Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > Histoire du 11ème siècle > Al-Musta’în bi-llah Sulayman ibn al-Hakam dit Sulayman ben al-Hakam

Al-Musta’în bi-llah Sulayman ibn al-Hakam dit Sulayman ben al-Hakam

mardi 28 avril 2020, par ljallamion

Al-Musta’în bi-llah Sulayman ibn al-Hakam dit Sulayman ben al-Hakam (mort en 1016)

Calife omeyyade de Cordoue de 1009 à 1010 puis de 1013 à 1016

Muhammad II avait été porté au pouvoir dans un coup d’État mené par la famille omeyyade [1] en 1009. Ce coup d’État avait été provoqué par la nomination par Hichām II al-Mu’ayyad de son vizir Abd ar-Rahmân Sanjûl dit Abderramán Sanchuelo fils d’Almanzor comme successeur. Sanchuelo est tué et Muhammad II qui prend le pouvoir en tant que hagib [2] et futur héritier du trône. Peu de temps après sa prise du pouvoir il jette Hichām II al-Mu’ayyad en prison et le fait passer pour mort, prenant ainsi le titre de calife.

Des partisans de Sanchuelo ont alors soulevé les troupes berbères [3] engagées auparavant par Almanzor. Sulayman avec l’appui du Comte de castille Sanche Ier de Castille bat les troupes de Muhammad à la bataille de Kantisch le 5 novembre 1009 près de Tolède [4].

Sulayman prend alors Cordoue [5], mais préfère s’installer à Madinat al-Zahra [6], car il reste méfiant vis -à vis des cordouans. Il s’autoproclame calife et prend le titre de « Al-Musta’în bi-llah ». Muhammad doit se réfugier à Tolède dont le wali est son fils Al-Wahid.

Muhammad réussit à rallier les provinces de Murcie [7] et de Valence [8] et obtient l’aide du comte de Barcelone [9] Raymond Borrell et du comte d’Urgell [10] Armengol 1er.

Sulayman part de Cordoue avec uniquement ses troupes africaines et un petit contingent de Mérida [11] à la rencontre des troupes coalisées. Une bataille s’engage alors au champ appelé Akat-al-Bakar [12] vers août 1010, où dans un premier temps, les berbères prennent l’avantage en enfonçant l’armée adverse, mais Muhammed réussit à rassembler ses troupes et avec l’aide des calatans, il prend l’avantage.

Sulayman bat alors en retraite et se replie vers Cordoue, où il ne peut se maintenir longtemps. Il se réfugie alors à Algesiras [13], où il est plus en sûreté. Muhammad fait alors son entrée à Cordoue sous les acclamations du peuple.

Le départ de ses alliés catalans laisse Muhammad affaibli à Cordoue et une révolte des soldats esclaves berbères et esclavons [14] destitue et tue ce dernier. Les insurgés remettent le faible Hichâm sur le trône en 1010.

En 1013, Sulayman envisage de reconquérir Cordoue avec l’aide des berbères. Hichâm est déchu et tué.

Néanmoins Sulayman ne peut reconstituer le califat dans son intégralité. Les Zirides [15]. forment une dynastie indépendante à Grenade [16]. En 1016 il est à son tour démis et tué. C’est un membre de la famille hammudite [17], Alī ben Hammud al-Nāsir , qui lui succède de 1016 à 1018.

Un omeyyade, Abd ar-Rahmān IV , reviendra au pouvoir en 1018.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Suleiman II of Córdoba »

Notes

[1] Les Omeyyades, ou Umayyades sont une dynastie arabe de califes qui gouvernent le monde musulman de 661 à 750. Ils tiennent leur nom de leur ancêtre Umayya ibn Abd Shams, grand-oncle de Mahomet. Ils sont originaires de la tribu de Quraych, qui domine La Mecque au temps de Mahomet. À la suite de la guerre civile ayant opposé principalement Muʿāwiyah ibn ʾAbī Sufyān, gouverneur de Syrie, au calife ʿAlī ibn ʾAbī Ṭalib, et après l’assassinat de ce dernier, Muʿāwiyah fonde le Califat omeyyade en prenant Damas comme capitale, faisant de la Syrie la base d’un Califat qui fait suite au Califat bien guidé et qui devient, au fil des conquêtes, le plus grand État musulman de l’Histoire.

