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L’histoire pour le plaisir

John de Warenne

vendredi 17 mars 2023, par lucien jallamion

John de Warenne (1286-1347)

7ème comte de Surrey-2ème comte de Sussex

Il hérite des nombreuses possessions de son grand-père paternel Jean Ier de Warenne en 1306. La même année, il épouse Jeanne de Bar , qui est l’une des petites-filles du roi Édouard 1er d’Angleterre. Initialement opposé àPierre Gaveston, le favori du roi Édouard II, John entretient progressivement de bonnes relations avec lui et affiche sa sympathie pour le parti royal. Pourtant, en 1312, il est l’un des barons qui font arrêter Gaveston pour trahison, mais est profondément choqué par son exécution à l’instigation du 2ème comte de Lancastre Thomas de Lancastre et offre son aide à la monarchie pendant les années suivantes, très difficiles pour Édouard II.

Dès 1314, le comte envisage de rompre son mariage pour se marier avec ses maîtresses successives, mais n’obtient pas gain de cause. Entravé dans ses projets matrimoniaux par Lancastre, John de Warenne entre en conflit ouvert avec lui à partir de 1317. Malgré l’intervention royale, les tensions subsistent entre les deux hommes jusqu’à l’exécution de Lancastre en 1322. Devenu un partisan inflexible du roi par hostilité à Lancastre, Surrey reste globalement fidèle à Édouard II jusqu’à sa chute du pouvoir en 1326.

Il se montre discret pendant la régence de la reine Isabelle et de Roger Mortimer, mais reprend ses activités militaires, en particulier en Écosse, au début du règne d’Édouard III. John de Warenne meurt en 1347, sans être parvenu à être démarié de son épouse.


Ayant habilement joué un rôle de second plan pendant les règnes paradoxaux d’Édouard II et d’Édouard III, Surrey est considéré après son décès comme un homme d’État respecté, d’autant qu’il est l’un des rares magnats à avoir survécu et participé à l’administration de l’Angleterre pendant cette période tumultueuse.

Bien qu’il ait été impliqué dans la plupart des événements politiques du début du 14ème siècle, John de Warenne n’a jamais été la figure de proue d’une quelconque décision. Sans grands principes politiques, son destin montre pourtant comment une adhésion ferme était dangereuse et sa politique de tergiversation plus sûre pour les seigneurs anglais à l’époque. Loué comme un chevalier brave et loyal, ses conflits matrimoniaux et successoraux ont quelque peu terni sa réputation.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Jennifer Ward, English Noblewomen in the Later Middle Ages, Routledge, 2013, 190 p. (ISBN 978-0-582-05966-5)