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Alain IV de Bretagne dit Alain Fergent ou Fergant

jeudi 2 avril 2015 (Date de rédaction antérieure : 16 novembre 2011).

Alain IV de Bretagne dit Alain Fergent ou Fergant (vers 1060-1119)

Comte de Cornouaille, de Rennes et de Nantes-Duc de Bretagne de 1084 à 1112

Fils de Hoël II de Bretagne et de Havoise de Bretagne. Né au château de Châteaulin [1], il devient duc de Bretagne à la mort de son père le 13 avril 1084. Il doit rétablir l’autorité ducale dans le comté de Rennes contre Geoffroy Grenonat, demi-frère de Conan II, auquel il avait succédé comme comte viager. Dès 1084, il prend Rennes à la tête de son armée et envoie Grenonnat à Quimper, qui y meurt la même année, permettant à Alain de récupérer le titre de comte de Rennes [2]. La même année, il nomme son fidèle frère Mathias à la tête du comté de Nantes [3] et reprendra personnellement le titre à la mort de celui-ci en 1103.

En 1087, il épouse en premières noces Constance de Normandie, fille de Guillaume le Conquérant, qui mourra empoisonnée en 1090 sans lui donner de descendance. En 1093, il épouse Ermengarde d’Anjou, fille de Foulque IV le Réchin et arrière-petite-fille de Foulque Nerra.

Il préfère séjourner dans la partie bretonnante du duché dont il était originaire et habite volontiers dans ses châteaux d’Auray [4] et surtout de Carnoët [5] non loin de l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé [6] régie par son oncle Binidic dit Benoît de Cornouaille .

La tranquillité dans laquelle vit le duché lui permet de répondre à l’appel de Urbain II et, en compagnie d’autres seigneurs bretons, de se joindre, au cours de l’été 1096, à la première croisade. Il s’absente de Bretagne durant 5 ans laissant le duché sous la ferme autorité d’Ermengarde.

De retour de la croisade et sous l’influence de sa pieuse épouse, Alain s’intéresse de plus en plus aux questions religieuses et soutient la réforme du clergé séculier menée par Marbode, évêque de Rennes [7].

Cette évolution vers le spirituel ne l’empêche pas de prendre le parti du roi d’Angleterre Henri 1er Beauclerc dans son conflit avec le frère de celui-ci, Robert Courteheuse, et il participe à la bataille de Tinchebray [8] en 1106. Il devient le vassal d’Henri 1er et marie son fils Conan à la fille naturelle du roi d’Angleterre, Mathilde.

Malade, il abdique en 1112 en faveur de Conan et se retire en l’abbaye Saint-Sauveur de Redon [9]. Il y meurt le 13 octobre 1119 et y est inhumé.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Histoire de l’Europe/ Alain IV Fergent/

Notes

[1] La butte qu’enserraient l’Aulne et des étangs constituait un site de défense naturel. Pour se préserver des invasions et garder la voie de pénétration de la ville de l’Aulne, fut construite une motte seigneuriale, constituée d’une butte de terre entourée de fossés. Les de Cornouaille y construisirent un château fort au 10ème siècle. Lorsque la famille comtale de Cornouaille hérite en 1066 de la couronne ducale avec Hoël II de Bretagne, la châtellenie de Châteaulin entre dans le domaine ducal. En 1084, le duc Alain Fergent fait don à l’abbaye de Landévennec des écluses, moulins et pêcheries de Châteaulin.

[2] Les comtes de Rennes étant devenus ducs de Bretagne avec Conan 1er. Le comté disparut quand il fut intégré au duché de Bretagne sous Pierre Mauclerc duc consort de 1213 à 1221.

[3] Le comté de Nantes faisait partie de la marche établie par les rois Francs à la frontière de la Bretagne indépendante. Durant la première moitié du 8ème siècle, les évêques de Nantes cumulèrent avec le titre de « Comte de Nantes ». Il fut conquis par Nominoë en 851 avec le traité d’Angers.

[4] La forteresse d’Auray qui, dans un premier temps, se limite à un donjon aurait été remplacée par une construction plus imposante en 1201 à l’initiative d’Arthur 1er, duc de Bretagne. Mais de cette résidence ducale, il reste peu d’éléments. Elle perd de son importance lors du rattachement de la Bretagne à la France en 1532 et, abandonnée, elle est finalement démantelée en 1560.

[5] Résidence des ducs de Bretagne située au bord de la Laïta.

[6] L’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé est une ancienne abbaye située dans la ville de Quimperlé dans le département du Finistère. Fondée en 1029 par Saint Gunthiern grâce à une donation du comte de Cornouaille Alain Canhiart, elle est une des abbayes puissantes de Bretagne, comprenant de nombreuses dépendances.

[7] L’archidiocèse de Rennes est une église particulière de l’Église catholique en France. Érigé au 3ème siècle, le diocèse de Rennes est un des neuf diocèses historiques de Bretagne. À la veille de la Révolution française, il couvrait le pays de Rennes, un pays traditionnel de Haute Bretagne.

[8] La bataille de Tinchebray a eu lieu le 28 septembre 1106, dans la ville de Tinchebray en Normandie, entre des troupes de l’envahisseur Henri Ier Beauclerc, roi d’Angleterre, et celle du duc de Normandie, son frère aîné Robert Courteheuse. Cette bataille s’est soldée par une victoire décisive d’Henri Beauclerc, qui lui permit de rattacher la Normandie à l’Angleterre, ce qui n’était plus le cas depuis la mort de leur père Guillaume le Conquérant en 1087. La Normandie restera une possession de la couronne d’Angleterre jusqu’en 1204.

[9] L’abbaye Saint-Sauveur de Redon, fondée en 832 par Conwoïon et reconnue le 18 juin 834 par Nominoë, est une ancienne abbaye bénédictine de Bretagne à Redon, dans le département d’Ille-et-Vilaine, dépendante de l’ancien diocèse de Vannes.