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Jan Kazimierz Waza dit Jean II Casimir Vasa

mercredi 7 mars 2018

Jan Kazimierz Waza dit Jean II Casimir Vasa (1609-1672)

Roi de Pologne de 1648 à 1668-Grand-duc de Lituanie

Né à Cracovie [1], second fils de Sigismond III Vasa , il combattit la France avec les Habsbourg pendant la guerre de Trente Ans [2].

En 1639 il accepte un commandement en Espagne alors que son roi Philippe IV est en guerre contre la France. Pour se rendre à Barcelone il embarque à Gênes sur une galère. Pris du mal de mer, il décide de débarquer à Saint-Tropez. Il poursuit le voyage par terre jusqu’à Marseille. Mais il y est reconnu par la police de Richelieu.

Il croit réussir à fuir en prenant le premier bateau qui quitte le port. Mais il joue de malchance, c’est le calme plat. À la Tour de Bouc [3] il est fait prisonnier sur l’ordre de Richelieu. Immédiatement conduit à la prison du fort de Salon [4] il est rapidement transféré à la citadelle de Sisteron [5] où, le 13 février 1639, il est reçu avec les honneurs dus à son rang mais immédiatement interné dans la geôle située tout au sommet de la citadelle. Transféré dans un cachot de Vincennes, le 16 août 1639, il est finalement libéré par décision de Richelieu.

Libéré et abandonnant toute ambition politique il est pendant quelque temps novice chez les Jésuites et est créé cardinal par Innocent X en 1646, mais renonce au bout d’un an sans avoir jamais reçu son chapeau rouge.

À la mort de son frère le roi Ladislas IV Vasa , il est élu en 1648 au trône de Pologne et obtint une dispense pour épouser la veuve de celui-ci, l’influente Louise-Marie de Gonzague-Nevers .

Malgré son désir de négocier avec les cosaques ukrainiens [6], il dut continuer la lutte sous la pression de la noblesse polonaise désirant agrandir ses possessions. Il gagna la bataille de Beresteczko [7] contre les forces cosaques et tatares [8] en juin 1651, mais les combats reprirent quand les cosaques s’allièrent avec la Russie, en même temps, que la Suède envahissait la Pologne.

Par traité, il renonça à ses droits sur la couronne de Suède et céda la Livonie [9]. La guerre contre la Russie fut terminée par la trêve d’Andrusovo [10]. Il est d’abord défait par Charles X Gustave roi de Suède, à Varsovie en 1656.

Le 19 septembre 1657, il signe le traité de Welawa [11] par lequel il renonce à la souveraineté sur le duché de Prusse [12]. Il repoussa ensuite Charles-Gustave, roi de Suède, et conclut le traité d’Oliwa [13] en 1660. Ses armées, commandées par Jean III Sobieski , vainquirent les Tartares en 1661.

Cependant, ayant perdu son épouse en 1667, écœuré par la guerre et la révolte de la Diète [14], il abdique le 16 septembre 1668. Il se retire en France en 1670 et devient abbé commendataire des abbayes de Saint-Germain-des-Prés à Paris [15], de la Trinité à Fécamp [16] et de Saint-Martin à Nevers [17].

Il se remarie le 14 septembre 1672 à Paris, avec Françoise-Marie Mignot , la riche veuve du maréchal François de L’Hospital , qu’il avait rencontrée dans l’un des salons parisiens qu’il fréquentait. La cérémonie se déroule à Paris, rue des Fossés-Montmartre, mais l’union demeure morganatique [18]. Une fille illégitime, prénommée Marie-Catherine, est née de leur union en 1670.

Françoise-Marie est à Nevers près de son mari lorsqu’il meurt trois mois après le mariage, le 16 décembre 1672 à l’âge de 63 ans à l’abbaye Saint-Martin de Nevers. Il est inhumé dans l’abbatiale de Saint-Germain-des-Prés à Paris, où l’on peut toujours voir son imposant cénotaphe [19]. En 1676, son corps est transféré à Cracovie et inhumé dans la crypte Vasa de la cathédrale du Wawel [20].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article John II Casimir Vasa, Encyclopædia Britannica, 2005, Encyclopædia Britannica Premium

Notes

[1] Chef-lieu de la voïvodie de Petite-Pologne, elle est située à 300 km au sud de Varsovie, sur la Vistule. Datant du 7ème siècle, c’est une des villes les plus anciennes et les plus importantes de Pologne, dont le patrimoine architectural est très bien conservé. La ville historique se situe au pied de la colline du Wawel. Cracovie était, avant Varsovie, la capitale de la Pologne et elle est souvent considérée comme le véritable centre du pays avec ses traditions et son passé vieux de plus de 1 000 ans. Elle est le centre culturel et scientifique du pays, avec l’Université jagellonne de Cracovie, la deuxième plus ancienne université d’Europe centrale (1364, après celle de Prague fondée en 1348 ; celle de Varsovie date de 1816).

