Hugues De Payns (vers 1070-1136)
Seigneur de Montigny-Maître de l’Ordre de 1118 à 1136

Il serait né sur la terre de Payens [1], à environ 10 km de Troyes [2]. Il est adoubé chevalier vers 1085, car on le retrouve mentionné dans une charte de cette époque comme Seigneur de Montigny.
Il semble être un seigneur important à la cour du Comte de Champagne [3], car son nom est plusieurs fois cité comme témoin de donations effectuées par Hugues, Comte de Champagne.
Personne ne peut avancer avec certitude si Hugues de Payns a participé ou non à la croisade des Barons [4], mais il semblerait que son nom n’apparaisse plus dans les donations avant le retour des croisés de la 1ère croisade [5].
Il est néanmoins certain qu’il a accompagné le Comte de Champagne lors de son pèlerinage à Jérusalem [6] en 1104.
Il rentre en France l’année suivante et retourne en Terre Sainte en 1114 avec d’autres chevaliers laïcs et surtout avec l’appui du Comte de Champagne.
Avec ses compagnons ils se mettent au service des chanoines [7] du Saint Sépulcre [8] pour défendre et protéger les pèlerins venant se recueillir à Jérusalem. Pour ce faire ils construisent tout d’abord la tour de Destroit [9] sur la route de Césarée [10] à Haiffa [11].
En 1118, ils fondent l’Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ [12], et c’est en 1119, après avoir prononcé leurs vœux monastiques devant le Patriarche de Jérusalem [13] qu’ils prendront le nom de Chevaliers du Temple de Jérusalem ou plus simplement Chevaliers du Temple, les Templiers.
Hugues de Payns sera le premier maître de l’Ordre naissant. En 1127, Baudouin II, roi de Jérusalem [14], et Gromond de Picquigny , le patriarche, décident d’envoyer Hugues de Payns et 5 de ses compagnons en Occident pour y demander de l’aide.
En même temps, Baudouin II envoie une missive à Bernard de Clairvaux afin que celui ci fasse tout pour que l’Ordre soit reconnu et qu’il réfléchisse à la rédaction d’une règle.
Pendant près de 2 années, Hugues de Payns et ses compagnons parcourront la France afin de développer leur milice naissante et d’assurer la production des ressources indispensable au fonctionnement de l’Ordre en Terre Sainte.
Au printemps 1129, Hugues de Payns s’embarque à Marseille [15] avec ses compagnons et nombre de nouveaux chevaliers pour retourner en Terre Sainte.
Il dirigea l’Ordre pendant presque 20 ans, jusqu’à sa mort en 1136, en faisant une importante et influente institution militaire et financière internationale.
Notes
[1] Payns est une commune française, située dans le département de l’Aube en région Champagne-Ardenne.
[2] Troyes est une commune française, située dans le département de l’Aube dont elle est la préfecture. Ce n’est qu’en 524, à la suite de la mort du roi d’Orléans qu’elle rejoint l’Austrasie jusqu’en 558, année où Clotaire 1er est proclamé roi des Francs. En 567, la cité de Troyes est placée dans le royaume de Bourgogne. Entre 592 et 613, elle rejoint à nouveau l’Austrasie. À la mort de Clotaire II en 629, la ville dépend de nouveau de la Bourgogne. La ville est contrôlée et pillée par les Sarrasins d’Espagne en 720. La Vita Sancti Fidoti, abbatis Trecensis, vie de Fidolin, captif libéré par Eventinus, un prêtre de Troyes, semble indiquer qu’à cette époque, on y pratique le commerce des esclaves
[3] Le comté de Champagne et de Brie est issu de la réunion des terres de la dynastie des Thibaldiens, c’est-à-dire la branche issue de Thibaut « le Tricheur » (Thibaud 1er de Blois) : comté de Meaux, comté de Troyes. Le comté de Champagne est rattaché au domaine royal par le mariage de Jeanne de Navarre, comtesse de Champagne, et du dauphin Philippe le Bel en 1284. Le rattachement est rendu définitif par leur fils Louis X le Hutin.
[4] La croisade des barons, nommée aussi croisade de 1239, est une expédition organisée par la noblesse française à la suite de l’appel du pape Grégoire IX visant à protéger Jérusalem. Bien préparée militairement, mal préparée diplomatiquement et dirigée par le comte de Champagne qui manquait de sens politique, elle n’apporta aucun résultat aux croisés. Pour des raisons mal connues, elle n’est pas considérée comme une croisade à part entière. Elle était composée d’une imposante armée, mais les chiffres sont approximatifs et souvent différents.
[5] La première croisade est une croisade qui s’est déroulée de 1096 à 1099 suite, entre autres, au refus intervenu en 1078 des Turcs Seldjoukides de laisser libre comme du temps des Arabes le passage aux pèlerins chrétiens vers Jérusalem. Cette croisade s’achève par la prise de Jérusalem en 1099.
