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Mirvan III d’Ibérie ou Mirian III d’Ibérie

mercredi 12 décembre 2018

Mirvan III d’Ibérie ou Mirian III d’Ibérie (vers 277-361)

Fondateur de la dynastie des Chosroïdes-Roi d’Ibérie de 284 à 361

Selon les Chroniques géorgiennes [1], il serait le fils d’un roi perse nommé Kasré ou Kasré Ardachir et d’une esclave. Il aurait été choisi par son père à l’âge de 7 ans pour épouser en 284, à la demande de la noblesse géorgienne, Abeschoura, la fille et héritière d’ Aspagour 1er , le dernier roi arsacide [2].

Il règne au début comme vassal de la Perse où se succède son père puis son frère nommé Bartom par la Chronique géorgienne et enfin son neveu.

Selon Pierre le Patrice, il est également reconnu par Rome en 298 lors de la Paix de Nisibe [3] qui prévoit qu’il recevra des Romains les insignes royaux.

Dans ce contexte, il se rapproche ensuite de l’Arménie à la suite de l’union de son fils aîné Rev II, associé au trône, avec la fille de Tiridate IV d’Arménie, et de l’empereur romain Constantin 1er, qui reçoit son autre fils Bakar comme otage à Rome.

Le roi Mirian III devient le premier roi chrétien d’Ibérie [4]. Il établit le christianisme comme religion d’État. Il fonde une église dans sa capitale Mtskheta [5] sur le lieu où est plus tard élevée la cathédrale de Svétitskhovéli [6].

La conversion vers 337 du roi et de son épouse, la reine Nana, qui bénéficie d’une guérison miraculeuse, est longuement décrite dans la Chronique géorgienne.

En se convertissant au christianisme en 337 au-delà du choix spirituel, Mirian III fait un choix politique car il s’affranchit du puissant clergé païen de l’époque et obtient le soutien, contre les menaces iraniennes, de la puissante communauté chrétienne implantée déjà dans de nombreuses villes de l’Empire romain.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du livre de Cyrille Toumanoff, Les dynasties de la Caucasie chrétienne de l’Antiquité jusqu’au xixe siècle : Tables généalogiques et chronologiques, Rome, 1990

Notes

[1] Les Chroniques géorgiennes désignent conventionnellement le principal recueil de textes historiques médiévaux de Géorgie Kartlis Tskhovreba , le Karthli étant la région de la Géorgie ancienne et médiévale connue dans l’Antiquité classique et encore sous l’Empire byzantin sous le nom d’Ibérie du Caucase. Les chroniques sont également connues sous le nom d’« Annales royales de Géorgie » car elles constituent l’essentiel du corpus officiel de l’histoire du royaume de Géorgie.

[2] Les Arsacides sont la dynastie des rois parthes ayant régné sur l’Iran pour former l’empire parthe. Fondée en 250 av. jc par Arsace 1er, elle conserve le trône jusqu’en l’an 224 de notre ère, et est remplacée par celle des Sassanides. Selon les Chroniques géorgiennes, une lignée de princes arsacides règne également sur l’Ibérie (Karthli) à partir de 189 avec Rev 1er le Juste fils d’un « Grand Roi » parthe anonyme identifié par Cyrille Toumanoff avec Vologèse V et d’une princesse autochtone. Cette famille s’éteint avec la princesse Abechoura, fille du roi Aspagour 1er, qui épouse en 284 Mirvan III d’Ibérie, le fondateur de la dynastie dite des Chosroïdes.

[3] La Paix de Nisibis ou Nisibe est un accord conclu entre l’Empire romain et les Sassanides à Nisibe (aujourd’hui Nusaybin en Turquie) en 298 selon la date traditionnelle ou peut être en 299. Cet accord qui met fin à la première guerre perso romaine fait suite à la victoire en 297 du César Galère sur le grand roi Narseh dont la famille et les trésors sont capturés. Les Sassanides reconnaissent la suzeraineté de Rome sur le royaume d’Arménie où Tiridate IV est établi.

[4] L’Ibérie, aussi connue sous le nom d’Ivérie, est le nom donné par les Grecs et les Romains à l’ancien royaume de Karthlie et correspondant approximativement aux parties méridionale et orientale de l’actuelle République de Géorgie. Les Ibères du Caucase forment une base pour le futur État géorgien et, en même temps que les Colches de Colchide, le noyau de la population géorgienne actuelle. La région n’était, jadis, habitée que par quelques tribus qui faisaient partie du peuple appelé « Ibères ».

[5] Mtskheta est l’une des plus vieilles villes de Géorgie. Situé dans la province de Karthlie, dans l’est du pays, près de Tbilissi, Mtskheta fut la capitale du royaume d’Ibérie du 3ème siècle av. jc au 5ème siècle. C’est à Mtskheta que les Géorgiens commencèrent à se convertir au christianisme. Le Catholicossat-Patriarcat de toute la Géorgie y est encore basé.

[6] C’est au 4ème siècle, peu après sa conversion au christianisme survenue en 337, que le roi Mirvan III, ou Mirian III, fit ériger la première église de Géorgie sur l’emplacement présumé de la tombe de sainte Sidonie. Le choix de cet emplacement lui fut inspiré par sainte Nino, qui avait joué un grand rôle dans la conversion du roi et de la reine Nana. Cette église primitive était en bois. Elle se situait à Mtskheta, une des plus vieilles villes de Géorgie (à 20 km de Tbilissi) et antique capitale du royaume d’Ibérie.