Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > De 100 av.jc à 1 de notre ère > Lucius Julius Caesar (consul en 64 av. jc)

Lucius Julius Caesar (consul en 64 av. jc)

samedi 5 mars 2022, par ljallamion

Lucius Julius Caesar (consul en 64 av. jc) (110 av. jc- après 40 av. jc)

Homme politique-Sénateur et général romain de la fin de la République

Emblème de la République romaine.Il devient consul avec pour collègue Caius Marcius Figulus . Il s’agit d’un parent éloigné de Jules César, tous deux sont issus de deux branches cousines de la gens Iulia [1] .

Ils traversèrent cependant côte à côte l’essentiel du temps des guerres civiles. Leur ancêtre commun remonte à quatre ou cinq générations. Après l’assassinat de César, il milite au sénat pour empêcher une guerre civile, en se rangeant notamment derrière Marc Antoine, le fils de sa sœur Julia.

Fils de Lucius Julius Caesar consul en 90 av. jc qui avait fait voter, pendant la guerre sociale [2], la lex Iulia de Civitate Latinis Danda [3]. Il est le frère de Julia Antonia, appelée aussi Julia Caesaris et est donc l’oncle de Marc Antoine.

Lucius Julius César avait au moins un fils, nommé Lucius. Ce dernier choisit de rejoindre le camp de Pompée au cours de la guerre civile. Après la bataille de Thapsus en 46 av. jc [4], Lucius le Jeune est assassiné par les soldats de César victorieux.

Il commence sa carrière politique en tant que questeur [5] de la province romaine d’Asie [6], en 77 av. jc, probablement sous la direction de Marcus Terentius Varron. En 69 av. jc, il est élu au collège des augures [7] à la fin de l’année 67 av. jc, on sait qu’il a occupé le poste de préteur [8], ce qui permet aux historiens de faire l’hypothèse qu’il a probablement été gouverneur de rang proprétorien [9] de la province de Macédoine [10] entre 71 et 68 av. jc.

Il votera la peine de mort contre les conjurés de Catilina [11], y compris son propre beau-frère Publius Cornelius Lentulus Sura . En 61 av. jc, il est censeur [12], aux côtés de Caius Scribonius Curio Burbulieus .

En 52 av. jc, il est légat aux côtés de Jules César, en Gaule, et dirige donc une légion. Du fait de son rang d’ancien consul, il est responsable de la province de Gaule Transalpine [13] / Gaule Narbonnaise [14], et commande deux légions. Il a pour rôle stratégique d’empêcher que la rébellion menée par Vercingétorix ne gagne le sud des Gaules. Après l’échec de Vercingétorix à Alésia, il reste légat de rang consulaire jusqu’en 49 av. jc, date à partir de laquelle la guerre civile [15] rattrape Rome.

Il fut alors chargé par les pompéiens, et notamment Marcus Porcius Cato, au tout début de la 2e guerre civile, en 49 av. jc, d’une mission de conciliation auprès de son cousin César afin de lui demander d’abandonner ses légions et son imperium proconsulaire et de se rendre à Rome pour négocier une reddition pacifique. Cette conciliation s’avère cependant un échec, et Lucius franchit le Rubicon aux côtés de César en janvier 49 av. jc, il soutient par la suite son cousin contre les pompéiens et les optimates [16].

Après la fuite du Sénat de Rome, il reste dans la capitale pendant que César poursuit Pompée vers la Grèce. Il reste à Rome jusqu’en 46-45, organisant le soutien de la ville pour César pendant que ce dernier traque ses adversaires en Égypte, Asie, Afrique, Espagne.   Après la bataille de Pharsale [17], César, qui avait été entre temps désigné dictateur par le peuple de Rome, transfère une partie de ses légions de vétérans en Italie, qui se mutinent cependant, forçant Marc Antoine, son maître de cavalerie [18], à quitter la capitale pour aller s’occuper de cette question en 47 av. jc.

Marc-Antoine nomme alors Lucius praefectus urbi [19] avec pour mission de sécuriser la ville pendant son absence. La mission de Lucius s’avère cependant rapidement un échec.

