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Jean Rolin (cardinal) ou Jehan V Rollin dit cardinal Rolin

mercredi 8 janvier 2020, par ljallamion

Jean Rolin (cardinal) ou Jehan V Rollin dit cardinal Rolin (1408-1483)

Évêque et cardinal bourguignon, puis français

Jean Hey, Nativité avec le portrait du cardinal Jean Rolin (1480), (musée Rolin, Autun)Fils de Nicolas Rolin et de Marie des Landes, et filleul du duc Jean 1er de Bourgogne dit Jean sans-Peur.

Jean Rolin fut d’abord archidiacre [1] de l’église d’Autun [2], puis confesseur du dauphin le futur Louis XI, évêque de Chalon-sur-Saône [3] le 29 mai 1431, évêque d’Autun [4] le 20 août 1436. À force de manœuvres, il dépouille l’abbé Jean Petitjean de l’abbaye Saint-Martin d’Autun [5] et en devient le premier abbé commendataire en 1442. Il est créé cardinal par le pape Nicolas V le 20 décembre 1448 au titre in Coelis-Monte.

Abbé de l’abbaye Saint-Marcel-lès-Chalon [6], de l’abbaye Saint-Étienne de Dijon [7], de l’abbaye Saint-Michel d’Anvers [8] et de l’abbaye Notre-Dame de Goaille [9], premier abbé commendataire de l’abbaye de Balerne [10]. Il fonde la chapelle Saint-Vincent à la cathédrale Saint-Lazare d’Autun [11] en 1442 et la chapelle Saint-Léger à la collégiale Notre-Dame de Beaune [12] en 1459. Il est également abbé de l’abbaye Saint-Jean-L’Évangéliste de Bard-le-Régulier [13], et prieur du prieuré Notre-Dame de l’Assomption d’Anzy-le-Duc [14], et abbé de l’abbaye Saint-Pierre de Flavigny-sur-Ozerain [15] de 1469 à 1470.

Il hérita de son père du goût du lucre et de l’âpreté au gain, sa politique épiscopale fut entachée de bisbilles avec sa famille. De ses liaisons féminines, il eut deux enfants avec Alexie Renier : Pierre, protonotaire apostolique, prieur de Bar-le-Régulier, chanoine et archidiacre d’Autun, légitimé par Philippe le Bon en 1464, et Blaise, également protonotaire apostolique. Jeanne de Gouy donna le jour à son fils bâtard Sébastien qui fut seigneur de Chaseul, Brion et Laisy. De sa liaison avec une religieuse d’Avignon, Raymonde de Roucy (ou Roussy), il eut un fils bâtard : Jean VI Rolin , légitimé par le roi en 1485, qui deviendra évêque d’Autun et meurt en 1501.

Il fut peu présent à Autun, plus souvent à Rome où il ne participa à aucun conclave, toujours à l’affût de subsides. Jusqu’à la chute du Duché de Bourgogne, il fut anti-français. Malgré cela, il fut le confesseur du dauphin et de Louis XI. Celui-ci, bien au courant de ses prévarications, lui retira les revenus de la collégiale Notre-Dame de Beaune. Le 9 juillet 1460, le roi Charles VII est obligé d’envoyer des lettres afin d’empêcher que le cardinal Rolin ne puisse citer en cours de Rome l’abbé et le couvent de Saint-Martin, conformément aux décrets de Bâle et de la Pragmatique sanction, cela à cause du prieuré d’Anzy-le-Duc. Il fit revivre le privilège du pallium [16] en le demandant au pape Nicolas V qui lui envoya en 1448, après une enquête concluante. Il fit un voyage à Rome en 1452, et obtint par une bulle de réserve, les abbayes de Saint-Martin d’Autun, Saint-Michel d’Anvers, Notre-Dame de Goaille et Saint-Étienne de Dijon.

Il fit restaurer la cathédrale Saint-Nazaire d’Autun aujourd’hui disparue brûlée par la foudre, et fit bâtir la flèche de la cathédrale Saint-Lazare d’Autun en 1469. Il est un des protecteurs de Jean Hey , dit le Maître de Moulins, dont le tableau La Nativité au cardinal Rolin est visible à Autun au musée Rolin. Il est aussi le commanditaire de plusieurs manuscrits enluminés dont trois commandés au Maître de Jean Rolin [17].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de S. Cassagne-Brouquet, Le cardinal Rolin, un mécénat fastueux (Hommes d’Église et pouvoirs à l’époque bourguignonne xive et xve siècles, publication du Centre européen d’études bourguignonnes, no 38, 1998

Notes

[1] Un archidiacre est un vicaire épiscopal à qui l’évêque confie certaines fonctions administratives pour un groupe de paroisses.

[2] Autun est une commune française du département de Saône-et-Loire. Fondée par les Romains comme Augustodunum, sœur et émule de Rome au début du règne de l’empereur Auguste, capitale gallo-romaine des Éduens en remplacement de Bibracte, évêché dès l’Antiquité, Autun a été jusqu’à la fin du 15ème siècle une cité prospère et un centre culturel influent, en dépit des pillages et des invasions.

[3] Le diocèse de Chalon (Chalon-sur-Saône) est un ancien diocèse de l’Église catholique en France, supprimé en 1801.

