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Héraclius dit l’Ancien

samedi 25 février 2017

Héraclius dit l’Ancien (vers 540

Général et administrateur byzantin-Stratège en 584

Mari d’Epiphania et père de l’empereur Héraclius, il était apparemment d’origine arménienne, en tout cas natif de l’Arménie byzantine.

Il apparaît pour la première fois dans les sources en 586. Il commandait un corps de l’armée byzantine à la bataille de Solachon [1], livrée contre les Perses, sous les ordres de Philippicos , Magister Militum per Orientem [2].

Pendant l’invasion de la province arménienne d’Arzanène [3] qui suivit, et le siège de la ville de Chlomaron, Héraclius, qui était alors commandant en second, fut chargé par Philippicos d’une périlleuse mission de reconnaissance en direction de l’Arménie perse. Constatant l’approche d’une armée ennemie menée par le général perse Kardarigan , il en prévint Philippicos, qui se replia précipitamment vers Amida [4]. Ensuite, malade, le généralissime confia une partie de l’armée byzantine à son adjoint pour mener une razzia dans la région de Nisibe [5].

En 587, Philippicos chargea les généraux Héraclius, Théodore et Andreas de raids en territoire perse, et à l’automne de cette année, rentrant à Constantinople, il se fit remplacer à la tête de l’armée d’Orient par Héraclius.

Au début de l’année 588, il fut démis de ses fonctions de Magister Militum per Orientem au profit de Priskos et ordonna à Héraclius de se retirer en Arménie. Il fut rétabli peu après à la suite d’une mutinerie.

Héraclius l’Ancien réapparaît dans les sources vers 595 comme Magister Militum per Armeniam. Assisté d’Hamazasp Mamikonian, il combat les rebelles arméniens Samuel Vahewuni et Atat Khorkhoruni. Il est finalement nommé exarque [6] de Carthage en 600 par l’empereur Maurice, donc avant le renversement de celui-ci par Phocas en novembre 602. Il occupe ensuite cette fonction jusqu’à sa mort.

Il se déclara rebelle contre Phocas pendant l’été 608, l’an dans lequel il était consul, et envoya son neveu Nicétas, par voie de terre, s’emparer d’Alexandrie et de la Basse Égypte [7], mission qui fut menée à bien avant la fin de l’année 609. A Carthage, l’exarque et son fils, le futur empereur, s’étaient proclamés tous deux consuls, titre qui n’était plus attribué depuis le règne de Justinien 1er ; ils apparaissent en habit consulaire sur des pièces de monnaie frappées à Carthage, puis à Alexandrie à cette époque.

Finalement, Héraclius le Jeune prit la mer au printemps 610 à la tête de la flotte qui arriva à Constantinople au début octobre et renversa Phocas. Selon Jean de Nikiou , le père eut le temps d’apprendre la victoire de son fils et de s’en réjouir avant de mourir peu après.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Héraclius l’Ancien/ Portail du monde byzantin/ Personnalité byzantine du VIe siècle

Notes

[1] La bataille de Solachon se déroule en 586 au nord de la Mésopotamie entre les forces de l’Empire romain d’Orient (ou Empire byzantin) dirigées par Philippicos et celles de l’Empire sassanide sous les ordres de Kardarigan. Cette opposition fait partie de la longue et indécise guerre byzantino-sassanide entre 572 et 591. La bataille de Solachon se termine par une victoire romaine importante qui consolide la position impériale en Mésopotamie. Toutefois, ce succès n’est pas décisif et la guerre se poursuit jusqu’en 591, date à laquelle où un accord est négocié entre Maurice et Khosro II.

[2] Le magister militum est un officier supérieur de l’armée romaine durant l’Antiquité tardive. Son nom est souvent traduit par « maître de la milice » ou « maître des milices ». À l’origine, on distinguait le magister peditum ou commandant de l’infanterie et le magister equitum ou commandant de la cavalerie. Les deux fonctions furent à l’occasion réunies et leur titulaire prit le titre de magister utriusque militiae. Le commandant des corps demeurant à la disposition de l’empereur près de la capitale fut appelé magister militum praesentales. En Orient, la fonction cessa d’exister avec la création des thèmes où le gouverneur (strategos), cumula les fonctions militaires et civiles.

[3] L’Aghdzenik ou Arzanène est la 3ème province de l’Arménie historique selon Anania de Shirak, et l’un des quatre bdeshkhs (« marche ») du royaume arménien. Son territoire est aujourd’hui situé en Turquie orientale.

