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Vakhtang 1er d’Ibérie ou saint Vakhtang Gorgasali

samedi 31 août 2019, par ljallamion

Vakhtang 1er d’Ibérie ou saint Vakhtang Gorgasali (440-502/522)

Roi d’Ibérie

Vakhtang 1er d'Ibérie ou saint Vakhtang Gorgasali Roi d'IbérieSon règne est considéré comme l’entrée de l’histoire de la Géorgie [1] dans le Moyen Âge. Il est considéré comme un saint dans l’Église orthodoxe géorgienne.

Fils du roi Mihrdat ou Mithridate V de Karthlie et de son épouse, la reine Sagdoukht de Ran, la fille de Barzabol, marzban [2] perse de Transcaucasie [3].

Vakhtang devient roi d’Ibérie à la mort de son père en 447, alors qu’il n’a que 7 ans. Sa mère exerce alors la régence jusqu’à sa majorité qu’il atteint en 458.

Mais Sagdoukht a laissé durant sa régence les aznaouris [4] prendre le pouvoir et Vakhtang n’est considéré à son avènement que comme un roi fantoche. Mais il n’accepte pas ce titre et soumet la noblesse géorgienne.

Il s’allie une première fois avec les Alains [5], dont il épouse la fille du roi, puis par la suite, avec le Chah de Perse Péroz 1er. Il va avec lui jusqu’en Inde pour combattre les Hephtalites [6] entre 475 et 476 puis retourne en Ibérie [7], ou Karthlie, vers 477.

Selon la légende, l’évêque de Mtskheta [8] Michel 1er lui aurait donné un coup de pied alors qu’il recevait la communion, en 457. Le roi est tellement en colère qu’il le renvoie et veut le remplacer. Il envoie alors une ambassade au nouvel Auguste d’Orient Léon 1er qui lui envoie un certain Petré ou Pierre.

Celui-ci devient évêque de Mtskheta en 457 mais Vakhtang lui offre le glorieux titre de Catholicos [9] d’Ibérie. Vakhtang devient ainsi le fondateur du Catholicossat d’Ibérie [10] qui existe encore aujourd’hui.

En 482, Vakhtang 1er fait assassiner le pitiarkhch ou vitaxe [11] pro-perse Varsken de Gogarène , de la famille des Mihranides [12], pour avoir fait de son pays un pays zoroastrien [13].

Ce dernier est également celui qui fait assassiner Chouchanik Mamikonian , considérée aujourd’hui comme une martyre de l’Église orthodoxe de Géorgie. Pour ce fait, Vakhtang est exilé en Lazique [14], mais revient bientôt à la charge avec plusieurs troupes en Karthlie en 485.

Il est aidé par l’empereur Zénon et bat les Perses en 502. C’est au cours de la bataille finale qu’il reçoit le surnom persan de Gorgassal [15], en rapport avec la forme ou la nature de son casque.

Selon la légende, Vakhtang aurait fondé la ville de Tbilissi [16], aujourd’hui la capitale de la Géorgie, sur des sources d’eau chaude, vers 480.

Il meurt en 502 ou en 522 et est considéré comme un saint de l’Église orthodoxe géorgienne.

La Chronique géorgienne précise que Vakhtang 1er a eu deux épouses : en 459 Balendoukht, princesse perse, fille putative du roi Ormizd III et en 489 Elene, princesse byzantine, parente (fille putative) de l’empereur Léon 1er ou Zénon

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Nodar Assatiani et Alexandre Bendianachvili, Histoire de la Géorgie, Paris, l’Harmattan, 1997, 335 p. (ISBN 2-7384-6186-7)

Notes

[1] Pays sur la côte est de la mer Noire dans le Caucase, situé à la fois en Europe de l’Est et en Asie. Elle est considérée comme faisant culturellement, historiquement et politiquement parlant partie de l’Europe. Sa capitale est Tbilissi.

[2] Classe de margraves ou les commandants militaires en charge des provinces frontalières de l’empire sassanide de Perse (Iran) entre le 3ème et 7ème siècles

[3] La Transcaucasie ou Caucase du Sud est un espace géographique du sud du Caucase composé de la Géorgie, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan. Délimitée au nord par la Ciscaucasie, elle a pour voisins méridionaux la Turquie et l’Iran et est bordée à l’ouest par la mer Noire et à l’est par la mer Caspienne. Élément de la route de la soie reliant la Méditerranée aux grandes plaines de l’Asie centrale, cet isthme ponto-caspien a servi dès l’Antiquité à la circulation des marchandises, mais aussi des armées. Il a toujours été un territoire stratégique convoité par les puissances qui se trouvaient à la périphérie de cet ensemble. Ces puissances sont la Perse, l’Empire romain, l’Empire byzantin, l’Empire ottoman, et l’Empire russe. La région a aussi subi nombre d’invasions : Scythes, Cimmériens, Arabes, Tatars, Mongols et autres s’y sont succédé de l’Antiquité au Moyen Âge. Enfin, elle a vu passer de nombreux peuples marchands, tels les Vénitiens et les Génois.

