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Louis III de Bourbon-Vendôme dit Louis III de Montpensier

vendredi 16 août 2019, par ljallamion

Louis III de Bourbon-Vendôme dit Louis III de Montpensier(1513 Moulins-1582)

Duc de Montpensier-Prince de sang français

Louis de Bourbon, duc de Montpensier, portrait au crayon, école de François Clouet, musée des beaux-arts de Boston, vers 1558.Il compta parmi les chefs de l’armée royale pendant les guerres de religion et se fit remarquer par son intransigeance religieuse. Il mourut à l’âge de 69 ans.

Fils de Louis de Bourbon dit Louis de La Roche-sur-Yon , prince de la Roche-sur-Yon, et de Louise de Bourbon dite Louise de Montpensier , duchesse de Montpensier [1]. Par sa mère, il était neveu du connétable de Bourbon, dont les biens avaient été confisqués par François 1er après sa trahison.

Sous les ordres du duc Anne de Montmorency, il défendit en 1536 la Provence [2], puis l’Artois [3] contre Charles Quint.

Il épousa en 1538 Jacqueline de Longwy, comtesse de Bar-sur-Seine [4], fille de Jean IV de Longwy [5], baron de Pagny [6], et de Jeanne d’Orléans , sœur illégitime de François 1er. À l’occasion de son mariage, le roi de France rendit à sa mère les terres de son grand-père Gilbert de Bourbon-Montpensier , le comté de Montpensier érigé en duché pour l’occasion, les comtés de Forez [7], de Beaujeu [8] et des Dombes [9]. En 1543, il recevra le dauphiné d’Auvergne.

Il prit part ensuite à de nombreuses guerres contre Charles Quint. Il combattait encore à Saint-Quentin [10] en 1557 où son cheval fut tué sous lui et où il fut fait prisonnier.

Il devait profiter de l’influence de son épouse Jacqueline de Longwy sur la reine Catherine de Médicis. Durant l’été 1560, Louis est fait gouverneur de Touraine [11], d’Anjou [12] et du Maine [13]. En août 1560, il est chargé d’y réprimer les désordres suscités par les révoltes protestantes.

Jacqueline de Longwy éprouvait des sympathies pour le protestantisme que son époux réprouvait. En 1561, devenu veuf et ayant hérité de sa mère, décédée la même année, du duché de Montpensier, il se fit un des plus violents adversaires des Huguenots. Il alla jusqu’à persécuter ses enfants. Il s’y montra tellement cruel qu’il se fit haïr de ses propres capitaines. En 1563, il reconquiert Angoulême [14] et Cognac [15].

En 1569, il participa à la bataille de Jarnac [16], fut nommé gouverneur de Bretagne et épousa, en 1570, Catherine de Lorraine , sœur d’Henri de Guise et de Charles de Mayenne. Il contribua à l’escalade du massacre de la Saint-Barthélemy [17]. Il combattit encore les protestants en 1575 dans le Poitou [18], y commettant de nouvelles exactions.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Louis III de Montpensier/ Portail du royaume de France/ Maison de Bourbon-Montpensier

Notes

[1] Le comté de Montpensier est une principauté féodale du nord de l’Auvergne. Initialement centrée autour de Montpensier, la capitale en est néanmoins la ville d’Aigueperse. La maison des Bourbon-Montpensier est à la tête de ce territoire jusqu’en 1531. Montpensier est d’abord une seigneurie du comté d’Auvergne qui va intégré la seigneurie des Ventadour après la conquête française de 1213 suite au siège de Tournoël. En 1384, Jean de Berry, duc d’Auvergne et de Berry achète le comté de Montpensier au seigneur de Ventadour pour 40 000 francs. Lorsque le duché passe aux mains des Bourbons, une branche cadette de cette dynastie y est installée. En 1531, suite à la guerre entre Charles III de Bourbon, duc d’Auvergne et de Bourbon, qui est né à Montpensier, et le roi de France François 1er, les territoires ducaux sont intégrés à la couronne de France.

