Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Arcangelo Corelli

samedi 17 août 2019, par ljallamion

Arcangelo Corelli (1653-1713)

Violoniste et compositeur italien

Portrait d'Arcangelo Corelli par Jan Frans van Douven (avant 1713).Né à Fusignano [1], près de Ravenne. Il est considéré comme l’un des compositeurs majeurs de la période baroque.

Cinquième enfant d’une famille aisée de propriétaires terriens. Il reçut probablement ses premières leçons d’un professeur local, avant de partir en 1666 à Bologne [2] pour y apprendre le violon auprès de deux célèbres violonistes : Leonardo Brugnoli et Giovanni Benvenuti. En 1671, il se rend à Rome et devient violoniste de l’église Saint-Louis-des-Français [3].

Il pourrait avoir voyagé en Europe avant de s’installer définitivement à Rome où il passa presque tout le reste de sa vie, ne la quittant que pour un court voyage à Naples.

À Rome, il parvient à se placer sous la protection de puissants mécènes, ce qui lui permet de mener une vie sans soucis financiers et de soigner particulièrement une œuvre assez réduite en nombre de pièces, mais de très grande qualité, entièrement destinée au violon et à l’orchestre à cordes. Il se retira de la vie publique vers 1708. Il jouissait alors d’une solide aisance financière, avait une collection de tableaux de maîtres, était généreux envers ses proches.

Sa renommée en tant que violoniste et chef d’orchestre était très grande, et plus encore, peut-être, que celle de compositeur dont la publication des œuvres était pourtant guettée avec impatience dans toute l’Europe.

Corelli a été en contact avec de nombreux collègues musiciens : Bernardo Pasquini, Alessandro Scarlatti , etc. Georg Muffat et Georg Friedrich Haendel tinrent à le rencontrer lorsqu’ils firent, les uns et les autres, leur voyage en Italie.

Il fit partie de plusieurs sociétés savantes : Académie de Bologne [4], Congrégation des virtuoses de Sainte-Cécile, Académie d’Arcadie [5], où il prit le pseudonyme d’Arcomelo Erimanteo.

Son influence fut très grande, à la fois dans la diffusion de formes nouvelles et dans la technique du violon. Ce rayonnement s’est exercé largement au-delà des frontières italiennes. Par exemple, Jean-Sébastien Bach et François Couperin l’admiraient beaucoup.

Corelli eut par ailleurs de nombreux disciples violonistes et compositeurs qui essaimèrent dans différents pays. On considère généralement que Corelli est l’initiateur de la technique moderne du violon, bien qu’il ne fût pas tenté par la virtuosité pure. Il est tout à fait représentatif du style baroque italien, caractérisé par l’emploi d’une ornementation riche, d’un continuo composé de plusieurs instrumentistes comme l’attestent plusieurs peintures contemporaines.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Piero Buscaroli, « CORELLI, Arcangelo », dans Enciclopedia Treccani, vol. 29 : Dizionario Biografico degli Italiani, Rome, Istituto dell’Enciclopedia Italiana,‎ 1983

Notes

[1] Fusignano (Fusgnàn en dialecte romagnol) est une commune italienne de la province de Ravenne dans la région Émilie-Romagne en Italie. En 1445, le pape Eugène IV céda Fusignano, avec d’autres forteresses de la basse Romagne, à la Maison d’Este de Ferrare. En 1467, Borso d’Este donna le château et les territoires de Fusignano à Teofilo Calcagnini. Le 6 juin 1535, Domenico Nicola Mancini fut nommé « marquis de Fusignano » par le duc Francesco d’Este, descendant de Francesco Mancini et souche de la branche napolitaine de la famille Mancini. En 1598, fin de la dynastie d’Este, Fusignano et tout le duché retournèrent aux États de l’Église, insérés dans la Légation de Ferrare jusqu’en 1859 pour passer finalement dans la province de Ravenne.

[2] Bologne est une ville italienne située dans le nord-est du pays, entre le Pô et les Apennins. C’est le chef-lieu de la région d’Émilie-Romagne (plaine du Pô) et de la province de même nom et l’une des principales villes d’Italie. Elle est considérée comme le siège de la plus ancienne université du monde occidental puisqu’elle a été fondée en 1088. Plus de 900 ans après sa fondation, l’université est encore aujourd’hui le cœur de la ville

[3] L’église Saint-Louis-des-Français est une église romaine située entre le Panthéon et la place Navone. Elle est l’église nationale des Français à Rome. Dessinée par Giacomo della Porta et principalement réalisée par Domenico Fontana, l’église fut construite entre 1518 et 1589 sur des terrains appartenant aux Médicis avant d’être consacrée en 1589. Ce fut le cardinal Jules de Médicis, le futur pape Clément VII, qui en posa la première pierre, et ce fut grâce aux Valois Henri II, Henri III, Catherine de Médicis et au Duc Charles III de Lorraine que sa construction pu être menée à bien sous la direction du cardinal Matthieu Contarelli

[4] L’Accademia Filarmonica di Bologna (Académie philharmonique de Bologne) est une institution pour l’enseignement de la musique située à Bologne. L’Accademia de’ Filarmonici a été fondée comme une association de musiciens à Bologne en 1666 par Vincenzo Maria Carrati. Saint Antoine de Padoue a été choisi comme Saint patron de l’institution, et un orgue avec la devise Unitate mélos comme son emblème. Grâce à l’influence de Pietro Ottoboni, le statut de l’académie a été approuvé par Clément XI en 1716. En 1749, Benoît XIV a décrété que l’Académie pourrait accorder le titre de Maestro di cappella

[5] L’Académie d’Arcadie ou Académie des Arcades de Rome, l’Accademia dell’Arcadia en italien, fut fondée à Rome le 5 octobre 1690 par des poètes qui avaient appartenu à l’entourage de la reine Christine de Suède.