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Frédéric III de Danemark

dimanche 18 août 2019, par ljallamion

Frédéric III de Danemark (1609-1670)

Roi de Danemark-Norvège du 28 février 1648 à sa mort

Frédéric III de Danemark Roi de Danemark-Norvège du 28 février 1648 à sa mortIl appartient à la dynastie des Oldenbourg [1], commencée par Christian 1er . Fils cadet de Christian IV, roi de Danemark et de Norvège, et d’Anne Catherine de Brandebourg, il succède à son père en 1648, son frère aîné étant mort en juin 1647.

Le 1er octobre 1643, il épouse à Glückstadt [2] Sophie-Amélie de Brunswick-Calenberg , fille du duc Georges de Brunswick-Calenberg et d’ Anne-Éléonore de Hesse-Darmstadt .

Sa position comme plus jeune fils de Christian IV a profondément influencé sa vie future. Pendant son enfance et son adolescence, il n’était pas l’héritier du trône et par conséquent, il devint l’instrument de son père dans son désir d’expansion en Allemagne.

Alors qu’il était encore jeune homme, il devint évêque de Brême-et-Verden [3], coadjuteur [4] d’Halberstadt [5]. À l’âge de dix-huit ans, il fut promu commandant en chef de la forteresse de Stade. Ainsi, dès son plus jeune âge, il acquit une considérable expérience comme administrateur. Il eut toujours un goût très prononcé pour les études littéraires et scientifiques.

Au cours de la guerre qui opposa le Danemark à la Suède en 1643/1645, Frédéric fut nommé commandant des duchés par son père et remporta peu de victoires, la cause principale incombant à des querelles qui l’opposèrent au maréchal Anders Bille , commandant en chef des forces danoises. Ce fut son premier affrontement avec la noblesse danoise qui considéra toujours Frédéric avec méfiance.

Son règne est marqué par des conflits internes et la lutte pour la suprématie en mer Baltique.

La mort de son frère aîné Christian, en juin 1647 lui ouvrit la perspective de devenir prince héritier. La question était encore en suspens lorsque Christian IV mourut le 28 février 1648. Jusqu’au 6 juillet 1648, les sujets du nouveau roi Frédéric III refusèrent de lui prêter hommage. Celui-ci eut lieu lorsque le roi signa une charte par laquelle il réduisait les prérogatives royales.

Frédéric III fut un prince réservé et énigmatique, riant rarement, parlant peu, écrivant encore moins, tout à l’inverse de son père Christian IV. Frédéric III n’avait pas les qualités impulsives et joviales de son père, mais possédait à un haut degré les vertus de la modération et de la maîtrise de soi. Il fut un fervent collectionneur et fonda la Bibliothèque royale de Copenhague [6] en 1648.

Les premières années de son règne furent marquées par une secrète résistance contre les deux hommes les plus puissants du royaume : Korfits Ulfeldt et Hannibal Sehested . Tous deux furent démis de leurs fonctions en 1651. Korfits Ulfeldt s’exila en Suède où il devint un traître et Hannibal Sehested fit un retour en faveur en 1660.

Frédéric III considéra à juste titre comme une source de danger pour son pays l’accession au trône de Charles X Gustave le 6 juin 1654. Il estimait que le tempérament et la politique de Charles X Gustave de Suède se conjuguaient pour stimuler l’agressivité suédoise. La seule incertitude était de savoir dans quelle direction se tourneraient les bras de Charles X Gustave de Suède en premier ?

Charles X Gustave envahit la Pologne en juillet 1654. Ce fut un soulagement pour les Danois, même si la guerre était pleine de dangers latents pour le Danemark. Le Risgsdag [7] se réunit le 23 février 1657 et accorda volontiers de considérables subventions pour la mobilisation et les dépenses militaires. Le 23 avril 1657, Frédéric III reçut l’avis de la majorité de la Rigsraad [8] pour attaquer les possessions suédoises en Allemagne. Début mai 1557, Frédéric III attendit la rupture des négociations et le 1er juillet 1657 il signa le manifeste justifiant la guerre. Ce conflit ne fut donc jamais officiellement déclaré.

Charles X Gustave déjoua tous les plans de ses ennemis en attaquant par le Jutland [9], en traversant en janvier et février 1658 les détroits danois [10] pris par les glaces, menaçant ainsi directement Copenhague et l’existence même du Danemark comme royaume indépendant. Devant cette écrasante défaite, Frédéric III dut capituler.

Cédant aux instances de ses alliés Français, le roi de Suède se contenta de mutiler, plutôt que d’anéantir, la couronne danoise. Frédéric III signa le 26 février 1658 le traité de Roskilde [11] par lequel il abandonnait à la Suède ses provinces au sud de la péninsule scandinave [12].

