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Valdemar II de Danemark dit le Victorieux

jeudi 1er juillet 2021, par lucien jallamion

Valdemar II de Danemark dit le Victorieux (1170-1241)

Prince royal danois-Roi du Danemark et des Slaves de 1202 à sa mort

Second fils du roi Valdemar le Grand et de Sophie de Polock . Son frère Knut VI ou Canut VI lui accorde la charge de duc de Sleswig [1] en 1191.

Le jeune duc de Sleswig, sert d’abord son frère aîné. Il soumet Lübeck [2] en 1201 avec son frère, lutte contre le comte Adolphe III de Holstein entré en résistance, bien que leur père le roi Valdemar ait déjà fait la conquête du Holstein [3] et de Lübeck. Il succède à son frère Knut décédé en 1202.

La royauté danoise, gardienne d’un héritage authentique, s’efforce de suivre le modèle royal chrétien porté par la royauté émergente en France en ses états. Mais ce pouvoir royal pour se maintenir a dû prendre l’ascendant sur les archevêques et évêques, forts d’un pouvoir temporel partagé avec une noblesse cliente.

Le roi, en particulier le père de Valdemar, s’est efforcé de récolter une auréole de sacré en mâtant les dérives païennes renaissantes ou imaginaires, et, en se posant en chef de file et animateur suprême de multiples croisades.

L’absence de division féodale incite à partir de 1220 les factions politiques à réinventer une féodalité fictive, à l’instar des guelfes [4] et surtout des gibelins [5] en Allemagne et en Italie du Nord.

Les Slaves de l’Ouest, christianisés, ou les Allemands du Nord s’émancipent de la tutelle danoise car ils s’adaptent, parfois aussi tardivement mais de manière plus souple, à ce modèle performant.

Le Danemark, son roi en tête, épuise ses rares élites guerrières dans ses guerres et reconquêtes, et leurs coups d’arrêt suscitent le mécontentement des maîtres de la terre, qui ont investi dans un commerce danois moribond.

Sur le plan intérieur, il poursuit la politique menée par son père et son frère et gouverne en étroit accord avec l’Église.

Valdemar publia le premier catalogue des cadastres connu au Danemark en 1231, qui permet de se faire de nos jours une image très précise des structures sociales et des rapports de force du royaume à cette époque.

Le comte Adolphe III de Holstein, vaincu et capturé lors de la bataille de Stellau en 1201, doit lui abandonner en 1203 comme rançon pour sa vie Lauenbourg [6], qui rejoint la couronne danoise de facto en 1214.

Valdemar II intervient aussi en Norvège où Erling Steinvegg le roi des Baglers [7] lui rend hommage en 1204. Un tribut annuel est versé à la couronne danoise. Il continue l’expansion vers la mer Baltique [8] entreprise par Valdemar. Il reçoit l’hommage féodal du duc de Poméranie orientale [9]. Il reprend Dantzig [10] construit par son père.

Valdemar II épouse en 1205, Marguerite dite Dagmar de Bohême , fille de Ottokar 1er de Bohême, décédée le 24 mai 1212.

À partir de 1206, il poursuit la conquête de l’Estonie [11], il soumet Ösel [12] où il établit un fortin de bois qui doit être abandonné. En 1210, il fonde Stralsund [13] en Poméranie [14]. Pendant sa grande croisade en Estonie de 1218, il triomphe définitivement de la résistance des païens lors de la bataille de Lyndanisse [15], près de la future Tallinn [16] le 15 juin 1219.

Sur la côte allemande de la mer du Nord, les Dithmarses [17], république paysanne sous la suzeraineté de l’évêque de Brême [18], se soumettent à l’influence danoise. En 1208, les Danois fondent Harburg [19] sur la rive gauche de l’Elbe [20]. Valdemar obtient l’abandon des terres d’Empire entre Elde et Elbe. Valdemar, désormais suzerain dans ses possessions allemandes, poursuit sa politique d’expansion. En Allemagne, le roi de Germanie Frédéric II de Hohenstaufen lui confirme après 1212 les conquêtes faites par son frère entre l’Eider [21] ou Elde et l’Elbe.

En 1214 il épouse en seconde noce, Bérengère de Portugal , fille du Roi Sanche 1er de Portugal , morte le 27 mars 1221.

