Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Horemheb

vendredi 17 septembre 2021, par ljallamion

Horemheb

Dernier pharaon de la XVIIIème dynastie

Manéthon le nomme Horus ou Armaîs selon les historiens qui nous ont transmis ses textes.

Originaire de Hout Nesout [1] en Moyenne Égypte [2], non loin d’Amarna [3] et d’Hermopolis Magna [4], Horemheb n’est pas d’origine royale. Il est probablement issu d’une famille noble du nome du “Faucon aux ailes déployées” ou est d’origine plus modeste.

Il appartient de manière sûre à la caste des militaires au moment où il apparaît dans les textes officiels qui témoignent de cette période de transition entre les deux grandes dynasties du Nouvel Empire.

Horemheb va avoir une ascension formidable à la cour royale d’un pays qui souffre des bouleversements induits par la réforme religieuse atonienne [5].

C’est notamment pendant le règne de Toutânkhamon que cette ascension se réalise. Devenu le premier homme de l’État après Pharaon, il accède au trône au moment où la dynastie des thoutmôsides s’éteint.

Son règne marque deux fins, celle de la XVIIIème dynastie et celle de la période amarnienne [6].

Il fait la transition entre deux périodes majeures du Nouvel Empire, et symbolise la prise du pouvoir royal par la classe des militaires du pays, devenue de plus en plus puissante dans une Égypte qui contrôlait alors un vaste empire et représentait l’une des principales puissances internationales de la région.

Les parents d’Horemheb restent à ce jour inconnus, faute de document éclairant précisément ses origines. Les inscriptions et sources qui précèdent le règne d’Horemheb ne sont pas prolixes concernant sa famille.

Le texte principal qui décrit de manière synthétique sa carrière avant son accession au trône d’Horus, est le texte du couronnement qui se trouve au verso du groupe statuaire représentant le roi en compagnie de la reine Moutnedjemet .

Dans ce texte officiel certains des titres du dignitaire qu’il était alors sont cités. Parmi ces derniers on trouve celui de chef des prophètes d’Horus de Hout Nésout, cité dont sa famille est originaire.

Il semble que la carrière d’Horemheb à la cour des derniers descendants de la famille régnante, ait débuté sous le règne d’Akhenaton et que son ascension ait été par la suite rapide.

Quoi qu’il en soit les sources contemporaines attestent qu’il était au début de sa carrière un scribe [7] royal. Cadre militaire et officier de l’armée du roi, son influence politique est déjà bien développée sous le règne de Toutânkhamon, dont il devient le conseiller et secrétaire particulier.

Il est ensuite nommé à la fonction prestigieuse de député du roi sur toute la terre, soit de porte-parole du roi en Égypte et dans toutes les terres étrangères, rôle apparenté à celui de ministre des affaires étrangères. Il est alors à la tête de l’armée, portant les titres de Supérieur des généraux du Seigneur des Deux-Terres et Généralissime, charges les plus élevées de l’administration militaire du pays.

En tant que tel, représentant le roi à l’extérieur des frontières de l’Égypte, il est engagé dans une confrontation assez importante avec les Hittites, qui se termina par une défaite à Amqa, non loin de Kadesh [8]. En Nubie [9] il conduit personnellement une mission diplomatique, son action aura pour résultat la visite officielle du prince de Miam* à la cour de Toutânkhamon. Cette visite officielle accompagnée de riches tributs est conduite par le vice-roi de Nubie, le fils royal de Koush [10] Houy, qui fera représenter la scène dans son tombeau de Thèbes [11].

Les reliefs contemporains de cette époque, montrent alors les défilés des prisonniers des régions reconquises. Ils sont amenés en captivité avec leurs biens et leurs familles à la cour du roi.

Outre ce rôle de premier ambassadeur du roi et de chef de l’administration militaire, il organise également des expéditions dans les carrières en tant que scribe des recrues et de supérieur des recrues du Maître des Deux-Terres. Ces expéditions demandaient une organisation rigoureuse et une main d’œuvre nombreuse que l’armée en temps de paix fournissait en grande partie, en plus de son rôle classique de sécurisation des longs cortèges qui se déplaçaient ainsi dans des contrées souvent inhospitalières et parfois fréquentées par des bandes de nomades. Ces derniers menaçaient sans cesse les routes et les mines. Or, pour les besoins du programme architectural de Toutânkhamon, il est certain qu’un grand nombre de matériaux de construction a été nécessaire. Partout en Égypte les temples, autrefois fermés sur ordre d’Akhenaton, nécessitaient d’être restaurés, un grand nombre d’entre eux ayant été détériorés par manque d’entretien.