[2] La Provence se constitua en royaume avant de progressivement se disloquer à la suite des transmissions féodales et la guerre civile de l’Union d’Aix. Ses frontières naturelles au sud allaient à l’origine du Rhône à Nice et au nord d’Embrun au Vivarais, en passant par la Drôme provençale. Au nord, ses frontières s’étendaient jusqu’à Valence. Le comté fut réuni à la France en 1487 et le roi devint comte de Provence tout en nommant Palamède de Forbin grand-sénéchal, gouverneur et lieutenant-général de Provence. La Provence conserva ses privilèges, franchises, et libertés.

[3] Le comté d’Artois est une ancienne province du Nord de la France. Louis VIII, qui mourut le 8 novembre 1226, avait par son testament constitué l’Artois en apanage à son second fils, Robert, encore enfant. Ce ne fut qu’en 1237 que Robert releva de son frère Louis IX la terre d’Artois : Arras, Saint-Omer, Aire, Hesdin, Bapaume, Lens et leurs dépendances. Louis IX avait confirmé les dispositions de son père à cet égard, en ajoutant que Hesdin, Bapaume et Lens, qui formaient le douaire de leur mère Blanche de Castille, ne devaient être remis à Robert qu’à la mort de Blanche ; mais celle-ci survécut à son fils : Robert 1er d’Artois périt à Mansourah en 1250 et la reine ne mourut qu’en 1252. L’Artois passa au fils de Robert 1er, Robert II. En 1297, le comté d’Artois est érigé en comté-pairie. Robert II fut tué à Courtrai en 1302. Le comté est alors disputé entre son petit-fils Robert III et sa fille Mahaut, et la Cour des pairs finit par trancher en faveur de la comtesse Mahaut. Mahaut épousa Othon IV, comte de Bourgogne. Elle mourut en 1329, laissant une fille Jeanne, qui, dès 1315, avait tenu le comté de Bourgogne comme héritage de son frère (Robert l’Enfant) et qui, en Artois, succéda à sa mère, à laquelle elle ne survécut que de quelques mois. Jeanne, mariée au roi Philippe V, en avait eu une fille du même nom qui, en 1318, épousa Eudes IV, duc de Bourgogne, auquel en 1330, à la mort de sa mère, elle fit passer l’Artois et la Franche-Comté. Eudes IV mourut en 1350. Son petit-fils, Philippe de Rouvre fut uni, en 1357, à Marguerite de Male, encore enfant à cette époque et qui se trouva veuve dès 1361. Huit ans plus tard, Marguerite se remariait avec Philippe le Hardi que son père, le roi Jean II, venait d’investir le 6 septembre 1363 du duché de Bourgogne, vacant par le décès de Philippe de Rouvre. Quant à l’Artois et à la Franche-Comté, que ce même Philippe de Rouvre avait tenus de son aïeule Jeanne, femme d’Eudes IV, ils remontèrent à sa grand-tante, Marguerite de France, sœur de Jeanne, fille de Philippe V1. Marguerite de France était veuve alors de Louis de Crécy mort en 1346, et à sa mort, en 1382, ce fut leur fils Louis de Male qui hérita de ces principautés

[4] Bar-sur-Seine (prononcé [baʁ syʁ sɛn]) est une commune française, située dans le département de l’Aube. La ville est affranchie de la main-morte en 1198. Avec le traité d’Arras en 1435, Bar passe alors aux États de Bourgogne. La ville de Bar est prise par l’armée royale le 7 juin 1475 et brûlée, le château fort en partie détruit. Il repassait au domaine royal en 1477 avec la mort de Charles le Téméraire.

[5] Longwy-sur-le-Doubs est une commune française située dans le département du Jura. Les sires de Longwy apparaissent au 13ème siècle, issus des seigneurs de Chaussin, qu’on présume eux-mêmes sortis des seigneurs de Neublans, ou du moins étroitement apparentés. Son fils ou petit-fils Simonin (Simon III) assure la suite des seigneurs principaux, barons de Longwy (la ville et le Bourg Dessous), alors que le neveu ou frère de Simonin, Mathée II, continue les sires de Rahon, probablement aussi seigneurs secondaires de Longwy (le Bourg Dessus) et de Neublans en partie (au 15ème siècle, ils hériteront par un mariage des seigneurs de Pagny, Neublans et Binans issus de la célèbre Maison de Vienne, avant de se fondre dans les Maisons Chabot puis de Lorraine-Guise-Elbeuf).

