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Georges d’Amboise dit le cardinal d’Amboise

jeudi 12 juillet 2018

Georges d’Amboise dit le cardinal d’Amboise (1460-1510)

Cardinal et archevêque de Rouen à partir de 1498-1er ministre de Louis XII et mécène français

Georges d'Amboise Cardinal et archevêque de Rouen à partir de 1498-1er ministre de Louis XII et mécène françaisNé au château de Chaumont-sur-Loire, près d’Amboise [1], c’est un membre de la Maison d’Amboise [2]. Il est le fils de Pierre d’Amboise et d’Anne de Bueil

Protonotaire apostolique [3] et docteur en droit canon, il reçoit les bénéfices de Saint-Paul de Narbonne [4] le 8 janvier 1475 et de l’abbaye de Grandselve [5] le 22 octobre 1477. Aumônier du roi, il est confirmé à la mort de Louis XI.

En 1482, il est élu archevêque de Narbonne [6] mais le roi et le pape désignent à sa place François Hallé .

Le 17 décembre 1484, les bulles le désigne évêque de Montauban [7] malgré l’élection de Jean de Brugères par le chapitre. Il est ordonné prêtre en 1484/1485.

Il s’attache à la fortune du duc d’Orléans le futur Louis XII. Compromis dans la révolte du duc contre la régence en 1487, il est arrêté et enfermé à Corbeil avec l’évêque du Puy [8] Geoffroy de Pompadour. Il est libéré en février 1489.

Il jure serment de loyauté au roi Charles VIII le 4 septembre 1491, qu’il renouvelle le 5 juillet 1492. En 1491, il négocie le mariage de Charles VIII et d’Anne de Bretagne. À la mort de François Hallé le 23 février 1492, il lui succède à Narbonne. Il fait son entrée solennelle en décembre 1492

En 1492, à la suite des pressions du roi Charles VIII et du duc, il est élu le 21 août 1493 à Rouen par le chapitre. Son élection est difficilement acceptée par le pape qui souhaitait donner le siège au cardinal Frédéric Borgia. Confirmé le 21 avril 1494, il prend possession par procureur le 7 août et fait son entrée solennelle le 21 septembre. Lieutenant de Normandie en l’absence du duc Louis d’Orléans qu’il rejoint en avril 1495 en Italie, il le reçoit à Rouen en janvier 1498

Lorsque Louis XII monte sur le trône en 1498, il le choisit comme principal ministre. Il assiste à la consécration du roi à Reims le 28 mai 1498. Georges d’Amboise remplit avec habileté et intégrité ces fonctions, qu’il conserva jusqu’à sa mort en 1510.

Dès le début de son administration il se concilie les faveurs populaires en supprimant la taxe extraordinaire qu’on avait coutume de lever à l’avènement du roi, n’augmente jamais les impôts malgré les guerres conduites par Louis XII. Il fait des règlements utiles, abroge la durée des procès et cherche à mettre un terme à la corruption des juges.

Il obtient en décembre 1498 l’annulation du mariage pour raison d’État entre le roi de France et Jeanne de Valois, qui se remarie avec Anne de Bretagne en janvier 1499. Il signe le 9 février 1499 un traité avec Venise auquel le pape adhère.

Il participe activement aux guerres d’Italie, et plus particulièrement à la conquête du duché de Milan [9], à la tête duquel il fait nommer son neveu Charles II d’Amboise de Chaumont comme gouverneur. Dans l’entourage du roi de France lors de la conquête du Milanais, avec qui il fait son entrée dans Milan le 6 octobre 1499, il est chargé de l’organisation de la province.

Retourné en France, Milan est occupé par Ludovico Sforza. Georges d’Amboise, nommé lieutenant général [10], reprend le duché et fait prisonnier Sforza qu’il ramène en France. De retour à Lyon le 23 avril 1500, il reçoit du roi le comté de Lomello. Au début de 1501, il est de retour en Italie pour la conquête de Naples. Il est ambassadeur en octobre 1501 à Trente [11].