Horemheb reçoit ensuite à Memphis [12] le titre de prince repâ [13] qui le place à la tête du gouvernement du pays devant les vizirs.

Ses principaux titres illustrent le haut degré de sa place auprès du roi. On retiendra notamment ceux de prince héréditaire de Haute et Basse Égypte et comte, compagnon unique du roi, le premier devant les courtisans du roi, flabellifère à la droite du roi, celui qui est choisi par le roi dans toute la Haute et Basse Égypte pour assurer le gouvernement des Deux Rives.

Il aide avec dynamisme à l’œuvre de réforme de Toutânkhamon. Plus proche confident du roi, il a certainement influencé sa politique intérieure dont l’acte principal est le retour à l’orthodoxie religieuse et l’abandon définitif de la capitale d’Akhenaton. La capitale royale est transférée à nouveau à Thèbes, tandis que la cour s’installe avec le souverain et sa reine à Memphis. Il entreprend la réorganisation totale du pays et y refait régner l’ordre en améliorant les conditions de vie du peuple, alors dans une très grande misère.

C’est pendant cette période qu’Horemheb se fait édifier à Saqqarah [14] un très grand et très somptueux monument funéraire qui retrace les grands évènements de sa carrière et illustre à grand renfort de détails le prestige du personnage qui devient rapidement l’homme providentiel qui saura préserver le pays des menaces externes et des troubles internes.

Des statues représentant Horemheb ainsi que sa première épouse Amenye y ont été retrouvées. L’une de ces statues, aujourd’hui exposée au British Museum, a récemment pu être identifiée grâce à la découverte sur place d’un morceau des mains enlacées des deux époux. Une autre a été retrouvée non loin de son emplacement d’origine au cours des mêmes fouilles.

Ce monument entièrement dédié à la gloire de l’officier du roi est un élément précieux pour les égyptologues pour connaître l’organisation de la cour royale et de l’armée égyptienne à la fin de la XVIIIème dynastie. À en juger par la qualité de l’édifice et de l’exécution de sa décoration, nul doute qu’Horemheb occupait alors auprès du souverain la place de favori.

À la mort du jeune roi, à la suite probablement de l’épisode de la trahison de la reine Ânkhésenamon qui aurait fait appel au souverain hittite pour qu’il lui donne un époux digne de son rang pour régner sur le pays, Horemheb, en tant que général en chef des armées du roi, est probablement chargé de repousser les Hittites qui violent la frontière ainsi que le traité de paix qui liait les deux empires depuis le règne d’Amenhotep III.

La couronne est alors ceinte par un autre ministre du roi, Aÿ , dont l’influence à la cour devait certainement être aussi étendue que celle d’Horemheb et représentait en tout cas une sérieuse concurrence. Il ne régnera que 4 années et c’est alors qu’Horemheb, évinçant le fils d’Aÿ, monte sur le trône d’Horus.

À la mort, sans doute prématurée, du jeune pharaon, c’est Aÿ qui succède au trône, dernier représentant d’une dynastie dont il n’est même pas le descendant. Ce faisant, il facilite sans doute l’arrivée sur le trône d’Horus d’Horemheb qui le ravit au fils d’Aÿ, Nakhtmin avec l’aide des prêtres d’Amon [15], pressés d’effacer les dernières traces d’une période néfaste pour le culte de leur dieu.

Entretemps, le général est occupé à maintenir les frontières orientales de l’empire. À la suite du décès de Toutânkhamon, mort sans descendance, des troubles éclatèrent pour choisir le nouveau roi.

Le roi Aÿ meurt et Horemheb manœuvre pour écarter du trône son fils Nakhtmin, qui disparaît sans laisser de traces.

Le sacre du nouveau pharaon se fait dans le temple d’Amon de Karnak [16]. Le texte de cet avènement déjà cité est donc parvenu jusqu’à nous, mettant en scène les dieux qui adoubent le général et le placent sur le trône.

La durée du règne d’Horemheb reste à ce jour discutée. En raison du peu de documents datés mis au jour jusqu’à présent cette appréciation varie dans les différentes études et analyses de la fin de la XVIIIème dynastie.

D’une manière générale, son règne est situé aux alentours de 1323 à 1295 av. jc, et la durée de son règne est estimée à 27 ans bien que certaines dates relevées sur des monuments ou des documents du règne suggèrent une durée bien plus élevée.

