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L’histoire pour le plaisir

Jean L’Archevêque

mercredi 8 avril 2020, par ljallamion

Jean L’Archevêque (1672-1720

Explorateur-Soldat et commerçant français

Détail d'un plan français édité entre 1690 et 1715 présentant le naufrage d'un navire de Cavelier de La Salle (sans doute La Belle) et le village où furent recueillis les derniers survivants par les Espagnols en 1689, dont Jean L'Archevêque.Il fut l’un des survivants de Fort Saint-Louis [1], une colonie française implantée sur le territoire actuel de l’État du Texas [2] en 1685, par René Robert Cavelier de la Salle.

Fils de Claude et Marie d’Armagnac. En 1684, âgé de 12ans, il prend part à l’expédition de René Robert Cavelier de La Salle. 2 ans auparavant, La Salle avait conduit une première expédition pour une descente du Mississippi [3] de la Nouvelle-France [4] jusqu’au Golfe du Mexique [5], revendiquant le fleuve du Mississippi dans son ensemble, délimité par la France en tant que nouveau territoire de la Louisiane. La Salle retourna en France et proposa d’établir une colonie française dans l’embouchure du Mississippi, entre la Floride espagnole [6] et la Nouvelle-Espagne [7]. La colonie fournirait à la fois une base pour la promotion du christianisme auprès des natifs du pays, et un lieu convenable pour l’attaque de la province espagnole de Nueva Vizcaya [8] et la prise de contrôle de ses riches mines d’argent.

Le 24 juillet 1684, l’expédition quitta La Rochelle pour le Nouveau Monde. L’Archevêque était l’une des 300 personnes embarquées sur les quatre navires. L’expédition était composée de 100 soldats, 6 missionnaires, 8 marchands, quelques douzaines de femmes et enfants, et des artisans. 58 jours plus tard, l’expédition s’arrêta à Santo Domingo [9], où l’un des bateaux, le St-Francois, qui avait été rempli à ras bord de ravitaillement, provisions, et outils pour la colonie, fut capturé par les corsaires espagnols. Vers fin novembre 1684, les trois bateaux restants continuèrent leur recherche du delta du Mississippi. La combinaison de cartes inexactes, des erreurs de calcul de latitude de l’embouchure du Mississippi par La Salle, et la poussée des courants, menèrent l’expédition loin de leur but. Ils accostèrent dans la baie de Matagorda [10] au début de l’année 1685, 645 km à l’ouest du Mississippi.

Le 20 février 1685, les colons touchèrent finalement terre, pour la première fois depuis les 3 mois ayant suivi leur départ de Santo Domingo. Ils déployèrent un camp provisoire à l’endroit où se situe l’actuel phare de Matagorda. En essayant d’entrer dans les eaux peu profondes de la baie, un des bateaux, L’Aimable, fut stoppé par un banc de sable. Pendant plusieurs jours, les hommes essayèrent de sauver les outils et provisions qui étaient à bord de L’Aimable, mais une tempête les empêcha de récupérer plus que de la nourriture, canons, poudre, et une petite partie de leurs marchandises. Le 7 mars, le bateau avait coulé.

La semaine qui suivit, le bateau Le Joly, qui avait été prêté à La Salle par le roi Louis XIV, rentra en France, laissant les colons avec un seul bateau, La Belle. Un bon nombre de colons choisirent de rentrer à bord du Le Joly, seuls 180 d’entre eux restèrent. La Salle chercha un meilleur site et trouva la Garcitas Creek [11], qui possédait de l’eau fraîche et du poisson, un sol et du bois de bonne qualité ; il l’appela la Rivière aux Bœufs, en raison de la proximité immédiate de troupeaux de bisons. Fort Saint Louis serait construit dans les environs de la rivière, à 1,5 lieues de son embouchure. Les hommes trouvèrent une source de sel à proximité et construisirent un four communautaire.