[6] Ville du Proche-Orient que les Israéliens ont érigée en capitale, que les Palestiniens souhaiteraient comme capitale et qui tient une place centrale dans les religions juive, chrétienne et musulmane. La ville s’étend sur 125,1 km². En 130, l’empereur romain Hadrien change le nom de Jérusalem en « AElia Capitolina », (Aelius, nom de famille d’Hadrien ; Capitolina, en hommage au dieu de Rome, Jupiter capitolin) et il refonde la ville. Devenue païenne, elle est la seule agglomération de la Palestine à être interdite aux Juifs jusqu’en 638. Durant plusieurs siècles, elle est simplement appelée Aelia, jusqu’en 325 où Constantin lui redonne son nom. Après la conquête musulmane du calife Omar en 638, elle devient Iliya en arabe, ou Bayt al-Maqdis (« Maison du Sanctuaire »), équivalent du terme hébreu Beit ha-Mikdash (« Maison sainte »), tous deux désignant le Temple de Jérusalem, ou le lieu du voyage et d’ascension de Mahomet, al-Aqsa, où se situait auparavant le temple juif
[7] Un chanoine est un clerc (voire laïc) appartenant à un chapitre ou à une congrégation, et consacré à la prière liturgique au chœur, voire à l’enseignement, à la prédication, au secours des pauvres, au chœur professionnel (le « bas-chœur ») et à la maîtrise, etc. Au haut Moyen Âge, le mot pouvait désigner certains membres du personnel laïc des églises. Aujourd’hui, il existe des chanoines ecclésiastiques (séculiers ou réguliers), des chanoines laïcs et des femmes religieuses régulières (chanoinesses).
[8] L’église du Saint-Sépulcre ou basilique du Saint-Sépulcre, également appelée basilique de la Résurrection est une église chrétienne située dans le quartier chrétien de la Vieille ville de Jérusalem. Cette basilique est vénérée par les Catholiques romains et les orthodoxes qui y vont en pèlerinage depuis le 4ème siècle. Il s’agit d’un sanctuaire englobant selon la tradition le lieu de la crucifixion (le Golgotha), ainsi que la grotte où le corps du Christ fut déposé après sa mort (le Saint-Sépulcre ou tombeau de Jésus). Par inférence, c’est là qu’aurait eu lieu la résurrection. Enjeu symbolique fort, l’église accueille les cultes de plusieurs confessions chrétiennes différentes. Toutes ces communautés y sont protégées par le statu quo sur les lieux saints. Elle est également un des sièges du patriarcat arménien et orthodoxe de Jérusalem.
[9] La tour du Détroit (ou la Tour de Destroit) fut érigée vers 1110 par Hugues de Payns et Godefroy de Saint-Omer entre Haïfa et Césarée pour la sécurité des pèlerins qui allaient à Jérusalem.
[10] Césarée, en Israël, est le nom d’une ville antique et moderne, située sur la côte méditerranéenne à 20 km au sud de la ville de Dor, entre Netanya et Hadera. Les vestiges impressionnants de la ville antique permettent d’admirer les ruines de la capitale royale d’Hérode Ier le Grand, et nombre de monuments d’époque romaine et médiévale des Croisades.
[11] Haïfa est une ville côtière en Israël située sur les bords de la mer Méditerranée. Elle constitue la troisième agglomération la plus peuplée d’Israël après Tel-Aviv et Jérusalem.
[12] Hugues de Payns et Geoffroy de Saint Omer fondent la milice des Pauvres Chevaliers du Christ qui deviendra quelques années plus tard l’Ordre des Templiers afin d’assurer la sécurité de ces mêmes pèlerins. L’ordre religieux militaire des Templiers voit ainsi le jour officiellement en 1118, avec la bénédiction du Pape.
[13] Le Patriarche latin de Jérusalem est l’un des patriarches catholiques orientaux. C’est le titre le plus ancien parmi tous les patriarches catholiques orientaux puisqu’il date de 1099 et le seul de rite latin. En effet, après la prise de Jérusalem par les croisés en 1099, une structure religieuse, le patriarcat latin, est créée à Jérusalem en complément d’une structure temporelle, qui sera le royaume de Jérusalem.
[14] Le royaume de Jérusalem fut fondé par des princes chrétiens à la fin de la première croisade, lorsqu’ils s’emparèrent de la ville. C’est l’un des États latins d’Orient. On peut distinguer plusieurs périodes dans son histoire : celles où le titre de roi de Jérusalem est associé à la mainmise croisée sur la ville (1099-1187 et 1229-1244), et celles où le titre représente le plus haut niveau de suzeraineté des croisés en Terre sainte, mais durant lesquelles la ville en elle-même n’appartient pas aux soldats croisés. Le royaume de Jérusalem fut créé en 1099 après la prise de la ville et ne disparut réellement qu’avec le départ des derniers croisés de Tortose en août 1291, soit moins de deux siècles plus tard.
[15] Marseille est une commune du Sud-Est de la France, chef-lieu du département des Bouches-du-Rhône. Plus ancienne ville de France fondée vers 600 av. jc par des marins et des marchands grecs originaires de Phocée, Marseille est depuis l’Antiquité un important port de commerce et de passage. Marseille se développe à nouveau à partir du 5ème siècle de notre ère. À l’intérieur de la ville, la construction d’une première grande cathédrale marque la puissance de l’évêque, probablement Proculus, qui tient à rivaliser avec Arles. Marseille est pillée par les Sarrasins en 838, des razzias faisant suite à la conquête musulmane de la péninsule Ibérique. D’autres pillages ont eu lieu, par des pirates grecs en 848. En 904, l’abbaye Saint-Victor se voit dotée de la rive sud du port par le roi de Provence Louis l’Aveugle.