Quelle que soit la durée du règne, Horemheb apparaît néanmoins comme le restaurateur de l’ordre établi, tel que l’indique sa titulature royale. Il maintient le rôle absolu de pharaon se posant en digne héritier des plus grands souverains de la dynastie. Dans les échanges diplomatiques avec les principautés du Moyen-Orient, ses correspondants l’appellent Mon Soleil, titre déjà porté par Amenhotep III et qui traduit la volonté royale de donner à cet immense empire une unité de gouvernement et de foi.

Il reprend à son compte la politique de restauration initiée par Toutânkhamon et la développe au moyen de décrets qu’il fait figurer sur de grandes stèles érigées dans les principaux temples du pays. Il rend public le programme de son règne, notamment dans un édit figurant sur une stèle qui a été retrouvée au pied du Xème pylône du temple d’Amon-Rê de Karnak, stèle dite du rétablissement, vraisemblablement usurpée à Toutânkhamon. Pour défendre et protéger le peuple contre les vols, la corruption et le pouvoir des fonctionnaires, il instaure une série de mesures répressives avec des châtiments immédiats.

À Memphis, au cours de son règne survient la mort du dieu Apis [17], incarnation vivante du dieu Ptah . Poursuivant la tradition, il lui fait édifier un tombeau dans la nécropole de la cité. Les funérailles du dieu sont organisées en grande pompe et avec luxe, la momie du taureau étant accompagnée de quatre grands vases canopes en albâtre et de toute une collection d’ouchebti [18]. Bien que ce fait soit un acte officiel du règne, il n’est cependant pas daté.

Les cultes des anciens dieux sont rétablis et les temples à nouveau ouverts voire restaurés, reconstruits. Ces fondations cultuelles reçoivent de nouvelles terres et les phyles sont reconstituées. Par cette action, le roi desserre l’étau d’une centralisation trop renforcée sous les règnes précédents. Horemheb place alors de nouveaux hommes aux postes stratégiques des principales institutions et opère ainsi à une décentralisation des biens fonciers.

Il réorganise ainsi l’administration, les tribunaux, le Trésor, fixe de nouvelles taxes et confirme dans leur fonction le vizir de Haute Égypte, qui réside à Thèbes et celui de Basse Égypte, qui gouverne depuis Memphis.

À ces postes clefs du gouvernement du pays, le roi place des hommes de confiance issus, comme lui, de l’armée. Le plus célèbre d’entre eux, le vizir de Basse Égypte, Pa-Ramessou le futur Ramsès 1er , sera appelé plus tard à un brillant avenir, étant désigné à la fin du règne comme prince héréditaire tout comme Horemheb avant lui l’avait été sous le règne de Toutânkhamon. Le vizir de Haute Égypte pourrait quant à lui être le fils aîné de Pa-Ramessou, le général Séthi le futur Séthi Ier . Ces deux ministres représentent le roi et son autorité sur tout le territoire contenu dans les frontières classiques du pays.

Sous son règne, Thèbes redevient le centre de l’attention religieuse du pays, recouvrant peu à peu sa gloire éclipsée par l’expérience religieuse d’Akhenaton. L’ordre du roi d’en effacer les moindres traces est tout particulièrement suivi dans la grande cité du dieu Amon, comme l’attestent les innombrables blocs de pierres issus de cette démolition, les talatates [19], dont les architectes du roi se serviront comme matériau de remplissage des murs et pylônes des édifices royaux. Partout où l’histoire récente du pays comportait les cicatrices de cette période considérée comme néfaste, les architectes et artisans du roi interviennent sous la direction des proches mêmes du roi.

Cette politique efficace de gestion des ressources et de contrôle des biens et marchandises favorise le commerce et les richesses affluent à nouveau dans le pays, permettant de financer les grands projets du règne. De son activité de bâtisseur royal on trouve son intervention depuis le delta du Nil jusqu’en Nubie.

Sans fils légitime, il nomme comme successeur son homme de confiance le vizir et général en chef Pa-Ramassou.

Quoi qu’il en soit, le prince héréditaire et ami unique du roi sera couronné sous le nom de Ramsès 1er. Le pouvoir passe des pharaons civils aux pharaons militaires, c’est-à-dire issus du corps des généraux.

