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Naissance du service militaire

mercredi 22 avril 2015, par ljallamion

Naissance du service militaire

La conscription, décrété le 19 fructidor an VILe 18 fructidor An V* (5 septembre 1798), à l’assemblée des Cinq-Cents, le député Jean-Baptiste Jourdan fait voter une loi qui institue la conscription et le service militaire obligatoire. L’article premier de la loi Jourdan énonce : « Tout Français est soldat et se doit à la défense de la patrie ».

Avec la loi Jourdan, la guerre n’est plus réservée à des professionnels comme sous l’Ancien Régime, quand les souverains recrutaient les soldats parmi les vagabonds et les officiers parmi les jeunes nobles en mal d’aventures et de gloire. C’en est fini des armées de métier, formées de nobles et de mercenaires. Le peuple entier est appelé à mourir sur les champs de bataille. La Révolution égalitariste banalise un privilège jusqu’alors réservé à quelques-uns.

La conscription puise ses origines dans le règlement militaire instauré en 1733 par le roi de Prusse Frédéric-Guillaume 1er. Ce règlement permit au Roi-Sergent d’étoffer les effectifs de son armée en recrutant des cantonistes dans chaque canton en fonction des besoins. Très impopulaire en France comme ailleurs, la conscription est réprouvée dans son principe par les cahiers de doléances de 1789.

En 1792, face à l’invasion étrangère, les chefs jacobins proclament la Patrie en danger et lancent un vibrant appel aux volontaires. Ces volontaires de l’An II remportent la victoire de Valmy aux côtés des vétérans de l’ancienne armée royale. Mais ils ne suffisent pas à apporter la paix.

La guerre s’éternisant et les bonnes volontés s’épuisant, l’assemblée de la Convention recourt le 24 février 1793 à la levée en masse de 300.000 hommes, recrutés par les départements de la manière qui leur convient (tirage au sort, désignation,...). À la suite de quoi les Vendéens se soulèvent contre les révolutionnaires.

À Fleurus, la Révolution française est une nouvelle fois sauvée par l’armée de Sambre et Meuse que commande le général Jean-Baptiste Jourdan, celui-là qui siègera plus tard à l’extrême gauche de l’assemblée des Cinq-Cents et instaurera la conscription obligatoire.

Avec la chute de Robespierre et l’avènement du Directoire, la Révolution prend un tour conservateur. Les anciens conventionnels se montrent par-dessus tout soucieux de jouir de leurs richesses fraîchement acquises. Pour sortir la France de ses difficultés économiques, ils ne trouvent rien de mieux que de s’engager dans des guerres de conquêtes.

C’est alors que le Directoire, par la loi Jourdan, oblige tous les jeunes gens entre 20 et 25 ans à s’inscrire sur les registres communaux pour faire face à la menace d’une 2ème coalition européenne. Cette conscription a pour objet de faciliter une levée en masse. Les citoyens sont appelés sous les drapeaux sur ordre ou par tirage au sort, avec possibilité pour les plus fortunés de se trouver un remplaçant. Les conscrits se disposent à un service de cinq ans. Ils sont répartis en 5 classes et chaque année sont appelées une ou plusieurs classes en fonction des besoins militaires. La loi Jourdan suscite encore plus de réticences que la levée en masse de 93. Il y a beaucoup de réfractaires et le Directoire a le plus grand mal à recruter les effectifs souhaités.

Napoléon Bonaparte néglige d’abroger la loi Jourdan après la paix d’Amiens et il prend ensuite l’habitude d’y recourir pour compléter les effectifs de la Grande Armée. La loi Jourdan est abolie par le roi Louis XVIII après la chute de l’Empire.