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L’histoire pour le plaisir

Liu Che dit Han Wudi

mercredi 16 octobre 2019

Liu Che dit Han Wudi (156-87 av. jc)

7ème empereur de la dynastie Han du 9 mars 141 av. jc à sa mort

Il est considéré, avec les empereurs Tang Taizong de la dynastie Tang [1] et Kangxi de la dynastie Qing [2] comme l’un des plus grands empereurs de l’histoire de la Chine.

Le règne de Wudi dure 54 ans, ce qui constitue un record qui ne sera battu que 1 800 ans plus tard par Kangxi. Son règne est marqué par les importantes conquêtes territoriales de l’empire, mais également par une réorganisation du gouvernement afin d’aboutir à un État fort et centralisé. Parmi les mesures prises dans ce sens, Wudi apporte une importance particulière à la promotion des doctrines confucianistes [3].

D’un point de vue social et culturel, Wudi est connu pour ses innovations religieuses et son mécénat envers l’art poétique et l’art musical, incluant le développement du Bureau impérial de la musique pour le transformer en une entité prestigieuse. Son règne est également marqué par des contacts culturels avec l’Eurasie occidentale [4] de plus en plus importants. Ainsi de nombreuses cultures agraires et d’autres objets sont introduits en Chine à cette époque.

En tant que conquérant, Wudi mène la Chine Han vers sa plus grande expansion. À son apogée, les frontières de l’empire s’étendent entre l’actuel Kirghizistan [5] à l’ouest, la Corée à l’est et le nord du Vietnam au sud. Il parvient à repousser avec succès les nomades Xiongnu [6] lors de leurs incessants raids au nord de la Chine et envoie son émissaire Zhang Qian en 139 av. jc pour former une alliance avec les Yuezhi [7] sur les terres de l’actuel Ouzbékistan [8].

Ce rapprochement est le début de plusieurs missions menées en Asie centrale. Bien que les archives historiques ne décrivent pas Wudi comme bouddhiste [9] mais plutôt comme un adepte du chamanisme [10], des échanges culturels ont pourtant lieu avec ces ambassades et il est fait mention sur les murs des grottes de Mogao [11] de la réception de statues bouddhistes en provenance de l’Asie centrale.

Afin d’établir un État autocratique et centralisé, Wudi adopte les principes du confucianisme comme philosophie étatique et comme code éthique pour son empire. Il fonde également une école afin de former les futurs fonctionnaires aux classiques confucéens. Ces réformes ont un effet durable sur l’existence de la Chine impériale et une influence très importante sur les civilisations voisines.

Liu Che est le 10ème fils de Liu Qi, l’empereur Han Jingdi. Sa mère Wang Zhi est initialement mariée à un roturier nommé Jin Wangsun et a une fille de ce mariage.

La femme de Jingdi, l’impératrice Bo, est sans enfant. De ce fait, son fils aîné Liu Rong, né de sa concubine favorite, dame Li, est proclamé prince héritier en 153. Dame Li, croyant avec certitude que son fils va devenir empereur commence à devenir arrogante et intolérante. Elle est régulièrement en colère contre Jingdi en raison de sa jalousie envers les autres concubines. Son manque de tact va devenir une chance pour la consort Wang et le jeune Liu Che.

Lorsque la soeur aînée de Jingdi, Liu Piao, offre en mariage sa fille à Liu Rong, Dame Li refuse grossièrement la proposition. Elle se venge ainsi de Liu Piao qui a régulièrement introduit des concubines auprès de Jingdi, détournant ainsi l’empereur de ses faveurs. La consort Wang, qui observe calmement et attend sa chance, s’empare de l’opportunité et offre de marier son fils mineur. Cette union n’est dans un premier temps pas acceptée par Jingdi à cause de l’importante différence d’âge.

Une fois le mariage arrangé scellé avec la consort Wang, Liu Piao commence à constamment déprécier Dame Li devant Jingdi. De plus en plus influencé par les propos de sa sœur, l’empereur décide de tester Dame Li. Il lui demande un jour si elle serait heureuse de s’occuper de ses autres enfants s’il décède, ce qu’elle refuse grossièrement. La réponse rend l’empereur en colère et inquiet sur le fait que si Liu Rong devient empereur et que Dame Li devient impératrice douairière, beaucoup de ses concubines risquent de subir le destin de la consort Qi de la main de l’impératrice Lü Zhi. Liu Piao commence alors à vanter les mérites de son beau-fils et finit par convaincre Jingdi que Liu Che sera un meilleur héritier que Liu Rong. Saisissant l’opportunité, la consort Wang attaque Dame Li. Elle insinue à un ministre l’idée de conseiller officiellement à l’empereur Jingdi de nommer Dame Li au rang d’impératrice, puisque Liu Rong est déjà prince héritier.

Jingdi, déjà convaincu que Dame Li ne doit pas devenir impératrice, enrage et pense que Dame Li est en train de conspirer avec les fonctionnaires du gouvernement. Il exécute le clan du ministre qui a transmis la proposition et démet Liu Rong du titre de Prince de Linjiang [12]. Ce dernier est ensuite exilé hors de la capitale en 150. Dame Li est dépouillée de ses titres et placée sous résidence surveillée. Elle meurt de dépression et de frustration peu de temps après. Liu Rong est arrêté 2 ans plus tard pour saisie illégale de terres du sanctuaire impérial. Il se suicide durant sa détention.

Alors que l’impératrice Bo a été démise de son statut d’impératrice un an plus tôt en 151, Jingdi nomme finalement la reine Consort Wang au rang d’impératrice. Liu Che, âgé de 7 ans, devient désormais le fils aîné de l’impératrice et est nommé prince héritier en 149.

En 141, Jingdi décède et Liu Che accède au trône sous le nom de Wudi. Il n’a que 15 ans. Sa grand-mère, l’impératrice douairière Dou, devient la grande impératrice douairière et sa mère devient impératrice douairière Wang. Sa cousine aînée et femme devient officiellement l’impératrice Chen.

La dynastie Han est jusqu’alors dirigée en suivant les principes taoïstes [13] de l’idéologie Wu wei [14], de la défense de la liberté économique et de la décentralisation du gouvernement. Une sage politique étrangère permet de maintenir une paix de jure avec les puissants Xiongnu au nord. Ces politiques sont importantes pour stimuler la reconstruction économique à la suite de la guerre civile post-dynastie Qin.

Les politiques de non interventionnisme consistent à une perte de la régulation monétaire et du contrôle politique du gouvernement central, ce qui permet aux États vassaux féodaux de devenir dominants et indisciplinés. Cette situation prend son apogée avec la Rébellion des sept États [15] durant le règne de l’empereur Jingdi. Les politiques menées conduisent également au creusement de l’écart entre la noblesse et les populations locales qui sont de plus en plus mises sous pression. Les dirigeants ne parviennent pas non plus à protéger les frontières Han contre les incursions nomades par le Nord. D’importants politiciens comme Jia Yi et Chao Cu ont rappelé la nécessité d’entreprendre d’importantes réformes politiques, mais ni l’empereur Han Wendi ni l’empereur Han Jingdi n’ont voulu engager de tels changements.