[2] vizir

[3] Les Berbères sont les membres d’un groupe ethnique autochtone d’Afrique du Nord. Connus dans l’Antiquité sous le nom de Libyens, les Berbères ont porté différents noms durant l’histoire, tels que Mazices, Maures, Numides, Gétules, Garamantes et autres. Ils sont répartis dans une zone s’étendant de l’océan Atlantique à l’oasis de Siwa en Égypte, et de la mer Méditerranée au fleuve Niger en Afrique de l’Ouest. Aujourd’hui, la majeure partie des Berbères vit en Afrique du Nord : on les retrouve au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Libye, au Niger, au Mali, en Mauritanie, au Burkina Faso, en Égypte, mais aussi aux Îles Canaries. De grandes diasporas vivent en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie, au Canada et dans d’autres pays d’Europe

[4] Tolède est une ville qui se trouve dans le centre de l’Espagne, capitale de la province du même nom et de la communauté autonome de Castille-La Manche. Lors des Grandes invasions du 5ème siècle qui ravagèrent un Empire romain d’Occident déclinant, Tolède est pillée à plusieurs reprises par les Barbares (Vandales, Suèves et Alains) qui ont envahi la péninsule Ibérique à partir de l’an 409. À partir du milieu du 6ème siècle, Tolède devient la capitale des Wisigoths, devenus les nouveaux maîtres d’une grande partie de la péninsule. Au début du 8ème siècle, lors de la conquête musulmane de l’Espagne, le dernier souverain wisigoth, Rodrigue, est battu par le conquérant arabe Tariq ibn Ziyad à la bataille de Guadalete en 711. Tolède tombe aux mains des musulmans en 712. À partir de là, la ville fait partie du Califat omeyyade, puis de l’Émirat de Cordoue (755–929), et enfin du Califat de Cordoue. Le 25 mai 1085, en pleine Reconquista, les chrétiens dirigés par le roi Alphonse VI de Castille reprennent Tolède aux musulmans.

[5] Cordoue est une ville située dans le sud de l’Espagne, en Andalousie. Cordoue est la capitale de la province homonyme. La ville est située sur le Guadalquivir. Les musulmans conquirent la ville en 711. Elle devient alors le principal centre administratif et politique de l’Espagne musulmane (al-Andalus). À partir de 756, elle est la capitale de l’émirat de Cordoue, fondé par le prince omeyyade Abd al-Rahman 1er.

[6] Madinat al-Zahra est le vestige d’une vaste ville palatiale créée par le calife des Omeyyades de Cordoue, Abd-ar-Rahman III al-Nasir. Construite à partir de 936 elle est située à huit kilomètres de la périphérie ouest de Cordoue en Espagne dans la région de la Sierra Morena. La ville est alors la capitale d’al-Andalus, car le cœur de l’administration et du gouvernement est situé dans ses murs. La ville est construite principalement pour des raisons politico-idéologiques peu après la transformation de l’émirat de Cordoue en califat en 929, transformation qui implique une rupture politique avec Bagdad. La dignité du calife exige l’établissement d’une nouvelle ville comme symbole de son pouvoir, et de légitimer le pouvoir du nouveau souverain sur l’Andalousie. À cette fin, la ville comprend d’importantes constructions, entre autres des mosquées, des salles de réception, des bureaux administratifs et gouvernementaux mais aussi des casernes, des bains et des aqueducs.

[7] La région de Murcie est une communauté autonome mono provinciale du sud-est de l’Espagne. Sa capitale est la ville de Murcie mais le siège de l’Assemblée Régionale est à Cartagène. Le royaume de Murcie devint indépendant après l’effondrement du califat de Cordoue. C’était une taïfa qui avait pour centre la ville de Murcie. La taïfa maure de Murcie incluait Albacete et une partie de la région d’Almería. Après la bataille de Sagrajas, en 1086, la dynastie almoravide reprit le contrôle des taïfas et réunifia l’Espagne musulmane. Ferdinand III de Castille obtint la soumission du roi maure de Murcie en 1243 ; comme dans le reste du pays, les musulmans furent expulsés des villes. Le successeur de Ferdinand III, Alphonse X, afin de rendre plus facile l’administration de la région, la divisa en trois parties, gouvernées par des consejos de realengro, des señores seculares, qui se voyaient ainsi remerciés de leur contribution à la Reconquista, et des ordres militaires comme celui de Calatrava. Alphonse X annexa définitivement le royaume de Murcie et la seigneurie de Cartagène en 1266 ; le royaume resta juridiquement un vassal du royaume d’Espagne jusqu’aux réformes prévues par la constitution libérale de 1812.

[8] Valence ou Valencia en espagnol est une ville d’Espagne, située dans l’est du pays sur la côte méditerranéenne. Fondée en 138 av. jc par le consul romain Decimus Junius Brutus Callaicus sous le nom de Valentia Edetanorum, Valence devient, au Moyen Âge, la capitale du royaume de Valence.

[9] Le comté de Barcelone est à l’origine une subdivision du royaume wisigoth en Hispanie. Conquis par les Maures à la fin du 8ème siècle, reconquis par Charlemagne en 801, il est intégré à la marche d’Espagne, province frontière face aux musulmans d’Al-Andalus. Des comtes nommés par les souverains carolingiens se succèdent à la tête de ce comté, considéré comme le plus important de la marche. À l’extinction de la dynastie carolingienne, les comtes se succèdent de façon héréditaire dans la descendance du comte Guifred, dit le Velu. Cette dynastie domine également les comtés de Girone et de Ausone, et rassemble peu à peu sous son autorité directe ou indirecte tous les comtés formant l’actuelle Catalogne : Besalú, Cerdagne, Empuries, Pallars, Roussillon et Urgell.

