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Drusilla fille d’Agrippa 1er

mercredi 21 janvier 2026, par lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 9 février 2014).

Drusilla fille d’Agrippa 1er (38-79)

William Hogarth, Paul devant Felix, 1752. Drusilla est assise à la droite de Felix

Fille de Hérode Agrippa 1er et sœur de Bérénice, Mariamne et Hérode Agrippa II. En 53, elle a d’abord été mariée à Aziz d’Émèse, puis l’a quitté pour se marier au procurateur [1] romain de Judée, Antonius Felix.

Alors qu’elle était une toute petite enfant, son père l’avait promise à Antiochus Épiphane, le premier fils du roi Antiochos IV de Commagène, avec comme condition qu’Épiphane embrasse la religion juive.

Finalement comme celui-ci ne s’est pas fait circoncire, le mariage n’aura jamais lieu. Elle avait 6 ans lorsque son père est mort à Césarée [2], peut-être empoisonné par le légat [3] de Syrie [4] Marsus.

Selon Flavius Josèphe, Drusilla et ses sœurs ont été la cible du mépris et de la dérision des habitants grecs de Césarée et samaritains [5] de Sébaste [6]. Ceux-ci descendent dans les rues pour manifester leur joie. Les plus audacieux prennent d’assaut les jardins royaux d’où ils arrachent les statues des trois filles du roi, Bérénice, Mariamne et Drusilla. Ils les emportent dans des lupanars et miment des actes de viol sur elles.

Lorsque son frère Agrippa II a obtenu l’ancienne tétrarchie [7] de Philippe , la Batanée [8], avec la Trachonitide [9] et l’Abilène [10] en 53, elle a cassé l’engagement qui était pris à l’égard d’Antiochus Épiphane. Elle s’est alors mariée à Aziz d’Émèse, à la condition posée par Agrippa II qu’il se fasse circoncire. « Extrêmement belle, Drusilla ne tarde pas à séduire Antonius Felix selon Flavius Josèphe. Celui-ci est le frère de Pallas et comme ce dernier un affranchi devenu procurateur romain de Judée, ancien esclave d’Antonia Minor, dont il prend le nom. Mais Félix n’a pas à subir la circoncision, c’est Drusilla qui renie sa religion.

Drusilla s’enfuie avec lui et l’épousa quelque temps plus tard. Ces événements ont fait scandale à l’époque.

Drusilla trouve la mort, ainsi que son fils Agrippa, issu de son mariage avec Antonius Felix, dans l’éruption du Vésuve [11] qui a détruit Pompéi [12] en 79.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia/ Drusilla (fille d’Agrippa Ier)/ Portail de la Rome antique/ Personnages du Nouveau Testament

Notes

[1] Dans la Rome antique le terme procurateur désigne au départ un personnage nommé par un autre pour s’occuper d’une tâche précise, mais l’usage le plus courant du terme, à partir d’Auguste désigne un fonctionnaire impérial choisi par l’empereur romain dans l’ordre équestre ou parmi ses anciens esclaves, on parle alors de procurateur affranchi.

[2] Césarée, en Israël, est le nom d’une ville antique et moderne, située sur la côte méditerranéenne à 20 km au sud de la ville de Dor, entre Netanya et Hadera. Les vestiges impressionnants de la ville antique permettent d’admirer les ruines de la capitale royale d’Hérode Ier le Grand, et nombre de monuments d’époque romaine et médiévale des Croisades.

[3] Titre porté par les représentants officiels de la Rome antique. Les ambassadeurs étaient des légats du Sénat romain. Sous la République romaine, les consuls, proconsuls, préteurs en campagne pouvaient charger temporairement des légats du commandement de la cavalerie, des réserves ou même d’une légion entière et de plusieurs légions. Sous l’Empire romain, à partir d’Auguste, la fonction de ces légats militaires devint permanente. Désignés par l’empereur, ils le représentaient dans les provinces et les légions. On distingua alors les légats consulaires et les légats prétoriens, qui gouvernaient les provinces « impériales » et exerçaient le pouvoir militaire, et les légats de légion, officiers expérimentés, de rang sénatorial, qui étaient chef d’une légion. Le titre de légat se transmit de l’Empire romain à l’Église catholique