Début juin 1685, La Salle appela le reste des colons à venir le rejoindre sur le site de la nouvelle colonie. 70 personnes commencèrent un long voyage de 80 km le 12 juin. Tout leur équipement devait être retiré de La Belle, une tâche physiquement éprouvante qui fut enfin achevée dans le milieu du mois de juin. Bien que des arbres poussent à proximité du nouveau site, ils ne convenaient pas pour la construction d’un fort et des troncs durent être transportés vers le site de construction sur plusieurs kilomètres. Certaines poutres et planches sauvées de L’Aimable y furent également acheminées. Fin juillet, la moitié des colons étaient morts d’épuisement et de faim.

Leur camp permanent enfin établi, les colons purent, pendant les quelques mois qui suivirent, explorer petit à petit les environs. De janvier à mars 1686, La Salle et ses hommes cherchent, par voie de terre, le Mississippi : ils se dirigent vers l’ouest, jusqu’au Rio Grande [12] et atteignent probablement la ville actuelle de Langtry [13]. On ne sait si L’Archevêque accompagna La Salle ou resta sur place.

Tandis que La Salle était parti, La Belle fut prise dans une tempête. La destruction de leur dernier navire laissa les colons bloqués sur la côte texane, sans aucun espoir de pouvoir rejoindre les colonies françaises des Caraïbes.

Début janvier 1687, la colonie comptait moins de 45 personnes. La Salle croyait que leur seule chance de survie consistait à rejoindre la Nouvelle-France par voie de terre ; c’est ainsi qu’il planifia le même mois une expédition ayant pour but d’atteindre l’Illinois [14]. Moins de 20 personnes restèrent à Fort Saint-Louis. 70 hommes faisaient partie de l’expédition, dont La Salle, son frère, deux de ses neveux, et L’Archevêque. Alors qu’ils campaient près de l’actuel Navasota [15], le 18 mars, quelques hommes se querellèrent à propos des rations de viande de bison. Cette nuit, un des neveux de La Salle et deux autres hommes furent tués dans leur sommeil par un membre de l’expédition.

La journée suivante, La Salle fut lui aussi tué en tentant d’approcher le camp pour enquêter sur la disparition de son neveu. Ces querelles internes provoquèrent la mort de deux autres membres de l’expédition. Deux des membres survivants, dont L’Archevêque, se joignirent aux tribus Caddos [16]. Les six membres restants poursuivirent leur route en direction d’Illinois et rencontrèrent plusieurs hommes d’ Henri de Tonti près de l’Arkansas [17]. Durant leur voyage à travers l’Illinois jusqu’au Canada, aucun d’entre eux ne dit à quiconque que La Salle était mort ; ils finirent par atteindre la France en été 1688 et informèrent le roi Louis XIV de la mort de La Salle et des horribles conditions qui régnaient dans la colonie. Le roi n’envoya cependant aucune aide

L’Archevêque en eût assez de vivre parmi les Caddo. En 1689, lui et son compagnon, Jacques Grollet, écrivirent un message demandant du secours. Ils le donnèrent aux Caddo, qui le remirent aux indiens Jumano [18] lors d’un troc. Les Jumano étaient alliés avec les espagnols, et apportèrent un ensemble de documents aux autorités espagnoles du Nouveau-Mexique, dont une peinture sur parchemin d’un bateau, et un message écrit par L’Archevêque.

Alonso De León secourut L’Archevêque et Grollet. Après interrogatoire, les hommes maintinrent que plus d’une centaine de colons français étaient morts de variole, et les autres, tués par les tribus karankawa [19]. Les seuls survivants connus de l’attaque finale étaient les enfants Talon, qui avaient été ensuite adoptés par les karankawa. Selon les enfants, les indiens avaient attaqué, aux alentours de Noël 1688, les colons restants.

L’Archevêque et Grollet furent emmenés à Mexico [20] et emprisonnés en Espagne pendant 30 mois. Après avoir prêté serment à l’Espagne, les deux hommes furent autorisés à retourner en Amérique du Nord. L’Archevêque rejoignit un groupe de colons et arriva à Santa Fe [21] le 22 juin 1694. 3 ans plus tard, il se maria avec une veuve, Antonia Gutiérrez, avec qui il eût deux enfants.

