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Arnoul 1er de Flandre dit Arnoul le Grand ou le Riche

samedi 19 mars 2022, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 14 novembre 2011).

Arnoul 1er de Flandre dit Arnoul le Grand ou le Riche (vers 873-965)

Comte de Flandre de 918 à 958 puis de 961 à 965

Fils de Baudouin II de Flandre et d’ Elftrude de Wessex . Au début de son principat, il se range du côté carolingien* et soutient Charles le Simple lors de la bataille de Soissons en 923 [1]. Il soutient ensuite Raoul de Bourgogne contre le duc normand Rollon. En 928 Siegfried Ier de Guînes ou Siegfried le Danois et ses Normands s’emparent de Guînes [2], Arnoul renonce à la contre-attaque et livre sa fille Elftrude en mariage au pirate normand, qu’il investit comte de Guînes, vassal du comte de Flandre.

Cherchant à agrandir son domaine, il s’empare entre autres du château de Mortagne [3] dans le Tournaisis [4] en 931. En 933, à la mort de son frère Adolphe, il prend possession de la riche abbaye Saint-Bertin [5], qu’il attribuera en 943 à Gérard, déjà abbé de Saint-Pierre de Gand [6], en se réservant toutefois pour lui-même Calais [7]. En 934, scellant sa réconciliation avec Herbert II de Vermandois, son père lui fait épouser Adèle de Vermandois .

D’abord allié d’Hugues le Grand et du futur empereur et roi de Germanie Othon 1er contre le Carolingien Louis IV de France dit Louis IV d’Outremer, il prend Montreuil [8] à son comte légitime Herluin, qui lui reprend avec l’aide du duc Guillaume Longue Épée.

En 942, lors d’une entrevue à Pecquigny [9], Arnoul inspire alors l’assassinat de Guillaume Longue Épée, puis il fomente une coalition contre son héritier Richard 1er de Normandie, dans laquelle entrent Otton 1er et Louis IV, dont il devient un fidèle allié.

Sur l’avis d’Arnoul, Othon, met le siège devant Rouen. Mais c’est un lourd échec, mal ressenti par le roi de Germanie qui dans le siège a perdu son neveu.

Sentant que ses alliés commence à se retourner contre lui, Arnoul lève le camp. De dépit, Othon envahit les états de son ancien allié. Gand [10] est détruite. Othon y fait construire le “Novum Castrum” dont la garde est donnée à Wichmann, et fait creuser la “fosse ottonienne”, délimitant les possessions impériales en Flandre.

Finalement réconciliés, Othon laisse la suzeraineté du castrum à Arnould, qui marie sa fille Lutgarde à Wichmann. Montreuil est définitivement acquise en 948. Entre temps, Arras [11] a été prise également en 932. Puis c’est Douai [12] en 950, où le comte fait ériger la collégiale Saint-Amé.

En 958, le comte de Flandre convoque une assemblée des États à Gand, au cours de laquelle il remet le gouvernement du comté à son fils Baudouin III. Après la mort prématurée de ce dernier, son petit-fils Arnould II n’étant âgé que de 12 ans en 961, il reprend la charge comtale. Il meurt 3 ans plus tard, à l’âge vénérable de 92 ans, ayant encore augmenté le comté du domaine ecclésial de Lambres [13], promis par l’évêque de Cambrai [14] en échange de son aide contre la ghilde de Cambrai révoltée.

Il avait fondé l’église de Torhout [15], établi un chapitre à Saint Donat de Bruges [16] et construit la chapelle St-Jean à Gand. Il fit appel à Saint Gérard de Brogne pour réformer plusieurs monastères dans ses états, les 2 abbayes de Gand, Saint-Bavon [17] et Saint-Pierre, et celles de Saint-Bertin et Saint-Amand [18].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Arnoul 1er de Flandre/ Portail de la Région flamande/ Catégories  : Comte de Flandre/ Comte de Boulogne

Notes

[1] La bataille de Soissons est une importante bataille opposant devant Soissons deux armées de Francie, menées chacune par un roi, un roi carolingien, Charles III le Simple, et un roi élu par des notables de Francie occidentale, le robertien Robert 1er, frère du précédent roi élu Eudes. La bataille se déroule en deux phases le 15 juin 923, mais la violence, l’intensité du conflit et l’ampleur des troupes engagées attestent une longue préparation de cette guerre pour le pouvoir régalien en Francie entre Flandres et Loire.

