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Caius Sempronius Gracchus

vendredi 18 avril 2014, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 28 juillet 2011).

Caius Sempronius Gracchus (154 av jc-121 av jc)

Questeur en Sardaigne en 126, Tribun de la plèbe en 124

Tiberius et Caius Gracchus, œuvre de Jean-Baptiste Claude Eugène Guillaume (1822-1905)

Frère de Tibérius Sempronius Gracchus, il continua les projets de son frère. Pour diminuer les pouvoirs du Sénat romain et accroître ceux des comices [1] afin de relever la République.

Afin de faire accepter son projet de loi agraire, il commence par s’allouer les faveurs des principaux opposants au Sénat, la plèbe et l’ordre équestre par diverses mesures. “La Lex Sempronia frumentaria” qui prévoit de distribuer un boisseau de blé par mois à prix réduit à tous les citoyens pauvres. “La Lex Calpurnia” qui introduit la parité entre les chevaliers et les sénateurs devant les tribunaux. “Les quaestiones perpetuae ou questions perpétuelles” sont ouvertes aux chevaliers.

Il augmente le nombre de jurés de 300 à 600 membres et introduit 300 chevaliers. De ce fait, l’avantage que détenaient les sénateurs au niveau judiciaire sur les chevaliers n’existe plus.“ La Lex theatralis” sépare les chevaliers des sénateurs dans les théâtres.

Une autre loi leur confère la collecte de l’impôt de la riche province d’Asie. “La Lex sempronia de comitii” modifie les modalités d’élection des comices centuriates. L’ordre de succession des centuries dans le déroulement du vote est dorénavant établi par tirage au sort. Toutes ces mesures tendent à réduire le pouvoir des sénateurs au profit des chevaliers par rapport aux comices.

Il tente dans un second temps de faire passer sa réforme agraire qui s’appuyait sur celle de son frère. La juridiction des triumviirs, supprimée en 129 est rétablie. Les assignations de terre passent de 30 à 200 jugères pour permettre aux citoyens pauvres d’améliorer leurs conditions sociales.

La création de colonies afin de soutenir son projet, 2 en Italie et une à Carthage.

Pour faire accepter sa proposition par le sénat, il permet aux patres d’acquérir des terres qu’ils convoitaient dans le Latium et autour de Tarente et de Capoue.

Cela lui procure une grande popularité et lui permet de se faire réélire tribun de la plèbe en 123. En effet, depuis le vote d’une loi de Caius Papirius Carbo en 125, les tribuns de la plèbe pouvaient être reconduits dans leur fonction sans attendre le délai traditionnel.

Pour lutter contre lui, le Sénat décida de réduire son influence. Il dressa contre lui le tribun Marcus Livius Drusus. Celui-ci proposa alors la création de 12 colonies de 3000 hommes choisis parmi les capite censi [2]. Cette surenchère détourna l’attention du peuple de Caius au profit de Drusus. Grâce à cela, il put faire voter une loi supprimant les vectigales [3], exonérant les grands propriétaires et donc beaucoup de sénateurs.

Il répliqua en proposant la création d’une colonie de 6000 hommes sur le site de Carthage et l’octroi de la citoyenneté romaine complète aux Latins et partielle aux Italiens afin de s’attirer leurs faveurs. Mais ses propositions sont trop avancées pour la Rome de l’époque et, en voulant brûler les étapes, il se brûla les ailes. La création d’une colonie sur le site maudit de Carthage est un sacrilège.

L’attribution de la citoyenneté aux Latins et aux Italiens mord sur un privilège du peuple romain. Ainsi, il perd l’appui d’une partie du peuple qui l’avait soutenu jusqu’alors et aussi celui du consul. Lorsqu’il part superviser la construction de la colonie à Carthage, ses adversaires en profitent pour le discréditer. Lors de l’élection des tribuns pour l’année 122, il n’est pas réélu.

Aussitôt une loi ordonna le démantèlement de la colonie de Carthage.

Caius fit appel de la décision mais échoua. Il tenta alors de faire sécession avec ses partisans comme la plèbe jadis avait fait sécession contre les patriciens au Mont Sacré. Le Sénat répliqua en promulguant un “senatus consultum ultimum” qui autorisait l’élimination de Caius par n’importe quel moyen. Caius et son esclave, s’enfuirent et arrivèrent au bois sacré de Furrina où ils trouvèrent la mort.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de encyclopédie larousse/ personnage/Tiberius Sempronius Gracchus/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 560

Notes

[1] Les comices centuriates sont une assemblée du peuple romain, divisé en groupes censitaires, nommés centuries. Cette assemblée ne peut être convoquée sur le Champ de Mars que par des magistrats dotés de l’imperium. Elle a une vocation initiale militaire pour la constitution des légions et la levée du tributum, et devient sous la République une des assemblées du peuple pour l’élection des magistrats, le vote des propositions de loi et de déclaration de guerre. Son rôle électoral se restreint sous Auguste, puis disparaît.

[2] les citoyens pauvres

[3] redevances de l’ager publicus