Antonia mourut, probablement en 1701. Cette même année, L’Archevêque acheta une propriété à Santa Fe, mais continua à servir le pays en tant que soldat. Il devint éclaireur, en 1704, sous le commandement de Juan de Ulibarri, et en 1714 membre d’une junte [22]. Après s’être retiré de l’armée, L’Archevêque devint commerçant. Ses fils, Miguel ainsi que son fils illégitime Agustin, l’assistèrent dans sa tâche.

En 1719, il est à nouveau père, une servante donnant naissance à son fils illégitime. La même année, le 16 août, il épousa Manuela Roybal, la fille de l’alcalde [23] Ignacio de Roybal. Un an après, il se joignit à l’expédition Villasur [24] contre les Pawnees [25] dont la troupe était conduite par un Français. On avait demandé à L’Archevêque de se joindre à l’expédition en tant qu’interprète. Les Pawnee attaquèrent l’expédition le 20 août 1720, et tuèrent la plupart des Espagnols, y compris L’Archevêque.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de James E. Bruseth et Toni S. Turner, From a Watery Grave : The Discovery and Excavation of La Salle’s Shipwreck, La Belle, College Station, TX, Texas A&M University Press, 2005 (ISBN 1585444316)

Notes

[1] Le Fort Saint-Louis au Texas, fut fondé en 1685 par l’explorateur français René Robert Cavelier de La Salle et les membres de son expédition, parmi lesquels le missionnaire jésuite Zénobie Membre, sur les berges de la Garcitas Creek, à quelques kilomètres à l’intérieur des terres depuis l’embouchure du fleuve Lavaca. La Salle avait l’intention de créer la colonie à l’embouchure du Mississippi, mais des cartes imprécises et des erreurs de navigation conduisirent ses navires à plus de six cents kilomètres à l’ouest, sur les côtes du Texas.

[2] Le Texas est un État du Sud des États-Unis, le deuxième plus vaste du pays (696 241 km²) après l’Alaska et le deuxième plus peuplé derrière la Californie. En 1684, l’explorateur français René-Robert Cavelier de La Salle quitte la France avec pour mission d’établir une colonie en Louisiane à l’embouchure du Mississipi. En 1685 suite à des erreurs de navigation il vogue trop au sud et débarque dans la baie de Matagorda et fit construire le fort Saint-Louis mais ne parvint pas à retrouver l’embouchure du Mississippi qu’il avait descendu quelques années plus tôt. Les Français allèrent jusqu’au Río Grande et sur la rivière Trinity. L’expédition perdit deux navires dans des tempêtes : l’un d’eux, baptisé La Belle, a été retrouvé et fouillé. La Salle partit chercher du renfort au Canada en 1687 et fut assassiné au cours d’une mutinerie sur les côtes du Texas en mars 1687. La petite colonie de Saint-Louis ne résista pas longtemps aux épidémies et à l’hostilité des Amérindiens. Mais la France continua de revendiquer le Texas jusqu’au traité de Paris en 1763. Avertis de la présence française aux portes de la Nouvelle-Espagne, les Espagnols envoyèrent une dizaine d’expéditions entre 1685 et 1689 afin de trouver l’établissement français. En 1689, Alonso de León retrouva fort Saint-Louis qui avait été abandonné ; il le détruisit au cours d’un deuxième voyage l’année suivante.

