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Wilhelmine-Amélie de Brunswick-Lünebourg

mardi 17 septembre 2019

Wilhelmine-Amélie de Brunswick-Lünebourg (1673-1742)

Impératrice du Saint Empire-Reine de Germanie, de Bohême et de Hongrie-Archiduchesse d’Autriche

Fille de Jean-Frédéric , duc de Brunswick-Lunebourg [1] et de Bénédicte-Henriette de Wittelsbach, comtesse palatine de Simmern [2].

Elle perd son père à l’âge de 6 ans en 1679. Sa mère, fille de Anne de Gonzague de Clèves et cousine de la duchesse d’Orléans Élisabeth-Charlotte de Bavière , belle-sœur du roi, retourne en France avec ses filles. Elle mourra en 1730 à Asnières [3] près de Paris.

Elle confia l’éducation de ses filles à sa tante Louise Hollandine de Palatinat-Simmern , abbesse de Maubuisson [4]. Ainsi la petite Wilhelmine reçut-elle une éducation catholique.

Rappelée par son oncle Ernest-Auguste de Hanovre , elle rentra à Hanovre [5] en 1693. Elle était décrite comme belle, mais aussi comme pieuse et sérieuse. Ce fut sa future belle-mère, l’impératrice Éléonore de Neubourg , qui décida de faire d’elle la future impératrice. L’impératrice avait été convaincue de l’excellence de son choix par le gouverneur de son fils, Charles Théodore de Salm , qui était l’oncle de Wilhelmine.

Wilhelmine épousa, le 24 février 1699, le roi de Hongrie et des Romains, futur empereur Joseph 1er, et héritier de l’empereur Léopold 1er.

Au moment de leur mariage, Wilhelmine avait près de 26 ans et l’archiduc à peine 20, mais la relation des époux impériaux était considérée comme heureuse. Cependant, elle se détériora rapidement. Joseph 1er avait de nombreuses maîtresses, à la fois des femmes de la noblesse et des servantes.

En 1704, il attrapa la syphilis et la transmit à son épouse. Le couple impérial ne fut plus en mesure d’avoir d’autres enfants. Leur seul fils était mort au berceau.

Alors que l’Europe se déchirait dans la Guerre de succession d’Espagne [6], la lignée masculine de la Maison de Habsbourg d’Autriche, à l’instar de la Branche espagnole, risquait de s’éteindre et cela provoquerait forcément une guerre Européenne.

Il ne restait d’espoir qu’en l’archiduc Charles le futur Charles VI , frère cadet de Joseph, propulsé prétendant au trône d’Espagne par devoir dynastique et qui combattait en Espagne. Il épousera en 1708 une cousine de l’impératrice, Élisabeth Christine de Brunswick-Wolfenbüttel mais cette union se révélera peu prolifique, contrariée tant par la séparation des époux pendant la guerre que par la nature. Le problème de la succession se posait sérieusement.

L’empereur Léopold mourut en 1705, et Joseph lui succéda sur les terres héréditaires de la Maison de Habsbourg [7] qu’au trône du Saint Empire romain germanique. Wilhelmine devint impératrice mais n’eut pas d’influence sur la politique impériale.

En 1711, l’empereur mourut de l’épidémie de variole qui parcourut l’Europe, Wilhelmine devint veuve et sa belle-mère assura la régence en attendant le retour de l’archiduc Charles qui combattait en Espagne. L’archiduc Charles, déjà proclamé Charles III d’Espagne, fut élu empereur et régna sous le nom de Charles VI.

Ses alliés, craignant de revoir les Habsbourg maître de l’empire germanique et de l’empire Espagnol, lui retirèrent leur soutien et la paix fut signée, ruinant les espoirs des Habsbourg de reformer l’empire de Charles Quint mais leur apportant les Pays-Bas espagnols [8], le duché de Milan [9], le royaume de Naples [10] et la Sardaigne [11].

En 1713, après cinq années d’une union toujours stérile, Charles promulgua la Pragmatique Sanction [12] qui en cas d’extinction des mâles donnait l’héritage familial en priorité à ses filles au cas où il en aurait avant ses nièces.

Cependant en 1716, l’impératrice donna le jour à un garçon qui ne vécut pas. En 1717, 1718 et 1723, elle donna le jour à trois filles, dont deux atteignirent l’âge adulte.

Pour maintenir la puissance de leur Maison, les filles de l’ex-impératrice Wilhelmine se voyaient flouées de l’héritage de leur père au profit de leurs cousines. Elles avaient été mariées, l’aînée Marie-Josèphe d’Autriche en 1719 à l’électeur de Saxe, depuis roi de Pologne Auguste III , la cadette Marie-Amélie d’Autriche , en 1722 à l’électeur de Bavière le futur Charles VII (empereur du Saint-Empire) . À chaque fois, les neveux par alliance de l’empereur avaient prétendu reconnaître la Pragmatique Sanction.