[6] Pagny-le-Château est une commune française située dans le canton de Brazey-en-Plaine du département de la Côte-d’Or. Au moins depuis les 11/12ème siècles, Pagny, Pouilly-sur-Saône et Seurre avec la Motte-Saint-Georges (quartier sud de Seurre), constituent un complexe féodal, un groupe de seigneuries liées, sises sur la Saône à mi-chemin entre Beaune et Dole, qu’Eglantine de Pouilly apporte vers 1170 à son mari Philippe 1er de Neublans.

[7] Le Forez est une région naturelle et historique française située, pour l’essentiel, dans la partie centrale de l’actuel département de la Loire. Cette région fut au cœur du comté de Forez puis de la province de Forez sous l’Ancien Régime, cette dernière englobant tardivement une bonne partie des régions du Roannais et du Jarez dont la ville de Saint-Etienne. Dès le début du xiie siècle, le Forez paraît dans les chartes avoir été une terre "libre" où l’achat, la vente et la transmission des terres se faisait, moyennant les droits en usage, en toute liberté. De même, les sources ne portent pas mention d’un quelconque système de servage. Le titre de capitale du comté est retiré à la ville de Feurs, le 6 mai 1441, par lettres patentes de Charles 1er de Bourbon, 5ème duc de Bourbon, duc d’Auvergne, comte de Forez et comte de Clermont en Beauvaisis, et accordé à la ville de Montbrison. Ce transfert de capitale est confirmé, l’année suivante, par d’autres lettres patentes signées à Moulins. Toutefois, l’antique cité continuera à jouer un certain rôle dans la vie du fief comtal. Trois dynasties de comtes se succédèrent dans le Forez ; la dernière fut celle de Bourbon, à laquelle le Forez échut par le mariage de Louis II, duc de Bourbon, avec Anne de Forez, dauphine d’Auvergne, seule héritière de ce comté. Après la défection du connétable Charles III en 1523, le Forez fut confisqué et peu après en 1531 il fut réuni à la couronne de France. En 1542, la province du Forez intégra la généralité de Lyon, structure administrative comprenant également les provinces du Lyonnais et du Beaujolais.

[8] Beaujeu est une commune française située dans le département du Rhône. Beaujeu est la capitale historique de l’ancienne province du Beaujolais.

[9] La Dombes est un des pays du département de l’Ain. Région naturelle et historique. À partir de l’avènement d’Humbert V de Thoire-Villars en 1300, la seigneurie s’oriente progressivement vers la France ; les trois derniers sires de Villars servent les rois de France durant la guerre de Cent Ans. Humbert VI est l’un des principaux artisans du rattachement du Dauphiné à la France en 1349. La Dombes souffre de guerres entre les comtes de Savoie et les sires de Villars (alliés au Dauphin et au comte de Chalon contre la Savoie) à partir de la fin du 13ème siècle. En voulant aider Édouard, comte de Savoie contre Guigue V dauphin de Viennois, Humbert 1er de Beaujeu est fait prisonnier à la bataille de Varey en 1325. Il est contraint de prêter hommage pour les seigneuries de Meximieux, Miribel et Bourg-Saint-Christophe à l’est de la Dombes, et demande au comte de Savoie un dédommagement. Les terres des sires de Villars subissent, quant à elles, plusieurs chevauchées parties des terres des comtes de Savoie, jusqu’à ce que le climat ne s’apaise, aux alentours de 1355. En 1400, le dernier des Beaujeu, Édouard II cède ses États au duc de Bourbon, Louis II. De son côté, Humbert VII de Thoire-Villars, n’ayant pas vu son fils unique lui survivre et se trouvant menacé par le duc de Bourgogne à qui il refuse de prêter hommage, vend ses terres en 1402, les partageant entre les ducs de Savoie et de Bourbon, se plaçant ainsi sous la protection de ces grands princes. Humbert VII garde toutefois l’usufruit de ses terres jusqu’à sa mort en 1423. En 1523, François 1er accuse le connétable de Bourbon de félonie, en vertu de quoi il confisque ses terres dans le royaume de France et dépêche des troupes pour confisquer la partie de la Dombes lui appartenant, bien que ces terres se trouvent côté Empire, la Saône marquant la frontière entre le royaume de France et le Saint Empire romain germanique. Il institue alors la fonction de gouverneur afin d’administrer la Dombes en son nom, ainsi qu’un parlement de Dombes qui siège d’abord à Lyon, par « territoire emprunté ». L’occupation royale par François 1er dure du 17 septembre 1523 au 31 mars 1547, suivit par celle d’Henry II du 31 mars 1547 au 10 juillet 1559 puis par celle de François II du 10 juillet 1559 au 27 septembre 1560. En 1560, François II rend leurs possessions au duc de Montpensier, héritier du connétable de Bourbon, qui récupère également ses possessions de Dombes. L’empereur n’ayant pas eu l’ambition de contrer le roi de France lorsqu’il avait confisqué ce territoire relevant pourtant de sa juridiction, les Montpensier érigent la Dombes en petite souveraineté indépendante dont Trévoux devient, suite logique à l’ampleur prise par la ville à la fin du Moyen Âge, la capitale. On rassemble dès lors dans cette cité tous les organes nécessaires à la bonne administration d’un petit État.

