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Marguerite de Bourgogne

mercredi 6 juin 2012, par ljallamion

Marguerite de Bourgogne (1260-1308)

Fille du Duc Eudes de Bourgogne et héritière du comté de Tonnerre, Marguerite avait épousé Charles 1er d’Anjou, frère de Saint Louis. Ce Prince ambitieux avait conquis, avec l’aide de la papauté, le royaume de Naples, de Sicile et de Jérusalem. Il avait une cour à Naples, où brillait dans des parures somptueuse sa jolie deuxième épouse, Marguerite. Il s’était en effet marié une première fois avec Béatrice De Provence. L’aventure sicilienne s’était achevée par les « Vêpres siciliennes » en 1282, où 8 000 soldats français avaient été massacrés sur ordre du roi d’Aragon. Veuve trois années plus tard, sans enfants, Marguerite se retire à Tonnerre en 1287, auréolée des titres de reine de Naples et de Sicile, en compagnie de deux de ses parents : Marguerite de Beaumont, princesse d’Antioche et comtesse de Tripoli et Catherine de Courtenay, impératrice titulaire de Constantinople. Ces dames résidaient au château de Tonnerre et s’occupaient à des exercices de prière et de charité.

Est-ce pour le repos de l’âme de son époux, qui avait fait tuer Frédéric d’Autriche et Conradin de Hohenstaufen, prétendant au trône de Naples, qu’elle décida la construction de l’hôpital des Fontenilles le monument le plus célèbre de la ville de Tonnerre, La charte de fondation ne le précise pas, mais l’obit de son mari figure bien dans le nécrologe conservé aux archives de l’hôpital.

Dans l’acte de fondation, elle détermine avec précision non seulement l’emplacement du futur édifice dont elle va financer la construction, mais aussi son fonctionnement. Il existait déjà auparavant à Tonnerre quelques établissements charitables comme la Maison Dieu chargée d’accueillir pour la nuit les pèlerins sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, la maladrerie Saint-Blaise, qui recevait les lépreux de la ville, ou l’hospice Saint-Antoine. Mais l’hôpital des Fontenilles, placé sous la protection de la Vierge, doit avant tout exercer les sept oeuvres de miséricorde, à savoir : " bailler à manger à ceux qui auront faim, bailler à boire à ceux qui auront soif, recevoir étrangers et pèlerins, les héberger, vêtir les nus, visiter les malades, consoler les prisonniers et ensevelir les morts ".

Le personnel était limité à vingt, sous la tutelle du maître de l’hôpital, dont le premier fut le propre confesseur de la reine, Robert de Luzarche. La reine abandonna des biens importants à l’hôpital, susceptibles de lui fournir des revenus suffisants pour satisfaire à ces tâches. Le Moyen Age Tonnerrois reste avant tout marqué par la noble et belle figure de Marguerite de Bourgogne.