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Procope de Césarée

mardi 11 août 2015

Procope de Césarée (vers 500-vers 565)

Auteur byzantin

Son œuvre est consacrée au règne de l’empereur Justinien. Secrétaire du général Bélisaire, il accompagna celui-ci à la guerre, devint le principal historien du 6ème siècle et probablement le dernier grand historien du monde antique. Ses principaux ouvrages sont “les Guerres de Justinien, Sur les constructions de Justinien (aussi connu sous le nom des Édifices) et l’Histoire secrète.”

Outre ses propres écrits, la principale source d’information sur la vie de Procope est une entrée de la Souda [1].

On croit qu’il aurait reçu dans sa jeunesse l’éducation typique d’un fils de bonne famille portant d’abord sur les classiques grecs, puis s’initiant à la rhétorique, possiblement à la prestigieuse École de Gaza. Il aurait alors fréquenté l’école de droit de Berytus [2] ou de Constantinople où il aurait gradué avec le titre de rhéteur [3].

Il connaissait le latin comme il était d’usage pour un étudiant en droit. En 527, première année du règne de Justinien, il devint adsessor [4] de Bélisaire, commandant en chef des armées de Justinien qui commençait alors une brillante carrière.

Procope resta avec Bélisaire sur le front oriental jusqu’à la défaite de Callicinium [5] en 531 et le rappel de ce dernier à Constantinople.

Il fut témoin des révoltes de Nika [6] en janvier 532 que Bélisaire et son collègue, le général Mundo , réprimèrent lors d’un massacre dans l’hippodrome [7]. Il accompagna à nouveau Bélisaire dans son expédition victorieuse contre les Vandales [8] en Afrique du Nord, prit part à la capture de Carthage et demeura en Afrique avec le successeur de Bélisaire, Solomon l’Eunuque , lorsque Bélisaire dut retourner à Constantinople.

Il rejoignit le camp de Bélisaire lors de la campagne contre les royaumes ostrogoths [9] d’Italie et participa au siège de Rome qui dura un an et neuf jours pour se terminer à la mi-mars 538. Il fut témoin de l’entrée de Bélisaire dans la capitale goth, Ravenne, en 540.

L“e Livre Huit des Guerres de Justinien et l’Histoire secrète” laissent croire que ses relations avec Bélisaire se sont refroidies par la suite. Il est de retour à Constantinople en 542 alors que sévit la grande peste qu’il décrira avec force détails.

Lors du retour de Bélisaire en Italie en 544 pour faire face à la reprise des combats avec les Goths menés par leur chef Totila, Procope ne semble plus avoir fait partie de la maison du général. Il resta cependant en faveur à la cour puisqu’il fut promu au rang d’illustris par l’empereur et il se peut que ce soit le même Procope qui en 562 fut nommé préfet de la cité.

Son œuvre fut poursuivie après sa mort par le poète et historien Agathias le Scholastique .

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de D. Roques. La Guerre contre les Vandales, Guerres de Justinien, livres 3-4. La Roue à Livres, Les Belles Lettres, Paris, 1990.

Notes

[1] encyclopédie byzantine du xe siècle

[2] aujourd’hui Beyrouth

[3] avocat

[4] conseiller légal

[5] La bataille de Callinicum opposa l’armée de l’empire byzantin sous le commandement du général Bélisaire à celle des Perses Sassanides dirigée par Sepahbod Azarethes le 19 avril 531 dans le cadre de la guerre d’Ibérie. Bélisaire avait été engagé dans des escarmouches avec les forces persanes à la suite de la bataille de Dara en vue d’une mise en déroute. Néanmoins, la victoire revint aux Perses à Callinicum ce qui conduit au retrait des deux armées.

[6] La sédition Nika est un soulèvement populaire à Constantinople qui fait vaciller le trône de l’empereur Justinien en 532. Bien que nous disposions des témoignages capitaux de Jean Malalas, de Procope de Césarée, du Chronicon Pascale et de Théophane le Confesseur, de nombreuses obscurités subsistent quant au déroulement de cet événement majeur qui a failli coûter le trône à Justinien. En grec, Nika peut signifier « victoire », « Sois vainqueur » ou « Remportons la Victoire » à cause de son cri de ralliement

[7] L’hippodrome de Constantinople est l’arène hippique monumentale de la capitale de l’Empire byzantin, dans laquelle se déroulaient des courses de chars et d’autres manifestations. Sa construction est commencée par l’empereur Septime Sévère dans la ville qui s’appelait encore Byzance, pour être achevée par Constantin 1er pour sa nouvelle capitale, Constantinople. L’hippodrome a été ensuite utilisé jusqu’à la fin du 12ème siècle, avant d’être partiellement incendié par les Croisés en 1203. Aujourd’hui, les vestiges de l’hippodrome sont visibles sur la place du Sultan-Ahmet à İstanbul.

[8] Les Vandales sont un peuple germanique oriental. Ils conquirent successivement la Gaule, la Galice et la Bétique (sud de l’Espagne), l’Afrique du Nord et les îles de la Méditerranée occidentale lors des Grandes invasions, au 5ème siècle. Ils fondèrent également le « royaume vandale d’Afrique » (439 à 534) dont la capitale fut Carthage.

[9] La guerre des Goths est un conflit qui opposa les Byzantins et les Ostrogoths en Italie entre 535 et 553. Cette guerre intervient à la suite de la décision de Justinien 1er en 535 de reconquérir les provinces romaines occidentales perdues à la fin du siècle précédent lors de leur conquête par les Hérules d’Odoacre puis les Ostrogoths de Théodoric le Grand.