Contrairement à ces prédécesseurs, le jeune et vigoureux empereur Wudi souhaite faire évoluer les choses. En seulement une année, sous les conseils des érudits confucéens, Wudi lance une ambitieuse série de réformes connues sous le nom des Réformes Jianyuan. Elles sont toutefois menacées par les intérêts des classes nobles existantes et sont rapidement défaites par sa grand-mère, la grande impératrice douairière Dou, qui possède le réel pouvoir politique à la cour. Les deux principaux soutiens nobles des réformes, Dou Ying et Tian Fen, le demi-frère de l’impératrice douairière Wang, se voient dépouillés de leurs positions. Leurs deux mentors, Wang Zang et Zhao Wan, sont destitués, arrêtés et forcés de se suicider en prison. L’empereur Wu, qui est maintenant privé de tout allié, est victime de conspirations visant à le jeter hors du trône.

À ce moment, l’impératrice Chen Jiao est déjà mariée depuis plusieurs années à Wudi, mais ne parvient pas à mener à terme une grossesse. Pour tenter de contrôler l’amour de l’empereur, elle l’empêche d’avoir d’autres concubines. Le fait que le jeune et énergique Wudi reste sans enfant est utilisé par ses ennemis politiques pour tenter de le destituer, puisque l’incapacité d’un empereur à propager la lignée de sang royal est un sujet important.

Les spéculations tendent à le remplacer par son oncle lointain Liu An , le Roi de Huainan [16], qui est une célèbre figure de l’idéologie taoïste. La survie politique de Wudi est désormais intimement liée à l’importante activité de sa tante et belle-mère, Liu Jiao, qui sert de médiateur pour réconcilier l’empereur avec sa puissante grand-mère. Liu Jiao ne laisse passer aucune occasion d’utiliser son influence et fait constamment des demandes excessives pour son beau-fils.

Wudi, déjà malheureux de l’infertilité de l’impératrice Chen et de son tempérament d’enfant gâtée, enrage face à la cupidité de sa mère. L’impératrice douairière Wang lui demande alors de se calmer et de tolérer de tels abus pour le moment et d’attendre sa chance puisque sa grand-mère commence à décliner physiquement. Wudi suit les conseils de sa mère et passe les années qui suivent à se comporter docilement et à renoncer à toute ambition politique. Il quitte alors souvent la capitale pour des parties de chasse et de tourisme comme un marquis ordinaire.

Sachant que les classes nobles conservatrices occupent tous les niveaux de la cour Han, Wudi change sa stratégie. Il recrute secrètement un cercle de jeunes soutiens loyaux de faible éducation et les nomme fonctionnaire de niveau moyen afin d’infiltrer l’exécutif du gouvernement. Une fois nommés, ces initiés de la cour prennent leurs ordres et rendent compte directement à Wudi. Malgré leur faible rang, ils ont une véritable influence dans les affaires gouvernementales courantes. Ils deviennent ainsi un important contre-pouvoir face aux étrangers de la cour, composés des Trois seigneurs et des Neuf ministres qui constituent la plus grande part du camp anti-réformiste.

En 138, l’État autonome méridional de Minyue [17] envahit son voisin, le faible État de Dong’ou [18]. Après le décès sur le champ de bataille de leur Roi Zuo Zhengfu, Dong’ou sollicite désespérément l’intervention de la cour Han. Un débat passionné s’engage dans la cour Han quant à l’intérêt d’offrir une aide militaire à un État vassal si distant.

Wudi décide d’envoyer un fonctionnaire nouvellement nommé, Yan Zhu à Kuaiji [19] pour mobiliser les garnisons locales.

Toutefois, le Sceau du tigre, qui est requis pour autoriser tout usage des forces armées, est sous le contrôle de la grande impératrice douairière Dou. Yan Zhu, en tant qu’ambassadeur impérial, contourne ce problème en exécutant le commandant de l’armée locale qui refuse d’obéir à l’ordre. Il force le chef de Kuaiji à mobiliser une importante flotte navale pour secourir Dong’ou. Voyant l’arrivée des forces Han bien supérieures aux leurs, Minyue devient craintif et se retire. Il s’agit là d’une importante victoire politique pour Wudi. Dès lors, les décrets impériaux peuvent être utilisés pour contourner le Sceau du tigre, ce qui par conséquent enlève toute approbation de la part de sa grand-mère. Avec désormais les militaires fermement sous son contrôle, la survie politique de Wudi est assurée.

La même année, la nouvelle concubine favorite de l’empereur, Wei Zifu, tombe enceinte de son premier enfant. L’excuse de l’infertilité de Wudi ne peut donc désormais plus être utilisée par ses opposants pour le destituer. Lorsque la nouvelle atteint l’État de Huainan, son Roi Liu An est consterné. Il espère en effet que le jeune empereur soit destitué pour être porté sur le trône. Il se mure alors dans un état de déni et récompense quiconque lui dit que Wudi est toujours sans enfant.

En 135, la grande impératrice douairière meurt. Le dernier obstacle contre l’ambition politique de Wudi de réformer disparaît donc.

Après le décès de la grande impératrice douairière Dou en 135, Wudi possède le contrôle total de la nation. Même si sa mère l’impératrice douairière Wang et son oncle Tian Fen sont encore influents, ils manquent de capacité à contrecarrer les actions de l’empereur.

Wudi commence une campagne militaire d’expansion territoriale, détruisant dans un premier temps presque tout son empire dans le processus. En répondant aux incursions aux frontières par l’envoi de troupes, Wudi envoie ses armées dans toutes les directions, sauf vers la mer.

Après la Rébellion des sept États, le prince de l’État de Wu est défait. Liu Ju, s’enfuit vers le royaume autonome de Minyue, où il trouve refuge auprès du Roi Luo Ying. Fou de rage contre le royaume de Dong’ou qui refuse d’accueilli son père Liu Pi et au contraire l’assassine pour le compte de l’empereur Han Jingdi, Liu Ju conseille au roi Ying d’attaquer Dong’ou et de s’emparer de ses terres.

En 138, Minyue envahit son voisin au nord-est et tue le dirigeant Dong’ou, le roi Zhenfu. Le nouveau roi Dong’ou, Zou Wang, sollicite désespérément l’aide de la cour Han. L’opposition de Tian Fen pour une intervention militaire importe peu et Wudi décide rapidement d’envoyer une armée pour occuper les territoires côtiers du Zhejiang [20] et du Fujian [21]. Ayant vent de l’arrivée des forces Han, Minyue prend peur et se retire. Craignant une nouvelle attaque de la part de Minyue, le roi Wang demande que son peuple puisse déménager en Chine. Par conséquent, Wudi les installe dans la région située entre les fleuves Yangzi [22] et Huai [23].

En 135, une guerre est déclenchée entre Minyue et son voisin au sud-ouest, Nanyue [24]. Zhao Tuo , le fondateur de Nanyue, avait déjà proposé de devenir un État vassal de la dynastie Han en 179.

Lorsqu’il meurt en 137, il a plus de 100 ans et a survécu à son fils Zhao Shi dit Trọng Thủy . Son trône passe donc à son petit-fils, Zhao Mo . Voyant que le nouveau roi de Nanyue est jeune et inexpérimenté, le cupide roi de Minyue Zuo Ying décide de l’envahir. Zhao Mo sollicite l’aide de la cour Han et Wudi envoie une force navale menée par Wang Hui et Han Anguo pour remédier à la menace Minyue.

Toujours de peur de l’intervention Han, Luo Yushan, le plus jeune frère du roi Ying, conspire un coup d’État avec les nobles de Minyue, tue son frère avec une lance, décapite le corps et envoie la tête coupée à Wang. L’État est alors séparé en deux monarchies.

