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Déiotaros

vendredi 6 mars 2015

Déiotaros (vers 105 av. jc-vers 42 av. jc)

Tétrarque puis roi des Galates

La Galatie et les autres royaumes d'Asie mineure au 1er siècle av. jc.Il fut honoré par le Sénat romain du titre d’allié et ami du peuple de Rome. Bien qu’il ait choisi à chaque étape des querelles romaines le camp du perdant, il réussit à maintenir la puissance de la communauté galate [1] en Orient.

Déiotaros était le tétrarque [2] des Celtes Tolistobogiens [3] implantés en Galatie, et il fut considéré comme l’un des plus capables des rois galates, dirigeant les trois tribus depuis sa forteresse de Blucium [4]. Fils du tétrarque Sinorix, il fut l’un des rares rescapés du massacre de ses pairs organisé par le roi Mithridate VI du Pont.

Après avoir renversé, avec le soutien de Rome, le satrape [5] Eumachios imposé par le roi du Pont, il sert fidèlement les Romains de Lucullus et de Pompée dans toutes les guerres d’Asie et particulièrement contre Mithridate VI Eupator du Pont. En récompense de ses services, ses territoires sont considérablement accrus, allant des bouches de l’Halys [6] à l’Arménie Mineure [7]. Pompée lui attribue le titre royal et lui concède finalement le royaume d’Arménie Mineure.

Déiotaros subit les moqueries du proconsul de Syrie, Crassus, car le roi, bien que déjà « fort vieux », ambitionnait de construire une nouvelle ville. Le Galate répondit au Romain qu’à 60 ans, il était bien vieux lui aussi pour aller faire la guerre aux Parthes [8].

Lorsqu’en 49 av. jc, la Guerre civile éclate entre César et Pompée, Déiotaros embrassa le parti de ce dernier et lui fournit un corps de cavalerie.

Après sa victoire, César, en représailles, lui ôte l’Arménie Mineure et une partie de ses anciens États. Il lui conserve cependant le titre de roi.

À cette époque, Déiotaros fournit à César des secours considérables en troupes et en argent lors de sa campagne-éclair contre Pharnace II du Pont. Il le reçoit également dans son palais et lui offre de nombreux présents. En récompense de son aide, Déiotaros recouvre l’Arménie Mineure qui avait été remise par Jules César à Ariobarzane III de Cappadoce.

Quelque temps plus tard, Castor, le propre petit-fils de Déiotaros, engagea Philippe, médecin du roi, à accuser son maître d’avoir voulu faire assassiner César lorsqu’il l’avait reçu dans son palais. Cicéron, qui était lié depuis longtemps à Déiotaros, assura sa défense. La cause fut plaidée à Rome, en 45 av. jc, dans la maison même de César, et Cicéron prononça son célèbre plaidoyer“ Pro rege Deiotaro”.

Après la mort de César, au cours de l’affrontement entre les triumvirs et les Républicains, Déiotaros s’allia à Brutus mais il meurt peu après la bataille de Philippes [9]. Diophane de Nicée , qui était un auteur grec du 1er siècle av. jc, natif de Bithynie [10], avait dédié son traité sur l’agriculture, “Georgica”, à Deiotaros.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Déiotaros Portail du monde celtique/ Personnalité galate

Notes

[1] Les Galates sont des peuples celtes qui, dans l’Antiquité, ont migré dans le centre de l’Asie Mineure. De Gaule cisalpine, des troupes celtes ont pris la route des Balkans, ils ont traversé la Macédoine et gagné la Grèce, pillant au passage le temple de Delphes, lors de la Grande expédition. À ce moment ils se divisent, certains d’entre eux retournant en Gaule dans les Cévennes et autour de Toulouse où ils sont désormais désignés comme Volques Tectosages. Les autres, ayant franchi l’Hellespont, les Galates, commandés par Lutérios et Léonorios, arrivent dans ce pays vers 278 av. jc à l’invitation du roi Nicomède 1er de Bithynie afin de combattre Antiochos 1er, roi séleucide. Leur appui lui assura le trône, et il leur donna en récompense des terres situées au sud de son royaume, sur les bords du Sangarius. Avant de s’y établir, les Gaulois dévastèrent toute la partie de l’Asie Mineure baignée par la mer Egée, depuis la Troade jusqu’à la Carie. Vaincus par Antiochos 1er, roi de Syrie en 277 et par Attale 1er, roi de Pergame en 241, ils se concentrèrent dans la partie nord de la Grande Phrygie, lui donnèrent le nom de Galatie, et reçurent eux-mêmes le nom de Gallo-Grecs, parce qu’ils se mêlèrent à la population grecque et phrygienne du pays. Géographiquement, leur implantation est délimitée par le royaume du Pont et la Paphlagonie au nord, la Cappadoce à l’est, le royaume de Pergame au sud et la Bithynie à l’ouest.

