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Pierre de Rohan-Gié dit le Maréchal de Gié

lundi 12 août 2019, par ljallamion

Pierre de Rohan-Gié dit le Maréchal de Gié (1451-1513)

Homme politique-Maréchal de France

Pierre de Rohan, seigneur de Gyé (1451-1513), Raymond Quinsac Monvoisin (Bordeaux, 1790 ; Boulogne, 1870), copie d'après un original conservé au château de Beauregard ; commandé par Louis-Philippe 1er pour le musée historique de Versailles en 1834.Né au château de Mortiercrolles [1] à Saint-Quentin-les-Anges [2] durant plusieurs années il est l’un des proches conseillers de Louis XII.

Issu de la famille de Rohan-Guéméné [3] il est seigneur de Gié [4], vicomte de Fronsac [5], comte de Marle [6] et de Porcien [7], puis, par mariage, comte de Guise [8] de 1503 à 1504.

Fils de Louis 1er de Rohan-Guéméné et de Marie de Montauban , il descend ainsi de deux des plus anciennes et des plus puissantes maisons du royaume. Par sa mère, Marie de Montauban, petite-fille de Bonne Visconti, proche parente d’Isabeau de Bavière, il est petit-fils de l’Amiral Jean de Montauban , collaborateur et ami de Louis XI. Par son père, il est apparenté à Du Guesclin. Sa famille est en disgrâce à l’avènement de Pierre II de Bretagne pour avoir trempé dans l’assassinat de Gilles de Bretagne, frère du duc. C’est la raison de sa naissance hors de Bretagne.

En 1457, sa mère empoisonne son père qui meurt laissant un testament dans lequel il refuse à sa femme la tutelle de leurs enfants. Pierre de Rohan a alors pour tuteur Tanneguy IV du Chastel . Marie de Montauban échappe à la justice, se remarie avec Georges II de La Trémoille , seigneur de Craon [9], mais elle meurt emprisonnée en 1476.

Il est élevé en France, à partir de 1461, par Jean de Montauban son aïeul maternel, amiral de France [10] qui l’introduit à la cour de Louis XI. Après la mort de son tuteur en mai ou juin 1466, Louis XI conserve à sa cour ce jeune homme, qui, grâce à cette protection, se trouve en 1472 conseiller et chambellan [11] du roi et capitaine de Blois, à l’âge de seulement 21 ans. Le roi, dont il se révélera être un fidèle indéfectible, lui donne la seigneurie de Gié en Champagne et il ajoute ce nom à celui des Rohan.

Il participe aux sièges de Lectoure [12] et de Perpignan [13] en 1473 à la tête d’une compagnie de 40 lances. En 1474, il est ambassadeur chargé de faire ratifier la paix par le duc de Bretagne François II. Afin de le récompenser, Louis XI le fait en 1474 chevalier de l’ordre de Saint-Michel [14], capitaine de l’ordonnance [15] en 1475 et le nomme maréchal de France [16] le 11 octobre 1476.

À la suite de la signature du traité de Picquigny [17] qui, en août 1475, met un terme définitif à la guerre de Cent Ans, en octobre 1475, le maréchal de Gié participe à la signature du Traité de Senlis [18] qui rétablit la paix avec la Bretagne à l’abbaye de la Victoire [19], dont il signe des lettres patentes royales avec le roi.

Il continue de donner des preuves de sa fidélité et de dévouement qui confortent Luis XI dans la confiance qu’il lui accorde. Il se voit confier la direction d’une campagne militaire en Flandre en 1479, et avec 800 hommes il reprend toutes les places dont Maximilien d’Autriche s’était emparé précédemment.

Avec Charles 1er d’Amboise , son frère l’évêque d’Albi Louis 1er et Jean Daillon , il est l’un des quatre membre du conseil qui gouvernent l’État pendant la maladie du roi aux Forges-lèz-Chinon [20] en 1479. En 1482, il assiège Aire [21] avec succès. Lorsque Louis XI exécute son testament politique au château d’Amboise le 21 septembre 1482, Gié figure au troisième rang parmi les conseillers du roi qui le signent.

Il assiste au sacre de Charles VIII le 30 mai 1484 en portant l’épée royale. Membre du conseil de régence, il y joue un rôle important et combat avec succès en 1487 le duc de Gueldre Charles de Gueldre et le comte de Nassau Engelbert II de Nassau  ; le roi lui confie ensuite la garde des frontières de Picardie. Il accompagne le roi à la conquête du royaume de Naples.

