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L’histoire pour le plaisir

Blidulphe

dimanche 26 juin 2016

Blidulphe (vers 906-975)

Religieux français de l’abbaye de Gorze

Il fut princier primicerius [1] puis archidiacre de la cathédrale de Metz, il fut le premier archidiacre de la cathédrale de Metz.

Faisant partie d’une riche famille, Blidulphe fit des études à Saint-Remi de Reims et devint l’un des hommes les plus instruits pour son époque. Atteint d’une grave maladie, il demanda et obtint de l’abbé Einold qui dirigeait l’abbaye de Gorze [2] depuis 933 l’habit monastique.

Il recouvra la santé et se consacra entièrement au service de la religion. Plus tard, l’abbé Einold l’envoya rétablir la discipline religieuse dans l’abbaye de Saint-Maximin de Trèves en compagnie d’Ogon ou de Hugues qui en était abbé. Einold fut secondé par un de ses confrères connu sous le nom de Gundelach, profès [3] de l’abbaye de Fulda [4]. L’un et l’autre revinrent à Gorze après le décès le Hugues en 947 qui avait été nommé évêque de Liège en 945.

En l’an 967, Blidulphe et Gundelach furent appelés par Adalbert, abbé de l’abbaye de Moyenmoutier [5], qu’ils avaient rencontrés à Gorze. Adalbert souhaitait qu’ils le secondent dans la restauration de la discipline religieuse à Moyenmoutier.

Le duc Frédéric 1er , un homme intègre cherchait à rétablir et à réformer les monastères dont les mœurs et la discipline laissaient à désirer. Il chargea donc Adalbert d’entreprendre les réformes. L’abbé Einold lui recommanda pour le seconder dans sa tâche Blidulphe et Gundelach. Ils séjournèrent quelques années à Moyenmoutier pour établir la discipline religieuse et contribuèrent par leur savoir à rétablir la réputation dans l’enseignement des lettres et des sciences du couvent.

Il fit faire des travaux d’agrandissement à l’abbaye de Gorze, puis se retira dans les Vosges où il fonda le prieuré d’Échéry [6] dans le Val de Lièpvre ou Val d’argent [7].

Il mena des travaux sur l’oratoire en ruine d’Échery fondé par Ermengarde, ou Hugues III duc d’Alsace, la femme de Lothaire 1er duc de Lorraine, qui daterait de l’an 838, et construit un monastère vers 938 et fit venir des religieux auxquels il procura de nouveaux revenus grâce semble-t-il à la découverte de gisements d’argent.

Après le décès d’Ogon, ils retournèrent à Gorze, puis de nouveau au fond d’une vallée des Vosges qu’ils appelèrent Lebrath, un petit espace renfermé entre les montagnes. Sur le revers de la hauteur qui fait face au midi, Bliduphe fit construire un oratoire qu’il appela Belmont. Bientôt, le lieu lui convenant, il fit construire une église plus spacieuse. Autour de cette église, Blidulphe construisit, selon la position du lieu, des bâtiments et un cloître à l’usage des moines.

Après avoir séjourné quelques années à Moyenmoutier, Blidulphe revint au Val de Lièpvre avec Gundelach. Il y vécut plus d’une dizaine d’années, jusqu’en 975 et fut enterré dans l’oratoire qu’il avait fait construire 37 ans auparavant.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Michel Parisse, L’abbaye de Gorze au xe siècle, Presse Universitaires de Nancy, 1993

Notes

[1] Le princier ainsi appelé parce qu’il était inscrit le premier sur la table ou tablette enduite de cire contenant les nom des chantres au temps de saint Chrodegang, le troisième personnage après l’évêque

[2] L’abbaye Saint-Gorgon de Gorze est une abbaye bénédictine fondée à Gorze près de Metz, vers 747. À partir de 933, elle est à l’origine d’une réforme de la règle bénédictine qui va se diffuser à tout le Saint Empire.

[3] Dans la tradition chrétienne, les vœux religieux désignent l’engagement public par lequel un homme ou une femme promet de suivre Jésus-Christ, tel qu’il vécut, c’est-à-dire dans une vie de pauvreté, chasteté et obéissance. Cette manière de vivre est généralement explicitée par la règle religieuse que se donnent ordres et congrégations religieuses, et qui est adaptée aux temps modernes par des coutumiers.

[4] Située près de Cassel en Allemagne, cette abbaye fut fondée en 744 par Sturmius, un disciple de Saint Boniface. Richement dotée par Carloman, l’abbaye de Fulda adopta la règle bénédictine que Sturm avait rapportée du Mont Cassin. En 751, le pape Zacharie exempta l’abbaye de toute juridiction épiscopale autre que celle de l’évêque de Rome c’est-à-dire du pape.

[5] L’abbaye de Moyenmoutier, ou l’abbaye Saint-Hydulph, était une abbaye de l’ordre de Saint-Benoît, située à Moyenmoutier, dans le département des Vosges (France). Cette abbaye abrita jusqu’à 300 religieux. Elle fut fondée vers l’an 671 par Saint Hydulphe, chorévêque de Trèves qu’il quitta pour se retirer dans la solitude des Vosges et y vivre en ermite. Cette abbaye fut soumise dès le commencement aux rois d’Austrasie et ensuite à l’empereur Charlemagne et à ses successeurs. Par la suite, les ducs de Lorraine y exercèrent des droits régaliens sous l’autorité des empereurs.

[6] Le prieuré d’Échéry était situé à Sainte Croix aux Mines. Il est fondé par Blidulphe, à partir d’un petit oratoire.

[7] La Liepvrette faisait office de frontière entre la partie Lorraine du val de Lièpvre et celle des Ribeaupierre. La rive droite de la Lièpvrette était de langue allemande et de confession protestante et englobait les habitations entre les ruisseaux du Liversel et Isenbach et une partie de la ville de Sainte-Marie-aux-Mines ainsi que les hameaux de Saint-Blaise, Fertrupt, Echéry, la Petite Lièpvre et le Rauenthal. La rive gauche de la Lièpvre était de langue française, de confession catholique, et appartenait au Duché de Lorraine. Elle comprenait une partie de la ville de Sainte-Marie-aux-Mines, les villages de Sainte-Croix-aux-Mines, Lièpvre et Rombach-le-Franc (appelé anciennement Deutsch Rombach. Ce territoire a fait partie du Duché de Lorraine jusqu’en 1766, année du décès du duc Stanislas qui vit la réunion de la Lorraine à la France.