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L’histoire pour le plaisir

Violante-Béatrice de Bavière

mardi 23 mars 2021, par lucien jallamion

Violante-Béatrice de Bavière (1673-1731)

Fille de l’électeur Ferdinand-Marie de Bavière et d’ Henriette-Adélaïde de Savoie .

Elle avait épousé par procuration, le 25 novembre 1688 Ferdinand de Médicis, prince de Florence, grand-duc héritier de Toscane [1] et fut, de 1717 jusqu’à sa mort en 1731, gouvernante de Sienne [2].

Ayant perdu très tôt ses parents, Violante-Béatrice fut élevée à Munich [3] sous la tutelle de son frère aîné Maximilien Emmanuel II de Bavière, devenu duc-électeur à l’âge de 19 ans en 1679.

Elle fut éduquée dans une institution religieuse. Elle était fort intéressée et douée pour les arts, écrivait des pièces de théâtre, jouait du clavecin et de la flûte, parlait et écrivait parfaitement six langues.

Le grand-duc de Toscane, Cosme III de Médicis, voulait s’émanciper de la tutelle impériale et, pour ce faire, recherchait l’alliance de la France, alors première puissance mondiale. Après un mariage désastreux avec une princesse Française, Marguerite-Louise d’Orléans , ce prince désirait pour son fils aîné, le prince de Florence, une princesse issue d’une maison alliée au roi de France Louis XIV . Il se disait également qu’une princesse Allemande serait plus sérieuse qu’une princesse Française.

Ainsi la fille du premier prince électeur de l’empire semblait-elle toute désignée pour remplir la fonction de princesse de Florence. La jeune fille arriva dans une Toscane en décadence, gouverné par un grand-duc bigot que sa femme, une princesse Française Marguerite-Louise d’Orléans avait délaissé pour s’en retourner dans son pays en 1675.

Après son mariage avec Ferdinand de Médicis, prince de Florence, qui à l’instar de sa mère se révélait mélomane et mécène, aimant les fêtes et les jeux voire la débauche où il contracta la maladie qui l’emporta, elle remplit les fonctions de première dame du Grand-Duché de Toscane mais une longue maladie la rendit infertile si bien que le couple resta sans enfants.

Après la mort du prince de Florence en 1713, Violante-Béatrice perdit sa position prééminente, en tant que veuve sans enfants de feu le prince héritier. Un retour à la cour de son frère l’Électeur Maximilien II se révéla difficile à envisager compte tenu des combats de la Guerre de Succession d’Espagne [4]. Finalement, son beau-père Cosme III, qui lui accordait une totale confiance, lui accorda la gouvernance de la ville de Sienne en 1717.

En tant que gouvernante de Sienne, elle était principalement chargée du développement et des rayonnements culturels et économiques de la cité. Elle prescrivit l’inscription des participants au Palio [5] suivant leur quartier de résidence. Elle interdit la pratique de la castration des jeunes chanteurs qui furent remplacés par des cantatrices. Elle entretint également d’excellentes et fructueuses relations avec le Saint-siège et fut honorée par le légat du Pape [6] de la très rare distinction de la Rose d’or [7].

Cosme III s’était éteint en 1723, c’est son fils cadet Jean-Gaston de Médicis qui lui succéda. Celui-ci mal marié à une princesse également allemande se réfugiait dans la plus vile débauche. Lui non plus n’avait pas d’enfant et le problème de la succession toscane devenait aigu. Il reconnaissait néanmoins les mérites de sa belle-sœur et la confirma dans sa fonction de gouvernante.

La gouvernante connut des problèmes de santé à partir de 1730 et elle décéda le 29 mai 1731 âgée de 57 ans.

Dans son testament, outre son héritier principal, son neveu Ferdinand-Marie-Innocent de Bavière , qui hérita d’abbayes, d’églises et d’orphelinats en Bavière et en Italie, elle nomma aussi tous les membres de sa cour qui reçurent leur salaire pour les 20 années suivantes.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Violante-Béatrice de Bavière/ Portail du xviiie siècle/ Catégories : Maison de Wittelsbach/ Histoire de la Toscane

Notes

[1] La Toscane dirigée d’abord par des margraves et des marquis au 9ème et 10ème siècles, devint un ensemble de Cité États à statut républicain oligarchique. Au 15ème siècle, avec Cosme de Médicis, elle est progressivement réunifiée dans une seule entité politique et passe entre les mains de la famille des Médicis, l’une des plus puissantes durant la Renaissance. Cette famille a gouverné la Toscane du 15ème au 18ème siècle. Le Grand-duché de Toscane est fondé officiellement au début du 16ème siècle, lorsque Cosme de Médicis (1519-1574) reçoit le titre de Duc puis de Grand-Duc. Le Grand-duché disparaît en 1801, lorsque Napoléon Bonaparte, le transforme en royaume d’Étrurie. Cependant, le titre de grand-duc de Toscane perdure et est toujours porté par une branche cadette de la famille de Habsbourg Lorraine.