Il couronne le 18 novembre 1504 Anne de Bretagne reine de France à Saint-Denis. Il préside en mai 1506 les États généraux [12] tenus au château de Plessis-lès-Tours [13]. Il signe le 10 décembre 1508 le traité de la ligue de Cambrai [14]   Créé cardinal lors du consistoire tenu le 17 septembre 1498 par Alexandre VI.

Il devient sur instance du roi de France le 5 avril 1501 légat de France pour une année. Souhaitant l’observance et le retour aux règles, il réforme en 1502 les couvents franciscains [15] et dominicains [16]. Il fonde l’ordre des Annonciades [17].

Il est renouvelé légat à Lyon le 18 octobre 1502 et le sera de nouveau en 1503.

Georges d’Amboise aspire un temps à se faire élire pape. À la mort du pape Alexandre VI, il participe au premier conclave de 1503 qui élit Pie III. Il reçoit du pape en commende les abbayes de Saint-Évroult [18] et de Saint-Pierre de Lagny [19]. Il participe au deuxième conclave de 1503 mais ses ambitions se heurtent à l’opposition de Jules II. Le 4 décembre 1503, le pape le nomme légat à vie d’Avignon et légat de France. En décembre 1506, le pape le confirme dans sa légation

Il est le deuxième archevêque de Rouen après Guillaume d’Estouteville à réaliser d’importants travaux sur le château de Gaillon, propriété et résidence d’été de l’archevêque. Il va le transformer jusqu’à devenir un château Renaissance.

De 1456 à 1463, Guillaume d’Estouteville avait fait complètement transformer l’ancien château féodal, mais Georges d’Amboise poursuit et amplifie les travaux : il transforme le logis archiépiscopal en une somptueuse demeure. Trois chantiers successifs, de 1502 à 1509, sont nécessaires pour que Georges d’Amboise puisse donner une forme concrète à l’éblouissement artistique qu’il avait ressenti lors de ses séjours en Italie.

S’il fait appel à des architectes français pour la conception de l’ensemble, la quasi-totalité des sculptures et décorations sont en effet réalisés par des artistes italiens. Le château de Gaillon devient le premier château de la Renaissance en France. En ce sens, Georges d’Amboise peut être considéré comme l’un des introducteurs de la Renaissance artistique non seulement en Normandie, mais en France.

En 1504, il achète la seigneurie et le château de Vigny [20] et entreprend la reconstruction du château sur l’emplacement de l’ancien manoir seigneurial.

Le cardinal a collectionné un très grand nombre d’œuvres d’art venues d’Italie. Il a contribué à faire venir en France les premières œuvres de la Renaissance de ce pays. Il commanda un tableau de retable à Andrea Mantegna et il a possédé un tableau du Pérugin. Il fait aussi venir des artistes italiens comme Andrea Solari . Il collectionne par ailleurs un grand nombre de manuscrits enluminés anciens, mais aussi contemporains, provenant notamment de l’ancienne bibliothèque royale de Naples, après l’avoir acquis auprès de Frédéric d’Aragon .

À sa mort, son inventaire après-décès décomptera ainsi 58 manuscrits dans son palais de Rouen et 195 au château de Gaillon.

Il rédige son testament le 31 octobre 1509 à Gaillon dans lequel il déclare vouloir être enterré devant Notre-Dame en la grande chapelle sous une tombe de marbre et donne à cet effet 2 000 écus d’or au soleil.

Il meurt à Lyon le 25 mai 1510 au couvent des Célestins [21]. Son corps est ramené et inhumé le 20 juin dans le tombeau destiné à son usage dans la chapelle de la Vierge de la cathédrale de Rouen tandis que son cœur reste à Lyon.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de histoire de Au seuil de la Renaissance, le cardinal Georges d’Amboise (1460-1510), Société d’histoire de Normandie,‎ 2012

