit plusieurs fois avec ses voisins Anglo-Saxons du Wessex [2]. Geraint est le dernier roi connu de la Domnonée insulaire unifiée et il était nommé Roi de Galles par la Chronique anglo-saxonne [3]. Ses successeurs ont régné sur un territoire réduit correspondant à l’actuelle Cornouailles [4].

Geraint fils d’Erbin est vraisemblablement un descendant de Constantin de Domnonée dont le fils et le petit fils se nomment également Erbin et Geraint. Il est le destinataire d’une longue lettre envoyée par Aldhelm , évêque de Sherborne [5] sur la date de Pâques et la forme des tonsures. Cette lettre montre que les Bretons de Cornouailles et du Devon [6] de la fin du 7ème siècle utilisent encore les dates de Pâques calculées par l’église brittonique [7] qui diffère de l’église catholique romaine.

Geraint se met d’accord avec Aldhelm pour appliquer les dates romaines. Selon Jean de Worcester, Geraint est vaincu lors de batailles remportées par le saxon Ine de Wessex et Nothhelm de Sussex en 710 mais la Chronique Anglo-saxonne qui relève également l’événement n’indique pas qu’il est tué.

C’est probablement à cette époque que le Devon est conquis par les Saxons [8]. Ine est néanmoins incapable d’imposer son autorité sur les Cornouailles. En 722, selon les Annales Cambriae [9], les Bretons conduit par Geraint ou son successeur, gagnent la Bataille de Hehil, probablement contre le Wessex

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Geraint of Dumnonia »

Notes

[1] La Domnonée (lat. Dumnonia) désigne au 6ème siècle deux royaumes bordant les deux rivages occidentaux de la Manche. Située en Grande-Bretagne, alors appelée « Bretagne insulaire », ce royaume s’est étendu sur l’actuel comté de Devon (ce dernier nom étant l’évolution du mot Dumnonia), et antérieurement aussi sur le domaine des Durotriges autour de Dorchester dans le Dorset jusqu’en 614 et le Somerset jusqu’en 658. Les Cornouailles étaient peut-être aussi incluses car le roi Ine de Wessex n’atteint le Tamar qu’en 710. D’ailleurs, en anglais, on distingue la Dumnonée (Dumnonia), pays insulaire, de la Domnonée, pays continental

[2] Le Wessex est l’un des royaumes fondés par les Anglo-Saxons en Angleterre durant le Haut Moyen Âge. Il s’étend sur une partie du sud-ouest de la Grande-Bretagne, entre la Domnonée à l’ouest, la Mercie au nord et les royaumes de Kent, de Sussex et d’Essex à l’est. Au IXe siècle, le Wessex est le dernier royaume anglo-saxon à résister aux invasions vikings.

[3] La Chronique anglo-saxonne est un ensemble d’annales en vieil anglais relatant l’histoire des Anglo-Saxons. Le manuscrit original est probablement rédigé dans le royaume de Wessex sous le règne d’Alfred le Grand, à la fin du 9ème siècle. De multiples copies sont distribuées aux monastères d’Angleterre et ensuite mises à jour indépendamment les unes des autres.

[4] La ou les Cornouailles est un comté d’Angleterre situé à l’extrémité sud-ouest de l’île de Grande-Bretagne. Sa capitale est Truro. Le peuple celte des Cornovii habitait la région avant sa conquête au 7ème siècle par les Angles et les Saxons. La population parlait alors une langue brittonique devenue plus tard le cornique. Le breton y est étroitement apparenté. De nombreux noms de lieux présentent d’ailleurs des analogies avec ceux que l’on trouve dans la partie bretonnante de la Bretagne continentale ; de nombreux saints médiévaux sont communs aux deux régions.

[5] Sherborne est une ville du Dorset, en Angleterre. Elle est située dans le nord-ouest du comté, à une dizaine de kilomètres à l’est de Yeovil. Elle est traversée par la rivière Yeo, un affluent de la Parrett. Administrativement, elle relève du district du West Dorset. Au début du 8ème siècle, Sherborne devient le siège d’un diocèse chrétien qui couvre tout le Sud-Ouest de l’Angleterre, soit les Cornouailles, le Devon, le Somerset et le Dorset. Le premier évêque de Sherborne est l’érudit anglo-saxon Aldhelm, mort en 710. Ce vaste diocèse est découpé vers 909 et l’autorité de Sherborne est limitée au seul Dorset.

[6] Le Devon est un comté du sud-ouest de l’Angleterre, encadré par les Cornouailles à l’ouest et le Dorset et le Somerset à l’est. C’est le quatrième plus grand comté d’Angleterre.

[7] Le christianisme celtique (ou « chrétientés celtiques ») est un mode d’organisation de la vie religieuse, au sein du christianisme d’Occident. À l’inverse du système romain, il est fondamentalement décentralisé. Il apparaît au 5ème siècle, connaît son apogée au 7ème siècle, et s’éteint au 12ème siècle. On peut y distinguer deux cultures : la culture brittonique (de langue brittonique) et la culture scottique, ou gaélique (de langue gaélique), ou christianisme irlandais.

[8] Sans doute dès le 6ème siècle, les Saxons constituent quatre royaumes au sud de l’île : l’Essex, le Sussex, et le Wessex (respectivement terres saxonnes de l’Est, du Sud et de l’Ouest) ainsi que le Middlesex, plus éphémère puisqu’il fut annexé à la terre des Angles, l’Angleterre (Englalånd > England). Dans l’ensemble, les Saxons montrent également une résistance assez forte au Christianisme, alors en plein essor dans le royaume de Kent au début du 7ème siècle sous l’influence du missionnaire romain Paulinus. Si dès le 7ème siècle, la présence de Bretwaldas, sortes de « sur-rois », est attestée parmi les Anglo-Saxons de Grande-Bretagne. C’est seulement au 10ème siècle qu’une dynastie saxonne, à savoir celle de Wessex, s’impose finalement sur l’île sous le règne d’Alfred le Grand, pour une courte période jusqu’à l’invasion normande. La langue des Saxons donne naissance au vieil anglais, remplaçant dans une grande partie des îles britanniques les anciens dialectes celtiques.

[9] Les Annales Cambriae sont un ensemble, compilé à partir de diverses sources, de chroniques galloises, rédigées en latin à St David’s, dans le royaume de Dyfed, au plus tard au 10ème siècle. Malgré leur nom, les Annales Cambriae ne traitent pas seulement du pays de Galles, mais également d’événements survenus en Irlande, en Cornouailles, en Écosse et en Angleterre, voire au-delà.