En 1216, les troupes danoises occupent Hambourg [22]. Cette expansion rapide s’explique en partie par le conflit entre Otton IV et son compétiteur Frédéric II qui déchire l’Allemagne.

Le roi de Danemark est alors à l’apogée de sa puissance lorsque le 6 mai 1223 son fils aîné le co-roi Valdemar le Jeune et lui sont capturés pendant leur sommeil au cours d’un séjour de chasse dans l’île de Lyo par un de leurs vassaux allemands, le comte Henri de Schwerin . Les deux princes danois prisonniers sont détenus dans le fief du félon au Mecklembourg [23]. La rançon demandée et les cessions de souveraineté sont énormes : Hambourg et Lubeck sont immédiatement perdus par la couronne danoise.

Les conditions d’un premier traité signé le 4 juillet 1224 par le roi captif au château de Danneberg au Mecklembourg pour recouvrer sa liberté sont rejetées par son neveu, Albert II de Weimar-Orlamünde qui assumait la régence au Danemark. Mais l’année suivante, Albert II d’Orlamünde est lui-même vaincu et capturé par Adolphe IV de Holstein lors de la bataille de Mölln [24] en janvier 1225.

Bien que l’Empereur Frédéric II du Saint Empire réprouve publiquement la félonie dont a été victime Valdemar II, il ne fait rien pour libérer le roi danois. Il faut attendre que Jacob de Møn puisse réunir l’énorme rançon de 45 000 marks d’argent nécessaire à la délivrance du souverain et de son fils. L’accord est matérialisé par un second traité signé le 17 novembre 1225 entre Valdemar II et le comte de Schwerin qui confirme la perte de la Nordalbingie. Libéré, Valdemar proteste de la félonie de son vassal et des mauvais traitements.

Valdemar II songe à se venger, reprend la lutte et envahit l’Allemagne du Nord mais son armée est écrasée le 22 juillet 1227 à la bataille de Bornhöved [25] par les forces coalisées de Lubeck et des féodaux de la région sous le commandement du comte Adolphe IV de Holstein. En 1229, Valdemar est trahi par les paysans libres du Dithmarse et perd alors définitivement le Holstein, le Mecklembourg et la Poméranie. Il doit en juin 1229 se désister des prétentions qu’il avait sur le patrimoine du comte et lui céder perpétuellement les comtés de Holstein et de Stormarn. Si l’une des deux parties est attaquée, l’autre doit l’assister, le roi avec 300 hommes et le comte avec 200.

Après la mort de son fils Valdemar le Jeune, associé à la couronne en tant que co-roi de Danemark de 1215 à 1231, le roi proclame comme héritier Éric IV , l’aîné des fils de son second mariage en le faisant nommé par les états et dote les cadets de fiefs personnels.

Ces défaites calamiteuses ruinent à jamais l’expansion danoise en Allemagne du Nord. Par contrecoup, la domination de la Baltique est compromise. Les Danois menés par Valdemar autrefois victorieux s’évertuent à ressaisir une situation plus chanceuse, mais las, le revers cuisant subi par la flotte danoise en 1234 à Lubeck confirme les désastres terrestres. La flotte danoise est partiellement détruite. Le royaume danois, désormais en proie à de sourdes dissensions internes, joue un rôle modeste et prudent en mer Baltique. Il ne conserve de ses conquêtes que l’île de Rügen [26], perdue en 1325, une partie du Mecklembourg et l’Estland [27], vendue en 1346 à l’Ordre Teutonique [28].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du livre de histoire de Les Peuples Scandinaves au Moyen Age. Lucien Musset PUF (1951)/ le petit mourre édition Bordas 2004 p 1363

Notes

[1] autour de actuelle Schleswig au sud du Jutland

[2] Lübeck est une ville hanséatique d’Allemagne du Nord, dans le Land de Schleswig-Holstein. Ce port de la mer Baltique est également surnommé « la reine de la Hanse » : c’était en effet la capitale de la Ligue hanséatique. En 1160, Lübeck obtint la Soester Stadtrecht. Cette époque est aujourd’hui considérée par les historiens comme le commencement de la Hanse des marchands (au contraire de la Hanse des villes). L’argument principal justifiant cette position consiste dans le privilège de Artlenburg en 1161, dans lequel les commerçants de Lübeck devinrent égaux en droit avec les, jusque-là dominants, commerçants goths pour le commerce sur la mer Baltique. À cette époque commença avec la Chronica Slavorum sous Helmold von Bosau et son successeur Arnold von Lübeck le témoignage détaillé sur les événements concernant les tribus slaves du nord-ouest. En 1182, l’empereur Frédéric Barberousse donna un fief à Lübeck au duc Bogislav 1er avec le duché de Poméranie. Le privilège de Barberousse en 1188 dota Lübeck d’un territoire et de nouvelles possibilités commerciales.

