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Caius Carrinas

vendredi 22 janvier 2021, par ljallamion

Caius Carrinas

Homme politique de la fin de la République romaine-Consul suffect en 43 av. jc

Emblème de la République romaine.Son père, Caius Carrinas, qui a atteint la préture [1], est mort en l’an 82 av. jc lors de la seconde guerre civile [2] entre Marius et Sylla. C’est un des chefs marianistes à l’affrontement de la rivière Asio et à l’ultime bataille de la Porte Colline [3]. Tous les généraux marianistes sont capturés et exécutés. Sylla devient maître de Rome et de l’Italie peu après.

À l’instar d’autres descendants de ses ennemis, il est frappé par une loi de Sylla qui interdit aux fils de ses victimes l’accès aux charges publiques. Cependant, Jules César fait lever cette interdiction.

En 45 av. jc, Caius Carrinas est envoyé sur les ordres de César en Hispanie [4] pour combattre Sextus et Cnaeus Pompeius. Il ne réussit pas à contrecarrer son adversaire et il est remplacé par Caius Asinius Pollio qui essuie lui aussi au moins un revers en infériorité numérique.

Après l’établissement du second triumvirat [5] en 43 av. jc, il est consul suffect [6] pour le reste de l’année aux côtés de Publius Ventidius Bassus.

En 41 av. jc, Octavien le nomme gouverneur de l’Hispanie. Il doit faire face à Bocchus II de Maurétanie [7] qui agit à l’initiative de Lucius Antonius , lui-même en guerre civile contre Octavien.

En 36 av. jc, Octavien l’envoie avec trois légions contre Sextus Pompée en Sicile [8] lors de la guerre civile sicilienne [9].

En 31 av. jc, il est gouverneur proconsulaire [10] de la Gaule, où il lutte avec succès contre les Morins [11] et les Suèves [12] qui ont envahi la Gaule en traversant le Rhin, pour lequel il est honoré d’un triomphe en 29 av. jc.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Marie-Claire Ferriès, Les partisans d’Antoine, Ausonius, 2007

Notes

[1] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.

[2] La seconde guerre civile romaine entre Marius et Sylla ou deuxième guerre civile de la République romaine est un conflit politique et militaire qui se tient au cours des années 83 - 82 av. jc à Rome et en Italie. Il oppose d’une part les partisans de la faction des populares, menés par Cinna, Carbon, Sertorius et Caius Marius le jeune et d’autre part le clan des optimates, mené par Sylla, entouré de Crassus, Quintus Caecilius Metellus Pius, et Pompée. Cette guerre a pour objet principal la vengeance de Sylla à son retour d’Orient : il cherche à chasser les marianistes ayant pris le contrôle de la capitale depuis 87 av. jc et y faisant régner un climat de terreur par le biais de proscriptions et d’assassinats ciblés. L’enjeu de ce conflit est le contrôle de la République romaine, qui tombe de facto entre les mains de Sylla, victorieux en 82 av. jc après la bataille de Sacriport et la bataille de la Porte Colline.

[3] La bataille de la Porte Colline est une bataille qui mit fin à la deuxième guerre civile entre Marius et Sylla. En effet, les partisans de Marius, avaient levé six armées pour faire face à l’armée aguerrie de Sylla qui avait débarqué à Brindes. Ces armées, essentiellement composées d’alliés italiens, furent battues les unes après les autres par Sylla : la dernière armée, composée de Samnites, fut écrasée sous les murs de Rome, près de la porte Colline.