La conclusion de la paix fut suivie d’un épisode surprenant. En effet, le roi du Danemark exprima le désir de faire connaissance de son vainqueur. Charles X Gustave consentit à être l’invité du roi du Danemark pendant 3 jours. Il fut reçu au château de Frederiksborg [13] du 3 mars au 5 mars 1658. De splendides banquets eurent lieu jusque tard dans la nuit et des conversations privées se déroulèrent entre les deux souverains qui sortaient tout juste d’une lutte à mort.

Cependant Charles X Gustave de Suède insatiable de conquêtes et soupçonneux envers le Danemark envahit ce dernier sans motif raisonnable et sans déclaration de guerre, au mépris de toutes les lois internationales en vigueur à cette époque. Il débarqua ainsi à Korsør [14] sur l’île de Seeland [15] le 17 juillet 1658. Personne n’avait prévu la possibilité de cette soudaine et brutale attaque, personne n’ignorait au Danemark que la capitale danoise était très mal fortifiée et possédait une faible garnison.

Heureusement, Frédéric III ne perdit jamais courage. « Je vais mourir dans mon nid » tels furent les mots mémorables par lesquels il réprimanda les conseillers qui lui recommandaient la sécurité. Le 8 août 1658, les représentants de tous les ordres de la capitale exhortèrent à la nécessité d’une vigoureuse résistance et les habitants de Copenhague, dirigés par le bourgmestre [16] Hans Nansen protestèrent de leur inébranlable loyauté envers le roi et leur détermination à défendre Copenhague jusqu’à l’extrémité.

Les Danois furent alertés 3 jours avant l’approche du danger. Les vastes et vétustes lignes de défense comportaient seulement 2000 défenseurs. Mais le gouvernement et le peuple firent preuve d’une mémorable et exemplaire énergie sous la surveillance du roi, de la reine et du bourgmestre Nansen. Au début de septembre 1658, toutes les infrastructures furent réparées, les murs et les canons installés et 7000 hommes en armes furent disposés.

La ville fut si fortement fortifiée que Charles X Gustave de Suède renonça à lancer l’assaut sur Copenhague et commença le siège. Par la suite, il convertit le siège en blocus maritime, empêchant ainsi l’approvisionnement de la capitale par la flotte néerlandaise. La défaite navale de l’Øresund [17], le 29 octobre 1658, força Charles X Gustave à mettre fin au blocus de la capitale danoise et il finit par abandonner entièrement le siège. Le roi de Suède préparait pourtant une autre attaque contre le Danemark, lorsqu’il mourut en 1660. Les Néerlandais aidèrent ensuite à la libération des îles danoises en 1659. Ainsi Copenhague sauva la monarchie danoise.

Frédéric III profita de la défense des intérêts communs du pays et de la dynastie. La traditionnelle loyauté des Danois des classes moyennes se transforma en un enthousiasme débordant pour le roi et pendant une brève période, Frédéric III fut l’homme le plus populaire en son royaume. Il fit usage de sa popularité pour réaliser le rêve de sa vie en instaurant la monarchie absolue en 1660.

Sous le règne de Frédéric III le pouvoir absolu est donc établi au Danemark. Pendant la Guerre de Trente Ans [18], le pouvoir monarchique de Christian IV était devenu économiquement dépendant des grands négociants et financiers flamands par des prêts exorbitants. Il lui avait donc fallu s’allier politiquement avec les milieux des négociants, ce qui avait eu pour résultat que le pouvoir de la noblesse s’était affaibli aussi bien politiquement qu’économiquement.

Dans une assemblée des états à Copenhague en 1660, le roi Frédéric III et les grands négociants réussissent à prendre le pouvoir.

Le pouvoir absolu a demeuré jusqu’en 1849, date à laquelle, sous le règne du roi Frédéric VII , la constitution dite démocratique a été promulguée.

Pendant les dix dernières années de son règne, la popularité de Frédéric déclina. La monarchie une fois consolidée, il tenta de panser les plaies de la guerre. Il transforma l’administration et de nouveaux hommes accédèrent au gouvernement qui fut marqué par des rivalités entre ministres et conseillers, comme celle d’Hannibal Sehested et de Christopher Gabel . Au cours de cette période dite Kongelove [19], la constitution danoise de la monarchie absolue fut rédigée en 1665. Copenhague devint une ville de garnison et la défense du pays fut renforcée.