[3] Le comté de Holstein, exista de 811 à 1474 date à laquelle il fut élevé au rang de duché de Holstein. Il appartenait au duc de Schleswig dépendant du royaume de Danemark. La capitale était Kiel. Le nom de Holstein vient d’une tribu saxonne, Holcetae, qui vivait sur ce territoire. Après la conquête de la Saxe par l’empereur Charlemagne, ce dernier accorde au roi Hemming de Danemark, en vertu du Traité de Heiligen, les territoires situés au-delà de la rivière Eider et constituant la partie septentrionale du Holstein, les terres orientales et méridionales du Holstein étant attribuées aux peuplades slaves des Abodrites et des Wagriens. Les Saxons furent chassés de leurs territoires du Holstein.

[4] parti blanc du pape

[5] parti impérial conservateur ou noir

[6] Lauenburg/Elbe est une ville allemande, située dans le Land de Schleswig-Holstein, dans l’arrondissement du duché de Lauenbourg. Lauenburg est située sur la rive droite de l’Elbe, à la frontière des Länder de Schleswig-Holstein et de Basse-Saxe.

[7] Les Bagler constituent une faction politique norvégienne médiévale proche de l’Église et de la haute aristocratie. Les Bagler s’opposent aux « Birkebeiner », parti populaire opposé à l’aristocratie et à l’Église depuis l’époque du régent Erling Skakke. Ils jouent un grand rôle dans la reprise de la Guerre civile en Norvège entre 1196 et 1217. Né à l’origine du conflit entre l’archevêque de Nidaros Erik Ivarsson et le roi Sverre Sigurdsson, le mouvement devient plus politique lorsque Nicolas Arnesson évêque d’Oslo en prend la tête. Les Bagler se composent des survivants des « Heklung », « Kuflung » et « Varbelg » qui s’étaient opposés au roi Sverre Sigurdsson depuis la mort de Magnus V de Norvège lors de la Bataille de Fimreite en 1184.

[8] La mer Baltique est une mer intracontinentale et intérieure de 364 800 km² située dans le Nord de l’Europe et reliée à l’océan Atlantique par la mer du Nord. Elle communique au sud-ouest avec la mer du Nord par le Cattégat et le Skagerrak. Trois golfes principaux intègrent cet espace : le golfe de Botnie au nord, le golfe de Finlande à l’est et le golfe de Riga au sud-est.

[9] La Poméranie orientale ou Petite Poméranie, connue aussi sous les noms de Poméranie de Dantzig puis de Gdańsk, est une région historique et géographique située dans le Nord de la Pologne et constituant l’extrémité est de la Poméranie historique : elle s’étend le long de la baie de Gdańsk jusqu’au delta de la Vistule ; son périmètre recouvre à peu près les deux tiers de l’actuelle voïvodie de Poméranie et l’extrémité nord de la Couïavie-Poméranie.

[10] Gdańsk

[11] L’Estonie, est un pays d’Europe du Nord et un État membre de l’Union européenne, situé sur la rive orientale de la mer Baltique et méridionale du golfe de Finlande. Le pays est bordé au nord par le golfe de Finlande, à l’ouest par la mer Baltique, au sud par la Lettonie et à l’est par la Russie. Ce pays est généralement regroupé avec la Lettonie et la Lituanie dans un ensemble géopolitique appelé pays baltes. Entre 1418 et 1562, la région forme la Confédération livonienne. Au début du 16ème siècle le pays, touché par la Réforme, opte pour le luthéranisme. Il est le théâtre de conflits qui l’opposent à des voisins de plus en plus puissants : la Russie, la Lituanie, la république des Deux Nations et la Suède. Finalement cette dernière annexe la région en 1595. Initialement, les souverains suédois ne remettent pas en cause la suprématie de la noblesse balte d’origine germanique descendante des chevaliers porte-glaives. Cette politique change avec la grande guerre du Nord. À compter de 1710 le territoire estonien devient pour deux siècles une région de l’Empire russe.