L’assassinat de César en mars 44 av. jc plonge à nouveau la République dans le chaos. Il tente de rester neutre et de concilier la faction des césariens les plus durs et celle des césaricides alors que les tensions augmentent considérablement les risques d’un nouveau basculement dans la guerre.

Il se retire alors un temps à Naples [20], avant de se joindre ouvertement au camp de Cicéron en 43 av. jc pour s’opposer vent debout, à la tête du Sénat, à la réforme agraire de son neveu Marc Antoine visant à installer les vétérans de César en Italie.

Il refuse cependant dans un premier temps de condamner son neveu à être déclaré ennemi public et cherche à tout prix à éviter une nouvelle guerre civile. Il tenta jusqu’au bout d’éviter le conflit armé. En mars 43 av. jc, il fait partie des 5 anciens consuls nommés par le Sénat pour former une délégation auprès de Marc Antoine, assiégé à Modène [21], pour obtenir une trêve entre lui et Decimus Junius Brutus Albinus.

Cependant la délégation est un échec lorsque Cicéron et Publius Servilius Vatia Isauricus se retirent de celle-ci. A la suite de la victoire d’Octave à Modène, Lucius César est un des premiers à militer pour que son neveu soit déclaré ennemi public.

Du fait du retournement d’alliance qui s’ensuit entre Marc Antoine et Octave, Lucius César est mis sur la liste des proscrits par les triumvirs [22], mais eut néanmoins la vie sauve, sa sœur Julia le prenant sous sa protection dans sa maison et imposant à son fils Marc Antoine de fermer les yeux sur cette illégalité. Il attendit d’être pardonné par son neveu pour s’autoriser à reparaître en public. Il est toujours en vie en 40 av. jc et toujours actif en tant qu’augure.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Robert S. Broughton, The Magistrates of the Roman Republic, vol. 3 : Supplement, New York, American philological association, coll. « Philological monographs » (no XV.III), 1986, 294 p. (ISBN 0-89130-811-3)

Notes

[1] une illustre famille patricienne de Rome

[2] La guerre sociale, ou guerre marsique ou encore guerre italique, oppose la République romaine et les alliés italiens entre 90 et 88 av. jc. Elle éclate à la suite de l’assassinat du tribun de la plèbe Livius Drusus en octobre 91 av. jc, alors qu’il tentait de faire obtenir la citoyenneté romaine aux Italiens alliés de Rome

[3] elle octroyait le droit de cité romain aux citoyens des villes italiennes qui n’avaient pas pris les armes contre Rome durant la guerre sociale

[4] La bataille de Thapsus se déroule le 6 février 46 av. jc près de Thapsus (aujourd’hui Rass Dimass, en Tunisie). L’armée du parti conservateur (les Optimates), conduite par Metellus Scipion et de son allié Juba 1er de Numidie, se bat contre les forces de Jules César, qui finissent par avoir le dessus. Avec cette victoire, César brise les résistances contre son pouvoir en Afrique et s’approche encore plus du pouvoir absolu.

[5] Dans la Rome antique, les questeurs sont des magistrats romains annuels comptables des finances, responsables du règlement des dépenses et de l’encaissement des recettes publiques. Ils sont les gardiens du Trésor public, chargés des finances de l’armée et des provinces, en relation avec les consuls, les promagistrats et les publicains. Maintenue sous le Haut Empire avec son rôle comptable, cette fonction se réduit sous le Bas-Empire à une magistrature honorifique et coûteuse exercée uniquement à Rome.

[6] La province romaine d’Asie comprenait la Carie, la Lydie, la Mysie, la Phrygie et la Troade.

[7] L‘augure est, dans la religion romaine, un prêtre chargé d’interpréter les phénomènes naturels considérés comme des présages. Les augures étaient les interprètes des volontés de Jupiter, maître des signes ; il était hors de question de partir à la guerre, de choisir l’emplacement d’un temple, de désigner un homme pour une fonction politique, sans consulter les augures. Par exemple, en 63 av. jc, Marcus Calpurnius Bibulus tenta de s’opposer à l’une des actions de Jules César en affirmant que les augures étaient défavorables.