[4] L’Hispanie est le nom donné par les Romains à la péninsule Ibérique. Depuis le 15ème siècle l’Hispanie est l’hôte des États modernes espagnol et portugais. Au début les Carthaginois installent des comptoirs commerciaux sur la côte, sans pousser plus profondément à l’intérieur de l’Hispanie. En 501 av.jc, ils s’emparent de Gadès (Cadix), une ancienne colonie phénicienne. Après la première Guerre punique, les Carthaginois s’étendent rapidement dans le Sud, sous la conduite des Barcides. Ils y exploitent des mines d’or et redonnent à Carthage sa puissance économique et commerciale. En 230, ils fondent Carthagène, la nouvelle Carthage (Cartago Nova). En 218 av.jc, Hannibal forme une puissante armée qui comprend un contingent d’Ibères, et commence la deuxième Guerre punique en prenant Sagonte, puis en marchant vers l’Italie. Les Romains ne peuvent l’intercepter en Gaule, et dirigent une partie des leurs forces sur l’Hispanie, qui devient un théâtre d’opération de cette guerre. Après divers affrontements, Scipion l’Africain prend Carthagène en 209, et en 207, Hasdrubal mène les dernières forces carthaginoises de l’Hispanie vers l’Italie. En 202, la capitulation de Carthage livre officiellement l’Hispanie carthaginoise à Rome. En 197 av.jc, les Romains divisent l’Hispanie en deux provinces : Hispanie citérieure, donnant sur la Méditerranée, et Hispanie ultérieure (car plus éloignée de Rome), comprenant le Sud et tournée vers l’océan.

[5] Le second triumvirat est une alliance politique de la Rome antique scellée à Bologne le 11 novembre 43 av. jc rassemblant Marc Antoine, Lépide et Octave-Auguste.

[6] Parfois, un consul décède ou démissionne avant la fin de son mandat de douze mois. Le consul restant rétablit la collégialité par l’élection intermédiaire si le délai restant le permet ou par la désignation directe d’un consul suffectus (du participe passé du verbe sufficere, « remplacer »). Ce consul entre en fonction immédiatement, il a les mêmes privilèges et les mêmes pouvoirs que le consul remplacé mais il n’est en charge que pour la durée du mandat qui reste à couvrir. Enfin, le consul suffect ne donne pas son nom à l’année, à l’inverse du consul dit ordinaire.

[7] La Maurétanie désigne le territoire des Maures dans l’Antiquité. Il s’étendait sur une partie du nord marocain et sur le nord-ouest et le centre de l’actuelle Algérie. Sous Rome, le territoire fut divisé en provinces.

[8] La Sicile est la plus grande île méditerranéenne. Avec une superficie de 25 708 km², c’est la région la plus étendue de l’Italie et son territoire est constitué de neuf anciennes provinces à leur tour partagées en 390 municipalités. Elle est également la seule région italienne à compter 2 des 10 villes les plus peuplées du pays : Palerme et Catane. Son chef-lieu est Palerme.

[9] La Révolte sicilienne est une guerre civile contre le Second triumvirat de la République romaine qui se déroule entre 44 et 36 av. jc. La révolte était menée par Sextus Pompée et se solde par la victoire des triumvirs.

[10] La fonction de proconsul dans la Rome antique correspond à la notion actuelle de gouverneur. Étymologiquement, ce terme vient du préfixe latin pro, à la place de, et consul. Le premier cas de proconsulat historiquement cité par Denys d’Halicarnasse date de 464 av. jc, lorsque Titus Quinctius Capitolinus Barbatus reçut le pouvoir de diriger une armée (imperium) pour aller au secours d’un consul assiégé. Il s’agit alors d’une solution improvisée sous la pression des événements. La fonction réapparaît avec l’agrandissement de la République romaine au 4ème siècle av. jc, lorsqu’un consul doit finir une campagne militaire ou doit gouverner un territoire au-delà de la durée normale de son mandat de consul (un an). Son pouvoir (imperium consulaire) est alors prolongé, en général pour une durée d’un an et toujours sur un territoire précis, le plus souvent une province. Le terme « proconsul » tient au fait que son titulaire exerçait un pouvoir cons

[11] Les Morins sont un des peuples gaulois belges. Les écrits connus les plus anciens mentionnant pour la première fois les morins sont ceux de Jules César, qui évoquent les difficultés qu’il a eu à les contrôler. Boulogne-sur-Mer était leur port le plus important, le port par excellence pour accéder en Grande-Bretagne pour les Romains qui l’appelaient Bononia.

[12] Les Suèves sont un groupe de peuples germaniques mentionnés pour la première fois par César durant la Guerre des Gaules lors de ses affrontements avec Arioviste en 58 av. jc. Ils participent aux grandes invasions de la fin de l’Empire romain et laissent de nombreuses empreintes géohistoriques, notamment, la région d’Allemagne qui aujourd’hui encore porte leur nom, la Souabe.