[10] Saint-Quentin est une commune française située dans le département de l’Aisne. Entre la fin du 15ème siècle et jusqu’au milieu du 17ème siècle, cette position stratégique est source de terribles malheurs. En 1557, un siège héroïque face aux Espagnols se termine par une terrible défaite des forces françaises et le pillage de la ville. Restituée à la France en 1559, elle connaît une activité de fortification intense : l’enceinte médiévale est protégée de nombreux ouvrages fortifiés, remaniés à plusieurs reprises. Deux quartiers sont rasés pour leur faire place. Au milieu du 17ème siècle, la ville échappe aux sièges, mais subit les affres des guerres qui ravagent la Picardie, accompagnées de la peste (celle de 1636 emporta trois mille habitants, sur peut-être dix mille) et de la famine.

[11] La Touraine est une des anciennes provinces de France héritière de la civitas turonensis ou cité des Turones, dont elle tire son nom. Les comtes d’Anjou et de Blois, maîtres politiques de la Touraine, sont longtemps plus puissants que les rois capétiens, mais la généralisation de la seigneurie franco-flamande et son besoin de garantie de paix réhabilitent le pouvoir central longtemps oublié. Au terme d’une reprise capétienne séculaire, Philippe Auguste s’impose face à la prestigieuse dynastie Plantagenêt après 1216. Toute la Touraine (et pas seulement la portion de la ville de Saint Martin de Tours) et quelques places fortes est sous l’égide de la maison royale de France.

[12] L’Anjou est une région historique et culturelle française, correspondant à l’ancienne province du même nom et dont la capitale est Angers. Bien que le duché ait disparu, le terme « Anjou » est toujours utilisé pour définir le territoire de Maine-et-Loire. Le logo du département reprend le terme « Anjou ». Le territoire de l’Anjou correspond à l’actuel département de Maine-et-Loire, ainsi qu’à plusieurs autres territoires intégrés dans diverses divisions administratives.

[13] Le comté du Maine apparaît au 9ème siècle, à l’époque carolingienne. Il occupe une position stratégique, puisqu’il se trouve sur la frontière de la Bretagne, de la Normandie et de l’Anjou. Il sert donc d’État tampon jusqu’à la fin du Moyen Âge et connaît plusieurs guerres liées aux Capétiens et aux Plantagenêts. Il est rattaché au domaine royal en 1204 puis est disloqué en 1790 lors de la création des départements.

[14] Angoulême est une commune du Sud-Ouest de la France, préfecture du département de la Charente. Ancienne capitale de l’Angoumois sous l’Ancien Régime, Angoulême a longtemps été une place forte convoitée, en raison de sa position de carrefour de voies de communication importantes, et a subi de nombreux sièges. Le comté d’Angoulême est donné à Louis d’Orléans frère du roi Charles VI en 1394 puis transmis à son fils Jean d’Orléans (1400-1467) grand-père de Marguerite d’Angoulême et de François 1er. Le Bon comte Jean d’Angoulême agrandit magnifiquement le château comtal lors de son retour de captivité anglaise au milieu du 15ème siècle.