[12] Saaremaa est la plus grande île de l’Estonie. Située dans la mer Baltique, au sud de l’île de Hiiumaa, elle ferme le golfe de Riga. Une distance de quinze kilomètres vers le nord-est la sépare des côtes estoniennes tandis que vingt-neuf kilomètres sont à parcourir à travers le détroit d’Irbe pour rejoindre la Lettonie. La superficie de l’île est de 2 714 km². Saaremaa (nom estonien) se nomme Ösel (ou Oesel) en allemand et en suédois, et Saarenmaa en finnois.

[13] Stralsund est une ville du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, partie de la Poméranie, au nord de l’Allemagne

[14] La Poméranie est une région côtière au sud de la mer Baltique dans le nord-ouest de la Pologne et le nord-est de l’Allemagne. Elle comprend les estuaires de la Vistule et de l’Oder atteignant la rivière Recknitz à l’ouest et s’étend sur environ 200 kilomètres à l’intérieur des terres. La limite orientale fait l’objet de plusieurs interprétations dans la terminologie polonaise et allemande : en Pologne, la Poméranie orientale (Pomorze Gdańskie) correspond au territoire le long de la baie de Gdańsk jusqu’à la Pomésanie sur la rive droite de la Vistule, alors que les termes allemands de la Poméranie antérieure et postérieure se réfèrent à l’ancienne duché de Poméranie et à la province de Poméranie au sein de l’État de Prusse.

[15] La bataille de Lyndanisse est une bataille qui s’est produite le 15 juin 1219 entre Valdemar II de Danemark, sous ordre du pape, et les Estoniens. Elle permet notamment à Valdemar II d’établir le territoire de l’Estonie danoise lors des croisades baltes.

[16] Tallinn est la capitale de l’Estonie et le principal port du pays (port marchand de Muuga, port passager Vanasadam). Elle est située sur la côte du golfe de Finlande, qui fait partie de la mer Baltique. Son ancien nom, en usage jusqu’en décembre 1918, est Reval en allemand, ou Revel en russe, qu’on désignait alors en français sous la forme Réval

[17] La Dithmarse est une petite contrée historique de l’Allemagne septentrionale (Schleswig-Holstein). Elle s’étend sur environ 40 kilomètres sur 25 entre l’Elbe, l’Eider et la mer du Nord. Ses villes principales sont Heide et Meldorf. Son territoire correspond aujourd’hui à l’arrondissement de Dithmarse.

[18] L’évêché de Brême est fondé en 787 par le missionnaire northumbrien Willehad. Il est détenu en union personnelle par les archevêques de Hambourg de 848 à 1072, date à laquelle le siège de l’archevêché est installé à Brême. Il devient une principauté épiscopale en 1180. À partir de 1568, il est gouverné par des administrateurs de confession luthérienne. Au terme de la guerre de Trente Ans, il est sécularisé en 1648 et donné à la Suède (Brême-et-Verden).

[19] Hambourg-Harbourg est un quartier de Hambourg situé au sein de l’arrondissement homonyme.

[20] L’Elbe est un fleuve d’Europe centrale qui prend sa source en République tchèque dans les monts des Géants et, après un parcours situé en majeure partie en Allemagne, se jette dans la mer du Nord par un long estuaire d’une centaine de kilomètres sur lequel se trouve Hambourg, premier port d’Allemagne. La longueur de ce fleuve est de 1 091 kilomètres.

[21] L’Eider est un fleuve du nord de l’Allemagne, en Schleswig-Holstein. Après un parcours de 188 km, elle se jette dans la mer du Nord au niveau de Tönning. Aujourd’hui, son cours est interrompu par le canal de Kiel à l’est de Rendsbourg. Pendant des siècles, la rivière fut la frontière entre le duché de Schleswig, vassal du royaume de Danemark, au nord et le duché de Holstein, un État du Saint Empire puis de la Confédération germanique, au sud. Ce n’est qu’après la guerre des Duchés en 1864, que les deux domaines sont intégrés à la Prusse dans la province du Schleswig-Holstein.