Au contraire de ses prédécesseurs immédiats, la mémoire d’Horemheb sera honorée pendant les débuts de la dynastie suivante.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Madeleine Della Monica, Horemheb général pharaon, Paris, Maisonneuve & Larose, 2001 (ISBN 2-7068-1468-3)

Notes

[1] Hout Nesout est une ville de l’Égypte antique, capitale du XVIIIème nome de Haute Égypte connue pour être la patrie d’origine du général Horemheb, le fondateur de la XIXème dynastie, né roturier mais devenu pharaon à l’occasion de l’extinction de la dynastie précédente. La ville a été localisée sur l’actuel Kôm el-Ahmar Saouris, à 5 kilomètres au sud de Chârûnah.

[2] La Moyenne Égypte est la région centrale de l’Égypte. La Moyenne Égypte est le nom moderne de la partie de l’Égypte des deux côtés du Nil, qui s’étend, approximativement et du Sud au Nord, depuis la ville actuelle de Qena (Dendérah), et des environs d’Assiout, jusqu’au sud du Fayoum, et la ville de Beni Suef.

[3] Amarna (Tell el-Amarna ou el-Amarna) est le site archéologique d’Akhetaton, la capitale construite par le pharaon Akhénaton aux alentours de 1360 av. jc.

[4] Hermopolis Magna était la capitale du 15e nome de Haute Égypte, le nome du Lièvre ou de la Hase. Mais elle se situe en Moyenne Égypte à 300 km au sud du Caire, aux confins de la Thébaïde, loin du Nil, près du canal nommé aujourd’hui Bahr-el-Yousouf. Elle est identifiée avec la ville moderne d’El-Ashmounein, qui est un dérivé de son nom copte, dans le gouvernorat d’Al-Minya.

[5] Le culte d’Aton, considéré comme le premier monothéisme attesté du monde par certains, ce qui est contesté par d’autres, pour qui il s’agirait plutôt d’un hénothéisme ou d’une monolâtrie, aura duré environ 18 ans. On attribue souvent cette révolution culturelle et religieuse au seul Akhenaton, mais il semble qu’il n’ait fait qu’imposer une tendance née durant le règne de son père, Amenhotep III.

[6] La période amarnienne désigne la période durant laquelle le pharaon Akhénaton régna dans sa nouvelle capitale, Akhetaton. Le nom arabe du site est Amarna, d’où l’adjectif amarnien, ienne. Sur le plan religieux, cette période fut marquée par un ensemble de réformes uniques dans l’histoire de l’Égypte ancienne : « le roi hérétique » proclama la suprématie du dieu solaire Aton, ferma les temples du dieu thébain Amon, interdit le culte des dieux traditionnels et confisqua les biens du clergé au profit de l’État.

[7] Le scribe désigne dans l’Égypte antique un fonctionnaire lettré, éduqué dans l’art de l’écriture et de l’arithmétique. Omniprésent comme administrateur, comptable, littérateur ou écrivain public, il fait fonctionner l’État de Pharaon au sein de sa bureaucratie, de son armée ou de ses temples. Le scribe royal domine l’administration centrale. Les scribes supérieurs font partie de la cour de pharaon, ils ne paient pas d’impôts et n’ont pas d’obligations militaires.

[8] Qadesh ou Kadesh est une ville de la Syrie antique. Elle correspond au site actuel de Tell Nebi Mend, situé à 24 km au sud-ouest d’Homs, en amont du lac Qattina ou lac de Homs, sur la rive ouest de l’Oronte à proximité de la frontière libanaise. Elle fut le lieu de batailles dont la plus célèbre, qui eut lieu au début du 13ème siècle avant notre ère, opposa deux grandes puissances de l’époque : les armées de l’empire hittite menées par Muwatalli II et de l’Égypte menées par Ramsès II.

[9] La Nubie est aujourd’hui une région du nord du Soudan et du sud de l’Égypte, longeant le Nil. Dans l’Antiquité, la Nubie était un royaume indépendant dont les habitants parlaient des dialectes apparentés aux langues couchitiques. Le birgid, un dialecte particulier, était parlé jusqu’au début des années 1970 au nord du Nyala au Soudan, dans le Darfour. L’ancien nubien était utilisé dans la plupart des textes religieux entre les 8ème et 9ème siècles.

[10] Le Fils Royal de Koush ou vice-roi de Nubie, est une des fonctions les plus importantes de l’administration royale de l’Égypte du Nouvel Empire soit la troisième après celles des vizirs de Basse et de Haute Égypte. Cette fonction apparaît avec l’annexion de cette région par les pharaons de la XVIIIème dynastie. Parfois attribué à un membre de la famille royale, ce poste qui s’apparente à celui de gouverneur d’une province ou de préfet de région était étroitement lié à l’armée.