[2] La guerre de Trente Ans est une série de conflits armés qui a déchiré l’Europe de 1618 à 1648. Les causes en sont multiples mais son déclencheur est la révolte des sujets tchèques protestants de la maison de Habsbourg, la répression qui suivit et le désir de ces derniers d’accroître leur hégémonie et celle de la religion catholique dans le Saint-Empire. Ces conflits ont opposé le camp des Habsbourg d’Espagne et du Saint-Empire, soutenus par l’Église catholique romaine, aux États allemands protestants du Saint-Empire, auxquels étaient alliées les puissances européennes voisines à majorité protestante, Provinces-Unies et pays scandinaves, ainsi que la France qui, bien que catholique et luttant contre les protestants chez elle, entendait réduire la puissance de la maison de Habsbourg sur le continent européen.

[3] aujourd’hui Port-de-Bouc

[4] aujourd’hui Salon-de-Provence

[5] À 500 m d’altitude, la citadelle de Sisteron surplombe la ville de Sisteron — située dans un passage entre le Dauphiné et la Provence — et la Durance. Construite sur un éperon rocheux, c’est la première chose que l’on voit en arrivant dans la ville. La citadelle, avec ses fortifications, était un verrou stratégique sur la route menant des Alpes vers la Méditerranée. Jean Errard, ingénieur militaire d’Henri IV, puis Vauban l’ont marquée de leur empreinte. En1639, accusé de complot contre la France, le prince polonais Jean Casimir Vasa (Jan II Kazimierz Waza), futur roi de Pologne, est enfermé sur ordre de Richelieu dans le donjon de la citadelle du 13 février au 16 août.

[6] Cosaque, est le nom donné à un groupe de populations en majorité slaves d’Europe orientale adjacente au Caucase et à l’Asie et autrefois au domaine ottoman. Opprimés par les féodaux polonais qui colonisaient progressivement le pays, les cosaques se révoltent et l’État dut sans cesse batailler pour les contenir, tout en les contentant afin de pouvoir les utiliser. Le plus célèbre de ces soulèvements, fut celui de 1648 conduit par Bogdan Khmelnitski. Il aboutira à la création de l’Hetmanat, un État cosaque sous la férule de la Pologne, et à la création des cosaques de la région « slobodienne » (slobodskaïa), des hommes positionnés à l’est de l’Ukraine dès 1620 et qui, hors de l’Hetmanat proprement dit, décidèrent de passer sous le contrôle du tsar. Plus tard, l’Hetmanat se scinda en rive Gauche et rive Droite du Dniepr, respectivement contrôlées par la Russie et la Pologne. Le côté polonais fut rapidement dissous, tandis que le côté russe, qui garda seul le nom d’Hetmanat, fut supprimé par Catherine II en 1775.

[7] La bataille de Berestetchko se déroula entre les Cosaques ukrainiens, dirigé par Hetman Bohdan Khmelnitski, aidés par les Tatars de Crimée leurs alliés, et l’armée polonaise commandée par le roi Jean II Casimir.

[8] La plupart des Tatars vivent au centre et au sud de la Russie, en Ukraine, en Bulgarie, en Chine, au Kazakhstan, en Roumanie, en Turquie et en Ouzbékistan. On en dénombrait plus de huit millions à la fin du 20ème siècle. Ils forment par ailleurs l’un des cinquante-six groupes ethniques recensés par la République populaire de Chine.

[9] Livonie est le nom historique donné par les Allemands aux régions de la côte de la mer Baltique où vivaient les Lives, au nord de la Lithuanie. La Livonie a été un territoire correspondant à la quasi-totalité du territoire actuel des États baltes pour n’être plus maintenant que le nom d’une péninsule de l’actuelle Lettonie. En plus des Lives, d’autres populations se partageaient ces territoires, comme les Estes, les Curoniens, les Sémigaliens et à partir du 13ème siècle les Allemands et enfin des minorités slaves et juives.

[10] Le traité d’Androussovo ou trêve d’Androussovo est une trêve de 13 ans et demi, signée en 1667 entre le Tsarat de Russie et la République des Deux Nations (Union de Pologne-Lituanie) pour mettre fin à la guerre en cours depuis 1654 à propos de la possession des actuels territoires de Biélorussie et d’Ukraine.