[22] Hambourg est une ville et l’un des 16 Länder composant l’Allemagne. Située au nord du pays, près de l’embouchure de l’Elbe et à proximité de la mer du Nord, Hambourg est la deuxième plus grande ville d’Allemagne (après Berlin) et le premier port du pays. Hambourg était membre fondateur de la ligue hanséatique. Cette ancienne appartenance est encore aujourd’hui revendiquée par la ville, comme élément caractéristique de son identité. C’est ainsi que le code de la ville sur les plaques d’immatriculation est HH, qui signifie Hansestadt Hamburg et que le nom officiel de la ville est Freie und Hansestadt Hamburg (ville libre et hanséatique de Hambourg).

[23] Le Mecklembourg, est une région historique de l’Allemagne septentrionale s’étendant le long de la baie du Mecklembourg sur la mer Baltique. L’ancien État immédiat du Saint-Empire, avec son histoire et sa culture propres, constitue aujourd’hui la partie Ouest du Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.

[24] La bataille de Mölln intervient en janvier 1225, près de la cité de Mölln, dans l’actuel Land de Schleswig-Holstein. Elle voit la défaite d’Albert II de Weimar-Orlamünde, régent du royaume de Danemark pour son oncle captif le roi Valdemar II, qui est vaincu par une coalition de princes allemands.

[25] La bataille de Bornhöved a lieu le 22 juillet 1227, près de Bornhöved au Holstein. Le comte Adolphe IV de Schaumbourg et Holstein à la tête d’une armée comprenant des troupes des cités de Lübeck et Hambourg, d’environ 1 000 paysans de la Dithmarse ainsi que de nobles du nord de l’Allemagne inflige une défaite au roi Valdemar II de Danemark et au duc Welf Othon l’Enfant.

[26] Rügen est la plus grande île allemande. Elle est située au large de la côte du Mecklembourg-Poméranie occidentale dans la mer Baltique. Sa superficie est de 926 km². Avec ses îles avoisinantes plus petites, Hiddensee et Ummanz, elle est administrée par l’arrondissement de Poméranie-Occidentale-Rügen.

[27] Estonie

[28] L’État monastique des chevaliers Teutoniques ou État teutonique, fut fondé, en 1226, par les chevaliers de l’ordre Teutonique. Il se transforma, en 1525, en duché de Prusse, future province de Prusse-Orientale, part de l’État prussien. Après des tentatives en 997 et 1147 pour soumettre les Baltes occidentaux, le duché de Mazovie intensifia ses attaques, à partir de 1209, pour soumettre ces peuples païens. En représailles, ceux-ci firent des incursions en Mazovie. Ne parvenant pas à les vaincre, le duc Conrad 1er de Mazovie invita, d’abord, les chevaliers de l’ordre Teutonique à s’installer en Pologne, à la frontière avec les Borusses, puis les encouragea à pénétrer sur les territoires de ceux-ci en 1231. Au milieu du 13ème siècle, les Borusses tentèrent une ultime révolte qui ne fit que précipiter leur déclin. Les Prussiens du sud-ouest furent vaincus et conquis en une dizaine d’années ; ceux du sud-est et du nord-est furent conquis dans la seconde moitié du 13ème siècle. L’empereur Frédéric II de Hohenstaufen, plus intéressé par l’action politique que religieuse de l’ordre (composé surtout de chevaliers allemands), octroya au grand maître de l’Ordre tous les privilèges d’un prince d’Empire, dont le droit de souveraineté sur les territoires nouvellement conquis. Par cette bulle signée à Catane, en 1224, la Prusse, la Livonie et plusieurs provinces voisines furent déclarées Reichsfreie. Ce décret soumit les provinces susmentionnées directement à l’autorité de l’empereur du Saint Empire et à l’Église. En outre, par la bulle d’or impériale de Rimini (mars 1226) et la bulle d’or papale de Rieti (1234), la Prusse devint possession officielle de l’ordre Teutonique. La bulle d’or de Rieti autorisait également les membres de l’ordre de Dobrin qui avait échoué dans sa mission de christianiser les Prussiens et dont les effectifs étaient restés modestes à rejoindre l’ordre Teutonique. Ce dernier fusionna en 1237, avec les chevaliers Porte-Glaive (ou ordre de Livonie), ce qui lui permit de s’étendre au nord et de se renforcer.