[8] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.

[9] Un propréteur est le nom donné à ceux qui ont exercé la charge de préteur pendant 1 an, et plus tard à ceux qui dirigent les provinces avec l’autorité de préteur. Il s’agit d’une prorogation de leur pouvoir, c’est un promagistrat. Sous la République romaine, les préteurs, comme les consuls, sont élus par le peuple romain assemblé en comices ; à l’issue de leur charge, ils peuvent devenir propréteurs, ou gouverneurs, de provinces, pour un mandat de 1 an. On retrouve le premier propréteur en 241 av. jc, et la fonction se généralise les 2 siècles suivants, jusqu’à ce que Sylla rende obligatoire aux anciens magistrats à imperium de servir dans une province comme gouverneur pour 1 an. A la suite de la réorganisation provinciale au début de l’Empire, chaque province impériale est dirigée par un propréteur qui est sous l’autorité proconsulaire de l’empereur. Il porte ce titre qu’il soit ancien consul ou préteur. La durée du mandat est variable.

[10] La province romaine de Macédoine s’étendait sur le nord de la Grèce actuelle. Elle englobait l’Albanie et la République de Macédoine actuelles. La province fut fondée en 146 av. jc. Elle succédait au royaume de Macédoine dont le dernier souverain, Andriscus, avait été défait en 148 av. jc par le général Q. Cæcilius Metellus. Cette province était sénatoriale gouvernée par un ancien préteur.

[11] La conjuration de Catilina est un complot politique visant la prise du pouvoir à Rome en 63 av. jc par le sénateur Lucius Sergius Catilina. Devenue la capitale d’un empire en croissance rapide, la Ville est alors depuis longtemps à l’abri d’une attaque ennemie, mais depuis la Guerre sociale (de 91 à 88), elle doit faire face à de nombreux troubles qui mettent à mal les institutions de la République romaine et sa population. Le complot ourdi par Catilina et ses partisans ne ressemble pourtant en rien à ce que la République romaine a connu jusqu’alors. Déçu par un double échec lors de l’élection au consulat, Catilina organise secrètement une conjuration qui vise à éliminer une partie de l’élite politique romaine et à s’emparer du pouvoir politique suprême en s’appuyant sur les frustrations d’une partie de la nobilitas romaine et de certains notables italiens. Sur sa route, le conspirateur voit ses visées contrecarrées par la détermination du consul Cicéron, dont le mandat touche à sa fin au moment des faits. En bon orateur, Cicéron dénonce Catilina publiquement et avec virulence, puis conduit la contre-offensive militaire qui met finalement la conjuration en déroute. Catilina meurt au combat au début 62, tandis que Cicéron, salué du titre de « Pater patriae », connaît d’abord la gloire pour avoir sauvé la République, avant que cette même affaire ne le contraigne à l’exil en 58.

[12] Le censeur est un magistrat romain. Deux censeurs sont élus tous les cinq ans parmi les anciens consuls par les comices centuriates. Le pouvoir des censeurs est absolu : aucun magistrat ne peut s’opposer à leurs décisions, seul un autre censeur qui leur succède peut les annuler. Après 18 mois de mandat, ils président une grande cérémonie de purification, le lustrum, à la suite de laquelle ils abdiquent. La censure est la seule magistrature romaine qui n’autorise pas la réélection. Les censeurs ne sont plus élus à partir de la dictature de Sylla, et leurs pouvoirs sont repris par les empereurs romains.