[2] Sienne se situe au centre d’une zone collinaire, entre les vallons de l’Arbia au sud, de la Merse au sud-ouest et de l’Elsa au nord, avec les collines du Chianti au nord-est, la Montagnola à l’ouest et les Crete Senesi au sud-est. La place en « coquillage » est le point d’intersection des trois collines qui forment Sienne.

[3] Munich est une ville du sud de l’Allemagne et la capitale du Land de Bavière. En 1632, durant la guerre de Trente Ans, la ville tombe aux mains de Gustave II Adolphe de Suède. Et en 1634, la peste lui fait perdre les deux tiers de sa population. Entre 1651 et 1679, sous le règne de l’électeur Ferdinand-Marie de Bavière et grâce à sa femme Henriette-Adélaïde de Savoie, Munich s’enrichit de monuments de style baroque italien (Église des Théatins, château de Nymphenburg...) En 1705, pendant la guerre de Succession d’Espagne, l’électeur Maximilien II ayant pris parti pour les Bourbons, la ville retourne sous le patronage des Habsbourgs. L’Académie bavaroise des sciences est créée en 1759.

[4] La guerre de Succession d’Espagne est un conflit qui a opposé plusieurs puissances européennes de 1701 à 1714, dont l’enjeu était la succession au trône d’Espagne à la suite de la mort sans descendance du dernier Habsbourg espagnol Charles II et, à travers lui, la domination en Europe. Dernière grande guerre de Louis XIV, elle permit à la France d’installer un monarque français à Madrid : Philippe V, mais avec un pouvoir réduit, et le renoncement, pour lui et pour sa descendance, au trône de France, même dans le cas où les autres princes du sang français disparaîtraient. Ces conditions ne permettaient pas une union aussi étroite que celle qui était espérée par Louis XIV. La guerre de succession donna néanmoins naissance à la dynastie des Bourbons d’Espagne, qui règne toujours aujourd’hui.

[5] Le Palio est un concours entre quartiers d’une cité ou entre entités territoriales voisines, en général disputé avec des chevaux ou autres animaux. Il existe aussi des Palio en barques. L’origine de ce type de manifestation remonte à l’époque des communes libres italiennes. Aujourd’hui la course du Palio est devenue une tradition très ancrée dans beaucoup de villes d’Italie, surtout les anciennes villes médiévales. Le Palio de Sienne est le plus célèbre. Cette manifestation estivale traditionnelle se dispute deux fois par an (le 2 juillet, en l’honneur de la Madonna di Provenzano, et le 16 août, en l’honneur de l’Assomption) ; éventuellement, il peut y avoir un troisième Palio, couru à une date bien précise, pour célébrer un événement particulier (comme le Palio extraordinaire de 1969, couru pour célébrer le premier pas de l’homme sur la lune). Le Palio de Sienne consiste en une course de chevaux montés à cru (sans selle ni harnachement).

[6] Le légat apostolique, ou plus communément légat du pape, ou légat pontifical, est un représentant extraordinaire du pape chargé d’une mission spécifique, généralement diplomatique. Il se distingue en cela du nonce apostolique qui est un ambassadeur permanent du Saint Siège auprès des gouvernements étrangers.

[7] La Rose d’or est un ornement béni par le pape, destiné à honorer des souverains ou des sanctuaires catholiques. Comme son nom l’indique, il représente une rose, un bouquet de roses ou un petit rosier en or massif. Il était attribué chaque année par le pape le quatrième dimanche de Carême à un souverain ou seigneur, puis plutôt à une reine ou épouse de roi (à partir du 17ème siècle), et depuis la seconde moitié du 20ème siècle, à des églises ou sanctuaires. Depuis le 21ème siècle, ce sont essentiellement des sanctuaires mariaux qui ont reçu cette distinction.