[10] Le comté d’Urgell est un ancien comté catalan de la marche hispanique du royaume franc carolingien, qui se forme entre 785 et 790 pour lutter contre les musulmans qui avaient conquis l’Espagne et les Pyrénées. La région est alors rattachée au comté de Toulouse. Le comté d’Urgell fut créé, à l’époque carolingienne, au sein du Royaume franc. Sa capitale était initialement Castellciutat puis, à compter de 1105, Balaguer. Le noyau de ce comté était La Seu d’Urgell. Les comtes d’Urgell sont mentionnés pour la première fois en 981.

[11] Mérida, en estrémègne Méria, est une ville espagnole, capitale de l’Estrémadure. Merida est située au centre de la région d’Estrémadure, au sud-ouest de l’Espagne, à une altitude de 217 m, au confluent de la rivière Albarregas avec le fleuve Guadiana. Au 5ème siècle, Mérida a souffert des incursions des barbares (Vandales, Alains et Suèves, puis Wisigoths) qui ont envahi l’Hispanie en 409. En 448, le roi suève Rechila meurt à Mérida. Plus tard, la ville deviendra brièvement la capitale du royaume wisigoth d’Espagne et le roi Agila 1er y sera assassiné en 555. Mérida sera supplantée peu après par Tolède, sous le règne du roi Athanagild, mais conservera une certaine importance jusqu’à la chute du royaume wisigothique au début du 8ème siècle.

[12] la colline des Bœufs

[13] Algésiras est une commune d’Espagne, appartenant à la province de Cadix et à la région d’Andalousie. Conquise par Byzance et le royaume wisigoth, la cité passa sous domination arabe en 711 lors de la conquête musulmane de la péninsule Ibérique dirigée par Tariq ibn Ziyad. Les musulmans y bâtirent leur première ville sous le nom de « alcaetaria ». En 858, Algésiras fut pillée par le chef viking Hasting. Munie d’un excellent port nature, la ville devint un point stratégique de la péninsule. Elle fut dotée de plusieurs mosquées et protégée par des fortifications. Elle subit de nombreux sièges et fut la ville natale d’Almanzor. Elle redevint espagnole après sa reconquête en 1342 sur les maures par Alphonse XI de Castille, après un siège de deux ans, où les Maures firent usage du canon, encore inconnu en Europe. Occupée à nouveau par les Arabes à l’issue du siège de 1369, elle fut détruite par le roi Muhammad V de Grenade en 1379.

[14] Esclavon est le nom des habitants de l’Esclavonie (actuelle Slavonie). Pendant l’empire romain et jusqu’à la fin du Moyen Âge, l’Esclavonie était un réservoir d’esclaves. Les Romains les appelaient les Sclavini mais ce n’est au début qu’un nom d’origine, l’esclave en latin s’appelait alors servus. En bas-latin le mot devient Slavonici et sclavi ou slavi. Le mot Esclavon devient alors pratiquement synonyme d’esclave bien qu’on distingue les serfs des Esclavons. Le mot Esclavons a servi en Espagne musulmane à traduire son équivalent arabe Saqāliba désignant à la fois les esclaves européens et les Slaves. Capturés et achetés en Europe, les Esclavons étaient essentiellement des Slaves et des Germains provenant d’Europe centrale ou orientale, employés au palais ou dans l’armée et convertis à l’Islam. Favorisés sous Abd al-Rahman II, ils ont été ramenés en grand nombre en Andalousie où certains d’entre eux ont reçu une éducation poussée qui leur a permis, après leur affranchissement, d’obtenir de hauts postes dans l’administration. Devenant pour certains Grand Fauconnier, Grand Orfèvre ou encore Commandant de la Garde, ils ont fini par former un groupe à part, se favorisant mutuellement les uns les autres. Ils ont joué un rôle important dans l’éclatement du pays au 11ème siècle lors de leurs luttes contre les Berbères. À l’époque des taifas, plusieurs esclavons sont parvenus à arracher un royaume comme à Valence ou Tortosa et à en faire une puissante entité politique.

[15] Les Zirides sont une dynastie berbère sanhajienne originaire du Maghreb central (Algérie), qui règne sur une partie du Maghreb entre 972 et 1014 puis sur une partie de celui-ci : l’Ifriqiya jusqu’en 1148.

[16] Grenade est une ville espagnole, capitale de la province de Grenade au sud-est de l’Andalousie. Elle est située au pied de la Sierra Nevada, au confluent de trois rivières, le Beiro, le Darro et le Genil et fut la capitale du dernier royaume musulman de la péninsule ibérique.

[17] Les Hammudites ou Banū Hammūd forment une dynastie d’origine alide, idrisside, arabo-berbère en Andalousie à l’Époque des taïfas (1016-1057). Qualifiés d’Arabes berberisés, ils règnent sur Malaga et Ceuta et étendent leur domaine à Algésiras. Les trois premiers membres de la dynastie ont pris le titre de calife à Cordoue en le disputant aux derniers Omeyyades. La dynastie disparaît après l’absorption de son territoire par les Zirides de Grenade en 1057.