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Benoît de Cornouaille

samedi 14 avril 2018

Benoît de Cornouaille (mort en 1115)

Abbé de l’Abbaye Sainte-Croix de Quimperlé en 1066-Évêque de Nantes de 1079/1081 à 1114

Fils cadet d’ Alain Canhiart comte de Cornouaille [1] et de son épouse Judith de Nantes

D’abord moine à l’abbaye de Landévennec [2], Benoît fils du fondateur devient abbé de Sainte-Croix de Quimperlé [3] en 1066 l’année même où son frère aîné Hoël peut prétendre au titre de duc.

Son prédécesseur Jungomarc’h élu en 1059 et crédité d’un abbatiat de 7 ans continue toutefois d’apparaître à ses côtés jusqu’à sa mort en 1088. Sous l’abbatiat de Benoît la communauté connaît une croissance constante et l’on compte une trentaine de moines dans les actes jusqu’en 1081.

Selon le cartulaire de Quimperlé [4] le pape Grégoire VII dans une bulle du 25 mars 1078 prend sous sa protection le monastère de Sainte-Croix avec toutes ses possessions.

À la suite de la mort de son frère l’évêque Guérech II de Cornouaille , Benoît est désigné pour occupé le siège épiscopal de Nantes en 1079, il n’est toutefois consacré qu’en 1081. Dans le contexte de l’achèvement de la réforme du clergé séculier soutenue par son neveu le duc Alain IV de Bretagne, Benoît réunit un concile à Nantes en 1105.

En 1114 du fait de son grand âge Benoît résigne volontairement ses fonctions. Il désigne comme successeur à Sainte-Croix l’abbé Gurhuand pendant qu’à l’évêché de Nantes [5] Robert 1er lui succède pour seulement un an avant l’élection en 1115 de Brice. Benoît meurt l’année suivante en 1115 selon ses obituaires [6]

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Joëlle Quaghebeur La Cornouaille du ixe au xiie siècles PUR Rennes (2002)

Notes

[1] Ses limites, qui semblent avoir été très stables et issues de la division de la cité gauloise des Osismes selon un axe Élorn-Montagnes d’Arrée, couvraient les deux tiers sud du département du Finistère, un fort secteur Sud-Ouest du département des Côtes-d’Armor et les grands alentours de Gourin et du Faouët dans le département du Morbihan. Sa capitale historique est Quimper, devenue aussi le chef-lieu du Pays de Cornouaille. À la fin du 9ème siècle, le comté féodal de Cornouaille reprend le nom de l’ancien royaume. Sa dynastie accède au trône ducal (comtal pour la chancellerie royale), il passa à l’évêque de Quimper qui devient comte-évêque de Cornouaille jusqu’au 11ème siècle où deux frères s’en répartissent les dignités.

[2] L’abbaye Saint-Guénolé de Landévennec est une abbaye située en la commune de Landévennec dans le département du Finistère. Elle est réputée avoir été fondée au 5ème siècle par saint Guénolé, ce qui en fait une des plus anciennes et plus importantes de Bretagne. L’historien Arthur Le Moyne de la Borderie l’a qualifiée de "Cœur de la Bretagne". Abandonnée en 1793 et ruinée dans les années 1810, elle est relevée par une nouvelle communauté monastique bénédictine en 1958, qui y construit de nouveaux bâtiments. Elle est affiliée à la congrégation de Subiaco.

[3] L’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé est une ancienne abbaye située dans la ville de Quimperlé dans le département du Finistère. Fondée en 1029 par Saint Gunthiern grâce à une donation du comte de Cornouaille Alain Canhiart, elle est une des abbayes puissantes de Bretagne, comprenant de nombreuses dépendances. Sa nef de plan centré inspirée du Saint-Sépulcre de Jérusalem est un exemple quasi-unique en Bretagne. L’abbaye est fermée lors de la Révolution.

[4] Le cartulaire de l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé, établissement créé à Quimperlé (actuel Finistère), est un ouvrage du 11ème siècle constitué de manuscrits portant sur toutes les transactions de l’abbaye avec ses donateurs, ses débiteurs et sur ses relations avec les autorités civiles et ducales.

[5] C’est un des neuf évêchés de la Bretagne historique (symbolisés par les 9 bandes du drapeau breton Gwen ha du) ; son territoire constituait le Pays nantais, lui-même correspondant approximativement à l’actuel département de la Loire-Atlantique. L’évêché de Nantes est gravement touché par les invasions normandes : en 843, le jour de la fête de Saint Jean Baptiste, l’évêque Gohard est massacré par des vikings avec ses paroissiens, alors qu’il célébrait la messe dans la cathédrale. Un changement politique important a lieu peu après : la conquête par le chef breton Nominoë des comtés de Nantes et de Rennes, donc la formation de la Bretagne historique. En 851, le roi carolingien de Francie occidentale, Charles le Chauve, reconnaît à Erispoë, fils de Nominoë, la possession des territoires conquis, ainsi que du Pagus Ratiatensis, le pays de Retz (donc la ville de Rezé). Dans le domaine religieux, le successeur d’Erispoë, Salomon, s’efforce de renforcer son pouvoir en séparant les évêchés bretons de leur métropole de Tours grâce à la création de l’archevêché de Dol. Mais ce changement n’est entériné ni par les évêques francs ni par le pape. Lors du Concile de Soissons en 866, les prêtres et les évêques réunis reprochent aux Bretons d’avoir envahi l’évêché de Nantes et de ne point se soumettre à la suprématie religieuse de l’archevêque de Tours. Après le règne de Salomon, les Normands qui continuent de sévir dans la région s’installent à Nantes vers 880 et ne sont définitivement chassés qu’en 939, par le duc de Bretagne, Alain Barbetorte. Deux de ses fils lui succéderont, à la tête du duché : Gauthier 1er, puis Guérech qui ajoute aux titres de comte de Nantes et de duc de Bretagne de 981 à 988, celui d’évêque élu mais vraisemblablement non consacré.

[6] Un obituaire est un registre renfermant le nom des morts et la date anniversaire de leur sépulture afin de célébrer des offices religieux pour le repos de leur âme