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L’histoire pour le plaisir

Claude d’Annebault

lundi 4 mai 2015

Claude d’Annebault (vers 1495-1552)

Maréchal de France en 1538 puis amiral de France

Claude d’Annebault est le dernier « grand favori » de François 1er. Il guerroie sans cesse, en Italie, en Roussillon et en Picardie, sur terre et sur mer, contre les Anglais et contre les Impériaux.

Son père, Jean VI d’Annebault, était capitaine des toiles de chasse de François 1er. Claude d’Annebault fait l’apprentissage des armes et se distingue à la défense de Mézières en septembre 1521.

Il est fait prisonnier à la bataille de Pavie [1], puis assume pour la première fois le commandement d’armées à la campagne milanaise de 1528-1529.

À son retour, le roi le couvre d’honneurs. Il reçoit bientôt sa propre compagnie, et devient le lieutenant “résident” du gouverneur de Normandie, l’amiral Philippe Chabot en 1531. À la mort de son père en 1534, il lui succède comme maître des toiles de chasse et devint un personnage éminent de la cour.

En mars 1536, il est l’un des principaux chefs de l’armée qui conquiert le Piémont. Durant cette campagne, il conserve Turin malgré un siège de plusieurs mois.

On le retrouve ensuite sur la frontière picarde. Après avoir pris la place de Saint-Pol [2], il sauve Thérouanne [3] en la ravitaillant par deux fois. Il s’y révèle un ingénieux stratège, mais il est capturé au retour du deuxième trajet. Le montant de sa rançon est très élevé, mais François 1er offre immédiatement de la payer. Toutefois, la reine de Hongrie ne libère pas Claude d’Annebault avant la conclusion de la paix, qu’elle prépare avec le concours de son prisonnier. Une fois libre, il est récompensé de ses bons services : il est fait maréchal de France le jour où Montmorency devient connétable de France le 10 février 1538.

Nommé gouverneur du Piémont le 28 septembre 1539 après la mort de son prédécesseur René de Montjean il occupe ce poste jusqu’à la fin de l’année 1543. Claude d’Annebault doit faire oublier dans cette récente conquête les maladresses de son prédécesseur, René de Montjean. En quelques semaines, le nouveau gouverneur gagne la confiance des Piémontais et prend les mesures nécessaires à la reconstruction du pays.

En novembre 1540, d’Annebault entre au conseil étroit et devient l’un des principaux favoris du roi. Lors de la reprise de la guerre en 1543, Claude d’Annebault commande la plupart des opérations en Hainaut contre l’alliance de l’empereur et du roi d’Angleterre. Il participe en même temps au gouvernement, grâce à la proximité du roi, qui suit les armées, en retrait, avec ses autres conseillers. Il prend lors de cette campagne les villes de Landrecies [4] et de Luxembourg [5].

Le prestige de d’Annebault est à son sommet lorsque le roi le nomme amiral de France, puis gouverneur de Normandie, il succède à Montmorency comme favori du roi. En 1544, Claude d’Annebault négocie une paix peu avantageuse avec l’empereur en septembre 1544, mais cette paix séparée permet à la France de lutter contre le seul roi d’Angleterre.

De 1544 à 1547, le roi lui confia la responsabilité et la direction de toutes les affaires de l’État. L’amiral fut donc le plus grand personnage du royaume après son prince.

À l’hiver 1545, Claude d’Annebault constitue une flotte capable de vaincre celle de Henri VIII et de porter la guerre sur le sol anglais. L’amiral prend personnellement le commandement de cette armée. Malgré un départ peu encourageant en juillet 1545, la flotte française connaît quelques succès notables sur l’île de Wight et les côtes anglaises. Mais ils sont sans lendemain, d’Annebault ne parvient ni à prendre Portsmouth [6], ni à délivrer Boulogne.

En mai 1546, l’amiral d’Annebault rencontre son homologue anglais près d’Ardres [7]. Les difficultés se résolvent peu à peu et d’Annebault obtient des conditions plus heureuses que prévu dans ses instructions.

Dans les affaires du royaume, il s’emploie à restaurer l’ordre tant à la cour que dans les provinces, tout en consolidant les frontières. La remise en ordre s’étend aux finances de la couronne, si bien qu’en peu de temps, les coffres de la monarchie sont de nouveau pleins.