Notes

[1] Amboise est une ville d’Indre-et-Loire située sur les bords de la Loire, dans l’arrondissement de Loches. La cité doit sa renommée au célèbre château royal d’Amboise qui la domine, à la porte de l’Horloge, à la collégiale Saint-Denis, au château du Clos Lucé où s’éteignit Léonard de Vinci, à la demeure royale de Château-Gaillard construite par Charles VIII en 1496, célèbre pour ses jardins aménagés par Dom Pacello da Mercogliano et à la proche pagode de Chanteloup. Son nom est aussi attaché à la sanglante conjuration de 1560. L’histoire de la ville se confond pour l’essentiel avec celle de ses châteaux : le château royal où réside la cour du roi Charles VIII puis de François 1er, le château du Clos Lucé, où vécut Léonard de Vinci. Très attaché à la vieille forteresse où il avait passé sa jeunesse, Charles VIII avait décidé la métamorphose du château royal au lendemain de son mariage avec Anne de Bretagne. Louis XII et, surtout, François 1er, arrivé au château d’Amboise à l’âge de 4 ans y donnera de nombreuses fêtes, en poursuivirent les aménagements du logis renaissance.

[2] La maison d’Amboise était une des plus anciennes familles de la noblesse française dont la filiation suivie remontait au début du 12ème siècle. Elle tirait son nom de la ville d’Amboise en Touraine, dont elle possédait la seigneurie. Elle forma les branches de Thouars (éteinte en 1469 dans la maison de La Trémoille) et de Chaumont (éteinte en 1524), qui donna les rameaux de Bussy, (éteint le 12 mai 1627) et d’Aubijoux (éteint en 1656).

[3] Dans l’Église catholique, un protonotaire apostolique est un officier du Saint-siège qui reçoit et expédie les actes des consistoires publics. Les protonotaires apostoliques ont été institués par Damase 1er pour écrire la vie des martyrs, assister au paiement des taxes, des indulgences, des dispenses aux canonisations, enseigner la liturgie catholique ou la musique sacrée, etc. Ce sont des prélats sans dignité épiscopale, supérieurs en titre aux autres notaires apostoliques. Il faut distinguer les protonotaires participants (de numero participantium), exerçant leur charge, qui forment un collège de sept membres (dont un des postes peut être officier de la Préfecture de la Maison pontificale), et les protonotaires surnuméraires (supra numerum), appelés autrefois ad instar participantium ou AIP, dont le titre est honorifique. Jusqu’à la réforme des années 1960, la famille pontificale comprenait aussi des protonotaires apostoliques honoraires ou titulaires, dont le titre était également purement honorifique. Ces derniers étaient souvent appelés « protonotaires noirs » en raison de la couleur de leur costume.

[4] L’église Saint-Paul est une église catholique située à Narbonne. C’est une ancienne collégiale également appelée basilique Saint-Paul-Serge.

[5] L’abbaye de Grandselve ou Grandis Silva est une abbaye d’hommes, rattachée à l’ordre de Cîteaux en 1144, au pays de Rivière-Verdun, à Bouillac en Gascogne, diocèse et parlement de Toulouse, intendance d’Auch, élection de Rivière-Verdun. Cette abbaye est peu connue ; il en reste la porterie du 18ème siècle, des vestiges exposés dans un musée sur le site et dans l’église de Bouillac avec le trésor de Grand Selve. Elle fut la plus grande abbaye du midi de la France. Elle est située dans une contrée agréable et fertile sur la petite rivière de Nadesse, à une lieue et demie ouest de Verdun-sur-garonne et de la rive gauche de la Garonne, et à 6 lieues et demie au nord-ouest de Toulouse ; fondée en 1114, par Géraud de Salles, elle vaudra par la suite environ 16 000 livres de rente à ses abbés commendataires. La taxe en cours de Rome est de 4 000 florins. Elle fut détruite à partir de 1793.

[6] L’archidiocèse de Narbonne est un ancien archidiocèse métropolitain de l’Église catholique en France. Le diocèse de Narbonne est érigé au 4ème siècle. Au 5ème siècle, vers 445, il est élevé au rang d’archidiocèse métropolitain. Dans le cadre de l’éradication de l’hérésie cathare, la partie occidentale du diocèse (Haut-Razès) est érigé en diocèse suffragant le 18 février 1318 par le pape Jean XXII, avec pour siège l’abbaye d’Alet. Au cours des 13ème et 14ème siècles, les archevêques de Narbonne ont élevé 18 châteaux sur leurs terres, dont ceux de Montels et de Capestang. À la suite du Concordat de 1801, le siège archiépiscopal est supprimé et le territoire de l’archidiocèse est partagé entre le diocèse de Carcassonne, qui couvre alors les départements de l’Aude et des Pyrénées-Orientales, et le diocèse de Montpellier, qui couvre alors les départements de l’Hérault et du Tarn.