En 1665, Frédéric III eut l’occasion de rendre le service rendu par les Néerlandais en 1558 et 1559 en empêchant les Anglais de prendre la cargaison néerlandaise en provenance des Indes Orientales. La flotte des Pays-Bas trouva refuge en Norvège et les Anglais persuadèrent Frédéric III de partager la cargaison avec eux, mais avant que la flotte danoise n’eût atteint Bergen [20], le commandant de la forteresse avait déjà acheminé les navires anglais.

Le 2 août 1665 eut lieu la bataille de Vågen [21] qui vit la défaite des Anglais.

Frédéric III décéda le 9 février 1670 au château de Copenhague [22] et fut inhumé en la cathédrale de Roskilde [23].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Frédéric III de Danemark/ Portail du Danemark/ Monarques de Danemark

Notes

[1] La maison d’Oldenbourg est une famille de la noblesse allemande issue du comté d’Oldenbourg, au nord de la Basse-Saxe. Après s’être implantée au Schleswig-Holstein, elle est devenue maison régnante au Danemark, puis dans plusieurs pays d’Europe. Le premier comte d’Oldenbourg, Egilmar, semble avoir principalement dominé la région de Wildeshausen. S’il possède déjà la ville d’Oldenbourg, elle ne deviendra le centre du pouvoir de la famille qu’à partir de Christian le Querelleur, vers 1143. Cette famille règne sur le Danemark depuis 1448 et sur la Norvège depuis 1905.

[2] Glückstadt est une ville d’Allemagne dans le Schleswig-Holstein sur la rive de l’Elbe, à 45 km au nord-ouest d’Altona. Glückstadt a été fondée par Christian IV de Danemark en 1617 et fortifiée en 1620. Elle est devenue immédiatement un important centre commercial, en compétition avec Hambourg, situé également sur l’Elbe.

[3] Brême-et-Verden est le nom donné à un ancien État du Saint Empire romain germanique, formé par le duché de Brême et la principauté de Verden. Il avait pour capitale Stade, et comptait 6,684 km² (5,325 km² pour le duché de Brême et 1,359 km² pour la principauté de Verden). Les évêchés de Brême et de Verden acquirent l’immédiateté impériale en 1180, et étaient gouvernés par des princes évêques.

[4] Un évêque ou archevêque coadjuteur est un évêque nommé, comme un évêque auxiliaire, aux côtés d’un évêque diocésain, mais avec droit de succession immédiate sur le siège de l’évêque à qui il est adjoint après la démission ou le décès de ce dernier. La nomination d’un coadjuteur permet une période de prise de connaissance du diocèse pour le nouvel arrivant et de transition sans interruption entre deux épiscopats.

[5] Halberstadt est une ville allemande. Elle est située dans l’ouest du land de Saxe-Anhalt et est le chef-lieu de l’arrondissement de Harz. Le premier prince évêque d’Halberstadt qui propagea le protestantisme était Henri-Jules, aussi duc de Brunswick-Lunebourg et prince de Wolfenbüttel, en 1591. Néanmoins, jusqu’à la fin de la guerre de Trente Ans, les deux confessions, catholique et luthérienne, étaient représentées au sein du chapitre canonial. En 1629, Halberstadt fut occupée pour la seconde fois par les armées de Wallenstein. Le général en chef du Saint Empire restitua de façon éphémère la cathédrale et l’église Notre-Dame aux catholiques et le 18 janvier 1630 il fit lui-même une entrée triomphale dans la ville. Après la guerre, en 1648, l’ancien prince évêché d’Halberstadt fut sécularisé et annexé comme domaine ducal à l’État de Brandebourg-Prusse

[6] La Bibliothèque royale est la bibliothèque nationale du Danemark et une des plus grandes bibliothèques de Scandinavie. Elle est située à Copenhague. La bibliothèque a été fondée par le roi Frédéric III, qui en nomme le premier bibliothécaire le 25 octobre 1653. Ce roi acquiert trois importantes bibliothèques privées qui sont réunies à la sienne propre pour former le noyau des collections de la bibliothèque royale. Ce fonds est installé en 1673 dans un bâtiment propre (les actuelles Archives nationales) et le dépôt légal est institué en 1697. Le public est admis depuis 1793.

[7] Le Rigsdag était le nom du parlement danois

[8] Le Riksråd, Rigsråd ou encore Rigsraad est le nom donné aux conseils qui gouvernaient la Norvège, la Suède et le Danemark en parallèle de leurs rois respectifs. Le Riksråd de Norvège est aboli par le roi du Danemark et de Norvège en 1536 alors qu’il perdure au Danemark jusqu’en 1660 ; en Suède, le conseil ne perd de son influence qu’au 17ème siècle.

[9] Le Jutland, est la péninsule formant la partie continentale du Danemark.