Cependant, Wilhelmine soutint son beau-fils Charles-Albert de Bavière pour la succession au trône impérial, mais revint à la raison puis se retira rapidement de la vie publique.

Après que ses deux filles se furent mariées, elle se retira en 1722 dans un couvent de salésiennes qu’elle avait fondé en 1717, Salesianerinnenkloster auf dem Rennwege, à Vienne [13].

En 1740, Charles VI mourut. Sa fille aînée Marie-Thérèse monta sur le trône et fut proclamée « roi » de Hongrie et de Bohême. En revanche, elle ne pouvait être élue à l’empire et chercha à faire élire son époux François-Étienne de Lorraine .

La Prusse, après avoir soumis la jeune souveraine à un chantage odieux, envahit les possessions habsbourgeoises sans déclaration de guerre. Soutenu par la France, l’électeur de Bavière se proposa pour être élu empereur mais perdit ses états, envahis par l’Autriche. La guerre de Succession d’Autriche [14] eut bien lieu.

Wilhelmine survécut de près de trente ans à son époux et mourut le 10 avril 1742. Elle fut enterrée dans son couvent de Vienne, tandis que son cœur fut placé dans la Crypte des Capucins.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Wilhelmine-Amélie de Brunswick-Lünebourg/ Portail du Saint-Empire romain germanique/ Catégories : Impératrice du Saint Empire/ Reine de Germanie/ Reine consort de Bohême/ Reine consort de Hongrie

Notes

[1] Le duché de Brunswick-Lunebourg était une principauté et un État du Saint-Empire romain germanique, situé dans l’actuel Land de Basse-Saxe. C’est l’une des entités suivantes de l’ancien duché de Saxe, créée en 1235 lorsque l’empereur Frédéric II donna le fief à Othon l’Enfant de la famille des Welf. Le duché a été partagé pour la première fois en 1269, entre les fils d’Othon, Albert 1er et son frère cadet Jean. À partir de là, les principautés de Brunswick-Wolfenbüttel et de Lunebourg constituaient le duché ; plusieurs divisions et fusions ont suivi. Après la dissolution du Saint Empire en 1806, le congrès de Vienne a désigné deux États successeurs : le royaume de Hanovre et le duché de Brunswick.

[2] Le Palatinat-Simmern est un ancien État du Saint Empire romain germanique créé par la division des territoires contrôlés par les comtes palatins du Rhin en 1410. Initialement, sous Étienne de Bavière, il est uni au Palatinat-Deux-Ponts au sein du Palatinat-Simmern-Deux-Ponts. Les deux territoires sont ensuite séparés en 1459 pour devenir deux entités distinctes.

[3] Asnières-sur-Seine, anciennement Asnières jusqu’au 15 février 1968, est une commune française du département des Hauts-de-Seine. Asnières a une histoire commune avec la commune de Gennevilliers.

[4] L’abbaye de Maubuisson, autrefois appelée Notre-Dame-la-Royale, est une ancienne abbaye royale cistercienne fondée en 1236 par Blanche de Castille. Elle est située sur la commune de Saint-Ouen-l’Aumône, non loin du château de Pontoise, dans le Val-d’Oise.

[5] Hanovre (en allemand : Hannover /haˈnoːfɐ/ Écouter) est une ville du Nord de l’Allemagne, capitale du Land de Basse-Saxe et située au bord de la rivière Leine. À partir du 17ème siècle, Hanovre joue un rôle politique international considérable : en 1714, le fils de Ernst-August de Hanovre monte sur le trône de Grande-Bretagne sous le nom de Georges 1er ; cette union personnelle entre la couronne britannique et la principauté de Hanovre procure à celle-ci un prestige considérable.

[6] La guerre de Succession d’Espagne est un conflit qui a opposé plusieurs puissances européennes de 1701 à 1714, dont l’enjeu était la succession au trône d’Espagne à la suite de la mort sans descendance du dernier Habsbourg espagnol Charles II et, à travers lui, la domination en Europe. Dernière grande guerre de Louis XIV, elle permit à la France d’installer un monarque français à Madrid : Philippe V, mais avec un pouvoir réduit, et le renoncement, pour lui et pour sa descendance, au trône de France, même dans le cas où les autres princes du sang français disparaîtraient. Ces conditions ne permettaient pas une union aussi étroite que celle qui était espérée par Louis XIV. La guerre de succession donna néanmoins naissance à la dynastie des Bourbons d’Espagne, qui règne toujours aujourd’hui.

