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Amalaire de Metz ou Amalarius

jeudi 23 avril 2015

Amalaire de Metz ou Amalarius (775-850)

Archevêque de Trèves entre 809 à 813

Le codex Dacheriana (805) de la cathédrale de Cologne témoigne de la réforme liturgique carolingienne dont Amalaire est un acteur.Figure de la Renaissance carolingienne [1], connu pour sa participation à l’évolution de la liturgie, il fait ses études à l’abbaye de Saint Martin de Tours [2], entre 796 et 804, au moment de l’abbatiat de Alcuin, l’un des principaux amis et conseillers de Charlemagne.

Il est écolâtre [3] à la cour d’Aix-la-Chapelle, et devient archevêque de Trèves [4]. En 813, avec l’abbé Petrus de Nonamtula, il est ambassadeur de Charlemagne auprès du roi Michel 1er Rhangabé à Constantinople. Il écrit une relation amusée de ce voyage dans “les Versus marini”. Il fait un nouveau voyage en 814, passant par Rome et Constantinople.

Amalaire est connu pour ses écrits liturgiques et surtout pour son “Liber officialis ou De ecclesiasticis officiis” en trois livres rédigés vers 820 ou 823. Il y propose une interprétation allégorique de la liturgie. Il poursuivra cet ouvrage tout au long de sa vie, lui ajoutant quatre compléments.

En 831 il se rend à Rome, auprès du pape Grégoire IV , puis à l’abbaye de Corbie [5] où il compile un antiphonaire [6] romain, “le Liber de ordine antiphonarii”, rédigé vers 832, selon celui que l’abbé Wala apporta de Rome auparavant. Il joue un rôle important dans la réforme religieuse entamée sous Louis le Pieux, utilisant notamment son antiphonaire pour l’église de Metz.

Il est nommé à l’archevêché de Lyon en 834 ou 835, après la destitution d’ Agobard de Lyon par le Concile de Thionville [7]. Il participe au synode de Quierzy [8] en septembre 838, où il s’oppose à Florus et à Agobard de Lyon. Le synode condamne certains de ses avis liturgiques et restitue le titre d’archevêque de Lyon à Agobard.

La liste historique des cardinaux mentionne que le pape Serge II , vers 844, élève Fortunatus Amalarius au rang de cardinal.

Amalaire expose dans ses ouvrages les différences entre le chant gallican et le chant romain, ceci, alors que le gallican régresse au profit du chant messin [9]. Il est ainsi un des rares auteurs nous donnant des informations sur ce premier. Il donne beaucoup d’informations sur la liturgie de l’époque, notamment sur la place du chant au sein de celle-ci, sur le rôle du chantre, etc.

Ces écrits étudient le répertoire, le rituel de la musique, mais ils ne fournissent pas d’exemples, et manquent souvent de rigueur dans la terminologie musicale.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Jacques Paul Migne, Patrologiae cursus completus. Serie latina (221 volumes), Petit Montrouge, 1844–1855 (réédition Turnhout, 1966),

Notes

[1] La renaissance carolingienne est une période de renouveau de la culture et des études en Occident sous les empereurs carolingiens, aux 8ème et 9ème siècles.

[2] L’Abbaye de Saint Martin était une des Abbayes les plus puissantes dans la France du Moyen-Age. Son église collégiale était une Basilique car elle abritait le tombeau de Saint Martin, l’apôtre des Gaules. La charge d’Abbé Laique de Saint Martin de Tours avait une importance considérable dès le Haut Moyen-Age. A la fin du 8ème siècle, Charlemagne fait nommer Alcuin, un moine Anglais de son entourage, comme Abbé. Celui-ci et ses successeurs revitalisent les études et développent le Scriptorium pour faciliter la diffusion des manuscrits.

[3] L’écolâtre était, au Moyen Âge, le maître de l’école monastique ou de l’école cathédrale. La fonction était importante et nombreux furent les écolâtres qui devinrent écrivains de renom, théologiens, ou évêques, voire pape comme Sylvestre II.

[4] Le diocèse de Trèves est une Église particulière de l’Église catholique dans le land de Rhénanie-Palatinat, en Allemagne. Trêves est la plus ancienne ville d’Allemagne et un diocèse également très ancien élevé au rang d’archidiocèse au 8ème siècle. L’archevêque est l’un des huit Prince Électeurs de l’Empire.

[5] L’ancienne abbaye royale Saint-Pierre de Corbie était un monastère de moines bénédictins fondé en 657 par la reine Bathilde, mère du roi franc Clotaire III, non loin de la confluence de la Somme et de l’Ancre, en un lieu appelé Corbie. L’abbaye qui, par la production de son scriptorium et l’activité de ses missionnaires, joua un rôle de premier plan dans la Renaissance carolingienne fut supprimée en 1790.

[6] L’antiphonaire est un livre liturgique catholique rassemblant les partitions grégoriennes des heures canoniales (liturgie des heures, ou « bréviaire »).

[7] Le concile de Thionville appelé parfois synode de Thionville (février 835) fut célébré pour réintégrer solennellement l’empereur Louis le Pieux et juger les évêques, en particulier Ebbon, qui, lors de la destitution de l’empereur au concile de Compiègne dit aussi de Soissons, en novembre 833, sous l’influence de Lothaire, avaient pris position contre Louis.

[8] Condamnation des moines de l’abbaye de Saint-Calais (diocèse du Mans). Condamnation de certains des avis liturgiques d’Amalarius de Metz.

[9] futur chant grégorien