[7] Le diocèse de Montauban est un diocèse de l’Église catholique en France. Le diocèse est érigé le 11 juillet 1317. Son territoire était jusque-là rattaché pour une part au diocèse de Toulouse et pour le reste au diocèse de Cahors. Ce diocèse fut supprimé en 1790 et créé à nouveau en 1808 par Napoléon à partir de territoires pris aux départements voisins : Lot et Garonne, Lot, Haute Garonne, Aveyron, Gers.

[8] Le diocèse du Puy-en-Velay est un diocèse de l’Église catholique en France. Il est le diocèse historique du Velay.

[9] Le duché de Milan était un État dans le nord de la péninsule italienne de 1395 à 1796. En principe fief du Saint Empire romain germanique, il était initialement de facto indépendant. Il passe cependant sous domination française au début du 16ème siècle puis fait partie des possessions des Habsbourg d’Espagne (1535-1706) puis d’Autriche (1706-1796). Les frontières du duché ont varié au cours des siècles, il couvrait surtout la Lombardie incluant Milan et Pavie, les centres traditionnels du vieux royaume d’Italie. Il se situait au centre de l’Italie du Nord, de chaque côté de la partie médiane de la vallée du Pô, bordé, au nord, par les massifs méridionaux des Alpes, les Alpes lépontines, et, au sud, par les hauteurs occidentales des Apennins, les Alpes apuanes.

[10] Le lieutenant général de province était un personnage, issu souvent de la haute aristocratie, qui représentait le roi dans les provinces du royaume. Son rôle était théoriquement d’assurer la suppléance du gouverneur. En fait, les rois espéraient ainsi que leurs influences se neutraliseraient mutuellement, empêchant ainsi toute tentative de révolte. La charge de lieutenant général devint au 17ème siècle et surtout au 18ème siècle purement honorifique : le titulaire résidait à la Cour et se contentait de toucher les revenus sans effectuer de réel travail. De plus, les rois avaient tendance à nommer les fils successeurs de leur père, ce qui fit que les offices de lieutenant général firent quasiment partie du patrimoine de ces familles aristocratiques. Il ne faut pas confondre l’office de lieutenant général avec celui de « lieutenant de roi ». Le lieutenant de roi était subordonné au lieutenant général et son rôle (par essence le même : représenter le roi dans les provinces) n’était tenu que dans des ressorts beaucoup plus réduits.

[11] Trente est une ville italienne, chef-lieu de la province autonome de Trente et de la région du Trentin-Haut-Adige, dans les Alpes, au nord-est de l’Italie. Trente est située dans la vallée de l’Adige, à 55 km de Bolzano et à 100 km au nord de Vérone. Elle est entourée de montagnes. De 1027 à 1803, la ville est la capitale de la principauté épiscopale de Trente. Mais la ville tire sa célébrité du concile qui s’y tint de 1545 à 1563 dans le presbytère de la cathédrale Saint-Vigile. Celui-ci fut convoqué pour répondre aux menaces du protestantisme sur l’Église catholique. Il en découla le mouvement de la Contre-Réforme.

[12] Dans le système politique du royaume de France, les états généraux du royaume (ou États-Généraux) étaient une assemblée extraordinaire réunissant les trois ordres (les états) de la société : la noblesse, le clergé et le tiers état. Ils étaient convoqués par ordre du roi dans des conditions exceptionnelles (crise politique ou financière, guerre ou question diplomatique majeure). Cette assemblée était, entre autres, seule habilitée à réformer la fiscalité générale ou, dans une moindre mesure, à statuer sur des problèmes dynastiques, en vue de traiter la crise rencontrée. L’institution est créée en 1302 par le roi Philippe le Bel pour donner une apparente légitimité à ses décisions en réaction contre la bulle Ausculta fili. Ils réunissaient au début le clergé, la noblesse et la bourgeoisie des bonnes villes, qui prendra par la suite le titre de troisième état puis de tiers état. Jusqu’en 1484 ils étaient réunis de manière distincte par région de langue d’oïl ou de langue d’oc. Cette assemblée n’avait en revanche aucun rôle législatif ou juridictionnel