[4] Diyarbakır est une ville du sud-est de la Turquie. Elle était également appelée Amida sous l’Empire romain. Les Kurdes constituant la majeure partie de la population de la ville la considèrent comme la capitale du Kurdistan turc, dans le sud-est anatolien. Appelée Amida dans l’Antiquité, ce qui lui vaut son nom de Kara Amid, la « Noire Amida », elle fut la capitale du royaume araméen de Bet-Zamani à partir du 13ème siècle av. jc, puis d’un royaume arménien appelé Cordyène ou Cardyène. La région devint par la suite une province de l’Empire romain ; Amida était au 4ème siècle la principale place forte de Mésopotamie, dans la haute vallée du Tigre. Amida fut un centre religieux lié au patriarcat syriaque-orthodoxe d’Antioche. De cette époque, jusqu’au génocide arménien de 1915, la région est fortement peuplée d’Arméniens. La région comportait également une minorité chaldéenne. La ville d’Amida fut le siège du patriarcat chaldéen de 1681 à 1828.

[5] Nisibe est une ville du sud-est du Kurdistan située dans la province de Mardin, à la frontière turco-syrienne. Elle est un haut-lieu de l’histoire du christianisme de langue syriaque. C’est l’ancienne Antioche de Mygdonie. Elle fut le siège de l’École théologique de Nisibe, une des grandes écoles théologiques des premiers siècles du christianisme, en prenant la suite de l’école d’Édesse dite aussi école des Perses après la fermeture de celle-ci en 489.

[6] L’exarchat peut prendre deux sens, le premier est politique et administratif qui est propre à l’empire romain d’Orient et l’autre est ecclésiastique propre à l’Église orthodoxe. L’exarchat est une organisation de certains territoires périphériques de l’empire byzantin, mise en place au 6ème siècle pour faire face à la menace d’envahisseurs. L’exarchat est dirigé par un exarque qui concentre les pouvoirs civils et militaires. Cette organisation visait à réagir de façon optimale aux dangers menaçant l’empire dans ses régions périphériques, sans avoir à attendre les ordres venus de Constantinople. Ils bénéficiaient d’un plus grand degré d’indépendance que les autres gouverneurs provinciaux. Seuls deux exarchats furent constitués, à Ravenne contre l’invasion des Lombards, et à Carthage. Les autres provinces de l’empire byzantin reçurent progressivement une organisation semblable, mais sous le nom de « thèmes ». Les exarques civils étaient de véritables vice-rois, à qui l’on confiait le gouvernement de plusieurs provinces tandis que les exarques ecclésiastiques étaient des délégués du patriarche de Constantinople ou du Saint-Synode, chargés de visiter les diocèses, et de surveiller la discipline et les mœurs du clergé. Dans les Églises d’Orient, un exarque est un évêque qui a reçu mission de représenter un patriarche auprès d’un autre patriarche ou dans un lieu qui n’est le territoire d’aucune Église orthodoxe autocéphale. L’exarchat est à la fois la dignité de l’exarque, l’ensemble des paroisses et des fidèles placés sous sa responsabilité ainsi que l’église et les bâtiments qui en constituent le siège. C’est en quelque sorte un évêché sans diocèse et sans structure prévue pour durer. C’est une façon de s’adapter à des circonstances particulières, absence d’une église locale organisée, nécessité d’assurer une vie liturgique à un personnel diplomatique. Un exarchat possède un statut dérogatoire par rapport au principe de la territorialité de l’organisation ecclésiastique. L’évêque mentionné dans les diptyques n’est pas l’évêque du lieu mais le primat représenté par l’exarque. On peut comparer l’exarchat ecclésiastique à extra-territorialité de bâtiments diplomatiques. Les métropolites des "Nouvelles Terres" du Nord et de l’Est de la Grèce ont reçu du patriarche œcuménique de Constantinople des titres d’exarque qui rappellent leur appartenance au Patriarcat œcuménique de Constantinople.

[7] L’Égypte se définit essentiellement par rapport au Nil. La Basse Égypte est donc « basse » par référence au sens de l’écoulement du fleuve (du sud, plus haut, vers le nord, en aval) et donc à son altitude. Son relief est également peu accusé. C’est la partie la plus au nord de l’Égypte, depuis la Méditerranée, avec le delta du Nil, jusqu’à la région du Fayoum avec Le Caire.