Alors que les troupes Han rentrent de la guerre entre Minyue et Nanyue en 111, le gouvernement Han débat de l’utilité d’une action militaire contre Dongyue. Même si cet État a accepté d’aider les Han dans leur campagne contre Nanyue, l’armée de Dongyue n’y est jamais parvenue, sous prétexte de mauvaises conditions météorologiques. Malgré la proposition du général Yang Pu, Wudi refuse l’action militaire et les forces Han rentrent sans attaquer Dongyue.

Certaines garnisons sont placées aux frontières pour prévenir tout conflit militaire. Lorsque le roi Yushan est mis au courant de cela, il se sent sûr de lui et répond en se révoltant contre les Han. Il s’autoproclame empereur et demande à ses généraux d’envahir les régions voisines contrôlées par les Han.

Fou de rage, Wudi envoie une armée commandée par les généraux Han Yue et Yang Pu, le commandant Wang Wenshu et deux marquis ancêtres des Yue. L’armée Han écrase la rébellion et le royaume de Dongyue commence à se fracturer après le refus obstiné de Yushan de se rendre. Certains éléments de sa propre armée désertent et se retournent contre leur dirigeant.

Finalement, le roi de l’autre État Minyue, Zou Jugu, conspire avec d’autres nobles Dongyue pour tuer le roi Yushan avant qu’il ne se rende aux forces Han. Les deux États Minyue et Dongyue sont ensuite complètement annexés par le pouvoir Han.

En 111, en réponse à l’assassinat de plusieurs émissaires Han par des fonctionnaires Nanyue, Wudi lance une expédition punitive contre le royaume. Finalement, l’ensemble du territoire Nanyue, qui englobe les provinces actuelles de Guangdong [25] et Guangxi [26] ainsi que le Nord du Vietnam, est conquis par les forces militaires de l’empereur et annexé à l’Empire.

Le principal obstacle pour que Wudi étende encore son empire est le peuple Xiongnu au Nord. Après avoir tenté l’apaisement, Wudi adopte une stratégie plus belliqueuse. Les empires Han et Xiongnu ont connu la paix grâce à un système fonctionnant sur la base de traités mis en place avant l’accession au trône de Wudi. En 133, sur les conseils de Wang Hui, le ministre des affaires des États vassaux, avait demandé à ses généraux de tendre un piège au Chanyu [27] Xiongnu Junchen , afin de tenter une victoire surprise.

Selon le plan, un puissant gentilhomme local, Nie Yi de Mayi avait prétendu vouloir offrir Mayi aux Xiongnu après avoir tué le magistrat du comté. Cette stratégie avait servie à attirer le Chanyu Junchen à venir jusqu’à Mayi, pendant que les forces han se cachent autour de la ville. Le plan échoue lorsqu’un soldat capturé par les Xiongnu dévoile tout le plan au Chanyu Junchen, qui s’échappe rapidement avant que les forces Han ne l’attrapent. Alors que le stratagème visait à renverser l’État Xiongnu, il inaugure finalement le début d’une période d’escalade des hostilités.

La guerre entre le Han et Xiongnu qui suit en fait partie. Les années à venir sont parsemées d’escarmouches aux frontières et d’importantes batailles, même si les deux États restent des partenaires commerciaux. Wudi envoie des vagues de troupes au massacre, occasionnant un nombre important de victimes dans son infanterie et sa cavalerie.

Toutefois, campagne après campagne et après des années d’efforts, Wudi parvient à prendre le contrôle de la Route de la soie du Nord, ce qui lui donne un accès direct aux marchés d’Asie centrale sans passer par l’intermédiaire des Xiongnu. Il construit alors un mur fortifié [28] le long de la frontière du corridor de Hexi [29] et colonise des terres en y installant 70 000 soldats-colons.

Une importante bataille se déroule en 129 lorsque les Xiongnu attaquent la commanderie de Shanggu [30]. Wudi envoie quatre généraux : Li Guang , Gongsun Ao , Gongsun He et Wei Qing . Chacun d’eux dirige une cavalerie de 10 000 unités contre les Xiongnu. Li Guang et Gongsun Ao subissent l’un et l’autre d’importantes pertes de la part des Xiongnu ; Gonsun He quant à lui ne parvient pas à trouver l’ennemi et à engager le combat. Cependant Wei Qing, qui se distingue en menant une incursion lointaine dans un site sacré Xiongnu, est promu à un commandement plus important.

En 127, des troupes menées par Wei battent une importante armée Xiongnu, ce qui permet aux Han d’occuper la région de Shuofang [31]. La région est alors immédiatement occupée par 100 000 colons chinois. La ville de Shuofang est construite et deviendra par la suite une place clé à partir de laquelle les offensives contre les Xiongnu seront lancées. Lorsque ces derniers tentent d’attaquer la ville en 124, Wei les surprend en les attaquant par l’arrière, faisant ainsi près de 15 000 prisonniers.

En 121, Huo remporte une importante victoire sur les princes Xiongnu de Hunxie et Xiutu. Lorsque le Chanyu Yizhixie est mis au courant de la défaite, il veut punir ces princes sans pitié. Le Prince de Hunxie, craignant le châtiment, tue le prince de Xiutu et cède ses forces qui contrôlent le Gansu aux Han.

Ceci porte un coup sévère aux Xiongnu, qui sont ainsi privés d’une région importante en termes de culture et de ressources naturelles. Wudi y installe cinq commanderies [32] et encourage les Chinois à emménager dans la région, qui n’avait jamais été contrôlée par leur nation jusque-là.

Wudi envahit la péninsule Coréenne et y établit quatre commanderies, avant d’abandonner le territoire en 126. Les côtes occidentales resteront chinoises jusqu’au 4ème siècle.

L’exploration des territoires occidentaux [33] commence dès 139. Wudi envoie Zhang Qian dans le royaume de Yuezhi, qui a été expulsé par les Xiongnu de la région actuelle du Gansu. L’empereur souhaite l’inciter à retourner sur ses terres ancestrales avec la promesse d’un soutien militaire des Han, afin de combattre ensemble les Xiongnu. Zhang est immédiatement capturé par les Xiongnu dès qu’il arrive dans le désert. Il parvient à s’échapper en 129 et atteint finalement les Yuezhi qui ont depuis trouvé refuge à Samarcande [34]. Bien qu’ils refusent la proposition des Han, le royaume du Yuezhi et d’autres royaumes de la région établissent des relations diplomatiques avec eux. Zhang délivre son rapport à Wudi dès son retour en 128, après une seconde mais brève captivité chez les Xiongnu. Après la reddition du prince de Hunxie dans la région du Gansu, le chemin vers Xiyu est plus accessible. Des échanges réguliers ont ainsi lieu entre les Han et les royaumes de Xiyu.

Un autre plan d’expansion, cette fois vers le sud-ouest, est rapidement initié. L’impulsion de cette expansion a pour but de préparer une éventuelle conquête de Nanyue, considéré comme un vassal infidèle. Les Han doivent d’abord obtenir la soumission des royaumes tribaux du sud-ouest, afin de libérer la route qui permettrait de poignarder Nanyue dans le dos. L’ambassadeur Han Tang Meng parvient à assurer la soumission de ces royaumes tribaux en offrant à leurs dirigeants des cadeaux. Wudi instaure ainsi la commanderie de Jianwei pour gouverner ces tribus. Finalement il l’abandonne devant son incapacité à faire face aux révoltes locales. Plus tard, lorsque Zhang Qian revient des régions occidentales, une partie de son rapport indique qu’en passant par les royaumes du sud-ouest les ambassadeurs pourront plus facilement atteindre Shendu [35] et Anxi [36]. Encouragé par ce rapport, en 122 Wudi envoie des ambassadeurs pour tenter à nouveau de convaincre les royaumes du sud-ouest de faire soumission aux Han.