[11] Thèbes (aujourd’hui Louxor) est le nom grec de la ville d’Égypte antique Ouaset (« Le sceptre » ou « La Puissante »), appartenant au quatrième nome de Haute Égypte. D’abord obscure capitale de province, elle prend une importance nationale à partir de la XIème dynastie. Elle est en effet la ville d’origine des dynastes de la famille des Antef, qui fondent la XIème dynastie avec Montouhotep 1er et Montouhotep II, liquidateurs de la Première Période Intermédiaire et rassembleurs des Deux Terres, c’est-à-dire de la Haute Égypte et de la Basse Égypte.

[12] Memphis est à l’origine le nom de Memphis, princesse de la mythologie grecque, qui aurait fondé une ville en Égypte à laquelle elle aurait donné son nom. Memphis était la capitale du premier nome de Basse Égypte, le nome de la Muraille blanche. Ses vestiges se situent près des villes de Mit-Rahineh et d’Helwan, au sud du Caire.

[13] c’est-à-dire de « prince royal », titre honorifique

[14] Saqqarah est une vaste nécropole de la région de Memphis. Elle connaît une occupation ininterrompue tout au long de l’histoire de l’Égypte antique : de ce fait, tombes royales et sépultures plus modestes se côtoient et présentent de nombreux témoignages sur la vie quotidienne de l’Égypte ancienne.

[15] Le grand prêtre d’Amon est le plus haut rang de prêtre dans le sacerdoce du dieu Amon. Les premiers grands prêtres d’Amon apparaissent au début de la XVIIIe dynastie. Le sacerdoce d’Amon augmente en puissance au cours de cette dynastie par l’importance des hommages au dieu Amon d’Hatchepsout et surtout Thoutmôsis III.

[16] Le complexe religieux de Karnak abusivement appelé temple de Karnak ou tout simplement Karnak comprend un vaste ensemble de ruines de temples, chapelles, pylônes, et d’autres bâtiments situés au nord de Thèbes, aujourd’hui la ville de Louxor, en Égypte, sur la rive droite du Nil. Le complexe de Karnak, reconstruit et développé pendant plus de 2 000 ans par les pharaons successifs, de Sésostris 1er au Moyen Empire à l’époque ptolémaïque, s’étend sur plus de deux km², et est composé de trois enceintes. Il est le plus grand complexe religieux de toute l’Antiquité. Temple le plus important de la XVIIIème dynastie, il était consacré à la triade thébaine avec à sa tête le dieu Amon-Rê. Le complexe était relié au temple de Louxor par une allée de sphinx de près de trois kilomètres de long.

[17] Apis est le nom grec d’un taureau sacré de la mythologie égyptienne vénéré dès l’époque préhistorique. Les premières traces de son culte sont représentées sur des gravures rupestres, il est ensuite mentionné dans les textes des pyramides de l’Ancien Empire et son culte perdura jusqu’à l’époque romaine. Apis est symbole de fertilité, de puissance sexuelle et de force physique.

[18] Les ouchebtis (ou « chaouabtis ») sont des statuettes funéraires qui forment une partie importante du mobilier funéraire égyptien. Ces statuettes représentent les serviteurs funéraires qui devaient répondre à l’appel d’Osiris et remplacer le mort dans les travaux des champs de l’au-delà. Suivant le statut social du défunt, les statuettes funéraires sont en terre cuite, en pierre, en bronze, en bois ou en terre émaillée, verte ou bleue et représentent le défunt, soit en position osiriaque (momiforme), soit vêtu du vêtement qu’il portait dans la vie de tous les jours. Les ouchebtis sont souvent munis d’instruments aratoires pour travailler la terre. Les statuettes funéraires étaient placées dans la tombe en grand nombre

[19] Une talatate c’est-à-dire un bloc de « trois » (en arabe talata) fois la largeur de la main, est une pierre de construction en grès, typique de la période amarnienne. Les talatates furent utilisées pour l’édification du temple d’Aton à Karnak et des monuments d’Amarna. Une talatate mesure idéalement une coudée royale de longueur sur ½ coudée de largeur et ½ coudée de hauteur. Appelée aussi grande coudée, par opposition à la petite coudée de 45 cm environ, la coudée royale correspond à 52,3 - 52,6 cm. Avec leurs dimensions modestes et un poids d’environ 50 kg, ces blocs de pierre standardisés de petites dimensions pouvaient être transportés sur le dos d’un ou deux hommes.