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Shimon ben Gamliel ou Shimon II fils de Gamaliel l’Ancien

samedi 19 juin 2021, par ljallamion

Shimon ben Gamliel ou Shimon II fils de Gamaliel l’Ancien (vers 10-70)

Sage de l’ère des Tannaïm [1] et dirigeant du peuple juif.

Il reprend la charge de Nassi [2] du Sanhédrin [3] à la mort de son père, Rabban Gamliel l’Ancien, en 50, 20 ans avant la destruction du Second Temple [4]. Selon la Mishna [5] peu avant le déclenchement de la Grande révolte [6] contre Rome en 66, il aurait protesté contre le prix exorbitant des colombes vendues dans l’enceinte du Temple afin d’être sacrifiées. La colombe était alors le sacrifice du pauvre. En obtenant un changement dans les modalités du sacrifice des colombes, Shimon réussit à réduire leur demande et donc leur prix.

En tant que leader modéré du parti pharisien [7] et chef de la maison de Hillel, il rejoint les grands prêtres [8] Josué ben Gamla et Hanan ben Hanan pour organiser la défense des Juifs face aux Romains pendant la Grande révolte juive. Ami de Jean de Gischala, l’ennemi juré de Flavius Josèphe, il se laisse convaincre que Josèphe n’est pas fiable et envoie donc 4 hauts personnages dont 2 grand-prêtres de Jérusalem en Galilée [9] pour le destituer. Flavius Josèphe sera toutefois prévenu par Josué de Gamala et grâce à d’habiles manœuvres parviendra à garder son poste de gouverneur de Galilée. La tradition juive le classe parmi les 10 Martyrs exécutés par le pouvoir romain.

C’est un arrière petit-fils de Hillel l’ancien, réputé être un descendant du roi David. Il est le père de Gamaliel II qui deviendra nassi après la destruction du Temple de Jérusalem. Il est aussi le père d’une fille appelée Salomé qui épousera Eliezer ben Hyrcanos dit Éléazar fils d’Hyrcan

Sa tombe, située à Kafr Cana [10], près de Tzomet Golani, en basse-Galilée, dans le nord d’Israël, demeure un important site de pèlerinage pour les Juifs jusqu’à nos jours.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Shimon ben Gamliel I/ Portail de la culture juive et du judaïsme/ Sages de la Mishna

Notes

[1] docteurs de la Mishna

[2] président

[3] Le Sanhédrin est l’assemblée législative traditionnelle du peuple juif ainsi que son tribunal suprême qui siège normalement à Jérusalem. Son nom n’est pas d’origine hébraïque mais dérive du grec sunédrion, signifiant « assemblée siégeante ». Composé de 71 sages experts en Loi Juive, il doit comporter 23 membres pour décider en matière judiciaire ; il est alors nommé petit sanhédrin et siège dans les principales villes.

[4] La première guerre judéo-romaine, qui s’est déroulée entre 66 et 73., parfois appelée la Grande Révolte, fut la première des trois révoltes des juifs de la province de Judée contre l’Empire romain, telle que relatée principalement par Flavius Josèphe. Elle commença en 66, à la suite des tensions religieuses croissantes entre Grecs et Juifs. Elle s’acheva lorsque les légions romaines de Titus assiégèrent, pillèrent puis détruisirent Jérusalem et le temple d’Hérode en 70 (en 68 selon les sages du Talmud) puis les places fortes des Juifs (principalement Gamla en 67 et Massada en 73).

[5] La Mishna est le premier recueil de la loi juive orale et par conséquent de la littérature rabbinique. Compilée vers le début du 3ème siècle de l’ère chrétienne par Juda Hanassi, elle est, hormis quelques versets araméens, écrite dans un hébreu qui lui est propre, et recense les opinions, polémiques et éventuelles résolutions légales des Tannaïm (« Répétiteurs ») sur les prescriptions de la Torah, organisées thématiquement en six ordres subdivisés en 63 traités

[6] La première guerre judéo-romaine, qui s’est déroulée entre 66 et 73., parfois appelée la Grande Révolte, fut la première des trois révoltes des juifs de la province de Judée contre l’Empire romain, telle que relatée principalement par Flavius Josèphe. Elle commença en 66, à la suite des tensions religieuses croissantes entre Grecs et Juifs. Elle s’acheva lorsque les légions romaines de Titus assiégèrent, pillèrent puis détruisirent Jérusalem et le temple d’Hérode en 70 (en 68 selon les sages du Talmud) puis les places fortes des Juifs (principalement Gamla en 67 et Massada en 73).

[7] Les pharisiens sont l’un des partis juifs en activité en Judée pendant la période du Second Temple (2ème siècle av.jc/1er siècle). Leur courant de pensée est appelé « pharisaïsme » ou « pharisianisme ». De nombreux enseignements des pharisiens sont incorporés à la tradition rabbinique. Ils se distinguent notamment par le recours à la Torah orale pour fixer la loi juive.

[8] Le grand prêtre est le titre que portait le premier des prêtres dans la religion israélite ancienne et dans le judaïsme classique, depuis l’émergence de la nation israélite jusqu’à la destruction du Second Temple de Jérusalem en 70 ap. jc. Les grands prêtres, comme d’ailleurs tous les prêtres, appartenaient à la lignée d’Aaron. Pendant la période du Second Temple, le grand prêtre exerça souvent la charge de président du Sanhédrin. Son rôle déclina avec l’occupation romaine à partir de 63 av. jc puis la fonction de grand Prêtre disparut avec la destruction du Second Temple. On estime que la période du Premier Temple compta 18 grands prêtres, et celle du Second Temple environ 60.

[9] La Galilée est souvent citée dans l’Ancien Testament, et sa partie septentrionale évoquée comme "la Galilée des Gentils" dans le Nouveau Testament. Elle est décrite par Flavius Josèphe qui évoque son histoire, son peuplement sa géographie, et lui donne deux parties : la Galilée supérieure, en grande partie peuplée de Gentils, et la Galilée inférieure, en grande partie peuplée de Juifs. Son nom de Galilée pourrait venir d’un peuplement celte, comme plus au nord la Galatie. Elle recouvrait avant la Captivité les territoires des tribus d’Issacar, de Zabulon, de Nephthali et d’Asher. Comme les Galiléens étaient de bons cultivateurs, plantant des figuiers, des oliviers, des noyers, des palmiers, des habiles artisans et de bons pêcheurs, la Galilée était prospère avec 400 villes, certaines très peuplées.

[10] Kafr Cana ou Kfar Qana est un village de l’Israël antique devenu ville arabe et située dans le district nord d’Israël en Basse Galilée, à 6 kilomètres au nord de Nazareth. Durant la période du Premier Temple du roi Salomon et également durant celle du Second Temple, une communauté juive habite le lieu, comme il en ressort des lettres de Yosef ben Matityahu (Flavius Josephe) qui vivait dans ce village. L’endroit est fortifié lorsqu’il devient gouverneur de la Galilée pendant la Grande Révolte (guerre judéo-chrétienne-romaine de 66 ), ainsi que le montrent des découvertes archéologiques. Après la destruction du Second Temple en 70.