Diplomate et politique autant que militaire, il songe à une alliance anglaise contre Charles Quint, voire à une rupture commune des deux royaumes avec Rome. La mort du roi, en 1547 met fin à ces audacieux projets. Lors des funérailles de François 1er, il porte le coffret de son cœur, puis mène le cortège jusqu’à Saint-Denis.

En 1547, à l’avènement de Henri II, il est disgracié, et Montmorency rappelé.

Cependant, sa charge d’amiral lui permet de continuer à servir le roi. Au printemps 1551, Henri II déclare la guerre à l’empereur. D’Annebault relance la guerre de course, renforce les ports et sollicite à nouveau le commandement d’une flotte. Il est rappelé dès février 1552 pour assister au lit de justice qui proclame et organise la régence, puis entre à nouveau au conseil étroit.

Il commande également “l’armée de la reine”, sorte d’armée de réserve. Début juin, il reprend Stenay [8] aux troupes de la reine de Hongrie, puis rejoint Henri II au siège de Damvillers [9], où il prouve la valeur de son expérience au roi, qui l’envoie ensuite défendre la Picardie.

Fiévreux, l’amiral s’enferme à La Fère-sur-Oise [10], qu’il a le temps de mettre en défense avant de céder à la maladie. Par ces derniers services rendus au roi, il transmet à son fils unique, Jean , une faveur retrouvée.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Claude d’Annebault/ Portail de la Renaissance/ Maréchal de France nommé sous le règne de François Ier

Notes

[1] La bataille de Pavie a eu lieu le 24 février 1525. C’est un événement décisif de la sixième guerre d’Italie. Elle marque la défaite des rois de France dans leur tentative de domination du nord de l’Italie.

[2] Saint-Pol-sur-Ternoise est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais. Elle se situe au carrefour entre les routes d’Amiens à Béthune ou Saint-Omer et Dunkerque d’une part et d’Arras à Boulogne-sur-Mer et la Côte d’Opale d’autre part.

[3] Thérouanne est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais. Elle se situe à 10 kilomètres d’Aire-sur-la-Lys et à 15 kilomètres de Saint-Omer. Au Moyen Âge, Thérouanne a fait partie du comté de Flandre, puis du comté d’Artois lorsqu’il s’en est détaché. La cité fut pillée par les Normands en 880 et 882. Les étudiants de son diocèse faisaient partie de la Nation Picarde aux universités de Paris, Orléans et Bologne. Par sa position stratégique, Thérouanne a représenté un enjeu militaire important, en particulier pendant les guerres d’Italie. Après un dernier siège, débuté le 11 avril 1553, Thérouanne a été prise le 20 juin 1553, puis rasée dans le courant de l’été 1553 sur l’ordre de Charles Quint, qui y aurait même fait répandre symboliquement du sel. Par la suite, Thérouanne devient un site abandonné. Le diocèse est supprimé en 1557, entraînant une recomposition de l’administration ecclésiastique. La population commence à se réinstaller à Thérouanne à la fin du 19ème siècle, créant la « nouvelle Thérouanne ».

[4] Landrecies est une commune française, située dans le département du Nord, elle fut une place forte de grande importance. À partir du début de la domination des Habsbourg sur la région, Landrecies va faire l’objet d’une longue lutte acharnée entre ces derniers et le royaume de France. Pillée à plusieurs reprises, la ville occupée par les Français de 1543 à 1544 est assiégée par Charles Quint, avant que le traité de Crépy ne la rende à ce dernier, qui en fait une place forte.

[5] Luxembourg, communément appelée Luxembourg-Ville est la capitale du Grand-Duché de Luxembourg ainsi que la plus grande ville du pays. Siège d’un comté puis depuis 1354 d’un duché lorsque ses souverains devinrent roi de Bohême et empereurs germaniques. Le duché et la ville sont cédés en 1443 au duc Philippe III de Bourgogne par Elisabeth de Goerlitz. Ils passeront par héritage à Charles Quint qui, enfant, portait le titre de duc de Luxembourg. Par lui, Luxembourg passe aux Habsbourg d’Espagne. Dans le cadre de la politique des Réunions du roi Louis XIV de France, Luxembourg est revendiquée par la Couronne de France. Les armées françaises mettent le siège devant la ville en décembre 1683. À partir du 28 avril, Vauban dirige les assauts sous les ordres du maréchal de Créquy et la ville tombe le 4 juin 1684. Rendu au roi d’Espagne par le Traité de Ryswick en 1697 le duché passe sous administration autrichienne après la guerre de Succession d’Espagne en 1714, puis est occupé et annexé par la France en 1794.