En 1489, il est nommé lieutenant général [22] de Guyenne [23], puis en 1491 lieutenant général de Bretagne sous le gouverneur prince d’Orange.

En 1491, il reconstruit le château de la Motte-Glain [24], sur les marches de Bretagne. Il accompagne Charles VIII à Naples en 1494. Commandant de l’avant-garde à la bataille de Fornoue [25] le 8 juillet 1495, il conclut une trêve avec les Vénitiens.

C’est lui qui conduit du secours à Louis XII, alors duc d’Orléans, assiégé dans Novare [26], d’où il parvient à le délivrer ; il devient par la suite chef du conseil du roi.

À l’avènement de Louis XII, en 1498, son crédit augmente. Il l’accompagne en Italie en 1499, et est à ses côtés lors de l’entrée solennelle que ce prince fait à Gênes le 26 avril 1502. Il partage le pouvoir avec le cardinal d’Amboise.

Il rebâtit en 1500 le château de Mortiercrolles et établit dans son domaine le couvent franciscain de Notre-Dame des Anges [27]. Il est très aimé du monarque qui le fait lieutenant général en Bretagne et chef du Conseil.

Veuf en 1497, Pierre épouse en 1503 la fille du duc Jacques de Nemours-Armagnac, Marguerite, héritière de l’Armagnac [28] et fait épouser Charlotte, sœur de Marguerite, à son fils aîné. Les deux sœurs meurent en 1503 et 1504. En 1502 il se fait commander un David de bronze à Michel-Ange, œuvre qu’il n’obtiendra jamais étant tombé en disgrâce avant.

À la suite de l’union de Louis XII avec Anne de Bretagne, deux factions s’opposent sur la stratégie d’alliance matrimoniales concernant Claude, la fille du couple royal : d’une part, Anne de Bretagne, soutenue par le cardinal d’Amboise, préconise une union avec le jeune Charles de Gand, héritier présomptif des Habsbourg [29], de Philippe le Beau, d’Isabelle la Catholique et de Ferdinand d’Aragon ; d’autre part le maréchal de Gié préconise une union avec le jeune François de Valois-Angoulême, redoutant l’encerclement du Royaume de France en cas d’alliance avec Charles. Cette opposition avec le cardinal d’Amboise et des difficultés avec le Parlement de Paris conduisent en 1504 à une machination consistant à s’attaquer à un proche du maréchal, Olivier de Coëtmen, grand maître de Bretagne, que Pierre de Pontbriand accuse auprès du roi, avant de se rétracter.

Mais une coalition de divers ennemis de Gié, au nombre desquels le cardinal d’Amboise, Louise de Savoie et surtout Anne de Bretagne, qui ne lui pardonnait pas d’avoir fait arrêter les bateaux chargés d’effets précieux qu’elle envoyait à Nantes et dont Gié contrecarrait les velléités d’union de Claude avec les Habsbourg, obtient que les accusations de lèse-majesté [30] soit examinées par une commission.

Un procès se tient au Parlement de Toulouse [31], qui est éloigné de paris et de la Bretagne et passe pour plus sourcilleux sur les accusations de lèse-majesté. Après plusieurs semaines de procès, le Parlement de Toulouse ne retient pas l’accusation de lèse-majesté et Gié n’est condamné le 9 février 1506 pour des motifs forts vagues qu’à la privation de l’exercice de certaines de ses fonctions et commandements ainsi qu’à une amende relativement modeste, à la suspension de son titre de maréchal pour cinq ans et, pour la même durée, à un bannissement de la Cour. On lui retire en outre « le gouvernement et la garde du duc de Valois », le futur François 1er, qu’il assure depuis plusieurs années.

Espérant vraisemblablement un verdict plus sévère, Anne de Bretagne insiste pour que le verdict sois publié et lu un peu partout dans le Royaume mais ce sont paradoxalement les options d’alliances matrimoniales du maréchal qui triomphent lorsque Louis XII marie Claude avec François de Valois-Angoulême.

Gié se retire dans son château de Sainte-Croix du Verger [32] à Seiches-sur-le-Loir [33] en Anjou où il meurt le 22 avril 1513.