[13] Le château de Plessis-lez-Tours est un ancien château royal située sur la commune de La Riche en Indre-et-Loire, près de Tours. Il a été la demeure préférée du roi Louis XI qui y est mort le 30 août 1483. Il resta la résidence et le siège du pouvoir des rois de France sous Charles VIII et Louis XII qui y réunit les états généraux de 1506. C’est le premier bâtiment en brique du Val de Loire, les travaux entrepris sous Charles VII et Louis XI ayant fait appel à des maçons de Béthune. Détruit aux trois quarts, il n’en reste aujourd’hui que l’aile est.

[14] Le traité de Cambrai du 10 décembre 1508 contenait une disposition publique et une disposition secrète. Il ne faut pas le confondre avec la paix de Cambrai de 1529 sous François 1er. La disposition publique prévoyait une alliance durable entre l’empereur Maximilien et le roi de France Louis XII, ouverte au pape, aux rois d’Angleterre, d’Aragon, de Hongrie, dirigée contre les Ottomans. La disposition secrète prévoyait la constitution d’une ligue contre Venise. Les princes confédérés entreraient en campagne le 1er avril 1509. Aucun d’eux n’abandonnerait la guerre sans le consentement de ses alliés ou avant d’avoir repris aux Vénitiens ce que chacun réclamait, soit Ravenne, Cervia, Faenza et Rimini pour le pape Jules II ; Rovereto, Vérone, Padoue, Vicence, Trévise, le Frioul et l’Istrie pour Maximilien ; Brescia, Crémone et Bergame pour Louis XII ; Otrante, Trani, Brindisi et Gallipoli pour Ferdinand II d’Aragon. Le duc de Ferrare le marquis de Mantoue Florence et le roi de Hongrie qui réclamaient eux aussi la restitution de territoires, seraient soutenus dans leurs revendications, à condition de contribuer aux frais et à la guerre. Pour mieux contraindre Venise à rendre ces possessions, le pape pourrait, s’il le fallait, lancer l’interdit sur le territoire vénitien. Au terme de la campagne l’empereur Maximilien accorderait au roi de France une nouvelle investiture pour le duché de Milan, en comprenant tout ce qui aura été repris aux Vénitiens.

[15] Moines de l’ordre mineur de frères laïcs mendiants fondé par saint François d’Assise en 1209, sur les principes rigoureux de l’humilité totale et de la pauvreté extrême. Les franciscains ont une mission de prédication itinérante. Au 13ème siècle, l’ordre se divise, malgré les tentatives de conciliation de saint Bonaventure, entre les adeptes de la règle de pauvreté originelle et les spirituels, qui jugent la mission d’enseignement incompatible avec la misère matérielle. Malgré ces dissensions, et les diverses branches qui en découlent, les franciscains poursuivent une lutte active contre les hérésies et se répandent rapidement au travers de la chrétienté. Les franciscains portent une robe brune avec une corde pour ceinture (ce qui leur a valu le nom de cordeliers), habit des pauvres de leur temps. A la fin du 13ème siècle, il existe déjà 1500 maisons de franciscains. L’ordre franciscain s’est diversifié en trois courants : les frères mineurs, les frères mineurs conventuels et les frères mineurs capucins. Il existe aussi un tiers ordre de laïcs. Les franciscains sont partis en mission dans le monde entier.

[16] L’ordre des Prêcheurs ou des Frères Prêcheurs, plus connu sous le nom d’ordre dominicain, est un ordre catholique né sous l’impulsion de saint Dominique en 1215. Il appartient, comme l’ordre des Frères mineurs ou franciscains, à la catégorie des ordres mendiants. Suivant la règle de saint Augustin, ainsi que ses propres Constitutions, en partie inspirées de celles des prémontrés, il s’est donné pour mission l’apostolat et la contemplation. Les dominicains sont des religieux mais pas des moines : ils ont la particularité de ne prononcer qu’un seul vœu, celui d’obéissance, dans les mains du maître de l’ordre (ou de son représentant), les vœux de pauvreté et de chasteté étant implicitement inclus. Ils ne font, par contre, pas vœu de stabilité comme les moines. Ils vivent dans des couvents et non dans des monastères. Leur vocation étant de prêcher, leurs couvents sont souvent situés dans de grandes villes.