C’est également durant cette époque que Han Wudi montre un intérêt grandissant et une fascination pour l’immortalité. Il commence à s’associer avec des magiciens qui prétendent pouvoir, à condition de trouver les ingrédients appropriés, créer des pilules qui confèrent l’immortalité. Toutefois, dans le même temps il punit lui-même sévèrement tout autre usage de la magie.

En 128 la reine Consort Wei donne naissance au premier fils de l’empereur, Liu Ju. Elle obtient le statut d’impératrice un peu plus tard, la même année. L’enfant est désigné prince héritier en 122.

En 122, Liu An, le prince de Huainan, un ancien conseiller apprécié de Wudi et suffisamment proche de la famille royale pour prétendre au trône, et son frère Liu Ci, le Prince de Hengshan, sont accusés de trahison et de complot. Ils se suicident et leur famille, ainsi que de nombreux comparses prétendus, sont exécutés.

En 119, Wudi lance une nouvelle offensive pour défaire définitivement l’empire Xiongnu. Pour cela, il ordonne le lancement d’une expédition importante contre le cœur de l’empire rival. Les forces de Wei et Huo affrontent directement celles du Chanyu Yizhixie, parvenant presque à le capturer et à annihiler son armée. Toutefois, durant cette bataille le célèbre général Li Guang voit sa fortune grandement compromise par la stratégie de Wei, qui en tant que commandant suprême lui ordonne de suivre une route sur laquelle il ne rencontre aucun Xiongnu. Pire, ses forces, en raison du manque de nourriture et d’eau, finissent par se perdre et sont incapables de rejoindre les forces principales.

Face au déshonneur et à la perspective d’être jugé par la cour martiale pour ses échecs, Li se suicide. Même si Wei et Huo sont victorieux, Wudi loue davantage les mérites de Huo et le récompense, ce qui le place dans une position plus favorable que celle de son oncle Wei. Après avoir essuyé de lourdes pertes, le Chanyu tente de négocier une nouvelle période de paix avec les Han. Mais il rompt les négociations lorsque les Han lui exposent clairement leur position : les Xiongnu doivent devenir vassaux des Han.

Dans le même temps, peut-être en signe de ce qu’il deviendra plus tard, Wudi commence à faire confiance à des fonctionnaires qui s’avèrent sévères dans les peines qu’ils énoncent.

Wudi commence à penser qu’il s’agit d’une méthode bien plus efficace pour maintenir l’ordre social et place donc au pouvoir ces fonctionnaires. En 117 a lieu une exécution, dont la victime est le ministre de l’agriculture, Yan Yi. Yan s’est précédemment opposé au projet de l’empereur visant à doubler les impôts envers les princes et les marquis. Un peu plus tard, Yan est accusé, à tort, d’être l’auteur d’un crime.

À partir de 113, l’empereur Wudi montre d’autres signes d’abus de son pouvoir. Il commence à visiter constamment les commanderies, d’abord celles proches de Chang’an [37], puis celles de plus en plus éloignées, adorant les divers dieux rencontrés sur les routes. Il s’entoure de magiciens qu’il récompense généreusement, allant dans un cas jusqu’à le nommer marquis et lui donner une de ses filles comme épouse. Ce magicien, Luan Da , est par la suite jugé pour fraude et exécuté.

Les dépenses de l’empereur lors de ses voyages et de ses aventures magiques mettent une grande pression sur le trésor national et cause des problèmes pour les localités où il se rend. À deux reprises, les gouverneurs des commanderies visitées se suicident devant leur incapacité à fournir le train de vie requis par l’empereur.

En 112, une crise se produit dans le royaume de Nanyue qui occasionne une intervention militaire de la part de Wudi. À cette époque, le roi Zhao Xing et sa mère la reine douairière Jiu sont tous deux d’accord pour faire partie des Han. Cette position est opposée à celle prônée par le premier ministre Lü Jia, qui souhaite conserver l’indépendance du royaume. La reine douairière Jiu essaie d’inciter les ambassadeurs chinois à tuer Lü, mais ces derniers hésitent. Lorsque Wudi envoie 2 000 hommes pour aider le roi et sa mère, Lü tente un coup d’État et tue le roi et la reine douairière. Il proclame un des autres fils de Zhao Yingqi, Zhao Jiande , roi. Il annihile ensuite les forces Han.

En 111, les forces Han s’emparent de la capitale Panyu et annexent l’ensemble du territoire Nanyue dans l’empire Han, en établissant dix commanderies.

La même année, un des co-roi de Minyue, Luo Yushan, craignant une nouvelle attaque des Han, lance une attaque préemptive contre ceux-ci. Il s’empare ainsi de plusieurs villes de l’ancien royaume Nanyue et des commanderies frontalières. En 110, sous la pression militaire Han, son co-roi, Luo Jugu, assassine Luo Yushan et rend le royaume aux Han. Toutefois, Wudi ne fonde pas de commanderies sur l’ancien territoire Minyue, mais déporte son peuple dans la région située entre les rivières Yangzi et Huai.

La même année, Wudi organise à grands frais l’ancienne cérémonie de fengshan [38] au mont Tai [39].

À cette époque, en réaction aux importantes ponctions de Wudi dans le trésor national, son ministre de l’agriculture Sang Hongyang conçoit un plan que de nombreuses dynasties répèteront par la suite [40]. Le trésor national peut ainsi spéculer sur l’achat d’autres biens afin de remplir ses caisses et maîtriser les fluctuations de prix.

En 109, Wudi commence une nouvelle campagne d’expansion territoriale en Corée, lorsque le petit-fils de Weiman, le roi Ugeo, refuse de permettre aux ambassadeurs du royaume coréen de Jin d’atteindre la Chine en traversant ses terres. Lorsque l’empereur Wu envoie un ambassadeur, She He, à Wanggeom pour négocier un droit de passage avec le roi Ugeo, ce dernier refuse et renvoie She vers le territoire Han.

Toutefois, à l’approche de le frontière, She assassine le général chargé de son escorte et affirme à l’empereur Wu qu’il a battu Joseon lors d’une bataille. Wudi décide donc de le nommer commandant militaire de la commanderie de Liaodong.

Le roi Ugeo, offensé, mène une attaque sur Liaodong et tue She. En réponse, Wudi lance une attaque sur deux fronts, l’un par la mer et l’autre par la terre. Dans un premier temps, Joseon offre de devenir vassal des Han, mais les négociations de paix sont anéanties par le refus des forces Han de laisser une force Joseon escorter son prince héritier jusqu’à Chang’an pour payer le tribut à l’empereur Wu. Les Han mettent la main sur les terres Joseon en 108 et y fondent quatre commanderies.

La même année, Wudi envoie une force expéditionnaire contre le royaume de Dian [41] afin de le conquérir. Lorsque le roi de Dian se rend, son territoire est incorporé à l’empire Han, même si le roi de Dian conserve son autorité traditionnelle et son titre. Wudi établit cinq commanderies à Dian et sur les royaumes environnants.

En 108, Wudi envoie le général Zhao Ponu en campagne à Xiyu. Ce dernier force les royaumes de Loulan [42] et de Cheshi à la soumission. En 105, Wudi donne en mariage une princesse de la lignée impériale éloignée à Kunmo, le roi de Wusun [43]. Elle se marie par la suite avec son petit-fils et successeur, Qinqu, ce qui crée une alliance forte et stable entre Han et Wusun.

