Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > Histoire du 3ème siècle > Lucius Claudius Cassius Dio dit Cassius Dion

Lucius Claudius Cassius Dio dit Cassius Dion

samedi 21 février 2015 (Date de rédaction antérieure : 15 août 2011).

Lucius Claudius Cassius Dio dit Cassius Dion (vers 155-vers 235)

Historien romain d’expression grecque

Né en Bithynie [1] à Nicée [2] dans le nord de l’Asie mineure [3], il est issu d’une famille sénatoriale. Son père Marcus Cassius Apronianus fut consul suffect [4] sous l’empereur Commode en 183 et 184 puis gouverneur de Lycie-Pamphylie [5], Cilicie [6] et Dalmatie [7]. Grâce à ce statut, il profita de nombreux voyages à Rome et en Italie tout en préservant un mode de vie grecque.

Il suivit très probablement les leçons de sophistes [8], lui apprenant la rhétorique et la philosophie, puis partit vers Pergame [9] pour continuer ses études et les finir à Rome où il apprit le droit romain ce qui lui permit de devenir avocat.

Sa situation familiale le prédestinait à entrer dans le cursus honorum [10]. Il fut questeur [11] en 188, puis fut préteur [12] sous Septime Sévère en 194. Il s’attacha l’estime de celui-ci en écrivant et lui envoyant son premier écrit, Sur les rêves et présages, ouvrage qui montrait que l’avènement de l’empereur avait été annoncé auparavant. Cette légitimation du nouveau détenteur du pouvoir ne manqua pas de plaire à celui-ci d’autant que le jeune auteur lui dédia ensuite le récit des Guerres Civiles en 197 qui avaient permis à l’empereur d’accéder au pouvoir. Après quelques années en dehors de Rome, il prit les fonctions de consul suffect dans la capitale en 205-206.

Brillant haut fonctionnaire, discret mais efficace il sut garder sa place dans une époque de fréquents changements de dynastie. Il fut toujours très proche des empereurs, amicus principis et habitué des salons de Julia Domna, la femme de Septime Sévère qui recevait sophistes et hommes de lettres.

En 222, il reprit des fonctions, après 16 ans d’absence, en tant que proconsul d’Afrique puis partit pour la Dalmatie de 223 à 225 et la Pannonie supérieure [13] de 225 à 229 afin de mater les émeutes de soldats. En 229 c’est la consécration, il est consul avec l’empereur lui-même, montrant la parfaite confiance qui règne entre les 2 hommes. Puis, quelque peu haï pour sa sévérité, il se retire à Nicée pour se consacrer entièrement à son Histoire Romaine et meurt vers 234-235.

Avant d’être un haut fonctionnaire talentueux, il est surtout connu pour son “Histoire Romaine”, gigantesque ouvrage de 80 livres qui retracent les 973 ans de la vie de Rome, de sa fondation à Septime Sévère. Il lui fallut préalablement une dizaine d’années de documentation afin de rassembler toutes les informations nécessaires à l’écriture. Il commence probablement la rédaction vers 207 après avoir reçu les félicitations de l’empereur pour ses précédents ouvrages et surtout à la suite d’un songe dans lequel une divinité l’aurait encouragé à écrire une histoire des origines de Rome jusqu’à lui.

L’œuvre de Dion Cassius est encore aujourd’hui une des sources majeures pour la connaissance de la période impériale et notamment celle de l’époque de l’auteur puisque les détails fourmillent et sont plus exacts.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Pierre BRIANT, « DION CASSIUS (155 env.-apr. 229) », Encyclopædia Universalis

Notes

[1] La Bithynie est un ancien royaume au nord-ouest de l’Asie Mineure, actuellement situé en Turquie. Située au bord du Pont-Euxin, elle était limitée par la Paphlagonie à l’est, la Galatie et la Phrygie au sud, la Propontide et la Mysie à l’ouest. Les Bithyniens sont, selon Hérodote et Xénophon, d’origine thrace. Ils forment d’abord un État indépendant avant d’être annexés par Crésus, qui ajoute leur territoire à la Lydie. Ils passent ensuite sous domination perse, où la Bithynie est incluse dans la satrapie de Phrygie. Mais dès avant Alexandre le Grand, la Bithynie retrouve son indépendance. Nicomède 1er est le premier à se proclamer roi. Durant son long règne de 278 à 243av jc, le royaume connaît la prospérité et jouit d’une position respectée parmi les petits royaumes d’Asie Mineure. Cependant, le dernier roi, Nicomède IV, échoue à contenir le roi Mithridate VI du Pont. Restauré sur le trône par l’Empire romain, il lègue par testament son royaume à Rome en 74 av jc. La Bithynie devient alors province romaine. Sous Auguste elle devient province sénatoriale en 27av jc puis province impériale en 135.