[10] grand Belt et petit Belt

[11] Le traité de Roskilde ou paix de Roskilde est un traité conclu le 26 février 1658 (8 mars 1658 dans le calendrier grégorien) par le royaume de Suède et le Danemark-Norvège à Roskilde au Danemark, mettant fin à la guerre dano-suédoise de 1657-1658, faisant ainsi cesser provisoirement la première guerre du Nord, conflit plus global, entre les deux pays. Le roi Frédéric III de Danemark cède ses provinces du sud de la péninsule Scandinave à Charles X Gustave de Suède.

[12] Scanie, Blekinge, Halland, Bohuslän

[13] Le château de Frederiksborg est un château danois construit pour Christian IV à Hillerød. Il s’agit du plus grand palais de Scandinavie. Il symbolise la puissance de la monarchie absolue danoise. En effet, la famille royale y résidait et les rois y étaient sacrés lorsque le Danemark était une monarchie absolue s’étendant sur une partie de la Suède actuelle et jusqu’à la Norvège. Ses proportions exceptionnelles, sa splendeur font de lui le Versailles danois.

[14] Korsør est une ville portuaire danoise de la municipalité de Slagelse, située dans le Grand Belt sur l’île de Seeland, au sud du pont du Grand Belt. Elle est le siège d’une des trois bases de la marine royale danoise.

[15] L’île de Seeland est la plus grande île du Danemark et où se concentre la majorité de la population. C’est dans l’est de cette île qu’est située Copenhague, la capitale du Danemark. L’île forme la majorité du territoire de la région de Sjælland, à laquelle elle donne son nom. La région de la capitale se trouve aussi (en grande partie) sur l’île, mais constitue une entité administrative séparée.

[16] Le bourgmestre est le détenteur du pouvoir exécutif au niveau communal, en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en Hongrie, au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Pologne, au Liechtenstein et en République démocratique du Congo. Ce titre correspond à celui de maire en France et au Canada, ou à celui de syndic, de maire ou de président de commune en Suisse.

[17] Le contrôle du détroit a été un enjeu important dans l’histoire du Danemark et de la Suède. Le Danemark a longtemps gardé un contrôle militaire avec ses forteresses côtières de Kronborg à Helsingør, sur la côte ouest, et, jusqu’en 1658, de Kärnan à Helsingborg, sur la côte est. Ces deux forteresses sont situées au point le plus resserré du détroit.

[18] La guerre de Trente Ans est une série de conflits armés qui a déchiré l’Europe de 1618 à 1648. Les causes en sont multiples mais son déclencheur est la révolte des sujets tchèques protestants de la maison de Habsbourg, la répression qui suivit et le désir de ces derniers d’accroître leur hégémonie et celle de la religion catholique dans le Saint-Empire. Ces conflits ont opposé le camp des Habsbourg d’Espagne et du Saint-Empire, soutenus par l’Église catholique romaine, aux États allemands protestants du Saint-Empire, auxquels étaient alliées les puissances européennes voisines à majorité protestante, Provinces-Unies et pays scandinaves, ainsi que la France qui, bien que catholique et luttant contre les protestants chez elle, entendait réduire la puissance de la maison de Habsbourg sur le continent européen.

[19] Lex Regia

[20] Bergen est une ville du Sud-ouest de la Norvège, capitale du comté de Hordaland. Bergen est la deuxième ville du pays. C’est également une ville portuaire, une ville universitaire, et un évêché.

[21] La bataille de Vågen ou de Bergen est une bataille navale entre une flotte hollandaise marchande et du trésor et une flottille anglaise de vaisseaux de guerre en août 1665, prenant part à la Deuxième guerre anglo-néerlandaise. La bataille eut lieu dans la baie de Vågen, domaine principal de la ville neutre de Bergen. En raison d’un retard de transmission d’ordres, les commandants norvégiens prirent le parti des Hollandais, contrairement aux intentions secrètes du roi du Danemark. La bataille se termina par la défaite de la flotte anglaise, qui battit en retraite, très endommagée, mais sans avoir perdu aucun bateau. La flotte du trésor fut secourue par la flotte hollandaise dix-sept jours plus tard.

[22] Fondée au 10ème siècle par les Vikings, Copenhague est à l’origine un village de pêcheurs, fortifié en 1167. La ville devient la capitale du Royaume de Danemark dès le début du 15ème siècle. Au cours du 17ème siècle, sous le règne du roi Christian IV, elle devient une des plus grandes villes d’Europe du Nord, renforçant son statut de capitale.

[23] La cathédrale de la Sainte-Trinité de Roskilde est un monument historique et une nécropole royale de la ville de Roskilde, au Danemark. Elle était l’église principale de l’ancien archidiocèse de Roskilde avant l’émergence du luthéranisme.