Une guerre entre les Han et le royaume voisin de Dayuan [44] débute toutefois en 104. Dayuan refuse de livrer à l’empereur Wudi ses meilleurs chevaux et les ambassadeurs Han sont même exécutés après avoir insulté le roi de Bayuan après son refus. Wudi envoie Li Guangli , le frère de la concubine favorite Consort Li, en tant que général pour diriger la guerre contre Dayuan. En 103, l’armée de Li composée de 26 000 hommes (20 000 Chinois et 6 000 cavaliers des steppes), sans le ravitaillement nécessaire, subit une humiliante défaite contre Dayuan. Mais en 102, la nouvelle armée de Li, composée de 60 000 hommes, parvient à mener à son terme un siège de la capitale de Dayuan, en coupant l’alimentation en eau de la ville. Dayaun est ainsi forcé de céder 3 000 chevaux parmi les meilleurs. Cette victoire Han a un effet d’intimidation sur les autres royaumes Xiyu.

En 106, afin d’améliorer l’organisation des territoires, Wudi divise l’empire en 13 préfectures. Mais ces divisions administratives ne possèdent ni gouverneur ni gouvernement préfectoral. Il assigne un superviseur à chaque préfecture, dont le rôle est de visiter les commanderies les unes après les autres afin d’enquêter sur la corruption et la désobéissance aux édits impériaux.

En 104, Wudi construit le luxueux palais Jianzhang* ( [45]). Il est destiné à devenir sa résidence exclusive en remplacement du palais traditionnel de Weiyang [46], que Xiao He a construit sous le règne de Han Gaozu.

Vers l’an 100, en raison des poids importants des taxes et des charges militaires occasionnées par les campagnes incessantes et le goût pour le luxe de l’empereur, plusieurs révoltes paysannes éclatent dans l’empire.

Wudi diffuse un édit dans le but d’y mettre fin, en liant les vies des fonctionnaires dans les commanderies à la répression des révoltes sur leur territoire. L’édit a toutefois un effet inverse, puisque craignant pour leur vie et incapables de maîtriser toutes les révoltes, les fonctionnaires décident bien souvent de couvrir l’existence même de révoltes.

En 94, le plus jeune fils de l’empereur, Liu Fuling dit Han Zhaodi , naît d’une concubine favorite, la Consort Zhao. L’empereur s’extasie de parvenir à avoir un fils à son âge avancé.

Jusqu’à ce moment, les relations entre Wudi et son prince héritier sont cordiales mais fragiles. Ce dernier n’est certainement pas aussi ambitieux que son père le désire, et Wudi vieillissant est de moins en moins attiré par sa mère, l’impératrice Wei Zifu, même s’il continue à la respecter. Lorsque l’empereur quitte la capitale, il délègue le pouvoir au prince héritier Ju.

Finalement père et fils sont en désaccord sur certaines politiques. Ju favorise une politique plus indulgente, alors que les conseillers de Wudi l’influencent dans l’autre sens. Après la mort de Wei Qing en 106 et l’exécution de Gongsun He, le Prince Ju ne possède plus d’allié important au sein du gouvernement. Les autres fonctionnaires commencent alors à le diffamer publiquement et à comploter contre lui. Pendant ce temps, Wudi est de plus en plus isolé, passant la plus grande part de son temps avec les jeunes concubines.

Jiang Chong , le nouveau dirigeant de l’espionnage, fait partie des conspirateurs contre le Prince Ju. Jiang parvient à déstabiliser Ju en faisant arrêter un de ses assistants pour violation du droit de passage impérial. Su Wen, l’eunuque responsable des concubines impériales, monte quant à lui de fausses accusations contre Ju. Il prétend que ce dernier profite de la maladie de Wudi pour s’adonner à des relations adultères avec une des jeunes concubines impériales.

Le prince envoie un de ses agents pour usurper l’identité d’un messager de Wudi afin d’attirer et arrêter Jiang et les autres conspirateurs. Su parvient à s’échapper, mais Ju accuse Jiang de saboter sa relation avec son père avant de le tuer personnellement. Puis avec le soutien de sa mère il monte une garde personnelle et enrôle des civils et des prisonniers pour se protéger.

Su arrive au palais de Ganquan et accuse le prince Ju de trahison. Wudi ne le croit pas et pense à juste titre que le prince Ju était seulement en colère contre Jiang. Il envoie donc un messager à Chang’an pour convoquer le Prince. Ce messager n’ose pas aller jusqu’à la capitale et décide de revenir et de donner un faux rapport à l’empereur selon lequel Ju est en train de mener un coup d’État. En rage, Wudi ordonne à son neveu, le Premier ministre Liu Qumao, de mater la rébellion.

Les deux camps s’affrontent dans les rues de Chang’an pendant 5 jours, mais les forces de Liu triomphent lorsqu’il devient clair que le Prince Ju n’a pas l’autorisation de son père. Ce dernier est forcé de fuir la capitale, accompagné de seulement deux de ses fils et de quelques gardes personnels. À l’exception d’un petit-fils, Liu Bingyi, qui n’a qu’un mois et est mis en lieu sûr, tous les autres membres de la famille du Prince sont abandonnés et tués. Sa mère, l’impératrice Wei, se suicide lorsque l’empereur envoie des émissaires pour la destituer. Leurs corps sont enterrés sans ménagement dans des champs en banlieue, sans aucune stèle tombale.

Toujours sous l’effet de la colère, Wudi ordonne que le Prince Ju soit traqué. Mais un jeune fonctionnaire, Linghu Mao, risque sa vie en parlant du comportement du Prince. L’aigreur de l’empereur commence alors à s’estomper, sans toutefois réussir à offrir son pardon.

Le Prince Ju trouve refuge dans le comté de Hu [47], dans la province actuelle du Henan [48], où il s’installe dans la maison de pauvres paysans. Conscient que ses hôtes bienfaiteurs ne pourront jamais assumer le coût quotidien de tant de monde, le Prince décide de chercher de l’aide auprès de ses amis qui habitent la région.

Toutefois, ces manœuvres permettent de le localiser et il est rapidement recherché par les fonctionnaires locaux avides de récompenses. Encerclé par des troupes et voyant qu’il n’a aucune chance de s’échapper, le Prince se suicide. Ses deux fils et sa famille trouvent la mort lorsque les soldats du gouvernement entrent dans la maison et tuent tout le monde. Les deux fonctionnaires à l’origine de l’assaut, Zhang Fuchang et Li Shou, ne perdent pas de temps pour envoyer le corps du Prince à Chang’an et réclamer une récompense de la part de l’empereur. Wudi est toutefois très attristé d’apprendre la mort de son fils, mais il tient sa promesse et récompense les fonctionnaires.

Wudi commence à réaliser que les accusations de sorcellerie sont souvent fausses, en particulier celles proférées lors de la rébellion du prince héritier. En 92, Tian Qianqiu , alors surintendant du temple de l’empereur Gaozu, écrit un rapport prétendant que Gaozu lui a dit dans un rêve que le Prince Ju aurait dû être tout au plus fouetté, mais pas tué.

Wudi a une révélation sur les événements passés. Il ordonne de brûler Su et d’exécuter la famille de Jiang, avant de nommer Tian comme Premier ministre. L’empereur affirme que son fils continue de lui manquer. Il fait donc construire un palais et un autel pour son fils en signe de chagrin et de regret. Il ne modifie toutefois pas le sort du dernier fils vivant de Ju, Liu Bingyi, qui continue à passer son enfance en prisonnier.