[3] Le Mississippi est un fleuve situé en Amérique du Nord traversant la partie centrale des États-Unis. Il coule du Nord du Minnesota au golfe du Mexique et son cours a une orientation méridienne. Le Mississippi a une longueur de 3 780 km : seul l’un de ses affluents, le Missouri, est plus long en Amérique du Nord. La longueur cumulée de ces deux cours d’eau, qui dépasse les 6 800 km, et la superficie du bassin versant font du Mississippi l’un des fleuves les plus importants du monde et du Missouri-Mississippi l’un des bassins fluviaux les plus grands du monde

[4] La Nouvelle-France était une colonie et plus précisément une vice-royauté du royaume de France, située en Amérique du Nord et ayant existé de 1534 à 1763. Elle faisait partie du premier empire colonial français et sa capitale était Québec. Elle fut d’abord une colonie comptoir administrée par des compagnies coloniales, puis une colonie de peuplement sous le gouvernement royal du Conseil souverain. Ses descendants sont les Acadiens, les Brayons, les Cadiens, les descendants des habitants de l’ancienne colonie française du Canada, maintenant répandus sur tout le Canada, qui se disaient anciennement Canadiens ou Canadiens français (surtout quand il s’agissait de se distinguer des Canadiens anglais), y compris les Québécois francophones, Créoles louisianais et Métis. Le territoire de la Nouvelle-France était constitué des colonies suivantes : l’Acadie, le Canada, et la Louisiane. À son apogée vers 1745, il comprenait ainsi le bassin versant du fleuve Saint-Laurent, des Grands Lacs et du Mississippi, le Nord de La Prairie, et une grande partie de la péninsule du Labrador.

[5] Le golfe du Mexique est un golfe de l’océan Atlantique, situé au sud-sud-est de l’Amérique du Nord. Il s’étend sur une superficie de 1 550 000 km². Il baigne la péninsule de Floride, la Louisiane, le Sud-Est du Texas, la côte orientale du Mexique et une partie du littoral nord de Cuba.

[6] La Floride espagnole fait référence à la colonie espagnole de Floride. Les Espagnols débarquèrent sur la péninsule, en 1513, et en revendiquèrent le territoire de 1565 à 1763 puis à nouveau de 1784 à 1821. Leurs prétentions territoriales, dans les années 1560, s’étendaient, au nord, jusqu’à la Mission Santa Elena qui se trouvait sur ce que l’on nomme aujourd’hui Parris Island en Caroline du Sud, près de Port Royal.

[7] La Nouvelle-Espagne (de l’espagnol « Nueva España ») était une division administrative de l’ancien empire espagnol ; il s’agissait, plus précisément, d’une vice-royauté de la monarchie catholique espagnole. Instaurée en 1525, elle n’a disparu qu’à l’indépendance du Mexique en 1821. De ce fait, on l’a également appelée, rétrospectivement, le « Vieux Mexique ». Le territoire de cette vice-royauté s’est étendu à la totalité de l’actuel Mexique, à presque toute l’Amérique centrale (du Mexique à la frontière méridionale du Costa Rica), à plusieurs États des États-Unis (Californie, Arizona, Nouveau-Mexique, Texas) et aux Philippines. L’Espagne revendiquait aussi d’autres régions plus au nord (dont l’Oregon Country), mais sans les délimiter avec précision. C’est Hernán Cortés qui proposa, dans sa seconde lettre à Charles Quint, de baptiser « Nueva España » (« Nouvelle-Espagne ») les territoires explorés et soumis au nom de la couronne espagnole pendant sa conquête de l’Empire aztèque. La Nouvelle-Espagne était gouvernée, depuis sa capitale, Mexico, par un vice-roi nommé par le roi d’Espagne. Le territoire était subdivisé à l’origine en quatre audiencias (Mexico, Guadalajara, Guatemala et Saint-Domingue), auxquelles s’est ensuite rajoutée celle de Manille en 1583. Chaque audiencia était administrée par un gouverneur et comportait une cour de justice. Le gouverneur possédait des pouvoirs militaires, quelquefois avec le titre de capitán general, et disposait de troupes, parmi lesquelles étaient engagés des Amérindiens et des puissances étrangères. Enfin, l’Église catholique jouait un rôle décisif dans l’encadrement des populations.

