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Germaine de Foix

jeudi 31 octobre 2019

Germaine de Foix (1488-1536)

Reine consort d’Aragon, de Majorque, de Valence, de Sicile et de Naples-Comtesse consort de Barcelone de 1505 à 1516

Fille de Jean de Foix comte d’Étampes [1] et vicomte de Narbonne [2] et de Marie d’Orléans sœur du roi de France Louis XII.

Le 19 octobre 1505, âgée de 18 ans, elle se marie avec Ferdinand II d’Aragon, âgé de 53 ans, veuf d’Isabelle la Catholique depuis moins d’un an.

Après la dispense accordée par Louis II d’Amboise , évêque d’Albi [3], la noce est célébrée, au château de Blois conformément aux accords de paix signés entre Louis XII et Ferdinand dans le traité de Blois de 1505 [4].

Le roi de France cède à sa nièce les droits dynastiques sur le Royaume de Naples [5] et lui concède le titre de roi de Jérusalem, droits qui doivent revenir à la France si le mariage reste sans descendance. En échange, le Roi Catholique s’engage à désigner comme héritier le possible fils de ce mariage.

La célébration de ces noces provoquent la colère des nobles de Castille [6], les voyant comme une manœuvre de Ferdinand pour empêcher que Philippe le Beau et Jeanne la Folle héritent de la Couronne d’Aragon [7].

Le 3 mai 1509 naît le premier fils, Jean, dont la naissance suppose la séparation des royaumes de Castille et d’Aragon, mais il meurt au bout de quelques heures.

Le 23 janvier 1516, Ferdinand meurt après avoir pâti de problèmes de santé au cours des deux années précédentes, dont l’origine serait la prise d’herbes lui permettant d’espérer une descendance de Germaine.

Il lui laisse dans son testament des rentes annuelles de plus de 50 000 florins, un usufruit de veuvage qui serait annulé en cas de remariage. Dans sa dernière lettre à son petit-fils Charles (le futur Charles Quint), Ferdinand lui recommande de ne pas abandonner sa veuve et de s’assurer du respect de son testament. Après le décès de son mari, Germaine part vivre en Castille.

À son arrivée en Espagne en 1517, Charles 1er d’Espagne, âgé de 17 ans, rencontre l’épouse de son grand-père, Germaine de Foix, âgée de 29 ans, une femme discrète et affectueuse qui ne souffre pas encore de problèmes d’obésité.

Lors de leur première entrevue à Valladolid [8], il se montre fort affable envers elle et organise des tournois et des banquets en son honneur.

Rapidement survient entre eux une relation amoureuse passionnée, de laquelle naît une fille, Isabelle, et à laquelle, bien que jamais reconnue officiellement, Germaine de Foix se réfère dans son testament comme l’Infante Isabelle et à son père comme l’empereur. L’enfant réside et est éduquée à la Cour de Castille.

En 1519, Germaine de Foix accompagne Charles et la sœur de ce dernier, Éléonore de Habsbourg, à Saragosse [9] et à Barcelone [10] pour l’assemblée des Cortes [11] et le serment du roi. C’est là-bas qu’est décidé, pour améliorer l’image du futur empereur dans l’opinion publique, le mariage de Germaine de Foix avec Jean, marquis de Brandebourg, de la suite personnelle de Charles, qui met ainsi fin à sa liaison avec la veuve de son grand-père.

Charles la nomme vice-reine et lieutenant général du Royaume de Valence [12], le marquis de Brandebourg étant nommé capitaine général du royaume.

Mais Germaine est bientôt de nouveau veuve et l’empereur organise un nouveau mariage avec Ferdinand d’Aragon , duc de Calabre [13].

Charles nomme les époux vice-rois et lieutenants généraux de Valence, où, face au banditisme et aux luttes internes, à la piraterie venant d’Afrique du Nord, à l’endettement des nobles et à la rébellion des morisques [14], ils exercent un gouvernement autoritaire et répressif. Durant son mandat, Germaine de Foix ordonne une persécution féroce contre les agermanats [15], dont les biens sont confisqués, et entreprend un processus de reféodalisation.