[17] L’ordre de l’Annonciation de la Vierge Marie est un ordre monastique catholique féminin de droit pontifical. Après sa répudiation par Louis XII, Jeanne de Valois a le projet de fonder un ordre religieux dédié à la Vierge Marie, elle parle de son désir à son confesseur, Gabriel-Marie Nicolas, franciscain observant. Il trouve dix jeunes filles qui commencent la vie religieuse, Jeanne compose une règle sous le titre des dix vertus de la Vierge et envoie un exemplaire à saint François de Paule qui l’encourage dans sa fondation. La règle est approuvée par le pape Alexandre VI le 14 février 1501.

[18] L’abbaye de Saint-Évroult est une ancienne abbaye bénédictine construite sur ce qui est aujourd’hui le territoire de la commune de Saint-Évroult-Notre-Dame-du-Bois (Orne), elle est aujourd’hui en ruines

[19] L’abbaye Saint-Pierre de Lagny était une abbaye située dans la commune de Lagny-sur-Marne dans le département de Seine-et-Marne, dissoute par la Révolution. Le monastère primitif, fondé vers 644 par Fursy de Péronne, sur la demande et sur une terre d’Erchinoald. La nouvelle abbaye reçoit rapidement des dons de Clovis II et Bathilde qui lui donne une importance locale. Elle est ruinée par les Normands au 9ème siècle. Herbert II de Troyes et Étienne 1er de Troyes, comtes de Meaux reconstruisent l’abbaye entre 990 et 1018. Lors de sa consécration en 1019, le roi Robert le Pieux fait don d’un clou de la Vraie Croix ; celle-ci est perdue en 1567 lors du pillage de l’abbaye pendant les Guerres de religion. Le monastère passe sous la protection des comtes de Champagne dès 1022 et le fils de Thibaut IV de Blois Hugues en devient abbé en 1163. Vendue comme bien national en 1796, le monastère devient un hôpital militaire puis, à partir de 1842 la Mairie.

[20] Le château de Vigny est un château français, située sur la commune de Vigny (Val-d’Oise). Il a été édifié à partir de 1504 et reconstruit à partir de 1867 dans le style troubadour. En 1504, le cardinal Georges d’Amboise rachète la seigneurie de Vigny et ordonne l’édification d’un nouveau château à l’emplacement de l’ancien manoir seigneurial. Après la mort du cardinal en 1510, son neveu et successeur Georges II d’Amboise continue son œuvre. Cerné par des douves transformées en pièce d’eau plus large au 19ème siècle, le château présente une façade nord d’une composition remarquable avec son pavillon d’entrée cantonné par deux tours flanquantes répondant elles-mêmes à deux autres tours d’angle. Les courtines reliant ces tours sont largement ouvertes par des baies à meneaux. Des mâchicoulis ceinturent le tout et viennent en support des toitures en tabatière et croupes. Ce souci de symétrie et d’ordonnancement est typique de la première Renaissance française. En 1555, le puissant connétable Anne de Montmorency se porte acquéreur de la seigneurie et du château. Au-dessus d’un portail en tiers-point flanqué de deux tours, son blason et la devise des Montmorency, Aplanos, demeure visible. Plus d’un siècle plus tard, Henri de Lévis, 3ème duc de Ventadour, devient le nouveau propriétaire. En 1694, le domaine passe dans la maison de Rohan.

[21] Le couvent des Célestins de Lyon fut fondé en 1407 sur les bords de la Saône, à la suite de la donation de l’ancienne propriété des Templiers par Amédée VIII, comte puis duc de Savoie. À cet emplacement, les religieux édifièrent un couvent et une église, qu’ils utilisèrent jusqu’en 1779. En 1792 il est transformé et devient théâtre des Célestins dans le quartier de Bellecour. C’est l’un des seuls théâtres en France, avec la Comédie-Française et le théâtre de l’Odéon, à fêter plus de 200 ans d’art dramatique