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Louis de Bourbon-Vendôme

dimanche 15 mai 2016

Louis de Bourbon-Vendôme (1493-1557)

Cardinal de l’Église catholique romaine

Né au château de Ham [1] en Picardie. Légat du Saint-Siège a latere [2] en Savoie, il exerça des fonctions militaires considérables sous le roi François 1er et Henri II.

Fils benjamin de François de Bourbon-Vendôme et de la comtesse de Saint-Pol [3] Marie de Luxembourg , il fut élevé en grande partie au château de La Fère [4], où sa mère était venue résider après son veuvage. Il eut pour parrain Louis de Bourbon, prince de La Roche-sur-Yon.

Il était le neveu des cardinaux Philippe de Luxembourg et Charles II de Bourbon . Il était l’oncle du cardinal Charles II de Bourbon-Vendôme , et le grand-oncle du cardinal Charles III de Bourbon-Vendôme .

Il étudia au Collège de Navarre [5] et devint docteur en théologie de la Sorbonne, dont il devait devenir proviseur sous le règne d’Henri II. Il fut ordonné prêtre à Faremoutiers [6] par le cardinal Georges d’Amboise , légat de France.

Élu évêque de Laon le 24 avril 1510 avec dispense, car il n’avait pas atteint l’âge canonique, il prononça ses vœux devant le roi François 1er le 9 juin 1517 et fut élevé au rang de cardinal lors du consistoire du 1er juillet 1517. Il fut nommé comme premier abbé commendataire de Saint-Denis en 1529, archevêque de Sens en 1535, abbé, seigneur de Condé [7].

Il éleva son neveu Louis 1er de Bourbon, prince de Condé.

Il fit reconstruire le château d’Anizy-le-Château [8], et édifier le Palais Bourbon [9]. Il était présent au couronnement de la reine Claude de France en l’abbaye de Saint-Denis le 10 mai 1517, signa le contrat de mariage du dauphin François avec Marie d’Angleterre.

Il baptisa le prince François à Fontainebleau le 2 février 1542 et Henri de Navarre en 1554, célébra le mariage de Madeleine de France avec Jacques V d’Écosse à Notre-dame de Paris, 1er janvier 1536. Il célébra les funérailles de Louise de Savoie le 18 août 1530 et du roi en l’abbaye de Saint-Denis le 23 mai 1547. Il couronna les reines Éléonore d’Autriche le 5 mars 1531 et Catherine de Medicis à l’abbaye de Saint-Denis le 10 juin 1549.

Il ne participa pas au conclave de 1521-1522 qui vit l’élection d’Adrien VI, mais fut présent aux conclaves suivants de 1523 pour l’élection de Clément VII, 1534 pour l’élection de Paul III, 1549/1550 pour l’élection de Jules III, et aux deux conclaves de 1555 pour l’élection de Marcel II, puis de Paul IV.

Il prit part au conseil de guerre du 18 février 1536 où se décida la reprise des hostilités avec Charles Quint.

Il présida l’Assemblée du Clergé à Melun en 1548. En 1551, Henri II le nomma gouverneur militaire de Picardie, puis en 1552 de Paris et de l’Île-de-France.

Il est inhumé dans le chœur de la cathédrale de Laon [10]. Pierre Jumel prononça son oraison funèbre.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Les Conseillers de François Ier, dir. C. Michon, Rennes, PUR, 2011

Notes

[1] Le château, ou fort, ou forteresse de Ham est un château fort situé à Ham (Somme). Si on ignore la date de création du château primitif, les historiens s’accordent sur le fait qu’il a été érigé par les premiers comtes de Vermandois vers 1052. Il fut restauré par Odon IV au 13ème siècle, puis au 15ème siècle par Jean II de Luxembourg-Ligny. Le neveu de ce dernier, Louis de Luxembourg-Saint-Pol, plus connu sous le nom de connétable de Saint-Pol, comte de Saint-Pol et connétable de Louis XI en 1465, fait construire en 1441 un donjon monumental, la grosse tour ou « tour du connétable ». Le château de Ham est assiégé à plusieurs reprises, en particulier par Philippe II d’Espagne en 1557. Rattaché à la couronne de France sous le règne d’Henri IV, il est l’objet de transformations à la fin du 17ème siècle par Vauban.