[2] İznik (anciennement Nicée) est une ville d’Anatolie (Turquie) connue surtout pour deux conciles du début de l’histoire de l’Église chrétienne. Elle fut aussi au Moyen Âge la capitale de l’empire de Nicée, vestige de l’empire byzantin pendant les croisades.

[3] L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire, mais aujourd’hui elle désigne couramment toute la partie asiatique de la Turquie

[4] Parfois, un consul décède ou démissionne avant la fin de son mandat de douze mois. Le consul restant rétablit la collégialité par l’élection intermédiaire si le délai restant le permet ou par la désignation directe d’un consul suffectus (du participe passé du verbe sufficere, « remplacer »). Ce consul entre en fonction immédiatement, il a les mêmes privilèges et les mêmes pouvoirs que le consul remplacé mais il n’est en charge que pour la durée du mandat qui reste à couvrir. Enfin, le consul suffect ne donne pas son nom à l’année, à l’inverse du consul dit ordinaire.

[5] La Lycie est située au sud de la Lydie, bordée à l’est par la Pamphylie, au nord par la Phrygie et la Carie et au sud et à l’ouest par la mer Méditerranée. La région est essentiellement montagneuse, les plaines côtières sont rares et la culture se fait surtout dans l’arrière pays. La Lycie ne possède qu’un seul fleuve, le Xanthos ou Xantos. La région est peuplée dès le 3ème millénaire, mais nous n’avons à ce jour que très peu de connaissance sur le début de son histoire. Elle est mentionnée ensuite dans les textes hittites du 15ème siècle av. jc, puis après, beaucoup plus tard, lors de la domination Perse Achéménide. La Pamphylie est le nom donné dans l’Antiquité à une région historique du sud de l’Asie mineure située entre la Lycie au sud, la Cilicie à l’est, la Pisidie au nord et la Phrygie à l’ouest.

[6] La Cilicie est une ancienne province romaine située dans la moitié orientale du sud de l’Asie Mineure en Turquie. Elle était bordée au nord par la Cappadoce et la Lycaonie, à l’est par la Pisidie et la Pamphylie, au sud par la Méditerranée et au sud-est par la Syrie. Elle correspond approximativement aujourd’hui à la province d’Adana : région comprise entre les monts Taurus, les monts Amanos et la Méditerranée. Vers 27, sous l’empereur Tibère, la Cilicie est rattachée à la province de Syrie. Certaines parties de la région restent néanmoins dirigée par des souverains locaux jusqu’à l’annexion complète par Vespasien en 74. La province est suffisamment importante pour qu’un proconsul y soit nommé.

[7] La Dalmatie est une région littorale de la Croatie, le long de la mer Adriatique, qui va de l’île de Pag, au nord-ouest, à Dubrovnik et la baie de Kotor au Monténégro au sud-est.

[8] Un sophiste désigne à l’origine un orateur et un professeur d’éloquence de la Grèce antique, dont la culture et la maîtrise du discours en font un personnage prestigieux dès le 5ème siècle av. jc en particulier dans le contexte de la démocratie athénienne, et contre lequel la philosophie va en partie se développer. La sophistique désigne par ailleurs à la fois le mouvement de pensée issu des sophistes de l’époque de Socrate, mais aussi le développement de la réflexion et de l’enseignement rhétorique, en principe à partir du 4ème siècle av. jc, en pratique à partir du 2ème siècle ap. jc. dans l’Empire romain.

[9] Pergame est une ancienne ville d’Asie Mineure, en Éolide située au nord de Smyrne, au confluent du Caïque et du Cétios, à environ 25 km de la mer Égée.

[10] Le cursus honorum est l’ordre d’accès aux magistratures publiques sous la Rome antique. Défini très tôt à une époque mal déterminée, il n’est formalisé que par la lex Villia Annalis en 180 av. jc. Cet ordre est obligatoire et permet de gagner des compétences et d’avoir pour magistrats suprêmes des hommes mûrs et expérimentés.

[11] Dans la Rome antique, les questeurs sont des magistrats romains annuels comptables des finances, responsables du règlement des dépenses et de l’encaissement des recettes publiques. Ils sont les gardiens du Trésor public, chargés des finances de l’armée et des provinces, en relation avec les consuls, les promagistrats et les publicains.

[12] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.

[13] La Pannonie supérieure est une ancienne province romaine incluse dans la Pannonie, divisée en deux par l’empereur Trajan vers 105.