La scène politique a désormais beaucoup changé. Wudi s’auto-critique publiquement et s’excuse auprès de la nation entière sur ses erreurs politiques passées, un geste connu de l’histoire sous le nom d’Édit repentant de Luntai. Le Premier ministre Tian tout juste nommé demande le repos des troupes et du peuple. Il met l’accent sur l’agriculture et recommande la nomination de plusieurs experts agricoles en tant que membres importants de l’administration. Les guerres et les expansions territoriales sont pour la plupart arrêtées. Ces politiques et idéaux sont ceux voulu par le Prince Ju et sont donc réalisés quelques années après sa mort.

En 88, Wudi tombe gravement malade. Mais après le décès du Prince Ju, il n’a plus de successeur désigné. Liu Dan, le Prince de Yan est le fils de l’empereur survivant le plus âgé. Mais l’empereur le considère avec son jeune frère Liu Xu, le Prince de Guanling, comme inaptes pour ce motif qu’aucun des deux ne respecte les lois. Il décide que le plus apte est son plus jeune fils, Liu Fuling, qui n’a que 6 ans à cette époque. Il désigne donc Huo Guang comme régent potentiel, en raison de ses talents et de sa fidélité.

Il ordonne également l’exécution de la mère de Fuling, la Consort Zhao, de peur qu’en raison de son jeune âge elle ne devienne une impératrice douairière incontrôlable comme l’a été la précédente. Huo suggère le fonctionnaire Jin Midi d’origine Xiongnu et le général Shangguang Jie en tant que co-régents. Wudi meurt en 87, peu de temps après avoir fait de Fuling son prince héritier. Ce dernier lui succède donc sur le trône sous le nom de Han Zhaodi, et ce pour les 13 années à venir.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Ann Paludan, Chronicle of the Chinese Emperors : The Reign-by-Reign Record of the Rulers of Imperial China, New York, Thames and Hudson, 1998 (ISBN 0-500-05090-2).

Notes

[1] La dynastie Tang est une dynastie chinoise précédée par la dynastie Sui (581-618) et suivie par la période des Cinq Dynasties et des Dix Royaumes. Elle a été fondée par la famille Li, qui prit le pouvoir durant le déclin et la chute de l’empire Sui. Venant après une longue période de division de la Chine qui dura de 220 à 581, à laquelle l’éphémère dynastie Sui avait mis fin, les premiers empereurs de cette dynastie eurent d’abord pour tâche de stabiliser l’empire récemment réunifié, et de lui redonner la puissance qu’avait eue la Chine à l’époque des Han. Ils firent rapidement mieux que ces derniers dans le domaine des conquêtes extérieures.

[2] La dynastie Qin est la première dynastie impériale de la Chine, qui dure de 221 à 206 av. jc. C’est la conquête des six États issus de la chute de la dynastie Zhou par l’État de Qin, conquête unifiant de facto le pays, qui l’installe au pouvoir. Les 14 années de règne de son fondateur, Qin Shi Huang, le premier empereur de l’histoire de la Chine, et de son fils Qin Er Shi, représentent, malgré cette brièveté, un tournant capital dans l’histoire nationale

[3] Le confucianisme, Rùjià école des lettrés puis Rùxué enseignement des lettrés Rùxué, est l’une des plus grandes écoles philosophiques, morales, politiques et dans une moindre mesure religieuses de Chine. Elle s’est développée pendant plus de deux millénaires à partir de l’oeuvre attribuée au philosophe Kongfuzi, Maître Kong, connu en Occident sous le nom latinisé de Confucius. Après avoir été confrontée aux écoles de pensée concurrentes pendant la Période des Royaumes combattants et violemment combattue sous le règne de Qin Shi Huang, fondateur du premier empire, elle fut imposée par l’empereur Han Wudi en tant que doctrine d’État et l’est restée jusqu’à la fondation de la République de Chine en 1911. Elle a aussi pénétré au Viêt Nam, en Corée et au Japon où elle a été adaptée aux circonstances locales.

[4] L’Eurasie est un terme géographique désignant conjointement l’Europe et l’Asie en tant que continent unique, plutôt que deux continents séparés. Ce supercontinent s’étend ainsi sur une superficie de près de 54 millions de km² (environ un dixième de la surface planétaire) entre l’océan Atlantique, à l’ouest, et l’océan Pacifique, à l’est.

[5] Le Kirghizistan, Kirghizstan ou Kirghizie, est un pays d’Asie centrale. Extrêmement montagneuse, peuplée à l’origine par des populations nomades. Sa capitale, qui est également sa plus grande ville, est Bichkek.

[6] Xiongnu, ou Hunnu, est une confédération de peuples nomades vivant en Mongolie, en Transbaïkalie et en Chine du Nord. Xiongnu est le nom que leur ont donné les Chinois dans l’Antiquité.

[7] Durant l’Antiquité, à une date inconnue, les Yuezhi également parfois appelé en chinois Rouzhi, ont fondé le premier empire connu de l’Asie centrale. C’est un peuple indo-européen relevant du groupe des Tokhariens. Ce peuple vivait dans l’ouest de l’actuelle province chinoise du Gansu, où se trouve Dunhuang, ville dont le nom est probablement d’origine yuezhi. De mode de vie nomade, ils déplaçaient leurs troupeaux en été vers les pâturages des monts Qilian, qui bordent le Gansu au sud. Le nom de ces montagnes serait aussi d’origine yuezhi et signifierait « céleste ». Les Chinois de l’Antiquité, qui n’ont jamais dû les affronter, les connaissaient surtout comme étant des pourvoyeurs de chevaux, dont ils disposaient sûrement en grand nombre.

[8] L’Ouzbékistan, est un pays d’Asie centrale, entouré par le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Afghanistan et le Turkménistan. Tout au long de son histoire, le territoire de l’actuel Ouzbékistan fut la plupart du temps dominé par les grands empires environnants des Turcs, Perses, Grecs, Arabes, Mongols ou Russes. Les premières civilisations apparues en Ouzbékistan le furent en Sogdiane, Bactriane et Khwarezm (Chorasmia). Au 6ème siècle av. jc, ces États devinrent des parties de l’empire perse des Achéménides. Le pays fut pris par Alexandre le Grand en 327 av. jc, alors qu’il menait campagne contre Darius III. Cette conquête mit fin à la dynastie des Achéménides.

[9] Le bouddhisme est, selon le point de vue occidental, une religion (notamment une religion d’État) ou une philosophie, voire les deux, dont les origines sont en Inde au 5ème siècle av. jc à la suite de l’éveil de Siddhartha Gautama et de son enseignement. Le bouddhisme est né en Inde à peu près à la même époque que Mahâvîra, qui rendit plus populaire le jaïnisme, avec lequel il partage une certaine tendance à la remise en cause de l’hindouisme (en particulier de la caste sacerdotale des brahmanes) tel que ce dernier était pratiqué à l’époque (6ème siècle av. jc). Le bouddhisme a repris et aménagé beaucoup de concepts philosophiques de l’environnement religieux de l’époque (tels que dharma et karma, par exemple).

