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Kouber, Kouver ou Küber

dimanche 7 avril 2024, par lucien jallamion

Kouber, Kouver ou Küber (7ème siècle-8ème siècle)

Prince bulgare de la dynastie des Doulo

La Bulgarie sous le règne de Siméon. Fils de Koubrat et frère d’Asparoukh, khan des Bulgares dès 665.

Après la mort du khan Koubrat, ses cinq fils se séparent, chacun entraînant derrière lui une partie des Bulgares. Kouber quitta, ainsi, l’Ancienne Grande Bulgarie [1]. Il reconnaît ainsi l’autorité du Khaganat des Avars [2] et devient son vassal. Après une tentative de révolte avortée contre l’autorité avare, les 15 000 Bulgares du Kouber, accompagnés des romains capturés par les Avars, se dirigent vers le sud, en direction des frontières de l’Empire byzantin [3]. Pendant leur fuite, ils infligent 6 défaites consécutives aux troupes avares qui les poursuivent.

Kouber conclut un traité de paix avec l’Empire byzantin et s’installe avec sa tribu dans Campus Keramensis [4]. En 680 peut-être de manière concertée avec son frère Asparoukh qui a fondé un État bulgare sur les rives du Danube [5], il tente de conquérir la ville de Salonique [6] afin de prendre les territoires situés autour d’elle et fonder un État ayant la ville pour capitale.

Après l’échec de l’opération, les Bulgares de Kouber partent s’installer, vers 687, dans les terres situées à l’est de la rivière Strouma [7]. Ces dernières sont intégrées au khanat bulgare au début du 8ème siècle.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Christian Settipani, Continuité des élites à Byzance durant les siècles obscurs. Les Princes caucasiens et l’Empire du VIe au IXe siècle, 2006

Notes

[1] située dans le sud de l’actuelle Ukraine) et conduit une partie des Bulgares dans le sud de la plaine de Pannonie*, près de Sirmium* (actuelle Sremska Mitrovica

[2] Les Avars ou Avares sont un peuple de cavaliers nomades dirigés par un Khâgan, parfois identifiés aux Ruanruan qui menaçaient la Chine au 3ème siècle. Ils seraient originaires de Mongolie, connu par les Chinois sous le nom de Ruanruan. Au 5ème siècle, leur khan Chö-louen fonde un empire nomade de la Corée à l’Irtych. En 546, leurs vassaux Tölech se révoltent. Bumin, chef des Tujue, réprime la rébellion et réclame en récompense la main d’une princesse ruanruan, ce qui lui est refusée. Vexé, il se décide à la révolte et envoie une ambassade en Chine auprès des Wei. Il s’allie avec eux et épouse une princesse Tabghatch en 551. En 552, le dernier khan ruanruan, encerclé se donne la mort. L’empire Avar s’effondre et est remplacé en Mongolie par celui des Köktürks, les survivants se réfugient à la frontière de la Chine où les Qi du Nord, successeurs des Wei, les établissent comme fédérés. Ceux qui se dirigent vers l’Europe sont connus sous le nom d’Avars, ils migrent vers l’ouest tout en poussant devant eux de petites peuplades turco-mongoles. Ils occupèrent la plaine hongroise au 7ème siècle. Puis, ils furent intégrés à l’empire.

[3] L’Empire byzantin ou Empire romain d’Orient désigne l’État apparu vers le 4ème siècle dans la partie orientale de l’Empire romain, au moment où celui-ci se divise progressivement en deux. L’Empire byzantin se caractérise par sa longévité. Il puise ses origines dans la fondation même de Rome, et la datation de ses débuts change selon les critères choisis par chaque historien. La fondation de Constantinople, sa capitale, par Constantin 1er en 330, autant que la division d’un Empire romain de plus en plus difficile à gouverner et qui devient définitive en 395, sont parfois citées. Quoi qu’il en soit, plus dynamique qu’un monde romain occidental brisé par les invasions barbares, l’Empire d’Orient s’affirme progressivement comme une construction politique originale. Indubitablement romain, cet Empire est aussi chrétien et de langue principalement grecque. À la frontière entre l’Orient et l’Occident, mêlant des éléments provenant directement de l’Antiquité avec des aspects innovants dans un Moyen Âge parfois décrit comme grec, il devient le siège d’une culture originale qui déborde bien au-delà de ses frontières, lesquelles sont constamment assaillies par des peuples nouveaux. Tenant d’un universalisme romain, il parvient à s’étendre sous Justinien (empereur de 527 à 565), retrouvant une partie des antiques frontières impériales, avant de connaître une profonde rétractation. C’est à partir du 7ème siècle que de profonds bouleversements frappent l’Empire byzantin. Contraint de s’adapter à un monde nouveau dans lequel son autorité universelle est contestée, il rénove ses structures et parvient, au terme d’une crise iconoclaste, à connaître une nouvelle vague d’expansion qui atteint son apogée sous Basile II (qui règne de 976 à 1025). Les guerres civiles autant que l’apparition de nouvelles menaces forcent l’Empire à se transformer à nouveau sous l’impulsion des Comnènes avant d’être disloqué par la quatrième croisade lorsque les croisés s’emparent de Constantinople en 1204. S’il renaît en 1261, c’est sous une forme affaiblie qui ne peut résister aux envahisseurs ottomans et à la concurrence économique des républiques italiennes (Gênes et Venise). La chute de Constantinople en 1453 marque sa fin.

[4] la plaine de Prilep, dans l’actuelle République de Macédoine

[5] Le Danube est le deuxième fleuve d’Europe par sa longueur (après la Volga qui coule entièrement en Russie). Il prend sa source dans la Forêt-Noire en Allemagne lorsque deux cours d’eau, la Brigach et la Breg, se rencontrent à Donaueschingen où le fleuve prend le nom de Danube. La longueur du Danube dépend du point de départ considéré : 2 852 km pour la confluence de Donaueschingen mais 3 019 km à partir de la source de la Breg. Il coule vers l’est et baigne plusieurs capitales de l’Europe centrale, orientale et méridionale

[6] Thessalonique ou Salonique est une ville de Grèce, chef-lieu du district régional du même nom, située au fond du golfe Thermaïque. Aujourd’hui, elle est la capitale de la périphérie (région) de Macédoine centrale en Macédoine grecque mais aussi celle du diocèse décentralisé de Macédoine-Thrace.

[7] Le Strymon est un fleuve coulant en Bulgarie et en Grèce. Il est nommé Strouma en bulgare, Strimonas en grec moderne et Karasu en turc. Sa source est située dans les montagnes Vitocha, en Bulgarie, et coule sur environ 400 kilomètres pour se jeter dans la mer Égée, dans le golfe Strymonique.