[2] Un tétrarque, dérivé de tessares signifiant quatre, et d’archon, chef était au sens propre le dirigeant d’une des quatre parties d’un royaume dans le cas de la Palestine ou d’un empire (Empire romain). Ce terme sera employé plus tard sans qu’il y ait réellement une division rigoureuse d’un territoire en quatre parties.

[3] Les Tolistobogiens dont le nom pourrait dériver de celui des Boïens sont un des trois peuples qui, avec les Tectosages et les Trocmes, ont formé en Anatolie (Turquie) la Communauté des Galates, au 3ème siècle av. jc.

[4] Blucium Ville des Tolistoboges, mentionnée par Strabon dans sa Géographie. Au 1er siècle av. J.-C., elle était selon cet auteur la résidence royale du roi Deiotarus. Elle est aussi citée par Cicéron dans son plaidoyer pour Deiotarus, qui la qualifie de castellum. Cette ville correspond vraisemblablement à l’actuelle Karalar en Turquie

[5] Un satrape est le gouverneur d’une satrapie, c’est-à-dire une division administrative de l’Empire perse.

[6] Le Kızılırmak (Rivière rouge en turc), appelé Halys dans l’Antiquité, est un fleuve d’Anatolie qui se jette dans la mer Noire. Avec ses 1 150 km, il s’agit du plus long fleuve de Turquie. Même s’il n’est pas navigable, c’est une importante source d’énergie hydroélectrique

[7] L’Arménie Mineure ou Arménie Inférieure, également Petite-Arménie couvre les régions autrefois peuplées d’Arméniens situées à l’ouest et au nord-ouest du royaume d’Arménie. Cette couverture géographique a quelque peu varié avec le temps. Durant l’Antiquité, l’Arménie Mineure connaît une lignée arménienne de rois, ultérieurement remplacés par des rois désignés par Rome, dont le dernier est Aristobule ; la région est alors annexée à l’Empire romain.

[8] La Parthie est une région située au nord-est du plateau iranien, ancienne satrapie de l’empire des Achéménides, berceau de l’Empire parthe qui contrôle le plateau iranien et par intermittence la Mésopotamie entre 190 av.jc et 224 de notre ère. Les frontières de la Parthie sont la chaîne montagneuse du Kopet-Dag au nord, aujourd’hui la frontière entre Iran et Turkménistan, et le désert du Dasht-e Kavir au sud. À l’ouest se trouve la Médie, au nord-ouest l’Hyrcanie, au nord-est la Margiane et au sud-est l’Arie. Cette région est fertile et bien irriguée pendant l’antiquité, et compte aussi de grandes forêts à cette époque.

[9] La bataille de Philippes (septembre-octobre 42 av. J.-C.) voit, au cours de deux affrontements successifs, les triumvirs Octave et Antoine vaincre les Républicains Brutus et Cassius dans la plaine à l’ouest de Philippes, en Macédoine orientale. Cette défaite sonne le glas des espoirs du Sénat de préserver le régime républicain.

[10] La Bithynie est un ancien royaume au nord-ouest de l’Asie Mineure, actuellement situé en Turquie. Située au bord du Pont-Euxin, elle était limitée par la Paphlagonie à l’est, la Galatie et la Phrygie au sud, la Propontide et la Mysie à l’ouest. Les Bithyniens sont, selon Hérodote et Xénophon, d’origine thrace. Ils forment d’abord un État indépendant avant d’être annexés par Crésus, qui ajoute leur territoire à la Lydie. Ils passent ensuite sous domination perse, où la Bithynie est incluse dans la satrapie de Phrygie. Mais dès avant Alexandre le Grand, la Bithynie retrouve son indépendance. Nicomède 1er est le premier à se proclamer roi. Durant son long règne de 278 à 243av jc, le royaume connaît la prospérité et jouit d’une position respectée parmi les petits royaumes d’Asie Mineure. Cependant, le dernier roi, Nicomède IV, échoue à contenir le roi Mithridate VI du Pont. Restauré sur le trône par l’Empire romain, il lègue par testament son royaume à Rome en 74 av jc. La Bithynie devient alors province romaine. Sous Auguste elle devient province sénatoriale en 27av jc puis province impériale en 135.