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Adrian Florizoon ou Florenz dit Adrien VI

lundi 14 janvier 2013

Adrian Florizoon ou Florenz dit Adrien VI

218ème Pape de l’Église catholique de 1522 à 1523

Adrien VI 218ème Pape de l'Église catholique

Unique pape originaire des Pays-Bas, et dernier pape non Italien avant l’élection de Jean-Paul II en 1978. D’origine très modeste, il perdit son père, un menuisier de profession d’origine allemande, alors qu’il était encore très jeune. Il semble qu’il fut alors confié par sa mère à un groupe de Frères de la vie commune qui lui donnèrent une bonne formation de base, spirituelle et intellectuelle. A 17 ans il entrait comme étudiant à l’université de Louvain.

Par vocation et compétence Adrien fut d’abord professeur de théologie. Il passa la plus grande partie de sa vie à l’université catholique de Louvain. Il devint recteur en 1493, doyen de l’église Saint Pierre en 1497, de nouveau recteur de l’université en 1501 et chancelier de l’université jusqu’en 1507. Comme théologien il se montra solide, orthodoxe mais sans originalité.

En 1507 il est nommé précepteur de l’archiduc Charles d’Autriche, futur empereur Charles-Quint, d’abord à Gand où se trouvait la cour des Pays-Bas bourguignons et ensuite en Espagne, où Charles-Quint, qui l’estimait beaucoup, l’emmena comme principal conseiller lors de son accession sur le trône de Castille en 1516. Il fut nommé archevêque de Tortosa et inquisiteur du royaume et peu après, Charles-Quint lui obtint le titre de Cardinal. Jouissant de toute la confiance de l’empereur, il était également vice-roi durant les absences de Charles-Quint. Le 9 janvier 1522 il fut élut pape et succéda à Léon X. Le fait qu’il n’était pas Italien fut très mal accepté et les cardinaux regrettèrent vite leur choix. Il surprit également en gardant son nom de baptême : il s’appellera Adrien VI.

Il marqua même immédiatement son indépendance vis-à-vis de son ancien élève. Pas plus que les souverains de France et d’Angleterre il n’accepta de rencontrer Charles-Quint avant de quitter l’Espagne. Le 23 août 1522 il débarqua à Livourne, en route pour Rome.

Son style de vie, simple, pieux et austère, impressionna d’abord le peuple romain. Il réduit le nombre de ses serviteurs à quatre au lieu de 100 qu’avait son prédécesseur. Il évita les banquets, et se contenta d’un plat de viande à sa table. Il se levait la nuit pour réciter l’office divin et se relevait à l’aube pour célébrer la messe. Il interdit le port d’armes dans la ville et en expulse les femmes de mauvaise vie. Au lieu de poètes et de bouffons il s’entoura de pauvres et de malades.

Théologien classique, il fut cependant intransigeant sur les questions de doctrine. Luther doit être puni pour ses hérésies et interdit d’enseignement comme décidé à Worms en 1521. Par ailleurs il fut le tout premier pape à reconnaître que les sources de l’hérésie et de l’attraction qu’elle suscite, sont à trouver dans le désordre même de la curie romaine et le comportement déréglé de nombreux prélats de l’Eglise. Lors de son premier consistoire, 5 jours après son arrivée à Rome le 1 septembre 1522, il est brutal dans son constat. Il faut commencer la réforme par Rome même. Il s’attaque vigoureusement aux abus, simonie, cumul des bénéfices, etc, mais il le fait à coups de décrets et ordonnances sans s’entourer suffisamment de soutiens efficaces. Il ne fait rien pour se concilier les sympathies. Même les cardinaux favorables à la réforme de la curie romaine se tournent contre lui.

Adrien, de plus, ne possède en rien les manières élégantes si prisées à Rome. Aux yeux de la noblesse romaine, des artistes et de l’intelligentsia en général il reste un “barbare inculte”, un “buveur de bière”. Très rapidement ce sera le déchaînement contre lui, d’autant plus qu’après avoir limogé les fonctionnaires corrompus de son administration il s’entoure d’hommes nouveaux, étrangers à Rome et inexpérimentés.

Personnellement intègre, il interdit aux membres de sa famille de venir à Rome pour y chercher près de lui faveurs et bénéfices.

Ses tentatives faites pour unir les grandes nations chrétiennes d’Europe contre Soliman et les Turcs qui viennent de prendre Belgrade en 1521 et menacent la Hongrie et Rhodes, n’aboutissent à rien. Il mourut le 14 septembre 1523, dans l’indifférence générale.