[6] Portsmouth est une ville de la côte sud de l’Angleterre. Elle appartient au comté cérémoniel d’Hampshire, mais forme une autorité unitaire. Surnommée Pompey, Portsmouth est un des trois plus importants ports militaires d’Angleterre. La ville de Portsmouth est située sur la côte nord-est du Solent, sur l’île de Portsea, entre Portsmouth Harbour à l’ouest et Langstone Harbour à l’est, et face à l’île de Wight. Southampton, au nord-ouest, est la grande ville la plus proche de Portsmouth. Étant fondée sur une île, Portsmouth offre un port naturel qui a fait son principal intérêt historique. L’île ne fut pratiquement pas habitée avant le 12ème siècle. Cependant, le début du 15ème siècle vit le développement d’une base navale. A l’ouest de ce port se trouve Gosport. Au cours du 13ème siècle, Portsmouth est fréquemment utilisé par les rois Henri III et Édouard 1er comme base pour des attaques contre la France. À la fois base navale militaire et commerciale, la ville profite de son port pour améliorer son statut de centre de commerce entre l’Angleterre et l’étranger. En 1338, dans le cadre de la Guerre de Cent Ans, une flotte française pille Portsmouth, détruisant une grande partie de la ville. Édouard III exempte alors la ville d’impôts nationaux comme aide à la reconstruction. Afin d’empêcher que Portsmouth soit une menace, les Français mettent de nouveau la ville à sac en 1369, 1377 et 1380. Henri V commence alors à construire des fortifications permanentes : en 1417 commence l’édification des Tours Rondes, d’abord en bois, puis en pierre, en 1494 celle de la Square Tower au bout de Hight Street, et en juin 1495 la construction de la première cale sèche de la région. En 1522 le port est fermé par une chaîne et deux fortins sont construits à Lumpsfort et Eastney en 1538, en même temps que le château de Southsea

[7] Ardres est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais. Au 16ème siècle, la ville accueille François 1er, qui y rencontre Henri VIII d’Angleterre lors de l’entrevue du Camp du Drap d’Or, qui se tient du 1er au 24 juin 1520. Le 7 juin 1546, le traité d’Ardres clôt les guerres entre François 1er et Henri VIII d’Angleterre. En 1596, l’archiduc Albert d’Autriche s’empare d’Ardres après un siège : la ville est rendue en 1598, à la paix de Vervins. Le 30 décembre 1620, Louis XIII, de passage à Calais, ordonne qu’on démolisse la citadelle d’Ardres gouvernée par Jean de Monchy, seigneur de Montcavrel. Celui-ci cherche à voir le Roi à Calais, mais Louis XIII refuse de lui parler et part le lendemain à Boulogne.

[8] Stenay, est une commune française située dans le département de la Meuse. Stenay est situé dans la partie nord de la plaine de la Woëvre et est traversé par la Meuse et par le canal de l’Est. La Wiseppe se jette dans la Meuse à Stenay.

[9] Damvillers est une commune française située dans le département de la Meuse. En 1552, Henri II, lors du "voyage d’Allemagne", revient d’Alsace et s’empare le 11 juin de la ville qui a soutenu un siège de huit jours. Lors de cette bataille Ambroise Paré, chirurgien du roi, expérimenta la ligature artérielle lors de l’amputation. Ancienne possession du Luxembourg, fut cédé à la France par le Traité des Pyrénées en 1659. Fit ensuite partie du Luxembourg français jusqu’en 1790.

[10] La Fère est une commune française, située dans le département de l’Aisne. Ancien siège de l’École Royale d’Artillerie de la Fère, elle est connue pour abriter la statue de l’artilleur qui ornait auparavant le pont de l’Alma de Paris. Au cours de la septième guerre de religion, La Fère est prise par surprise, par le prince de Condé, le 29 novembre 1579. Elle est reprise après un siège que les troupes royales du maréchal de Matignon appliquent avec ténacité du 7 juillet 1580 à début septembre 1580.