[2] On appelle légat a latere, un cardinal envoyé extraordinairement par le Pape auprès de quelqu’un des princes chrétiens.

[3] Le comté de Saint-Pol est situé dans le Ternois, région comprise dans le département du Pas-de-Calais entre le comté d’Artois et celui de Boulogne. Il tire son nom de sa capitale, Saint-Pol-sur-Ternoise, qui était à son origine une forteresse composée de deux châteaux très élevés, séparés par un fossé large et profond.

[4] Le château de Fère-en-Tardenois est un ancien château fort, bâti à partir du début du 13ème siècle, dont les ruines se dressent sur la commune de Fère-en-Tardenois dans le département de l’Aisne. La terre de Fère est acquise, à la fin du 12ème siècle, des archevêques de Reims par Robert de Dreux, frère du roi de France Louis VII. Son fils, Robert II, comte de Dreux et de Braine commence à élever la forteresse à partir de 1206 ; la construction durera jusqu’en 1260. Il appartint à la première maison Valois-Orléans, Valois-Angoulême. En 1528, La mère de François 1er l’offre au connétable Anne de Montmorency pour son mariage. Celui-ci le fait transformer, ajoutant le grand pont couvert, attribué à l’architecte Jean Bullant. La Couronne le confisque après le supplice d’Henri II de Montmorency. Il est rendu peu après à Charlotte de Montmorency, épouse du Prince de Condé. Il passe ainsi à la branche cadette des Condé, les princes de Conti, et par la suite au duc d’Orléans, père de Philippe Égalité. Ce dernier le démolit en partie en 1779 et en vend les matériaux et les meubles. Ses créanciers s’emparent du reste et le vendent aux enchères, à Paris en 1793.

[5] Le collège de Navarre a été fondé en 1304 à Paris grâce à Jeanne 1ère de Navarre. Épouse de Philippe le Bel, elle lègue son hôtel de la rue Saint André des Arts pour y établir un collège destiné à recevoir des étudiants de sa province.

[6] Située à quelques kilomètres à l’ouest de la ville de Coulommiers, l’abbaye Notre-Dame de Faremoutiers est fondée à l’époque mérovingienne vers 620 par sainte Fare. Le symbole héraldique de la double crosse, figurant encore sur le blason de la commune de Faremouriers, rappelle que Notre-dame de Faremoutiers a eu le rang d’abbaye royale. Cette abbaye était un monastère double, le premier du genre en France, accueillant moines et moniales. Deux fois détruit, il a connu plusieurs états architecturaux successifs, dont on peut voir aujourd’hui, à côté des bâtiments contemporains, des pans de fondations médiévales.

[7] Condé-en-Brie est une commune française située dans le sud du département de l’Aisne. Condé-en-Brie était une seigneurie des Montmirail, des Coucy, des comtes de Bar, des Luxembourg Saint-Pol, des Bourbon-Vendôme, des Bourbon-Condé, des Bourbon-Soissons, puis des Savoie-Carignan. Elle a donné son nom à la maison des princes de Condé

[8] Anizy-le-Château est une commune française, située dans le département de l’Aisne. Donné par Clovis à saint Remi, qui lui-même le donna à l’évêché de Laon. Comté érigé en 1397 par Charles VI en faveur de Jean de Roucy, évêque de Laon. Ces évêques y avaient un puissant château, reconstruit au 16ème siècle par le cardinal de Bourbon, remanié au 18ème siècle par Mgr de Rochechouart, qui fit également paver toute la ville.

[9] aujourd’hui siège de l’assemblée Nationale

[10] La cathédrale Notre-Dame de Laon est une église cathédrale située à Laon, dans le département de l’Aisne. Elle est l’un des premiers édifices majeurs de style gothique en France. Construite après l’abbaye de Saint-Denis et la cathédrale Notre-Dame de Noyon, elle est antérieure à Notre-Dame de Paris.