[4] Le diocèse d’Autun est un diocèse de l’Église catholique en France. Son territoire correspond au département de Saône-et-Loire, en Bourgogne. Il est aujourd’hui rattaché à l’archidiocèse de Dijon, après avoir été antérieurement premier suffragant de la Primatiale des Gaules

[5] L’abbaye de Saint-Martin d’Autun, est un établissement religieux d’hommes, de l’ordre de Saint-Benoît, fondé par la reine Brunehaut et l’évêque d’Autun, Saint Syagre, au nord-est et hors les murs de la ville d’Autun, à 400 mètres de la porte romaine de Saint-André, au finage de Saint Pantaléon, sur la rive droite de l’Arroux, en bordure nord des voies romaines d’Autun à Langres, Beaune et Besançon. Elle ne dépend d’aucune paroisse, mais directement de Rome.

[6] L’abbaye Saint-Marcel-lès-Chalon, située à Saint-Marcel près de Chalon-sur-Saône en Saône-et-Loire, est une ancienne abbaye de moines bénédictins qui fut rattachée à l’abbaye de Cluny entre 979 et 988, puis devint un prieuré.

[7] L’abbaye Saint-Étienne de Dijon est une ancienne abbaye de chanoines réguliers située dans le centre sauvegardé de Dijon. Elle fut d’abord une collégiale et devint abbaye au commencement du 12ème siècle jusqu’en 1611 quand le pape Paul V, la rendit de nouveau séculière ou collégiale. Lorsqu’on scinda le diocèse de Langres en créant le diocèse de Dijon en 1731, elle en devint brièvement le siège du chapitre cathédral, avant la cathédrale Saint-Bénigne.

[8] L’abbaye Saint-Michel d’Anvers était une abbaye fondée en 1124 par Norbert de Xanten, détruite en 1831 pendant les guerres de la Révolution française.

[9] L’abbaye de Notre-Dame de Goaille est une ancienne abbaye de Chanoines réguliers de saint Augustin proche de Salins-les-Bains, à l’origine au diocèse de Besançon et passée au diocèse de Saint-Claude en 1742, dans le département actuel du Jura. Fondée en 1199 et de taille très modeste (un prieur et cinq chanoines en 1750), elle a été supprimée par l’archevêque de Besançon en 1773.

[10] L’abbaye de Balerne est une abbaye cistercienne du Jura disparue à la Révolution. Fondée au début du 12ème siècle, elle occupait le fond de la reculée de la Balerne à une petite dizaine de kilomètres de Champagnole dans le département du Jura. Elle a constitué un des premiers établissements religieux d’importance dans la Comté de Bourgogne qui deviendra la Franche-Comté ; son importance et sa richesse se sont maintenues jusqu’à la fin du 15ème siècle où elle est devenue une abbaye en commende. L’abbaye déclinera ensuite et n’aura plus que quelques moines au moment de la Révolution qui fera disparaître l’institution et les bâtiments, vendus comme bien national.

[11] La cathédrale Saint-Lazare d’Autun est une cathédrale catholique située à Autun, en Saône-et-Loire. Construite au 12ème siècle et consacrée comme cathédrale à la fin du 20ème siècle, en remplacement de la cathédrale Saint-Nazaire. Elle est le siège du diocèse d’Autun, Chalon et Mâcon.

[12] La basilique Notre-dame de Beaune est un ensemble canonial datant de la deuxième moitié du 12ème siècle située à Beaune en Côte-d’Or. La basilique collégiale Notre-Dame de Beaune fait partie des dernières grandes églises romanes de Bourgogne. Sa construction fut entreprise au milieu du 12ème siècle sur le modèle clunysien et fut achevée au début du siècle suivant en conservant une remarquable unité stylistique.

[13] Bard-le-Régulier est une commune française située dans le canton d’Arnay-le-Duc du département de la Côte-d’Or.

[14] Anzy-le-Duc est une commune française située dans le département de Saône-et-Loire.

[15] L’abbaye de Flavigny est une ancienne abbaye de moines bénédictins qui a été fondée en 719 par Wideradus (Wiré, Guiré), un puissant seigneur burgonde qui lui lègue un vaste territoire. Passée sous l’autorité des évêques d’Autun depuis 877, et des ducs de Bourgogne, son affaiblissement temporel et spirituel se poursuit avec l’instauration du régime de la commende à compter de 1530. Lors de la guerre de Cent Ans, elle subit l’invasion des troupes anglaises, puis les conséquences des guerres de religion. Dans un titre de 1379, l’abbé est tenu de donner un festin à ses religieux le 3 octobre, jour de la fête de leur saint fondateur. Au 17ème siècle, l’édifice est dans un état déplorable lorsque les bénédictins de l’abbaye de Saint-Maur s’y installent en 1644. Ils engagent d’importants travaux qui dureront jusqu’au milieu du 18ème siècle. En 1791, l’abbaye est vendue comme bien national

[16] Le pallium est un ornement liturgique catholique dont le port, sur la chasuble, est réservé au pape, aux primats, aux archevêques métropolitains et à quelques rares évêques, pendant la célébration de la messe. Il vient du latin pallium qui signifie manteau.

[17] Le Maître de Jean Rolin est un maître anonyme enlumineur actif à Paris entre 1440 et 1465. Il doit son nom à un missel exécuté pour le cardinal Jean Rolin.