[4] La Syrie est l’une des provinces les plus importantes de l’Empire romain, tant par sa richesse que sur le plan militaire. Étendue de la Méditerranée à l’Euphrate, elle constitue un riche creuset de civilisations, composées entre autres de Juifs, de Phéniciens, ou de Nabatéens, hellénisés pour la plupart d’entre eux. La Syrie est conquise par Pompée en 64 av. jc. En 63 av. jc, après avoir vaincu le roi Mithridate VI, il transforme le royaume de Syrie en province romaine, mettant ainsi fin à la dynastie séleucide. L’acquisition du territoire n’est cependant pas sa mission originelle. Le gouvernement de cette riche région constitue rapidement un enjeu majeur à Rome. Crassus, qui l’a obtenu, y trouve la mort en tentant une expédition militaire contre les Parthes en 53 av. jc, à Carrhes. Sous Auguste, la province est placée sous l’autorité d’un légat d’Auguste propréteur de rang consulaire, résidant à Antioche, la capitale. Les frontières de la province connaissent à plusieurs reprises des modifications. Le royaume de Judée, devenu province de Judée, est renommé Syrie-Palestine durant le règne de l’empereur Hadrien, mais n’appartient pas à la province de Syrie proprement dite. Les frontières varient aussi avec l’Arabie nabatéenne. La Syrie englobe l’Iturée et le territoire de Palmyre. Si les conquêtes de Trajan sont éphémères, la frontière sur l’Euphrate est durablement déplacée jusqu’à Doura Europos, lors de la guerre parthique de Lucius Verus, entre 161 et 166. À partir de la seconde moitié du 2ème siècle, le sénat romain comprend un nombre important de Syriens, comme Claudius Pompeianus ou Avidius Cassius sous Marc Aurèle. Dans la première moitié du 3ème siècle, des Syriens accèdent au pouvoir impérial, avec la dynastie des Sévères.

[5] Les Samaritains sont une communauté religieuse très ancienne vivant aujourd’hui encore en Palestine et en Israël. Leur religion, parfois appelée samaritanisme, est l’une des plus anciennes branches du judaïsme, séparée de ce qui deviendra le judaïsme orthodoxe entre le 6 et le 4ème siècle av. jc. Elle est fondée sur le Pentateuque samaritain, les Samaritains refusant les livres des prophètes et les livres hagiographes, qui sont postérieurs au Pentateuque de la Bible hébraïque. Les Samaritains ne prennent pas non plus en compte la tradition orale formant le Talmud. Apparus avant le développement du judaïsme rabbinique, ils n’ont pas de rabbins. Ils sont dotés d’une histoire écrite, attestée au 1er millénaire av. jc en Samarie, région qu’ils ont dominée jusqu’au 6ème siècle.

[6] Sebastia (latin : Sebaste) est un village palestinien situé à une douzaine de kilomètres au nord de la ville de Naplouse dans le gouvernorat de Naplouse, au nord de la Cisjordanie. La ville était aux 9 et 8ème siècles avant notre ère la capitale du royaume hébreu du nord, dit royaume d’Israël ou royaume de Samarie. Des nos jours, Sebastia est sous occupation israélienne et des colonies se sont établies dans ses environs.

[7] La Tétrarchie est le système de gouvernement de l’Empire romain mis en place par Dioclétien à la fin du 3ème siècle pour faire face aux invasions barbares.

[8] La Batanée actuellement Al-Bathaniya est une plaine fertile du sud de la Syrie actuelle. À l’est du Golan à l’ouest de la Trachonitide et au nord de l’Auranitide qui est la région frontalière avec la Jordanie. C’est une partie de l’ancien royaume de Bashân.

[9] Dans l’Antiquité, le Trachon ou la Trachonitide est le nom grec d’une région de chaos rocheux basaltiques appelé Argob dans la Bible, située au sud de Damas, en Syrie. Son nom actuel est le Al-Lejâh. Au 1er siècle av. jc cette région, difficile d’accès, était occupée par des tribus arabes qui razziaient le plateau agricole du Hauran à l’ouest. Cette région fut incorporée par Marc Antoine au royaume d’Hérode le Grand qui installa des colons militaires juifs « dans la toparchie de Batanée, limitrophe de la Trachonitide » où ils fondèrent la ville de Bathyra et la fortifièrent. Hérode le Grand « voulait faire de cet établissement une sorte de rempart. »

[10] Suq Wadi Barada est le site d’une cité antique connue sous le nom d’Abila de Lysanias capitale du royaume ituréen appelée Abilène. Ce territoire est aussi appelé tétrarchie de Lysanias puis royaume de Chalcis par Flavius Josèphe. Ce site est situé à 20 km au nord-ouest de Damas et fait partie de la province syrienne de Rif Dimashq. Les géographes arabe l’ont appelé Hâbîl as-Sûq, la montagne qui domine à cet endroit la rive droite est appelé Jabal an-Nabî Hâbîl, ou simplement Jabal Hâbîl.

[11] Le Vésuve ou mont Vésuve est un Somma-stratovolcan italien d’une altitude de 1 281 mètres, bordant la baie de Naples, à l’est de la ville. Il s’agit du seul volcan d’Europe continentale à être entré en éruption durant les cent dernières années, sa dernière éruption datant de 1944. Il est à l’origine de la destruction des villes de Pompéi, Herculanum, Oplontis et Stabies, ensevelies en 79 sous une pluie de cendres et de boue qui, ainsi, les a conservées jusqu’à nos jours dans leur état antique. Il est entré en éruption de nombreuses autres fois au cours des derniers millénaires et c’est l’un des volcans les plus dangereux du monde en raison de sa tendance explosive et surtout de la population importante qui vit à ses abords.

[12] Pompéi (Pompeii en latin et Pompei en italien) est une ville et cité antique située dans la région italienne de Campanie. Elle est célèbre pour avoir été ensevelie à l’automne 79 lors d’une éruption du Vésuve, volcan situé à 9 km au nord-ouest.