[10] Le chamanisme est une pratique centrée sur la médiation entre les êtres humains et les esprits de la nature ou les âmes des animaux, les morts du clan, les âmes des enfants à naître, les âmes des malades à guérir, la communication avec des divinités, etc. C’est le chamane qui incarne cette fonction, dans le cadre d’une interdépendance étroite avec la communauté qui le reconnaît comme tel. Le chamanisme, au sens strict, prend sa source dans les sociétés traditionnelles sibériennes. Partie de la Sibérie, la pensée chamanique a essaimé de la Baltique à l’Extrême-Orient et a sans doute franchi le détroit de Béring avec les premiers Amérindiens.

[11] Les grottes de Mogao, ouvertes au public depuis 1980, forment un système de 492 chapelles bouddhistes près de Dunhuang, dans la province de Gansu en Chine, en marge du désert de Gobi. Ces temples ont été élaborés dans 492 grottes, creusées dans la paroi rocheuse par des moines à partir du 4ème siècle. Les premières grottes n’étaient pas plus grandes que des cercueils. Des communautés monastiques commencèrent vite à percer des cavités plus grandes pour des actes de dévotion publique, et à orner les sanctuaires d’effigies de Bouddha. C’est de ces premières grottes que vient le nom de grottes des mille Bouddhas, ou grottes de Dunhuang.

[12] Linjiang est une ville de la province du Jilin en Chine. C’est une ville-district placée sous la juridiction administrative de la ville-préfecture de Baishan. Son centre principal est situé au bord du Yalou, le fleuve qui forme la frontière avec la Corée du Nord ; un pont la relie avec Junggang dans le Jagang.

[13] Le taoïsme est un des trois piliers de la philosophie chinoise avec le confucianisme et le bouddhisme, et se fonde sur l’existence d’un principe à l’origine de toute chose, appelé « Tao ». Plongeant ses racines dans la culture ancienne, ce courant se fonde sur des textes, dont le Tao Tö King de Lao Tseu, le Lie Tseu et le Zhuāngzi de Tchouang Tseu, et s’exprime par des pratiques qui influencèrent de façon significative tout l’Extrême-Orient, et même l’Occident depuis le 20ème siècle.

[14] Wuwei ou wu wei est un concept taoïste qui peut être traduit par « non-agir » ou « non-intervention ». Pour autant, ce n’est pas une attitude d’inaction ou de passivité, mais le fait d’agir en conformité avec « l’ordre cosmique originaire », le mouvement de la nature et de la Voie (Tao). L’expression paradoxale wei-wu-wei, « agir sans agir », est notamment utilisée par Lao Tseu dans le Tao Tö King et reste l’objet de nombreuses interprétations. Lao Tseu a fait de wuwei un principe politique de gouvernement idéal ; son influence se traduit par le fait que le trône de plusieurs empereurs (comme Kangxi) était surmonté d’un panneau de laque qui portait l’inscription wuwei, en tant que devise nationale, et ce jusqu’à la fin de la Chine impériale en 1911.

[15] La rébellion des sept États ou révolte de sept rois a lieu en 154 av. jc en Chine. Elle vise la dynastie Han et implique sept rois semi autonomes, qui se révoltent à la suite d’une tentative de centralisation supplémentaire du gouvernement par l’empereur.

[16] Huainan est une ville du centre de la province de l’Anhui en Chine.

[17] dans l’actuelle province du Fujian

[18] dans l’actuelle province du Zhejiang

[19] actuelle Suzhou, Jiangsu)

[20] Le Zhejiang est une province côtière chinoise au sud de Shanghai. Le Zhejiang est l’une des plus riches provinces chinoises.

[21] Le Fujian est une province côtière située au sud-est de la République populaire de Chine, dont le chef-lieu est Fuzhou. Les îles côtières (les îles Matsu, Wuqiu, Jinmen et Lieyu) formant l’actuel province taïwanaise du Fujian en font aussi historiquement partie, mais sont restées sous le contrôle du parti nationaliste de la République de Chine dont le gouvernement s’installa sur l’île de Taïwan situé en face du Fujian de l’autre côté du détroit de Taïwan, à la fin de la guerre civile chinoise et de la déclaration de la République populaire de Chine.

[22] Le Yangzi Jiang ou Chang Jiang, est le plus long fleuve d’Asie (6 380 km). En France, il est appelé fleuve Bleu, Yang-Tsé-Kiang ou simplement Yang-Tsé. D’un débit de 30 000 m3/s, le fleuve Bleu est le troisième plus long fleuve du monde après l’Amazone et le Nil. Il prend sa source au Qinghai, à 6 621 mètres, dans les monts Tanggula, dans un paysage extrême de glaciers et de terres enneigées, parsemé de moraines, balayé par des vents violents et dépourvu de toute végétation. Il est appelé en tibétain Dri chu. Il parcourt 6 380 km avant de rejoindre la mer de Chine orientale, au nord de Shanghai, la plus grande ville de Chine. Il serpente à travers les provinces du Qinghai, du Yunnan, du Sichuan, du Hubei, du Hunan, du Jiangxi, de l’Anhui et du Jiangsu et traverse les immenses agglomérations de Chongqing, Wuhan, Nankin et Shanghai. Lors de son parcours, il reçoit les eaux de plus de 700 affluents drainant un bassin hydrographique de 1,8 million de kilomètres carrés. Chaque année, il déverse près de mille milliards de mètres cubes d’eau dans la mer de Chine, charriant des milliers de tonnes de limon au large des côtes. Le Yangzi Jiang alimente en eau 40 % du territoire chinois et 70 % de la production rizicole.

[23] Le Huai He est une rivière de Chine longue de 1 078 km, qui prend sa source dans la province du Henan mais coule principalement au travers de celles de l’Anhui et du Jiangsu. On considère souvent qu’elle marque une coupure entre Chine du Nord et Chine du Sud, bien que l’on situe aussi parfois cette limite sur le Chang Jiang. Cette région est la limite sud-est des dialectes mandarins. Le Huai He traverse le lac Hongze, où il prend le nom de Sanhe avant de se jeter dans le Yangzi Jiang.

[24] Le Nanyue était un royaume d’Asie dont le territoire comprenait les actuelles provinces chinoises du Guangdong, du Guangxi et du Yunnan, ainsi qu’une partie du Nord de l’actuel Viêt Nam. Le Nanyue est fondé par le général chinois Zhao Tuo, appelé Triệu Đà par les Vietnamiens, qui conquiert pour le compte de la dynastie Qin le royaume d’Âu Lạc, alors pays du peuple Viêt. Profitant du chaos qui fait suite à la chute des Qin, il se proclame roi de Nanyue en 206 av. jc, fondant ainsi la dynastie des Yue du Sud. Au début son royaume est composé des commanderies de Nanhai, Guilin et Xiang. En 196 av. J.-C., Zhao Tuo fait acte de soumission à l’empereur Han Gaozu, le fondateur de la dynastie Han. Dès lors, Nanyue est désigné par les dirigeants Han comme un "serviteur étranger", une synecdoque pour "État vassal". vers l’an 183 av. jc, les relations entre le Nanyue et la dynastie Han se sont tellement dégradées que Zhao Tuo s’autoproclame "Empereur martial du Sud", un titre qui implique une totale indépendance de Nanyue. Dès 179 av. jc, les relations entre les Han et le Nanyue s’améliorent et Zhao Tuo fait de nouveau acte de soumission, cette fois à l’empereur Han Wendi. Nanyue redevient alors théoriquement un vassal des Han ; mais dans les faits cette soumission reste superficielle. Le Nanyue continue d’agir de manière autonome par rapport à la dynastie Han et Zhao Tuo garde son titre impérial jusqu’à sa mort. En 113 av. jc, Zhao Xing, le quatrième roi de Nanyue, demande officiellement que son royaume soit rattaché à l’Empire Han. Son premier ministre Lü Jia s’y oppose avec véhémence et finit par tuer Xing, pour installer sur le trône son frère aîné Zhao Jiande. Ce coup d’état anti-han débouche sur une confrontation armée avec la dynastie Han. L’année suivante, l’empereur Han Wudi envoie une armée forte de 100 000 soldats attaquer le royaume de Nanyue, qui est vaincu et annexé en quelques mois. En tout, le Nanyue aura duré 93 ans et connu cinq générations de rois.

