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L’histoire pour le plaisir

Tang Suzong

jeudi 2 novembre 2023, par lucien jallamion

Tang Suzong (711-762)

Onzième empereur de la dynastie Tang de 756 à 762

Succédant dans des circonstances dramatiques à son père Tang Xuanzong qui abdiqua en sa faveur à la suite de la rébellion du général An Lushan et la pendaison de la favorite Yang Guifei .

La révolte d’An Lushan éclata vers la fin de l’année 755. Le général s’était alors réfugié dans sa province militaire, le Hebei [1], où il disposait d’importantes troupes. Il réussit à s’emparer de Luoyang [2], et se proclama empereur d’une nouvelle dynastie, celle des Yan. Puis il conduisit une attaque en direction de Chang’an [3], qui fut stoppée dans la passe de Tong par les troupes impériales conduites par le général Guo Ziyi , l’un des plus puissants gouverneurs militaires.

Le ministre Yang Guozong commença alors à redouter ce dernier, et convainquit l’empereur Xuanzong de conduire une offensive contre An Lushan.

Celle-ci fut catastrophique pour les Tang [4], et cela incita Yang Guozong à organiser la fuite de l’empereur dans le Sichuan [5], région bien protégée des offensives extérieures, d’où sa famille était originaire, pendant que An Lushan pouvait investir Chang’an.

Cependant, durant cet exil, la garde impériale se révolta, exécuta Yang Guozong puis sa sœur la concubine Yang Guifei, à qui ils imputaient les malheurs de l’empire, le tout devant un Xuanzong impuissant. Une fois dans le Sichuan, l’empereur fut démis par son fils Suzong.

Il s’allia aux Ouïghours [6] contre un lourd tribut. Ceux-ci détachèrent 4 000 cavaliers pour le soutenir. Avec leur appui, le général Guo Ziyi parvint à reprendre Chang’an puis Luoyang à la fin de l’année 757.

Les Tang arrêtèrent alors de payer les troupes ouïghours, qui repartirent. Les généraux loyalistes échouèrent à remporter une victoire décisive contre les rebelles en raison d’une tempête de sable qui reporta la bataille, et chacun retourna dans ses bases respectives, laissant le conflit en suspens. Cela offrit donc un répit aux insurgés : An Qingxu fut assassiné par un de ses lieutenants, le turc Shi Shiming, qui s’établit dans le Hebei et se proclama à son tour empereur de la dynastie Yan.

Celui-ci fut assassiné en 761 par son propre fils Shi Chaouyu. Pour en finir, les Tang firent à nouveau appel aux Ouïghours, à qui ils livrèrent Luoyang avec la possibilité de la piller pour payer leurs services. Cela eut au moins pour effet d’affaiblir définitivement les rebelles. L’année suivante, Shi Chaoyu se suicidait, mettant fin à la période de troubles initiés par le soulèvement d’An Lushan.

La rébellion avait considérablement affaibli l’autorité des empereurs Tang et les alliés ouïghours, conscients d’être indispensables, se conduisaient en maîtres dans la capitale Chang’an, et la Chine fut leur tributaire pendant plusieurs décennies.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Patricia Buckley Ebrey, Anne Walthall et James B. Palais, East Asia : A Cultural, Social, and Political History, Boston, Houghton Mifflin, 2006, 382 p. (ISBN 0-618-13384-4)

Notes

[1] Le Hebei est une province située à l’est de la Chine. Cette province, avec Pékin et Tianjin, est un démembrement de l’ancienne province du Zhili depuis la dynastie Yuan. Sous les Ming, elle portait le nom de Beizhili du Nord, par opposition au « territoire méridional » (Nanzhili) formé par les provinces actuelles de Jiangsu et d’Anhui du Sud.

[2] Luoyang, ou Loyang est une ville-préfecture de la province du Henan en Chine. On y parle le dialecte de Luoyang du mandarin zhongyuan. Située sur le Fleuve Jaune, c’est l’une des quatre capitales historiques de la Chine.

[3] Xi’an est la capitale de la province du Shaanxi en Chine. Elle a le statut de ville sous provinciale. Cette ville, qui a une histoire de plus de 3 100 ans, a été la capitale de la Chine et se nommait alors Chang’an. L’actuelle Xi’an se classe dans les dix plus grandes villes chinoises.

[4] La dynastie Tang est une dynastie chinoise précédée par la dynastie Sui (581-618) et suivie par la période des Cinq Dynasties et des Dix Royaumes. Elle a été fondée par la famille Li, qui prit le pouvoir durant le déclin et la chute de l’empire Sui. Venant après une longue période de division de la Chine qui dura de 220 à 581, à laquelle l’éphémère dynastie Sui avait mis fin, les premiers empereurs de cette dynastie eurent d’abord pour tâche de stabiliser l’empire récemment réunifié, et de lui redonner la puissance qu’avait eue la Chine à l’époque des Han. Ils firent rapidement mieux que ces derniers dans le domaine des conquêtes extérieures.

[5] Le Sichuan est une province de la république populaire de Chine, située dans la région sud-ouest du pays, dont le chef-lieu est Chengdu.

[6] Les Ouïghours constituent aujourd’hui la plus importante des minorités nationales reconnues de la Région autonome ouïghoure du Xinjiang de Chine, que les Ouïghours appellent le Turkestan oriental. Les Ouïghours, peuple de langue turque dont le nom signifierait « alliance, unité », habitent traditionnellement en Asie centrale, dans les oasis du Taklamakan, les bassins de Turfan et de la Dzoungarie et dans une partie du Ferghana. L’Empire ouïghour de Mongolie et les royaumes qui lui ont succédé en Asie centrale ont connu une brillante civilisation, jusqu’à leur absorption dans l’Empire mongol au 13ème siècle.