[11] Le traité de Bromberg ou traité de Bydgoszcz était un traité entre Jean II Casimir de Pologne et l’ électeur Frederick Guillaume de Brandebourg-Prusse , ratifié à Bromberg ( Bydgoszcz ) le 6 novembre 1657. Le traité comprenait plusieurs accords, dont le traité de Wehlau signé le 19 septembre 1657 par les envoyés de Brandebourg-Prusse et de Pologne-Lituanie à Wehlau (Welawa, aujourd’hui Znamensk). Ainsi, le traité de Bromberg est parfois appelé traité de Wehlau-Brombergou Traité de Wehlau et Bromberg. En échange d’ une aide militaire dans la deuxième guerre du Nord et le retour de Ermland (Ermeland, Warmie) en Pologne, le roi polonais a accordé au Hohenzollern la dynastie de Brandebourg comme souveraineté héréditaire dans le duché de Prusse , mis en gage Draheim (Drahim) et Elbing (Elblag) à Brandenburg, et a livré Lauenburg et Bütow Land aux Hohenzollern comme fief héréditaire. Le traité fut confirmé et internationalement reconnu par la paix d’Oliva en 1660. Tandis qu’Elbing était gardé par la Pologne, Lauenburg et Bütow Land et Draheim furent ensuite intégrés dans le Brandebourg-Prusse. La souveraineté en Prusse a servi de base au couronnement ultérieur des Hohenzollern en tant que rois prussiens. Le traité Wehlau-Bromberg resta en vigueur jusqu’à son remplacement par le traité de Varsovie du 18 septembre 1773 à la suite de la première partition de la Pologne.

[12] Le duché de Prusse est un duché fondé en 1525 à partir des territoires prussiens des chevaliers teutoniques, à la suite de la conversion au protestantisme du grand-maître de l’ordre teutonique, Albert de Brandebourg-Ansbach. Premier prince à se convertir officiellement au protestantisme, il réorganise son État, en faisant un duché sécularisé, régi par des règles inspirées du protestantisme. À partir de 1618, il est lié à la marche de Brandebourg au sein d’une union personnelle nommée Brandebourg-Prusse et placée sous la souveraineté des Hohenzollern jusqu’en 1918.

[13] Le traité d’Oliva, ou paix d’Oliva est un traité de paix signé à Oliwa (écrit aussi Oliva) près de Dantzig (Gdańsk) en Prusse royale le 3 mai 1660. Les signataires furent l’empereur Léopold 1er, l’électeur Frédéric-Guillaume de Brandebourg-Prusse, le roi Charles X Gustave de Suède et le roi Jean II Casimir de Pologne. Par ce traité, Jean II Casimir renonce à réclamer le trône de Suède, que son père Sigismond III Vasa avait perdu en 1599. La Pologne cède à la Suède la Livonie et Rīga, lesquelles sont sous contrôle suédois depuis 1620. Le traité régla le conflit entre la Suède et la Pologne depuis la guerre contre Sigismund (1598-1599), la Guerre polono-suédoise (1600-1629) et les guerres du Nord (1655-1660). La dynastie Hohenzollern de Brandenbourg était confirmée sur le duché de Prusse ; auparavant, elle régnait sur un fief en Pologne. En cas de fin de la dynastie Hohenzollern en Prusse, le territoire revenait à la Pologne, mais cette clause expira en 1700.

[14] La Diète du royaume de Pologne est issue de plusieurs assemblées temporaires de la noblesse polonaise ayant existé entre le 9ème et le 14ème siècle mais son organisation n’est connue qu’à partir du 15ème siècle. Une institution similaire, la Diète du grand-duché de Lituanie, est fondée en 1445. Elles fusionnent lors de l’union de Lublin en 1569 pour constituer la Diète de la République polono-lituanienne. Dans la République des Deux Nations (1569-1795), la Diète comprend deux corps : la Chambre des nonces (députés), qui rassemble les représentants de la petite noblesse, et le Sénat, comprenant les hauts dignitaires religieux, magnats, châtelains et palatins (voïvodes), sous la présidence du roi élu par la Diète électorale. La Diète n’est réunie que sur l’invitation du souverain et pour lui donner son avis sur les mesures à prendre. Ses décisions devant être prises à l’unanimité, son fonctionnement concret conduit le plus souvent à la paralysie et à l’incapacité de prendre la moindre décision : après des débuts prometteurs au 16ème siècle, la « Liberté dorée » passera à la postérité comme une caricature désastreuse de la représentation politique.