Il est inhumé dans l’église qu’il a fait construire à Sainte-Croix.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de histoire Généalogique de la Maison de Rohan, Georges Martin, 1998

Notes

[1] Le château de Mortiercrolles à Saint-Quentin-les-Anges en Mayenne est un édifice de style Louis XII1 situé à 1 km au sud-est du bourg. Le château fut rebâti dans les dernières années du 15ème siècle par Pierre de Rohan, maréchal de Gié. Si on le compare aux ruines du château de Montjean, on comprend que de 1460 à 1500 la paix avait été assurée en France. Son style Louis XII est caractéristique de cette période de transition entre l’art gothique et la Première Renaissance. D’une façon générale, la structure reste française, seul le décor change et devient italien.

[2] Saint-Quentin-les-Anges est une commune française, située dans le département de la Mayenne. La commune faisait partie de la seigneurie du haut Anjou dépendant du château de Mortier Crolles ou Mortiercrolles. Au Moyen Âge puis sous l’Ancien Régime, la commune faisait partie du fief de la baronnie angevine de Craon dépendait de la sénéchaussée principale d’Angers et du pays d’élection de Château-Gontier.

[3] La maison de Rohan est une famille subsistante de la noblesse française, originaire de Bretagne, où elle tient son nom de la terre de Rohan, dans le Morbihan. Elle est issue en ligne agnatique des vicomtes de Porhoët, dont la filiation suivie remonte à 1028. Elle fut au Moyen-Âge l’une des familles les plus puissantes du duché de Bretagne. Elle a formé plusieurs branches dont seule subsiste la branche de Rohan-Rochefort, ducs de Montbazon, ducs de Bouillon et princes autrichiens de Rohan, établie au début du 19ème siècle en Autriche

[4] Gyé-sur-Seine est une commune française, située dans le département de l’Aube. Relevant du comté de Champagne, la seigneurie châtellenie de Gyé (ou Gié) appartient aux seigneurs de Chappes. Béatrice de Chappes épouse vers 1270 Jean de Til-Châtel seigneur de Coublanc : mais ils ont de gros problèmes d’argent et doivent céder de nombreux biens : ainsi Gyé est engagé (1277, 1278, 1293) puis vendu (vers 1296-99) au duc Robert II de Bourgogne. Ensuite, Gyé passe aux Capétiens par le mariage de Marguerite de Bourgogne fille de Robert II avec Louis X le Hutin, puis à la branche capétienne cadette d’Evreux-Navarre, Jeanne, fille de Marguerite, ayant épousé son cousin Philippe comte d’Evreux (le tuteur de Jeanne était son oncle maternel le duc de Bourgogne Eudes). Leur fille Jeanne de Navarre transmet Gyé aux Rohan-Guéméné par son mariage avec le vicomte Jean 1er de Rohan, avec succession dans la branche cadette des Rohan-Guéméné.

[5] Fronsac est une commune du Sud-ouest de la France, située dans le département de la Gironde. Le tertre de Fronsac doit son histoire à sa position privilégiée. Les Gaulois y faisaient leur marché, Rome y éleva un autel, Charlemagne un camp fortifié. En 849, Fronsac est pillée par le chef viking Hasting. Le maréchal de Richelieu y bâtit une folie, demeure à l’architecture extravagante, qui fut le théâtre de fêtes galantes dont l’écho propagea le renom des vins de Fronsac à la Cour de Versailles.

[6] Marle, petite ville du grand Laonnois à 25 km au nord-est du centre de Laon, porte de la Thiérache, est établie sur un haut plateau surplombant la vallée traversée par deux rivières : la Serre et le Vilpion. Marle, autrefois nommé Malain ou Male, était autrefois une bonne ville c’est-à-dire une ville fortifiée ceinte de remparts, défendant le pays. Marle a été rattachée au domaine royal français en 1607

[7] Château-Porcien est une commune française, située dans le département des Ardennes. Château-Porcien est situé dans la vallée de l’Aisne est dominé par un rocher escarpé sur lequel on voit les ruines d’un château fort. Au 14ème siècle, Château-Porcien est élevé en comté par Charles VII pour récompenser Antoine 1er le Grand de Croÿ, le titre de comte se transmit à la famille de Croÿ.