Germaine de Foix meurt à Llíria [16] à l’âge de 49 ans. Elle est enterrée au monastère de San Miguel de los Reyes, à Valence [17].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Germana de Foix »

Notes

[1] À l’époque carolingienne Étampes fut déjà le siège d’un comté, dont on gardait le souvenir au 10ème siècle, mais le mot reflétait alors une tout autre réalité que dans la suite : c’était une simple circonscription de l’Empire, dont l’administration ne se transmettait pas par droit d’héritage. Lorsque les Robertiens montent sur le trône et fondent la monarchie capétienne, le pays d’Étampes leur appartient en propre depuis longtemps, et sera une des pièces maîtresses du domaine royal sur lequel le roi exerce théoriquement un contrôle direct. Il y a aura bien cependant des vicomtes d’Étampes au 11ème siècle, à une époque où les premiers capétiens peinent à établir leur autorité sur leur propres terres. L’Etampois ne sera érigé en comté qu’après avoir été attribué en apanage à Louis de France, fils de Philippe le Hardi, puis en duché au 16ème siècle.

[2] En 1447, les Tinières vendent la vicomté de Narbonne à Gaston IV, comte de Foix. Pour la maison de Foix, la vicomté narbonnaise n’est plus qu’une possession secondaire et la famille n’y réside pas. Gaston IV cède la vicomté à son fils cadet. Celui-ci, Jean de Foix, précise en 1500 dans son testament que la vicomté de Narbonne doit être utilisée pour liquider ses dettes. Selon le compoix de 1499, le vicomte ne possède plus alors à Narbonne qu’une maison et moins de cinq hectares de terre

[3] Le diocèse d’Albi a été érigé dès le 3ème siècle. Il a été élevé au rang d’archidiocèse le 3 octobre 1678. Depuis le concordat de 1817, le diocèse d’Albi a fusionné avec ceux de Castres et Lavaur. Ce diocèse a notamment été le théâtre de la croisade des Albigeois. Diocèse important et riche, de nombreux évêques mécènes se sont succédé dont Louis d’Amboise qui ont permis de réaliser la riche décoration intérieure de la cathédrale, dont les peintures datent de 1509

[4] Le traité de Blois ou plutôt les traités de Blois sont un vaste dispositif diplomatique établi entre Louis XII, Philippe le Beau et l’empereur Maximilien d’Autriche, signés à Blois le 22 septembre 1504, dans le cadre des guerres d’Italie. Il fait suite à la réponse négative de Ferdinand II d’Aragon au traité de Lyon de 1501, qui prévoyait le mariage de Claude de France et de Charles de Luxembourg (futur Charles Quint) à condition qu’il reçoive de son grand-père aragonais le royaume de Naples.

[5] Le royaume naquit de la scission de fait du royaume de Sicile, provoquée par les Vêpres siciliennes de 1282. Le roi Charles d’Anjou, chassé de l’île de Sicile par les troupes de Pierre III d’Aragon, ne se maintint que sur la partie continentale du royaume. Naples devint la capitale de ce nouveau royaume, ce qui provoqua une forte croissance de la ville qui était auparavant supplantée par Palerme. Sous le règne de Robert 1er, le royaume connaît une période de paix et de prospérité. Le roi fit de Naples l’un des centres culturels de l’Italie, invitant à sa cour Giotto, Pétrarque et Boccace. La seconde partie du 14ème siècle vit cependant s’amorcer une période de déclin due à la lutte fratricide entre deux branches adverses de la dynastie angevine pour régler la succession de Robert 1er puis celle de sa fille, la reine Jeanne 1ère. La maison d’Anjou-Duras finit par triompher, avec Charles III, duc de Duras, qui fit assassiner la reine Jeanne en 1382. Son fils, Ladislas 1er, étendit provisoirement le royaume sur une bonne partie de l’Italie centrale, caressant le rêve d’unifier la péninsule. À sa mort sans héritier en 1414 c’est sa sœur, Jeanne II, qui monta sur le trône.

[6] Le royaume de Castille est un ancien royaume du Moyen Âge qui trouve ses origines au nord de la péninsule Ibérique, dans l’actuelle Espagne. À la fin du Moyen Âge, le royaume de Castille s’étend depuis le golfe de Gascogne au nord jusqu’à l’Andalousie au sud et comprend la majeure partie du centre de la péninsule Ibérique. En 1037, date à laquelle Ferdinand 1er fonde le Royaume uni de Castille et León. En 1058, Ferdinand est à l’origine d’une série de guerres contre les Maures, se lançant à la conquête de ce qui allait devenir la Nouvelle-Castille (bataille d’Alarcos et bataille de Las Navas de Tolosa). La région s’agrandit particulièrement sous le règne d’Alphonse VI (1065-1109) et d’Alphonse VII (1126-1157). Sous Alphonse X, la vie culturelle du royaume se développe, mais une longue période de conflits internes suit. En 1469, le mariage de Ferdinand II d’Aragon (plus tard Ferdinand V de Castille) et d’Isabelle 1ère de Castille initie l’union des royaumes d’Aragon et de Castille et, par la suite, de l’ensemble de l’Espagne.