[13] Le concept de « Gaule transalpine » (Gallia Transalpina ou Gallia Ulterior) est une dénomination romaine pour désigner une région qui comprend presque l’ensemble des Gaules, en dehors de la Gaule cisalpine. Le terme signifie Gaule au-delà des Alpes. Elle se distingue ainsi de la Gaule cisalpine, qui était avant les Alpes du point de vue romain

[14] L’expression Gaule narbonnaise désigne, chez certains historiens du 19ème siècle, une province romaine ainsi nommée dès 118 av. jc après la fondation de la colonie romaine de Narbonne. En réalité, la province a été successivement nommée : « Gaule transalpine » après sa conquête par Rome ; « Gaule romaine » après la conquête du reste de la Gaule par Jules César, pour la distinguer de la Gaule chevelue (mais l’expression « Gaule transalpine » a continué d’être utilisée) ; « Narbonnaise » après la réorganisation des Gaules par l’empereur Auguste, en même temps que sont créées les provinces de Gaule belgique, de Gaule lyonnaise et d’Aquitaine. À la suite de la réorganisation de l’Empire par Dioclétien (vers 300), sont créées les provinces de Narbonnaise première, de Narbonnaise seconde et de Viennoise.

[15] La guerre civile de César, appelée aussi guerre civile romaine de 49 av. jc ou guerre civile entre César et Pompée, est un des derniers conflits intérieurs de la République romaine, et fait partie de la liste des nombreuses guerres civiles romaines. Elle a consisté en une série de heurts politiques et militaires entre Jules César, ses alliés politiques et ses légions d’une part, et la faction conservatrice du Sénat romain, appelée aussi optimates, épaulée par les légions de Pompée d’autre part.

[16] Optimates, tendance politique aristocratique et conservatrice qui marqua le dernier siècle de la République romaine, par son opposition aux populares. Ce ne fut pas un parti politique au sens moderne, mais un clivage majeur dans les luttes politiques et sociales romaines, permettant aux acteurs politiques de se situer face au réformisme et au populisme des populares au sein d’alliances personnelles souvent mouvantes.

[17] La bataille de Pharsale est un affrontement se déroulant en Thessalie, près de la ville du même nom, le 9 août 48 av. jc, pendant la guerre civile romaine. Il oppose les troupes de César à celles de Pompée. En gagnant cette bataille avec des troupes très inférieures en nombre, Jules César prit un avantage décisif sur le camp adverse.

[18] Le maître de cavalerie est, durant la République romaine, l’assistant qu’un dictateur romain doit nommer, une sorte de chef d’état-major. À partir du 1er siècle av. jc, le titre est utilisé par l’armée romaine comme titre honorifique. Le grade de magister equitum, associé à de véritables pouvoirs de commandement, réapparaît durant le Bas-Empire romain.

[19] préfet de la ville

[20] Naples est une ville d’Italie, chef-lieu de la région de Campanie. L’histoire de Naples s’étend sur plus de 28 siècles. Sous le nom de Parthénope, elle fut fondée durant l’Antiquité par la cité voisine de Cumes. Elle s’étend ensuite rapidement jusqu’à devenir un des principaux centres commerciaux, culturels, philosophiques et politiques de la Grande-Grèce puis de l’Empire romain. Après avoir été brièvement dépendante de l’Empire byzantin, elle devient autonome au sein du duché de Naples. Dès le 13ème siècle et pour ensuite plus de 600 ans, elle devient successivement la capitale du royaume de Naples puis du royaume des Deux-Siciles. Elle reste alors un des principaux centres de développement économiques et technologiques d’Europe jusqu’à son annexion au royaume d’Italie en 1860, date à laquelle elle entame un relatif déclin socio-économique.

[21] La guerre civile de Modène est une guerre civile romaine opposant, au cours de la première moitié de l’année 43 av. jc, Marc Antoine à Decimus Junius Brutus qui refuse de céder le contrôle de la Gaule cisalpine. Ce dernier est soutenu par le Sénat auquel se joint Octavien. Marc Antoine est contraint de se replier vers la Gaule après deux batailles, la première étant celle de Forum Gallorum, et la deuxième devant les murs de Modène, mais les deux consuls de l’année 43 sont tués lors des combats.

[22] riumvirat est un terme qui à l’origine désignait une fonction de la magistrature romaine composée de trois hommes. Ensuite il fut utilisé pour décrire l’alliance secrète ou publique de trois personnalités (politiques ou militaires) de poids égaux qui s’unissent pour diriger