[8] Guise, est une commune française située dans le département de l’Aisne. La bourgade de Guise, capitale excentrée de la Thiérache, s’est développée à l’ombre d’un puissant château fort placé sur ses hauteurs. La terre de Guise est qualifiée de comté à partir du 13ème siècle, elle est érigée en duché-pairie en 1528. Les seigneurs de Guise, comtes puis ducs de Guise, sont issus d’une branche cadette de la maison de Lorraine.

[9] Craon est une commune française située dans le département de la Mayenne. Ce fut une redoutable forteresse médiévale composée de 27 tours et de 1 600 mètres de murailles, servant à garder la frontière angevine face à la Bretagne. Ce fut une ville marchande très importante (connue pour son fil de lin blanchi) dotée de halles fondées au 12ème siècle et réputées parmi les plus grandes de France. Craon qui fut le siège de la première baronnie d’Anjou était une force politique, judiciaire et religieuse importante, gérant une quarantaine de paroisses. Au Moyen Âge puis sous l’Ancien Régime, le fief de la baronnie angevine de Craon dépendait de la sénéchaussée principale d’Angers et du pays d’élection de Château-Gontier. La baronnie était qualifiée de « Première baronnie d’Anjou ».

[10] La dignité d’amiral de France a été créée en 1270 par Louis IX, au cours de la 8ème croisade. Sous l’Ancien Régime, l’amiral de France est titulaire d’un grand office de la couronne de France équivalent à celui du connétable de France. Chef en titre de la flotte royale, il n’a en réalité qu’un pouvoir limité. L’amiral de France a la charge des côtes de Picardie, de Normandie, d’Aunis et de Saintonge. Sa charge va s’étendre au début du 17ème siècle, à la Guyenne puis à la Provence. En temps de guerre, il est chargé de rassembler les navires marchands français pour constituer la flotte. Il doit armer, équiper et ravitailler les navires pour la course, donner les lettres de marque aux corsaires (la course est alors la forme principale de guerre maritime). En temps de paix, il s’occupe de l’entretien de la flotte royale, quand elle existe, mais surtout du commerce maritime et de la flotte marchande.

[11] Un chambellan ou chambrier est un gentilhomme chargé du service de la chambre d’un monarque ou d’un prince, à la cour duquel il vit.

[12] Lectoure est une commune française située dans le département du Gers. Capitale du comté d’Armagnac, elle connaît pourtant plusieurs sièges, notamment celui de 1473 qui voit la capitulation et la mort de Jean V d’Armagnac, et une destruction presque totale. Réunie à la couronne de France, Lectoure renaît de ses cendres. Elle subit de nouveaux sièges lors des guerres de religion

[13] Perpignan est une commune du sud de la France, préfecture du département des Pyrénées-Orientales et quatrième ville la plus peuplée de la région Occitanie. Ancienne capitale continentale du Royaume de Majorque, la ville est annexée par le Royaume de France en 1659. Dernière ville française méditerranéenne importante avant l’Espagne, elle est marquée par une forte identité catalane. En 1344, Perpignan perd son statut de capitale par la réintégration du royaume de Majorque dans la couronne d’Aragon. Dès 1346 elle est durement touchée par la peste noire. La ville ne s’en remet pas pendant longtemps. Du 15 novembre 1408 au 26 mars 1409, Benoît XIII tient un concile à Perpignan. À la mi-septembre 1415, l’empereur Sigismond 1er se rend à Perpignan pour un pseudo-concile avec le roi d’Aragon Ferdinand 1er et l’antipape Benoît XIII. Il en repart le 5 novembre 1415 sans avoir convaincu ce dernier d’abdiquer. En 1463, Louis XI occupe Perpignan en confirmant leurs anciens droits, mais la ville se soulève contre les Français en 1473. Après un siège terrible, qui se termina le 2 février 1475, le titre de « Fidelíssima vila de Perpinyà » (Très fidèle ville de Perpignan) fut décerné par les rois d’Aragon. Plus tard, en 1493, Charles VIII restitua le Roussillon et la Cerdagne aux Rois catholiques, qui venaient de fonder l’unité d’Espagne, par le mariage entre la Castille et l’Aragon. Malheureusement, la rivalité franco-espagnole et les conflits qui suivirent devaient faire chuter l’économie de Perpignan, dotée par Philippe II, à cet égard, de puissantes fortifications. Devenue place avancée de la monarchie espagnole face à la France depuis 1479, Perpignan entre dans une logique militaire, enfermée dans des remparts puissants renforcés à toutes les époques (Vauban notamment), elle n’est plus qu’un enjeu entre les deux grandes puissances. Prise par les armées de Louis XIII en 1642, elle est annexée avec le reste du Roussillon au royaume de France par le traité des Pyrénées de 1659.