[7] Le royaume d’Aragon est une entité politique du nord-est de la péninsule Ibérique, née en 1035 de l’union des comtés d’Aragon, du Sobrarbe et de la Ribagorce et disparue en 1707 avec son intégration au sein du royaume d’Espagne par les décrets de Nueva Planta.

[8] Valladolid est une municipalité et une ville espagnole située dans le quart nord-ouest de la péninsule ibérique, capitale de la province de Valladolid et le siège des tribunaux et du Conseil de la communauté autonome de Castilla y Leon.

[9] Saragosse est une ville espagnole, capitale de la province du même nom et de l’Aragon. Saragosse est située sur l’Èbre à mi-chemin entre Madrid et Barcelone, environ 300 kilomètres de chacune d’elles, et à 340 kilomètres de Valence. Un important traité fut signé à Saragosse (traité de Saragosse) en 1529 entre Espagnols et Portugais pour le partage des découvertes du Nouveau Monde.

[10] Barcelone [baʁsəlɔn]4 est la capitale administrative et économique de la Catalogne, de la province de Barcelone, de la comarque du Barcelonès. À partir du 14ème siècle, la ville entre dans une période de déclin à la suite de l’extinction de la dynastie catalane et la succession par la famille castillane des Trastamara, qui culmine avec le mariage de Ferdinand II d’Aragon et d’Isabelle de Castille (les « Rois catholiques »). Dès lors, la tradition pactiste des institutions catalanes se heurtera au modèle absolutiste de la monarchie castillane. Barcelone est une première fois dévastée à la suite de la proclamation de la république de Catalogne sous protection française de 1640 à 1652, année où les Français sont assiégés dans la ville.

[11] Dans les pays de la péninsule Ibérique (Espagne et Portugal), les Cortes ou Cortès sont une instance représentative assez comparable aux États généraux français, comprenant une réunion par corps (noblesse, clergé et tiers état). Elles sont considérées comme l’un des premiers parlements en Europe.

[12] Le royaume de Valence a été fondé en 1238 par le roi Jacques 1er d’Aragon surnommé « le Conquérant », dans le cadre de la Reconquista, après avoir conquis l’ancienne taïfa de Balansiya. Il fut augmenté par des annexions postérieures d’autres territoires.

[13] Le titre de duc de Calabre apparaît à la fin du xiiie siècle pour l’héritier du royaume de Naples. Il est par ailleurs adopté par certaines familles affichant leurs prétentions sur la couronne du royaume.

[14] Le terme « morisque » (de l’espagnol morisco) désigne les musulmans d’Espagne qui se sont convertis au catholicisme entre 1499 (campagne de conversions massives à Grenade) et 1526 (à la suite du décret d’expulsion des musulmans de la couronne d’Aragon). Il désigne également les descendants de ces convertis

[15] La rébellion des Germanías (en espagnol) ou Germanies (en valencien) est un conflit armé né dans le Royaume de Valence ainsi que dans les Îles Baléares au début du règne de Charles Quint (Charles Ier d’Espagne) entre 1519 et 1523. Cette révolte est un des éléments déclencheurs de l’accélération du processus centralisateur, de la perte de pouvoir de l’oligarchie nobiliaire valencienne et d’une forte réduction des droits du peuple valencien. Ce mouvement s’insère dans les convulsions européennes qui marquent la première crise du système féodal

[16] Llíria, en valencien et officiellement Liria en castillan, est une commune d’Espagne de la province de Valence dans la Communauté valencienne. Elle est située dans la comarque du Camp de Túria et dans la zone à prédominance linguistique valencienne.

[17] Fondé par le Duc de Calabre, il s’agit d’un des meilleurs exemplaires de l’architecture valencienne de la Renaissance et il peut être considéré comme un précurseur de El Escorial, exerçant comme celui-ci les fonctions de panthéon royal, monastère de Saint-Jérôme, collège et église. Certaines vicissitudes empêchèrent cependant son ambitieux projet d’aboutir et il est resté inachevé. Les plans sont de Alonso de Covarrubias et Juan de Vidaña, et datent de 1546. La mort du Duc rendit la poursuite des travaux impossible jusqu’à vingt ans plus tard. Le projet sera alors élaboré sur la base d’autres critères mais, même ainsi, il constituera le premier ensemble architectural assumant pleinement les conceptions de la Renaissance.