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Théodoret de Cyr

mercredi 27 mai 2020 (Date de rédaction antérieure : 3 septembre 2011).

Théodoret de Cyr (vers 393-vers 460)

Théologien et historiographe chrétien de langue grecque, Évêque de Cyr en 423

Né à Antioche [1], élevé dans des milieux monastiques, Théodoret devient en 423, évêque de Cyr [2], petite ville près d’Antioche.

Du point de vue théologique, il se rattache à l’École d’Antioche [3]. Il est, avec Eusèbe de Césarée, Sozomène, Socrate le Scolastique et Évagre le Scolastique, l’un des grands historiens de l’Antiquité chrétienne.

Ami de Nestorius contre Cyrille d’Alexandrie, il va se trouver entraîné, à son corps défendant, dans la grande querelle qui, après celle de l’arianisme [4], secoua les Églises d’Orient. Hostile à la confusion des natures dans le Christ, il est condamné par le synode d’Éphèse en 449 [5].

Il laisse derrière lui une œuvre considérable, aussi bien historique qu’exégétique et théologique. Ses écrits, contre Cyrille, furent pris en considération, lors de la controverse des Trois Chapitres [6] sous Justinien, et subirent de nouveau la condamnation du concile de Constantinople de 553 [7]. Ce n’est qu’en 680 que l’évêque fut définitivement réhabilité.

Notes

[1] Antioche, ou Antioche-sur-l’Oronte afin de la distinguer des autres Antioche plus récentes, est une ville historique originellement fondée sur la rive gauche de l’Oronte et qu’occupe la ville moderne d’Antakya, en Turquie. C’était l’une des villes d’arrivée de la route de la soie.

[2] Cyrrhus, Cyrrus, ou Kyrros était dans l’ancienne Syrie une ville fondée par Seleucos 1er Nicator, un des généraux d’Alexandre le Grand. La ville s’est appelée aussi Hagioupolis, Nebi Huri. Ses ruines se trouvent en Syrie à environ 14 km au nord-ouest de Kilis (Turquie), à proximité immédiate de la frontière syro-turque. Cyrrhus était la capitale de la vaste région de Cyrrhestique, entre la plaine d’Antioche et la Commagène. L’Empire perse la prit à plusieurs reprises au cours du 3ème siècle. Au 6ème siècle, la ville fut embellie et fortifiée par Justinien. Elle fut prise par les Musulmans en 637 et par les Croisés au 11ème siècle. Elle fut une des forteresses du Comté d’Édesse. Nur ad-Din s’en empara de nouveau en 1150. Très tôt le diocèse de Cyrrhus devint suffragant de Hiérapolis Bambyce dans la Province de l’Euphrate. Nous en connaissons 8 évêques avant 536. Le premier a participé au premier Concile de Nicée en 325.

[3] L’école théologique d’Antioche fut une des grandes écoles théologiques des premiers siècles du christianisme. Sa méthode théologique était historico-littérale. Elle s’opposa à l’école théologique d’Alexandrie qui prônait une méthode allégorique. Dans le débat christologique des 4ème et 5ème siècles, l’école d’Antioche s’attacha à souligner la dualité des natures, divine et humaine, dans le Christ. Considérée de tendance nestorienne, l’école perdit de son importance après le concile de Chalcédoine en 451.

[4] L’arianisme est un courant de pensée théologique des débuts du christianisme, due à Arius, théologien alexandrin au début du 4ème siècle. La pensée de l’arianisme affirme que si Dieu est divin, son Fils, lui, est d’abord humain, mais un humain disposant d’une part de divinité. Le premier concile de Nicée, convoqué par Constantin en 325, rejeta l’arianisme. Il fut dès lors qualifié d’hérésie par les chrétiens trinitaires, mais les controverses sur la double nature, divine et humaine, du Christ (Dieu fait homme), se prolongèrent pendant plus d’un demi-siècle. Les empereurs succédant à Constantin revinrent à l’arianisme et c’est à cette foi que se convertirent la plupart des peuples germaniques qui rejoignirent l’empire en tant que peuples fédérés. Les wisigoths d’Hispanie restèrent ariens jusqu’à la fin du 6ème siècle et les Lombards jusqu’à la moitié du 7ème siècle.

[5] Le deuxième concile d’Éphèse en 449, connu également sous le nom de brigandage d’Éphèse, eut lieu entre deux conciles œcuméniques : le concile d’Éphèse, en 431, et le concile de Chalcédoine en 451. Ce concile non reconnu par les catholiques et les orthodoxes fut l’une des causes qui précipita la convocation canonique du concile de Chalcédoine. Le qualificatif de deuxième est donc impropre au sens exact du terme, puisque, dans la liste canonique des conciles, seul le concile d’Éphèse de 431 porte ce nom. L’assemblée de 449 eut pour principal promoteur Dioscore 1er, patriarche d’Alexandrie, qui voulut y favoriser les doctrines du moine grec Eutychès. C’est là un des épisodes des grandes controverses christologiques qui agitèrent le monde chrétien, notamment au sein de l’Église Orientale du 5ème siècle.

[6] L’affaire dite des Trois Chapitres s’inscrit dans les efforts de Justinien pour réconcilier sur le plan religieux les parties orientale et occidentale de son empire en les persuadant que les décisions du concile de Chalcédoine de 451 étaient conformes à la christologie de l’école d’Alexandrie. En 544, il publia un édit en trois chapitres, le premier condamnant Théodore de Mopsueste, les deux autres condamnant les écrits jugés pro-nestoriens de Théodoret de Cyr et la lettre adressée par l’évêque d’Édesse, Ibas, à Mari. Cet édit n’eut d’autre résultat que de mécontenter à la fois Rome, les milieux chalcédoniens et les monophysites. Devant l’échec de ses tentatives de persuasion, Justinien convoqua un concile œcuménique (le cinquième) qui, sous la pression de l’empereur, finit par condamner les Trois Chapitres.

[7] Le deuxième concile de Constantinople s’est tenu du 5 mai au 2 juin 553. Ce fut le cinquième des sept conciles œcuméniques reconnus à la fois par l’Église catholique romaine et l’Église orthodoxe. Convoqué par l’empereur Justinien, il fut présidé par le patriarche Eutychius de Constantinople et réunit 152 évêques venant principalement d’Orient. Seuls 16 évêques d’Occident étaient présents, dont 9 d’Illyrie et 7 d’Afrique, mais aucun d’Italie. Par ce concile, Justinien voulait faire confirmer par l’Église sa condamnation édictée en 553 contre les écrits de 3 évêques se rattachant à l’école théologique d’Antioche : Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyr et Ibas d’Édesse.