[8] La Nouvelle-Biscaye (Nueva Vizcaya en espagnol), fut la première province du nord du Mexique, à l’époque Nouvelle-Espagne, à avoir été explorée et habitée par les Espagnols.

[9] Hispaniola ou Haïti, aussi appelée jadis Saint-Domingue, est une île des Caraïbes, la plus peuplée des Antilles, et avec 76 000 km² la deuxième en superficie après l’île de Cuba (105 000 km). C’est en outre la 22ème plus grande île du monde. Elle est partagée entre deux pays : Haïti (36 % de la superficie) et la République dominicaine (64 % de la superficie). Saint-Domingue, la capitale de la République dominicaine, est la plus grande ville d’Hispaniola. Alternativement sous contrôle espagnol et français, l’île fut aussi nommée « Santo Domingo » ou « Saint-Domingue », par extension du nom de la capitale fondée en 1502 au sud de l’île.

[10] La baie de Matagorda est une vaste baie située sur la côte de l’État du Texas entre les comtés de Calhoun et Matagorda. Le Colorado du Texas se déverse dans cette baie avant d’atteindre le golfe du Mexique. La baie est séparée du golfe par la péninsule de Matagorda. La ville de Port O’Connor se trouve sur ses berges.

[11] La Garcitas Creek est un fleuve du Texas qui prend sa source au sud-est du comté de DeWitt et coule vers le sud-est sur environ 60 kilomètres jusqu’à son embouchure dans la Lavaca Bay

[12] Le Río Grande, nommé comme ça aux États-Unis, nommé Río Bravo del Norte ou plus communément Río Bravo au Mexique, est un fleuve long de 3 037 km qui prend sa source dans le Colorado et sert de frontière entre le Mexique et les États-Unis sur les 2 018 derniers km de son cours.

[13] Langtry est une communauté non-incorporée située dans le comté de Val Verde, au Texas. Cette communauté se démarque par la présence du juge de paix Roy Bean, surnommé « La Loi à l’ouest du Pecos ».

[14] La région qui devint le Territoire de l’Illinois était auparavant connue sous le nom de Pays des Illinois, et se trouvait sous contrôle français, tout d’abord au sein du Canada français, puis de la Louisiane française. Les Britanniques s’emparèrent de la région au terme de la guerre de Sept Ans, par le traité de Paris.

[15] Navasota est une localité du comté de Grimes dans l’État du Texas aux États-Unis. L’explorateur français René-Robert Cavelier de La Salle fut assassiné le 19 mars 1687 à proximité de Navasota.

[16] Les Caddos sont une nation, ou groupe de tribus, d’Amérindiens qui, au 16ème siècle, occupaient une grande partie de ce qui est devenu l’est du Texas, l’ouest de la Louisiane et des parties du sud de l’Arkansas et de l’Oklahoma. Les Caddos se composaient historiquement de trois confédérations d’au moins 25 tribus différentes et parlaient une variété de dialectes des langues caddoanes. Aujourd’hui les Caddos forment une tribu unique avec leur capitale à Binger dans l’Oklahoma.

[17] L’Arkansas est un affluent du Mississippi dont le cours traverse les États du Colorado, du Kansas, de l’Oklahoma et de l’Arkansas. Long de 2 334 km, c’est le quatrième cours d’eau le plus long des Etats-Unis. De nombreuses tribus amérindiennes vivaient près de l’Arkansas avant l’arrivée des Européens. Ces derniers ne découvrirent l’existence de la rivière que le 29 juin 1541 dans le cadre de l’expédition Coronado menée par les conquistadors de 1540 à 1542 à partir du Mexique. Quelques années plus tard, un autre espagnol, Hernando de Soto, constata que la rivière se jetait dans le Mississippi. Le nom d’Arkansas a été utilisé pour la première fois en 1573 par le père Jacques Marquette qui nomma la rivière Akansa dans son journal de voyage.

[18] Les Jumanos étaient des peuples amérindiens vivant dans l’ouest du Texas, au Nouveau-Mexique et au nord du Mexique. Ils utilisaient un langage de la famille uto-aztèque.