[2] Guînes est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais. Lorsque Sifrid le Danois et ses Normands peut-être débarqués à Pitgam vinrent s’emparer, en 928, de l’endroit où s’élève aujourd’hui Guînes, ce n’était probablement qu’une bourgade sans défense. On pense qu’il y fit élever une motte qu’il entoura de haies vives et ceinte d’un double fossé pour s’y mettre à l’abri en cas d’attaque (cette motte existe encore aujourd’hui). C’est là l’origine du château fort de Guînes. Selon les historiens anciens de cette période, le comte de Flandre, Arnoul le Vieux, aurait renoncé à contre-attaquer et aurait livré au pirate normand sa fille Elstrude en mariage ; il investit Sifrid le Danois comte de Guînes, ce qui en faisait aussi un vassal du comte de Flandre. Sous les successeurs de Sifrid, Guînes et ses environs acquirent une importance considérable. Dès le commencement du 12ème siècle, le comte Manassés 1er de Guînes fonda dans les faubourgs de sa capitale, une abbaye de femmes de l’ordre de Saint-Benoît. Ce monastère fut placé sous le patronage de saint Léonard.

[3] Mortagne-du-Nord est une commune française située dans le département du Nord

[4] À l’origine, le Tournaisis est un pagus de la civitas des Ménapiens (pagus Tornacensis). Il était limité au nord par l’Espierres, à l’est par l’Escaut, au sud par l’Elnon et la Pévèle, à l’ouest par le Mélantois et le pagus Curtracensis. À la suite de l’affaiblissement de Tournai dû à l’occupation germanique, le siège épiscopal de la ville avait été supprimé au 6ème siècle et réuni à Noyon. En 853, on trouvait à la tête du pagus de Tournai un comte nommé Enguerrand, qui administrait également les pagi de Gand et de Courtrai

[5] Abbaye Saint-Bertin est une ancienne abbaye bénédictine fondée, au 7ème siècle, par l’évêque de Thérouanne sous le nom d’Abbaye de Sithiu. Les vestiges de cette abbaye en ruines se trouvent aux portes du marais à Saint-Omer, en Morinie, et près de l’Aa.

[6] L’abbaye Saint-Pierre, de son nom canonique Abbaye Saint-Pierre-au-Mont-Blandin, fut fondée à Gand par saint Amand, sur une colline au bord de l’Escaut dans la seconde moitié du 7ème siècle. L’abbaye bénédictine eut son heure de gloire durant les 11ème et 12ème siècles. Dévastée par les Calvinistes au 16ème siècle, elle fut réédifiée à l’époque des Archiducs, entre le 17ème siècle et le début du 18ème siècle, pour être finalement supprimée en 1796.

[7] Calais est une commune française, sous-préfecture du département du Pas-de-Calais. Sa proximité avec l’Angleterre fait de Calais une place militaire stratégique. L’histoire de la ville est marquée par plusieurs sièges

[8] Montreuil1 (parfois appelée Montreuil-sur-Mer) est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais

[9] Picquigny est une commune française située dans le département de la Somme

[10] Gand est une ville belge néerlandophone, située en Région flamande au confluent de la Lys et de l’Escaut. C’est le chef-lieu de la province de Flandre-Orientale et depuis 1559 le siège de l’évêché de Gand. Capitale de l’ancien comté de Flandre, grande cité drapière et commerçante, puis ville natale de Charles Quint, elle connut à partir du 12ème siècle, et plus encore du 14ème au 16ème siècle, une période de floraison tant économique que culturelle. En 1500, Jeanne de Castille y donna naissance à Charles Quint, futur empereur romain germanique et roi d’Espagne. Quoique natif de Gand, celui-ci prit des mesures brutales pour réprimer la révolte de Gand en 1539, exigeant que les notables de la ville défilent pieds nus avec une corde autour du cou : depuis cette époque, les Gantois sont surnommés Stroppendragers (les « garrotés »). La congrégation de Saint-Bavon fut dissoute, son monastère rasé et remplacé par une caserne ducale. Seuls quelques édifices de l’ancienne abbaye échappèrent à la démolition. La fin du 16ème et le début du 17ème siècle se traduisirent par des bouleversements liés à la guerre de Quatre-Vingts Ans. Face à la menace des troupes espagnoles, des états généraux des Dix-Sept Provinces se tiennent à Gand en 1576. Il en résulte un acte de pacification qui affirme l’autonomie nationale contre les ministres et les troupes espagnoles. Don Juan d’Autriche est obligé d’accepter la pacification de Gand. Cependant, la minorité calviniste, organisée en un parti d’une grande efficacité, s’empare du pouvoir par la force. En 1577, les calvinistes s’appuient sur le programme du prince d’Orange qui promet la restauration des libertés communales. Les vieilles magistratures municipales retrouvèrent leurs prérogatives, les chartes confisquées réapparurent et les métiers siégèrent derechef à la Collace. Gand est pour un temps une république calviniste. Mais bientôt les Espagnols, conduits par Alexandre Farnèse, reprirent la ville, la convertissant définitivement au catholicisme. Les conflits de la guerre de Quatre-Vingts Ans mirent un terme au rayonnement international de Gand. La ville est prise en 1678 par Vauban