[15] L’abbaye Saint-Germain-des-Prés est une ancienne abbaye bénédictine de Paris, située dans l’actuel 6ème arrondissement, fondée au milieu du 6ème siècle par le roi mérovingien Childebert 1er et l’évêque de Paris, saint Germain sous le vocable de Saint-Vincent et Sainte-Croix. C’est une abbaye royale, qui bénéficie donc d’une exemption et est directement soumise au pape. La première église abbatiale est consacrée le 23 avril 558 à la sainte Croix et à saint Vincent de Saragosse. Cette basilique possède des colonnes de marbre, un plafond lambrissé et des fenêtres vitrées. Elle est nécropole royale jusqu’à la création de celle de la basilique Saint-Denis, et les reliques de saint Germain y sont vénérées, mais plus aucune sépulture médiévale ne subsiste à ce jour, et les reliques se sont considérablement amoindries. L’église est rebâtie par l’abbé Morard, à partir de la fin du 10ème siècle. Les quatre premiers niveaux du clocher occidental, la nef et le transept de l’église actuelle remontent à cette époque, et l’on peut notamment y voir d’intéressants chapiteaux d’autour de l’an mil. Le chœur actuel est construit au milieu du 12ème siècle dans le style gothique primitif, et consacré par le pape Alexandre III le 21 avril 1163. C’est l’un des premiers édifices gothiques, qui contribue à la diffusion de ce nouveau style et est de toute première importance sur le plan archéologique. Les bâtiments conventuels sont reconstruits successivement au cours du 13ème siècle, et une chapelle abbatiale inspirée par la Sainte-Chapelle est édifiée par l’architecte Pierre de Montreuil et dédiée à la Vierge ; l’ensemble est malheureusement démoli au début du 19ème siècle. L’instauration de la réforme mauriste en 1630 fait de l’abbaye un centre de l’érudition d’un grand rayonnement. Mais la Révolution impose la suppression de la totalité des abbayes, et pour Saint-Germain-des-Prés, la fin survient le 13 février 1792. L’église devient bientôt une manufacture de salpêtre, et le culte n’y est rétabli que le 29 avril 1803.

[16] L’abbaye de la Trinité de Fécamp, lieu de pèlerinage du Précieux Sang, est une abbaye bénédictine située à Fécamp, dans le département de Seine-Maritime, en Normandie (France). L’abbaye de la Trinité de Fécamp se trouve dans la valleuse de la Valmont, au cœur du Pays de Caux, sur la côte d’Albâtre. L’abbaye de Fécamp est née durant la grande vague d’implantations monastiques en Normandie qui émaillent le 7ème siècle (Jumièges, Fontenelle, Préaux, Le Bec, etc.). Elle s’inscrirait comme une riposte à l’évangélisation des environs par des personnes venues de l’extérieur : Picardie, Île-de-France, Bretagne. La construction du sanctuaire débuta vers 658 autour de la relique du Précieux Sang, confiée selon la légende à la mer par Isaac, fils de Joseph d’Arimathie, et venue s’échouer miraculeusement sur les plages du Pays de Caux. Elle fut l’œuvre de Waneng, comte de Caux, qui décida avec l’aide de Wandrille et Ouen la création à Fécamp d’un monastère de moniales, placées sous la règle de Saint-Benoît, et selon les textes du 9ème siècle sur un des domaines de Waneng. En 665 la première abbatiale est dédicacée. Hildemarque du Bordelais est la première abbesse.

[17] L’ Abbaye Saint-Martin de Nevers, est une abbaye située à Nevers, actuel département de la Nièvre. Fondée avant 752, elle est fondée à nouveau en 849 par Hériman évêque de Nevers. Elle disparaît entre 1130 et 1143 puis est refondée par Hervé IV de Donzy et son épouse Mathilde de Courtenay vers 1200, sur le bord de la Loire. Il ne reste aujourd’hui que le logis de l’abbé

[18] Un mariage morganatique est l’union entre un souverain, un prince ou comte d’une maison régnante, avec une personne de rang inférieur. L’épouse est alors qualifiée d’« épouse morganatique », jamais de « reine », ou alors de « reine morganatique », par exemple. Les enfants d’un mariage morganatique ne sont pas dynastes. Il est parfois connu sous le nom de mariage de la main gauche parce que pendant la cérémonie du mariage le marié tient la main droite de sa fiancée avec sa main gauche au lieu de sa droite.

[19] Un cénotaphe est un monument funéraire qui ne contient pas de corps contrairement au mausolée, élevé à la mémoire d’une personne ou d’un groupe de personnes, et dont la forme rappelle celle d’un tombeau. Le monument aux morts est une forme de cénotaphe.

[20] La cathédrale du Wawel ou basilique-cathédrale Saints-Stanislas-et-Venceslas de Cracovie est l’église principale de l’archidiocèse de Cracovie. Elle est aussi un sanctuaire national, où des rois, des reines, des poètes et des héros nationaux de la Pologne sont enterrés.