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Malik Shah 1er

mercredi 4 mars 2020 (Date de rédaction antérieure : 30 novembre 2011).

Malik Shah 1er (1055-1092)

Sultan seldjoukide de 1072 à 1092

Il accède au trône en 1072 après l’assassinat de son père Alp Arslan, sous la tutelle du vizir [1] Nizam al-Mulk, déjà au service de son père et continuant à gouverner pendant tout son règne. En 1074, il donne, 3 ans à peine après la bataille de Manzikert [2], l’Anatolie [3] à son oncle paternel Soleïman Ibn Qutlumuch à condition que celui-ci reste son vassal. Soleïman achève la conquête d’une grande partie de l’Asie mineure. Il annexe la Transoxiane [4] et supprime les anciennes principautés vassales de haute Mésopotamie [5] et d’Azerbaïdjan [6]. C’est sous son règne que l’empire seldjoukide [7] connaît son apogée puisqu’il règne de la mer Égée au Turkestan [8]. Peu avant sa mort il entre en conflit avec le calife de Bagdad, son gendre  [9], qu’il cherche à faire expulser de la ville.

Il fait travailler le mathématicien, astronome et poète Omar Khayyam, pour qui il édifie un observatoire à Ispahan [10], la capitale. Omar Khayyam entreprend également une réforme du calendrier en 1074.

Nizam al-Mulk finit par tomber en disgrâce. Il s’en émeut et proteste. Fin 1092, Nizam al-Mulk est assassiné. Après sa mort, une guerre civile affaiblit sensiblement la dynastie.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Janine et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l’islam, PUF, 1030 p. (ISBN 978-2-130-54536-1)

Notes

[1] Le mot arabe vizir, désigne un fonctionnaire de haut rang, ayant un rôle de conseiller ou de ministre auprès des dirigeants musulmans (califes, émirs, maliks, padishah ou sultans). Par analogie, mais de façon anachronique, ce terme est aussi utilisé par les historiens pour désigner, dans l’Égypte antique, le second personnage après le pharaon, le tjaty en égyptien.

[2] La bataille de Manzikert eut lieu le 26 août 1071. L’armée byzantine de l’empereur Romain IV Diogène y fut mise en déroute par celle du sultan seldjoukide Alp Arslan près de la ville de Manzikert [ou Mantzikert], actuellement Malazgirt, en Turquie, au nord du lac de Van. Cette défaite fragilisa considérablement l’empire byzantin dans la région.

[3] L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire, mais aujourd’hui elle désigne couramment toute la partie asiatique de la Turquie

[4] La Transoxiane est l’ancien nom d’une partie de l’Asie centrale située au-delà du fleuve Oxus (actuel Amou-Daria). Elle correspond approximativement à l’Ouzbékistan moderne et au sud-ouest du Kazakhstan. Géographiquement, il s’agit de la région située entre les fleuves Oxus et Syr-Daria. L’utilisation de ce terme de nos jours implique généralement que l’on parle de la région à une époque antérieure au 8ème siècle. Cependant le terme est resté en usage parmi les historiens occidentaux plusieurs siècles après.

[5] La Mésopotamie est une région historique du Moyen-Orient située dans le Croissant fertile, entre le Tigre et l’Euphrate. Elle correspond pour sa plus grande part à l’Irak actuel.

[6] Pays du Caucase situé sur la ligne de division entre l’Europe et l’Asie. Sa capitale est Bakou, sa langue officielle est l’azéri et sa monnaie est le manat. Du 7ème au 10ème siècles, la région connaît un essor politique, sous les Sajides, les Chirvanchahs, les Salarides, les Ravvadides et les Cheddadides. Au 12ème siècle, après l’effondrement de l’Empire seldjoukide, les Atabegs d’Azerbaïdjan règnent depuis leur capitale de Nakhitchevan, puis d’Ardabil, et enfin de Tabriz, sur l’Azerbaïdjan iranien actuel et sur l’Arran (l’Azerbaïdjan moderne). Leur territoire est ensuite conquis par le Khwarezmchahs Jalal ad-Din au 13ème siècle, dont l’État succombe ensuite aux Mongols. Au 13ème siècle, l’Empire mongol des Khulaguides est fondé, avec sa capitale à Tabriz.

[7] Les Seldjoukides, sont les membres d’une tribu turcique qui a émigré du Turkestan vers le Proche-Orient avant de régner sur l’Iran, puis sur un vaste domaine comprenant l’Irak actuel, et l’Asie Mineure, entre le milieu du 11ème siècle et la fin du 12ème siècle.

[8] Le Turkestan est l’ancien nom donné à une région d’Asie centrale délimitée au nord par les steppes du Kazakhstan et le massif de l’Altaï, à l’est par la Mongolie et la Chine, au sud par l’Inde, le Pakistan, l’Afghanistan et l’Iran, enfin à l’ouest par la mer Caspienne.

[9] Al-Muqtadi

[10] Ispahan est une ville d’Iran, capitale de la province d’Ispahan. Elle est située à 340 kilomètres au sud de Téhéran, au croisement de deux voies importantes reliant l’Ouest à l’Est et le Nord au Sud du pays. Ispahan a été capitale de l’empire perse sous la dynastie des Séfévides entre le 16ème siècle et le 18ème siècle. La ville est bien irriguée et sa verdure offre un contraste bien particulier avec les étendues désertiques qui l’entourent. Les travaux entrepris sous le chah Abbas faisant d’Ispahan une vitrine de l’architecture et de l’art séfévide extrêmement raffiné, ainsi que les nombreux monuments islamiques construits entre le 11ème et le 19ème siècle, font d’Ispahan un des joyaux du Moyen-Orient.