[14] L’ordre de Saint-Michel est un ordre de chevalerie, fondé à Amboise le 1er août 1469 par Louis XI, sous le nom d’« Ordre et aimable compagnie de monsieur saint Michel ». Les membres de l’ordre de Saint-Michel se disaient chevaliers de l’ordre du Roi, alors que les chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit s’intitulaient « chevaliers des ordres du Roi ». Son siège était établi à l’abbaye du Mont-Saint-Michel.

[15] Les compagnies d’ordonnance sont les premières unités militaires permanentes (et donc professionnelles) à disposition du roi de France. Les compagnies d’ordonnance sont créées par le Connétable Arthur de Richemond sous le roi Charles VII par l’ordonnance (d’où leur nom) du 26 mai 1445. Leur création se situe lors d’une accalmie dans la guerre de Cent Ans. Elle vise à la fois à une plus grande efficacité au combat de l’armée royale, et à une diminution des dégâts causés par l’armée en déplacement. L’application de l’ordonnance aboutit au licenciement de la moitié des hommes d’armes de l’armée royale, à la fois les moins bons combattants et les auteurs des déprédations et pillages. Ceux qui restent sont les meilleurs sur le champ de bataille, et aussi les plus fidèles au roi : le problème des capitaines alliés aux grands féodaux durant la Praguerie est ainsi résolu

[16] Depuis la création du titre, en 1185, il y a eu 342 maréchaux de France. L’office de maréchal n’est devenu militaire que depuis le début du 13ème siècle. À son origine, le maréchal de France n’a qu’un rôle d’intendance sur les chevaux du roi. Son office devient militaire au début du 13ème siècle, tout en étant subordonné au connétable. Le premier à porter le titre de maréchal du roi de France avec une fonction militaire était Albéric Clément, seigneur de Mez, désigné par Philippe Auguste, en 1185. Après l’abolition de l’office de connétable par Richelieu en 1624, les maréchaux deviennent les chefs suprêmes de l’armée. Parfois le roi crée une charge de maréchal général des camps et armées du roi, qu’il confie au plus prestigieux de ses maréchaux. Outre leurs fonctions militaires, les maréchaux ont aussi la responsabilité du maintien de l’ordre dans les campagnes, par l’intermédiaire des prévôts des maréchaux, d’où l’appellation de « maréchaussée » donnée à l’ancêtre de la gendarmerie. Jusqu’en 1793, date de l’abolition de cette charge, il y eut 263 maréchaux de France.

[17] Le traité de Picquigny est un traité de paix signé le 29 août 1475 entre le roi de France Louis XI et le roi d’Angleterre Édouard IV à Picquigny en Picardie (situé aujourd’hui dans le département de la Somme). Il met fin définitivement à la guerre de Cent Ans qui s’était « endormie » en 1453 après la bataille de Castillon.

[18] Le traité de Senlis, appelé également « Paix de Senlis », est un traité de paix conclu par François II de Bretagne avec le roi de France Louis XI le 29 septembre 1475 et ratifié le 9 octobre 1475 à l’abbaye royale Notre-Dame-de-la-Victoire près de Senlis.

[19] L’ancienne abbaye de la Victoire ou abbaye Notre-Dame-de-la-Victoire-lès-Senlis est une abbaye de chanoines réguliers, située sur le territoire de la commune de Senlis, à 2,5 km au sud-est du centre-ville. L’abbaye est accessible à la fois par la D 330 en direction de Nanteuil-le-Haudouin et par un chemin rural depuis le hameau de Villemétrie, qui se trouve entre Senlis et l’abbaye.

[20] Saint-Benoît-la-Forêt est une commune française du département d’Indre-et-Loire

[21] Aire-sur-la-Lys (anciennement Aire en Artois), est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais. Commune fortifiée faisant successivement partie du comté de Flandre, du comté d’Artois, du duché de Bourgogne puis des Pays-Bas espagnols, Aire-sur-la-Lys est définitivement rattachée à la France par le traité d’Utrecht en 1713.