[4] nobles

[5] Les Alains étaient un groupe de nomades scythes. Les Alains forment un peuple scythique, probablement originaire d’Ossétie. D’ailleurs, les Ossètes d’aujourd’hui se présentent comme les descendants directs des Alains. Ce sont des cavaliers nomades apparentés aux Sarmates et très proches des Iazyges, des Roxolans et des Taïfales.

[6] Huns blancs

[7] L’Ibérie, aussi connue sous le nom d’Ivérie, est le nom donné par les Grecs et les Romains à l’ancien royaume de Karthlie et correspondant approximativement aux parties méridionale et orientale de l’actuelle République de Géorgie. Les Ibères du Caucase forment une base pour le futur État géorgien et, en même temps que les Colches de Colchide, le noyau de la population géorgienne actuelle. La région n’était, jadis, habitée que par quelques tribus qui faisaient partie du peuple appelé « Ibères ».

[8] Mtskheta est l’une des plus vieilles villes de Géorgie. Situé dans la province de Karthlie, dans l’est du pays, près de Tbilissi, Mtskheta fut la capitale du royaume d’Ibérie du 3ème siècle av. jc au 5ème siècle. C’est à Mtskheta que les Géorgiens commencèrent à se convertir au christianisme ; le Catholicossat-Patriarcat de toute la Géorgie y est encore basé.

[9] Le titre de catholicos est un titre équivalent à celui de patriarche porté par des dignitaires de plusieurs Églises orthodoxes orientales, notamment les Églises de la tradition nestorienne et les Églises monophysites, en particulier l’Église apostolique arménienne.

[10] L’Église orthodoxe géorgienne ou le catholicossat-patriarcat de Géorgie est une juridiction autocéphale de l’Église orthodoxe en Géorgie. Le primat de l’Église porte le titre d’Archevêque de Mtskheta et de Tbilissi, Catholicos-Patriarche de toute la Géorgie, avec résidence à Tbilissi. L’Église orthodoxe géorgienne, fondée au 1er siècle par l’apôtre saint André, est une des plus anciennes Églises orthodoxes autocéphales du monde. Au début du 4ème siècle, en 317, à l’aide de sainte Nino de Cappadoce, le christianisme fut déclaré religion officielle de la Géorgie. L’Église orthodoxe géorgienne est autocéphale depuis 484

[11] vice-roi

[12] Les Mihranides ou Maison de Mihrān sont une dynastie iranienne issue des sept grands clans ou maisons parthes des empires arsacide et sassanide.

[13] Le zoroastrisme est une religion monothéiste de l’Iran ancien. Elle est une adaptation du mazdéisme et tire son nom de son « prophète » ou fondateur Zarathoustra, dont le nom a été transcrit en Zoroastre par les Grecs. Cette réforme est intervenue au cours du 1er millénaire av. jc. Le zoroastrisme a fait fonction de religion officielle de l’empire perse à trois reprises (sous le roi Hystaspès, sous les Achéménides, et sous les Sassanides jusqu’en 651, date de l’assassinat du dernier roi zoroastrien). Malgré l’arrivée de l’islam et les persécutions qui en découlèrent, il a réussi à se maintenir dans le patrimoine culturel iranien, afghan et d’Asie centrale. En effet, les Iraniens, les Kurdes et les Afghans, indépendamment de leur religion, accordent beaucoup d’importance aux fêtes zoroastriennes, en particulier celle de Nowruz, le nouvel an zoroastrien, célébré le 21 mars

[14] Le royaume de Lazique, souvent simplifié en Lazique, ou encore Egrisi, est un ancien royaume situé dans l’ouest de la Géorgie entre le 1er siècle av. jc et le 7ème siècle. Il est situé sur une large partie de l’ancien royaume de Colchide, dont il est souvent désigné comme successeur après son intégration dans l’Empire romain. Durant une large partie de son existence, la Lazique était un protectorat de l’Empire byzantin.

[15] Tête de loup

[16] Tbilissi (en géorgien თბილისი, t’bi-li-si) est la capitale de la République de Géorgie, sur les rives de la rivière Koura (ou Mt’kvari). Située stratégiquement au cœur du Caucase, entre l’Europe et l’Asie, elle devient le principal objet de rivalités entre les différentes puissances voisines telles que l’Empire byzantin, la Perse, l’Arabie et la Turquie seldjoukide. Le développement culturel de la ville dépend ainsi des différents empires la dominant du 6ème au 10ème siècle. Toutefois, Tbilissi, comme le reste de la Géorgie orientale, réussit à préserver une autonomie notable vis-à-vis de ses conquérants. À partir de 570/580, les Perses prennent Tbilissi et y règnent pour environ une décennie. En 627, elle est prise et saccagée par les armées byzantines et khazares. Vers 737, les Arabes entrent dans la ville sous le commandement de Marwan al-J`adîy al-Himâr et établissent un émirat dans la région avec pour capitale Tbilissi. En 764, la ville est à nouveau prise par les Khazars mais reste sous domination arabe. En 853, les armées du général arabe Boughba le Turc envahissent Tbilissi dans le but d’établir une domination abbasside dans le Caucase. La domination arabe sur Tbilissi continue ainsi jusque dans les années 1050, les Géorgiens y résidant ne pouvant se révolter.