[25] Le Guangdong est une province administrative de la République populaire de Chine située sur la côte sud-est du pays. La préfecture provinciale, Canton, est un centre économique, culturel et politique majeur de la région. La province comprend également la ville de Shenzhen, frontalière de Hong Kong

[26] Le Guangxi, est une région autonome de la République populaire de Chine. Elle est officiellement appelée région autonome Zhuang du Guangxi, mais la population Zhuang n’y forme qu’un tiers environ de la population. Située sur le golfe du Tonkin, à la frontière du Viêt Nam, elle est nettement moins dynamique économiquement que la province voisine du Guangdong à l’est.

[27] Chanyu était le titre donné aux chefs des Xiongnu durant les ères de la dynastie Qin et de la dynastie Han. Il fut remplacé par le titre de Khagan chez les turco-mongol. La traduction littérale est probablement quelque chose comme « le plus grand », grossièrement équivalent au chinois « fils du ciel » car ce qui reste du langage xiongnu n’est connu que très partiellement par les écrits des historiens chinois de ces époques. Comme dans la plupart des peuples nomades, le titre était héréditaire.

[28] La Grande Muraille

[29] actuellement dans la province du Gansu

[30] près de l’actuelle Zhangjiakou, Hebei

[31] actuellement à l’ouest de la Mongolie-Intérieure autour d’Ordos

[32] Une commanderie, ou préfecture suivant les traductions, est une ancienne division administrative chinoise utilisée depuis la période de la dynastie Zhou (vers 1046 av. jc-256 av. jc) jusqu’au début de la dynastie Tang (618-907).

[33] Xiyu

[34] Samarcande ou parfois Samarkand est une ville d’Ouzbékistan, capitale de la province de Samarcande. Elle fut une des plus grandes cités d’Asie centrale. Lors de ces différentes occupations, Samarcande a abrité des communautés religieuses diversifiées et est devenue le foyer de plusieurs religions tel que le Bouddhisme, le Zoroastrisme, l’Hindouisme, le Manichéisme, le Judaïsme et l’Église de l’Orient. Les armées des Omeyyades sous Qutayba ben Muslim conquièrent la ville vers 710. Après la conquête de la Sogdiane, l’Islam devient la religion dominante à Samarcande où beaucoup d’habitants se convertissent. Selon la légende, durant le règne des Abbassides, le secret de la fabrication du papier est obtenu de deux Hans, prisonniers faits lors de la Bataille de Talas en 751. Cette invention permit la fondation de la première papeterie de Samarcande et se diffusa dans le reste du monde islamique et plus tard en Europe

[35] Inde

[36] Parthie

[37] Xi’an est la capitale de la province du Shaanxi en Chine. Elle a le statut de ville sous provinciale. Cette ville, qui a une histoire de plus de 3 100 ans, a été la capitale de la Chine et se nommait alors Chang’an. L’actuelle Xi’an se classe dans les dix plus grandes villes chinoises.

[38] Ces cérémonies servent à honorer le ciel et la terre et à formuler une requêtete secète aux dieux du ciel et de la terre, vraisemblablement l’immortalité

[39] Le mont Tai ou Taishan, se situe au nord de la ville de Tai’an, dans la province du Shandong en République populaire de Chine. Son point culminant, le pic de l’Empereur de jade, a une altitude de 1 545 m. Il est particulièrement important par son histoire et sa signification culturelle, car c’est l’une des cinq montagnes sacrées de la Chine. C’est le Mont de l’Est, associé à l’aurore, à la naissance et au renouveau, et la plus vénérée des cinq montagnes sacrées. Les temples qui y sont perchés sont une destination de choix pour les pèlerins depuis 3 000 ans.

[40] la création du monopole d’État sur le sel et l’acier

[41] Le royaume de Dian est un État du peuple Dian du 4ème au 2ème siècle avant l’ère commune. Un royaume situé autour du lac Dian, mais qui s’étendait également autour du lac Erhai (près de Dali) et de la région du Fleuve Rouge (Yuan Jiang) s’est donc constitué dans l’actuelle partie nord de l’actuelle province du Yunnan en Chine. Ce royaume a existé durant une période correspondant, en Chine du Nord, à la fin de la Période des Printemps et Automnes jusqu’à la dynastie Han de l’Ouest.

[42] Loulan est une ancienne cité fondée au 2ème siècle av. jc sur la bordure nord-est du désert du Taklamakan. Loulan, connu également sous les noms de Krorän ou Krorayina, était un royaume sur la route de la soie, dans l’actuelle région autonome des Ouïgour du Xinjiang en Chine. Les ruines de la ville de Loulan sont situées sur la rive occidentale du Lop Nor, à l’époque un lac, aujourd’hui entièrement submergé par le désert, dans le district de Ruoqiang de l’actuelle préfecture autonome mongole de Bayin’gholin

[43] Les Wūsūn était un peuple nomade ou semi-nomade qui aurait habité à l’ouest de Gansu, au nord de la Chine. Voisins du peuple Yuezhi, ils étaient d’origine turque ou indo-européenne

[44] Dayuan était un pays de la vallée de Ferghana en Asie centrale , décrit dans les travaux historiques chinois des Archives du Grand historien et du Livre de Han . Il est mentionné dans les récits du célèbre explorateur chinois Zhang Qian en 130 avant notre ère et des nombreuses ambassades qui le suivirent en Asie centrale. Le pays de Dayuan est généralement accepté comme se rapportant à la vallée de Ferghana.

[45] un bâtiment massif destiné à le rapprocher des dieux

[46] Le Palais Weiyang était un complexe palatial situé près de la ville de Chang’an (actuelle Xi’an, province du Shaanxi, Chine). Construit en 200 av. jc sur ordre de l’empereur Han Gaozu et sous la supervision du premier ministre Xiao He, il servit de centre administratif et de résidence impériale sous la dynastie des Han occidentaux (206 av. jc.-9), puis plus tard sous les Jin occidentaux (265-316) et plusieurs autres États de la période des Dynasties du Nord et du Sud (420-589). Le palais survécut jusqu’à la période de la dynastie Tang où il fut détruit après avoir été incendié par des envahisseurs en route vers la nouvelle capitale de Chang’an. Il s’agit du plus grand palais jamais construit dans le monde avec une superficie de 4.8 km², ce qui représente 6,7 fois la taille de l’actuelle Cité interdite, ou 11 fois la taille de la Cité du Vatican.

[47] dans la ville moderne de Sanmenxia , Henan

[48] Le Henan, autrefois Honan, est une province du centre-est de la Chine. Le Henan fut appelé Zhongzhou ce qui signifie littéralement « plaine centrale », ce nom est toutefois également appliqué à l’ensemble de la Chine. Le Henan, berceau de la civilisation chinoise ayant plus de 3 000 ans d’histoire, est resté un centre culturel, économique et politique de la Chine jusqu’il y a un millénaire.