[11] Arras est une commune française, capitale historique et administrative du département du Pas-de-Calais. Historiquement, Arras était sous l’Ancien Régime la capitale de la province d’Artois, un grand centre religieux et une cité prospère connue pour ses fabrications drapières. Au 9ème siècle, Arras devient la résidence privilégiée des comtes de Flandre qui y établissent une châtellenie héréditaire. En 1025, l’évêque d’Arras, Gérard de Cambrai, réunit en l’église Sainte‑Marie un synode pour lutter contre une hérésie, qui sera réprimée.

[12] Douai est une commune française du département du Nord, située dans le sud de la Flandre romane. Le comte Arnoul 1er de Flandre érige vers 950 le premier lieu de culte, la collégiale Saint-Amé. Après la conquête normande de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, la ville de Bridgwater en Angleterre était nommée du prince Walter (Gautier, ou Walscin) Douai. La ville reçut sa première charte avant 1188 et fut dirigée par un conseil d’échevins jusqu’en 1789.

[13] Lambres-lez-Douai est une commune française, située dans le département du Nord

[14] Le diocèse puis archidiocèse de Cambrai est une circonscription de l’Église catholique de France dont le siège est à la cathédrale de Cambrai. C’est en 1094, à l’initiative d’Urbain II, au cours de la querelle des Investitures, que l’ancien diocèse d’Arras, uni pendant longtemps à celui de Cambrai, en fut séparé et considéré comme un ressort distinct. Le roi de France et le comte de Flandre avaient tous deux intérêt à se débarrasser de l’ingérence d’un évêque allemand. Le 12 mai 1559, la bulle Super universas érigea Cambrai en archevêché, avec quatre évêchés suffragants : Arras, Tournai, Namur, Saint-Omer. Mais la réorganisation des évêchés des Pays-Bas espagnols lui retira une partie importante de son territoire au profit des nouveaux diocèses de Malines et d’Anvers. Il ne conserva que quatre archidiaconés : Cambrai, Brabant, Hainaut et Valenciennes.

[15] Thourout est une ville néerlandophone de Belgique située en Région flamande dans la province de Flandre-Occidentale.

[16] L’ancienne cathédrale Saint-Donatien de Bruges, ou cathédrale Saint-Donat, était un édifice religieux catholique de style roman carolingien sis à Bruges dans les Pays-Bas méridionaux. Construite aux 10ème et 13ème siècles l’église Saint-Donatien devint cathédrale du diocèse de Bruges lorsque le diocèse fut érigé en 1559. L’édifice fut détruit durant l’occupation révolutionnaire française des Pays-Bas méridionaux. Il est aujourd’hui entièrement disparu.

[17] L’abbaye Saint-Bavon était un monastère bénédictin situé à Gand, dans l’actuelle Belgique. Situé au bord de la Lys, il est fondé à l’époque mérovingienne (milieu du 7ème siècle) par saint Amand. Il connaît une grande prospérité tout au long du Moyen Âge. Les moines se sécularisent en chanoines en 1536 et l’abbaye est supprimée en 1539, lorsque, en représailles contre les Gantois révoltés, Charles Quint décide de la transformer en une citadelle, le château des Espagnols. Ses ruines sont dégagées en 1830 au moment du démantèlement des bâtiments militaires. Une partie du cloître, de l’église abbatiale et de la salle du chapitre peuvent désormais se visiter.

[18] L’abbaye de Saint-Amand, initialement abbaye d’Elnon, installée à Saint-Amand-les-Eaux (Nord), fut une abbaye bénédictine en activité de 639 à 1790. Elle fut dès le 9ème siècle un centre culturel important, avec une bibliothèque et un scriptorium de production de manuscrits, tels que la Seconde Bible de Charles le Chauve, et des écolâtres célèbres tels que Milon mort en 872 et Hucbald mort en 930.