[7] La maison de Habsbourg ou maison d’Autriche est une importante Maison souveraine d’Europe connue entre autres pour avoir fourni tous les empereurs du Saint Empire romain germanique entre 1452 et 1740, ainsi qu’une importante lignée de souverains d’Espagne et de l’empire d’Autriche, puis de la double monarchie austro-hongroise. La dynastie a pris le nom de « Maison de Habsbourg-Lorraine » depuis 1780.

[8] Les Pays-Bas espagnols étaient les États du Saint Empire romain rattachés par union personnelle à la couronne espagnole sous le règne des Habsbourgs, entre 1556 et 1714. Cette région comprenait les actuels Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, ainsi que des territoires situés en France et en Allemagne. La capitale était Bruxelles.

[9] Le duché de Milan était un État dans le nord de la péninsule italienne de 1395 à 1796. En principe fief du Saint Empire romain germanique, il était initialement de facto indépendant. Il passe cependant sous domination française au début du 16ème siècle puis fait partie des possessions des Habsbourg d’Espagne (1535-1706) puis d’Autriche (1706-1796). Les frontières du duché ont varié au cours des siècles, il couvrait surtout la Lombardie incluant Milan et Pavie, les centres traditionnels du vieux royaume d’Italie. Il se situait au centre de l’Italie du Nord, de chaque côté de la partie médiane de la vallée du Pô, bordé, au nord, par les massifs méridionaux des Alpes, les Alpes lépontines, et, au sud, par les hauteurs occidentales des Apennins, les Alpes apuanes.

[10] Le traité de Rastatt de 1714 laissa Naples à l’empereur Charles VI, amorçant une courte domination autrichienne sur le royaume, qui continuait d’être gouverné par un vice-roi, nommé par le pouvoir impérial. En 1720, Charles VI annexa la Sicile et réunifia de nouveau le royaume des Deux-Siciles (toujours sans fondre officiellement Naples et la Sicile, qui restèrent nominalement deux royaumes distincts). Les Bourbons d’Espagne conquirent le royaume de Naples en 1734, ce qui marque le retour à l’indépendance pour Naples après plus de deux cents ans : Naples devient la capitale du royaume réunifié, qui prend le nom officiel de royaume des Deux-Siciles seulement au début du 19ème siècle.

[11] La Sardaigne est une île de la mer Méditerranée et une région italienne, qui se trouve à l’ouest de l’Italie continentale, au sud de la Corse, au nord de la Tunisie et de l’Algérie orientale. Son chef-lieu est la ville de Cagliari. Après une brève parenthèse autrichienne (1708-1718), confirmée par le traité d’Utrecht, le Regnum Sardiniæ est cédé, lors du « traité de Londres (1718) », aux États de Savoie, dont le duc prend le titre de roi de Sardaigne, en échange de la Sicile. Le royaume de Sardaigne est ainsi constitué (désigné généralement sous le nom de Piémont-Sardaigne par les historiens français puisque sa capitale est à Turin et une vice-royauté est installée à Cagliari), et à l’intérieur de celui-ci l’île maintient son statut autonome jusqu’à 1847, année où elle fusionne avec le Piémont et donne le jour à un gouvernement central unique, renonçant ainsi à son autonomie historique.

[12] La Pragmatique Sanction est un édit de l’empereur Charles VI pour s’assurer qu’une femme puisse hériter des territoires héréditaires de la maison de Habsbourg, situés tant à l’intérieur du Saint Empire qu’à l’extérieur. Cette décision fut prise en 1713, réglant la dévolution de sa succession aux possessions héréditaires des Habsbourg. Le chef de cette famille portait le titre d’archiduc d’Autriche et recevait l’archiduché d’Autriche, le royaume de Hongrie, le royaume de Bohême, des territoires italiens et les Pays-Bas. Cette mesure ne concernait pas la dignité d’empereur des Romains, souverain du Saint Empire romain germanique, qui restait élective, bien qu’attitrée à l’archiduc d’Autriche, chef des Habsbourg, depuis des siècles.

[13] Vienne est la capitale et la plus grande ville de l’Autriche ; elle est aussi l’un des neuf Länder du pays. La ville est située dans l’est du pays et traversée par le Danube (Donau). Capitale du duché puis archiduché d’Autriche, elle fut de fait celle du monde germanique durant le règne de la maison de Habsbourg

[14] La guerre de Succession d’Autriche (1740/1748, traité d’Aix-la-Chapelle) est un conflit européen né de la contestation par les États qui y avaient souscrit de la Pragmatique Sanction, par laquelle l’empereur Charles VI du Saint Empire léguait à sa fille Marie-Thérèse d’Autriche les États héréditaires de la maison de Habsbourg.