[19] Les tribus amérindiennes karankawa jouèrent un rôle primordial pendant une période importante de l’histoire du Texas. Le sens du mot Karankawa peut induire en erreur ; en effet, ce nom a été utilisé pour désigner divers groupes amérindiens, qui possédaient le même dialecte et la même culture. Ces peuples étaient les Capoques (Coaques, Cocos), les Kohanis, les Kopanes (Copanes), et les Karankawa (Carancaquacas). Ils habitaient la côte du golfe du Mexique de Galveston Bay au sud-ouest jusqu’à bien au-delà de Corpus Christi Bay. Tous parlaient une langue méconnue appelée Karankawa. À peine une centaine de mots sont parvenus jusqu’à nous. Il est généralement admis que le mot Karankawa signifie « amateurs de chiens » ou « éleveurs de chiens ». Cette interprétation est crédible, puisque les Karankawa possédaient des chiens de races proches des renards ou des coyotes. Leur culture était de type nomade, ils migraient de façon saisonnière entre l’intérieur des terres et la barrière d’îles au large du continent. Les Karankawa menaient cette existence nomade lorsque les Espagnols, menés par Alvarez de Piñeda, atteignirent la côte du Texas en 1519. Le gouverneur de la Jamaïque, Francisco de Garay, l’avait chargé d’explorer la côte du golfe du Mexique de la Floride à Veracruz.

[20] Mexico et la capitale du Mexique. Fondée au début du 14ème par les Mexicas (Aztèques) sur une île du lac Texcoco, la ville précolombienne de Tenochtitlan a été remplacée par les conquérants espagnols lors de la chute de l’Empire aztèque en 1521 par la première grande ville de tracé européen du continent. Dès 1522, Hernán Cortés prend la décision de construire au même endroit la capitale de la Nouvelle-Espagne, qu’il nomme « Mexico ».

[21] La ville de Santa Fe est la capitale de l’État du Nouveau-Mexique, aux États-Unis. Fondée par les Espagnols en 1607, Santa Fé (Villa Real de Santa Fé de San Francisco de Asís en espagnol, signifiant en français Ville royale de Sainte Foi de Saint François d’Assise) est aujourd’hui la deuxième aire urbaine (et la quatrième commune) du Nouveau-Mexique.

[22] Le mot espagnol ou portugais junta se traduit en français par le mot français junte lorsqu’il se réfère aux institutions de la péninsule Ibérique et de l’Amérique latine. En espagnol ou en portugais, junta renvoie aux notions d’assemblée et de réunion. Le terme est employé notamment dans le cadre de la gestion des administrations publiques ou privées.

[23] L’alcade est, en Espagne, en Colombie, en Bolivie, au Pérou, au Chili, au Mexique et au Venezuela, le fonctionnaire qui dirige l’exécutif d’une administration locale. Il est nommé en général pour une durée de quatre à cinq ans et peut être réélu dans la majorité des pays. Il a un rôle de représentation de la commune, et les pouvoirs qui lui sont conférés varient selon les pays.

[24] L’expédition Villasur est une expédition militaire espagnole de 1720 destinée à contrer la présence française de plus en plus importante sur les grandes plaines centrales d’Amérique du Nord. Les troupes espagnoles furent dirigées par le lieutenant-général Pedro de Villasur et elle se solda par leur défaite contre les forces franco-pawnees de la région de El Cuartelejo pueblo sur le territoire du Kansas.

[25] Les Pawnees sont un peuple amérindien du Nebraska et du Kansas (États-Unis). Au sein des États-Unis, ils constituent l’entité fédéralement reconnue de la Nation pawnee de l’Oklahoma. Historiquement, ils vivaient dans le Nebraska et au Kansas. Au 18ème, ils s’allient aux Français et jouent un rôle important dans l’arrêt de l’expansion espagnole en remportant une victoire décisive sur l’expédition Villasur le 14 août 1720.