[15] Cognac est une commune du Sud-Ouest de la France, sous-préfecture du département de la Charente. Le futur roi de France François 1er voit le jour à Cognac en 1494 .Sa mère Louise de Savoie séjourne alors au château des Valois. Plus tard, le souverain accordera à la ville le privilège du commerce de sel par la rivière, assurant à Cognac un premier développement. La ville a été administrée par des gouverneurs dont les premiers furent Jean de Brémond de Balanzac de 1504 à 1514 puis Jacques Chesnel. La révolte des pitauds atteint Cognac en 1548. Quelques années avant, en 1541, la gabelle avait été imposée à la Saintonge et à l’Angoumois. Ces deux provinces étaient auparavant exemptées de cet impôt sur le sel. La révolte gronde puis éclate près d’Angoulême, et Cognac finit par être prise par les révoltés pendant l’été. Les gouverneurs suivant seront Pierre de Montalembert en 1557 et Duch d’Asnières mis en place par les protestants en 1562.Il est à souligner que Calvin avait trouvé refuge à Angoulême en 1553. Sa présence dans la région facilitera très tôt la propagation de la Réforme à Cognac. Lors de la première des guerres de religion, la ville prend les armes : elle est reconquise en 1563 par Montpensier. En 1565, Charles IX y passera lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la Cour. En 1570, la paix de Saint-Germain, signée entre le roi Charles IX et l’amiral Gaspard II de Coligny, octroie aux Protestants quatre places fortes : La Rochelle, Cognac, Montauban et La Charité-sur-Loire.

[16] La bataille de Jarnac, le 13 mars 1569, oppose, lors de la troisième guerre de Religion, l’armée protestante commandée par Louis 1er de Bourbon-Condé, prince de Condé, à celle du roi de France commandée par Henri, duc d’Anjou et frère du roi, à proximité de la ville de Jarnac, en Charente.

[17] Le massacre de la Saint-Barthélemy est le massacre de protestants déclenché à Paris, le 24 août 1572, jour de la saint Barthélemy, prolongé pendant plusieurs jours dans la capitale, puis étendu à plus d’une vingtaine de villes de province durant les semaines suivantes. Cet événement des guerres de Religion résulte d’un enchevêtrement complexe de facteurs, aussi bien religieux et politiques que sociaux. Il est la conséquence des déchirements militaires et civils de la noblesse française entre catholiques et protestants, notamment de la vendetta entre le clan des Guise et celui des Châtillon-Montmorency. Il est le résultat d’une sauvage réaction parisienne, ultra-catholique et hostile à la politique royale d’apaisement. Il reflète également les tensions internationales entre les royaumes de France et d’Espagne, avivées par l’insurrection aux Pays-Bas. Pendant longtemps, la tradition historiographique a fait du roi Charles IX et de sa mère, Catherine de Médicis, les principaux responsables du massacre. Faute de sources, les historiens sont restés longtemps partagés sur le rôle exact de la couronne. Ils retiennent aujourd’hui que seuls les chefs militaires du clan protestant étaient visés par l’ordre royal. Dès le matin du 24 août, Charles IX avait ordonné l’arrêt immédiat des tueries mais, dépassé par la fureur du peuple, il n’avait pu les empêcher.

[18] Le Poitou était une province française, comprenant les actuels départements de la Vendée (Bas-Poitou), Deux-Sèvres et de la Vienne (Haut-Poitou) ainsi que le nord de la Charente et une partie de l’ouest de la Haute-Vienne, dont la capitale était Poitiers. Il a donné son nom au Marais poitevin, marais situé dans l’ancien golfe des Pictons, sur la côte occidentale de la France, deuxième plus grande zone humide de France en superficie après la Camargue ; le marais s’étend de l’Atlantique aux portes de Niort et du sud de la Vendée au nord de La Rochelle.