[22] Le lieutenant général de province était un personnage, issu souvent de la haute aristocratie, qui représentait le roi dans les provinces du royaume. Son rôle était théoriquement d’assurer la suppléance du gouverneur. En fait, les rois espéraient ainsi que leurs influences se neutraliseraient mutuellement, empêchant ainsi toute tentative de révolte. La charge de lieutenant général devint au 17ème siècle et surtout au 18ème siècle purement honorifique : le titulaire résidait à la Cour et se contentait de toucher les revenus sans effectuer de réel travail. De plus, les rois avaient tendance à nommer les fils successeurs de leur père, ce qui fit que les offices de lieutenant général firent quasiment partie du patrimoine de ces familles aristocratiques. Il ne faut pas confondre l’office de lieutenant général avec celui de « lieutenant de roi ». Le lieutenant de roi était subordonné au lieutenant général et son rôle (par essence le même : représenter le roi dans les provinces) n’était tenu que dans des ressorts beaucoup plus réduits.

[23] La Guyenne est une ancienne province, située dans le sud-ouest de la France. Ses limites ont fluctué au cours de l’histoire sur une partie des territoires des régions françaises Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Portant le titre de duché, la Guyenne avait pour capitale Bordeaux. Son nom est apparu au 13ème siècle en remplacement du terme d’« Aquitaine ». Sous l’Ancien régime, la Guyenne était l’une des plus grandes provinces de France et regroupait divers pays et provinces plus petites comme le Périgord, l’Agenais, le Quercy et le Rouergue. Le terme de « Guyenne propre » correspondait à la région de Bordeaux, également appelée le Bordelais. La Guyenne était couramment associée avec la Gascogne dont la capitale était Auch et qui regroupait notamment l’Armagnac, le Bigorre, le Labourd, la Soule et le Comminges. Guyenne et Gascogne partageaient ainsi le même gouvernement général militaire.

[24] Le château de la Motte-Glain est un château de style Louis XII construit à proximité de la commune de la Chapelle-Glain, située dans le département français de la Loire-Atlantique, à l’ancienne frontière entre le duché de Bretagne et le pays angevin. Construit sur une ancienne forteresse des sires de Rougé, il est le premier des trois châteaux reconstruit par Pierre de Rohan-Gié.

[25] La bataille de Fornoue est un affrontement de la première guerre d’Italie qui eut lieu le 6 juillet 1495 à Fornoue, à 20 km au sud-ouest de Parme. Bien que Charles VIII ait réussi à s’emparer du royaume de Naples sans rencontrer beaucoup de résistance, l’hostilité grandissante des États italiens face à l’occupation et surtout la formation de la ligue de Venise contre les Français, l’obligent à écourter son séjour à Naples et à faire retraite vers la France afin de ne pas se retrouver pris au piège. Ses ennemis lui bloquent le passage à Fornoue, l’obligeant à livrer bataille.

[26] Novare ou Novarre est une ville italienne, située dans la province de même nom, dans la région du Piémont, région de la plaine du Pô, dans le nord-ouest de l’Italie.

[27] Le couvent Notre-Dame-des-Anges en Anjou, fondé par Pierre de Rohan au début du 16ème siècle était situé sur la crête séparant les paroisses de Saint-Quentin et de L’Hôtellerie-de-Flée. Le 23 novembre 1512 : le bâtiment étant achevé et la maison meublée, l’église est consacrée au nom de Notre Dame des Angess par l’évêque de Léon Jean de Kermavan sur pouvoir de François de Rohan, Primat des Gaules.

[28] Le comté d’Armagnac est un ancien comté français compris avec le comté de Fezensac dans le duché de Gascogne et avait pour capitale Lectoure. Le comté date de 960, quand les fils de Guillaume Garcès, comte de Fézensac, se partagent ses terres : le cadet, Bernard le Louche, reçoit l’Armagnac. On voit les comtes d’Armagnac faire hommage, à la fin du 12ème siècle aux comtes de Toulouse, puis directement aux rois d’Angleterre. Après avoir réuni le Fézensac à l’Armagnac par le mariage de Géraud III d’Armagnac et d’Anicelle de Fézensac, la première maison d’Armagnac s’éteint en 1215 avec Géraud IV. Son cousin Géraud de Lomagne, vicomte de Fézensaguet, lui succède et fonde la seconde maison d’Armagnac.

[29] La maison de Habsbourg ou maison d’Autriche est une importante Maison souveraine d’Europe connue entre autres pour avoir fourni tous les empereurs du Saint Empire romain germanique entre 1452 et 1740, ainsi qu’une importante lignée de souverains d’Espagne et de l’empire d’Autriche, puis de la double monarchie austro-hongroise. La dynastie porte le nom de « Maison de Habsbourg-Lorraine » depuis 1780.

[30] Le crime de lèse-majesté est une notion juridique mal définie qui a évolué dans le temps, recouvrant différentes qualifications juridiques. Pour l’essentiel, il était relié aux atteintes au souverain, quel qu’il soit (le peuple, un monarque, un principe fondateur, etc.), et aux signes de sa majesté (objets, décisions, personnes y compris leurs représentants, etc.).

[31] Le parlement de Toulouse fut mis en place à Toulouse en 1443 par Charles VII. Ce parlement est une cour de justice repris sur le modèle de celui de Paris, créé par Saint Louis pour juger en appel au nom du roi. Le parlement de Toulouse doit beaucoup à l’action menée par les états de Languedoc, qui depuis longtemps le réclamaient, au nom de l’éloignement du parlement de Paris et de la spécificité du droit méridional. Le parlement de Toulouse sera donc le premier du genre créé en province. Il étend au début son ressort du Rhône à l’Atlantique, des Pyrénées au Massif central, mais la création du Parlement de Bordeaux, en 1462, lui enlève la Guyenne, une partie de la Gascogne, les Landes, l’Agenais, le Béarn et le Périgord. Le 4 juin 1444, le nouveau parlement de Toulouse s’installe dans une salle du château narbonnais, mais sa rentrée solennelle n’a lieu que le 11 novembre suivant. Il traite des affaires civiles, criminelles et ecclésiastiques. Par lettre patente datée le 19 juillet 1474, le roi Louis XI ordonna que le Quercy ressorte désormais au parlement de Toulouse, à la suite de la fin de l’apanage de la Guyenne, à savoir la mort de Charles de France en 1472. Par ailleurs, cette lettre indique que le parlement devait se réfugier à Revel à cause de la peste : « Actum Revelli, in Parlamento, tertia die Septembris, anno Domini millesimo quadrigentesimo septuagesimo-quarto. ». En 1590, Henri IV crée un parlement rival de celui de Toulouse à Carcassonne, où se rendent les parlementaires qui lui sont fidèles.

[32] Le château du Verger est un ancien château de style Louis XII, aujourd’hui démantelé, situé à Seiches-sur-le-Loir, Maine-et-Loire. Par la régularité de son plan quadrangulaire et la modernité de ses façades influencées de l’aile Louis XII du château de Blois, cet édifice annonce les innovations spectaculaires de Florimond Robertet au château de Bury. Il a été construit durant la deuxième moitié du 15ème siècle et la première moitié du 16ème siècle par Pierre de Rohan-Gié, maréchal de France, et l’architecte Colin Biart. Après 1504, le maréchal néglige ses autres domaines pour embellir le Verger. C’est là que fut signé le Traité du Verger stipulant que l’héritière du duché de Bretagne ne peut se marier sans l’accord du roi de France. De 1776 à 1783, le château est démantelé par le cardinal de Rohan.

[33] Seiches-sur-le-Loir est une commune française située dans le département de Maine-et-Loire. Commune angevine du Baugeois, Seiches-sur-le-Loir se situe à 19 km au nord-est d’Angers, entre Angers et La Flèche. Son territoire se trouve essentiellement dans une boucle du Loir sur laquelle domine la colline du village de Matheflon, dépendant aujourd’hui de la commune de Seiches-sur-le-Loir. En 1028, Hildegarde, épouse de Foulque Nerra en fit don aux religieuses de l’abbaye du Ronceray d’Angers. Foulque Nerra fera construire un château dominant le Loir, pour mater les félons, terme qui donnera Matheflon. La famille de Mathefelon fut une dynastie de seigneurs angevins dans leur domaine de Matheflon. Ils sont inhumés en l’abbaye de Chaloché.