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L’histoire pour le plaisir

Ambroise de Loré

lundi 19 octobre 2015, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 20 août 2012).

Ambroise de Loré (1396-1446)

Maréchal de l’armée du duc d’Alençon, capitaine de Fresnay puis de Sainte-Suzanne, baron d’Ivry

Blason d'Ambroise de Loré : Les armes de Loré portaient d'hermine à trois quintefeuilles de gueules.Il est né au château de Loré [1], en la paroisse d’Oisseau. Fils de Ambroise 1er de Loré et de Marie de Prez. Il épousera Guillemette de Courceriers, puis Catherine de Marcilly, baronne d’Ivry. Il participe à la bataille d’Azincourt [2] en 1415.

Il suit le parti des Armagnacs [3] durant la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons et reste attaché au dauphin Charles.

Après différents combats au Bas Maine [4], autour du château de Courceriers [5].

Il rejoint Paris, aide les compagnons de Tanneguy du Chatel à soustraire le dauphin aux mains des Bourguignons le 29 mai 1418, puis au poste du pont de Charenton [6], qu’il défend pendant que le dauphin se rend à Melun.

Rappelé dans le Maine, il s’empare de Fresnay [7], dont il est fait capitaine, continue la lutte avec vigueur avec J ean Guérin de Fontaine sous le commandement du seigneur de Beauveau Pierre Ier de Beauveau , gouverneur de l’Anjou et du Maine, et pendant 10 ans mène une rude guerre de partisan qui ne laisse jamais l’Anglais en sécurité et qui réconforte les populations opprimées. Il perd Fresnay le 19 avril 1420, et il est fait prisonnier près de Villaines-la-Juhel [8]. A peine délivré il devient capitaine de Sainte-Suzanne [9], assiste à une série de batailles, mène sa troupe dans des chevauchées héroïques. En 1422, avec le comte d’Aumale Jean VIII d’Harcourt, le vicomte de Narbonne Guillaume II de Narbonne et le baron de Coulonches, il fait une campagne heureuse en Normandie. 2 combats sont livrés l’un au-delà de Bernay [10], l’autre au retour, sur la route de Mortagne [11]. Il est à l’avant-garde dans la marche en avant, à l’arrière-garde dans la retraite. Au mois de septembre 1423, c’est lui qui, averti par la duchesse d’Anjou que les Anglais vont passer sur les frontières du Maine avec un convoi de 1.200 bœufs et vaches enlevés des pâturages de l’Anjou, prévient le duc d’Aumale , prépare la bataille de la Brossinière [12]. Il reprend Nogent et la Ferté Bernard en 1424.

Pendant l’été de 1425, Thomas Montaigu conte de Salisbury attaque Le Mans, défendu par Ambroise de Loré durant 20 jours jusqu’au 2 août. Sainte-Suzanne est prise quelques jours après et il et fait prisonniers avec la garnison. Il paie 2.000 écus pour sa rançon, puis se retire à Sablé [13] pour reprendre la lutte. En 1426, il vient jusqu’en vue de Sainte-Suzanne surprendre à Ambrières Henry Branch, qu’il capture avec sa troupe et pousse même une pointe jusque dans les faubourgs du Mans, qui tombent un instant entre ses mains. Quand Arthur de Richemont quitte le Maine pour aller à Châtellerault pendant l’automne de 1427, Loré a maintenant le commandement, où il soutient une première attaque de John Fastolf, puis il part pour rejoindre la chevalerie française sous les murs d’Orléans.

Il faisait partie des troupes qui accompagnèrent Jeanne d’Arc depuis Blois où il contribua à organiser le convoi de ravitaillement pour Orléans.

Après le sacre du roi, il poursuit la lutte sous les ordres du comte de Clermont. Il obtient le gouvernement de Lagny-sur-Marne [14], mais fut envoyé à la fin de décembre par le duc d’Alençon, qui l’a choisi comme maréchal, défendre la place de Saint-Cenery [15] contre laquelle les garnisons anglaises s’acharnent.

Le 6 mai 1429, il participa à l’assaut de la bastille des Augustins [16]. Le 8 mai, il poursuit sur quelques lieues les Anglais en retraite, avec La Hire. Il était au côté de Jeanne d’Arc à Compiègne.

En 1431 il campe à Vivoin [17] et capture Matthew Gough près de Vivoin ou il est blessé.

En 1433 il bat d’Arondel à Gratiel. Les Anglais viennent le 1er mai 1433 planter par bravade un mai sous les murs de Saint-Cenery, mais les manceaux le reportent devant Fresnay et Loré profite de l’incident pour amener les ennemis dans une embuscade où Ralph Hodeston , maréchal de Fresnay, est fait prisonnier et perd un grand nombre de ses hommes.

En 1435, c’est Mathieu Got et sa troupe, se rendant au siège de Saint-Denis qu’il défait. Appelé lui-même par le roi pour le siège de Paris, il se signala encore par son habileté et son courage, contribua efficacement au succès et reçut du roi Charles VII, avec le titre de conseiller et de chambellan, la charge de prévôt de la capitale, en reconnaissance de ses services.

Il était présent en 1439 à la prise de Meaux et en 1441 à celle de Pontoise. Il ravitailla par la Seine les Français qui tenaient Pontoise assiégé et contribua à sa prise le 17 septembre 1441.

Nommé prévôt de Paris, en 1436, après la libération de la capitale, il réprimera les séditions et n’épargna pas les partisans des Anglais. Il y meurt dans ces fonctions le 24 mai 1446.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de histoire de Ambroise de Loré. Ambroys de Loré, chevalier, compagnon de Jeanne d’Arc

Notes

[1] Le château est possédé jusqu’à la fin du 16ème siècle par la famille à laquelle appartenait Ambroise de Loré, né dans ce château.

[2] La bataille d’Azincourt en Artois se déroule le vendredi 25 octobre 1415 pendant la guerre de Cent Ans. Les troupes françaises, fortes de quelque 18 000 hommes, tentent de barrer la route à l’armée du roi d’Angleterre Henri V, forte d’environ 6 000 hommes et qui tente de regagner Calais, devenue anglaise depuis 1347, et donc par là même l’Angleterre.

[3] Les Armagnacs sont le parti qui s’opposa au xve siècle, en France, dans une guerre civile, aux « Bourguignons ». À l’origine, le conflit opposait le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, à Louis, duc d’Orléans. Par suite de la folie de Charles VI, la France est gouvernée par un conseil de régence présidé par la reine Isabeau depuis 1393. La reine est piètre politique et le membre le plus influent du conseil est l’oncle du roi, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne. Jean sans Peur menace Paris en 1405. Cette intimidation ne suffisant pas, il décide de faire assassiner son rival en 1407. À la suite de cet assassinat, les partisans du duc d’Orléans se rallient à Bernard VII d’Armagnac, comte d’Armagnac, beau-père de son successeur Charles d’Orléans. Lors des noces entre Charles d’Orléans et la fille de Bernard VII d’Armagnac, le 15 avril 1410, une ligue dans laquelle entrent, outre le duc d’Orléans et son beau-père, les ducs de Berry, de Bourbon et de Bretagne, les comtes d’Alençon et de Clermont, se forme à Gien contre le duc de Bourgogne et ses partisans : le parti d’Armagnac.

[4] Le Bas-Maine est la région ouest de l’ancienne province du Maine. Elle correspond aux deux tiers nord du département de la Mayenne. La dénomination Bas et Haut est tardive, vraisemblablement à partir du 16ème siècle. Situé dans l’ensemble du Massif Armoricain, où se trouve son point culminant, à 417 m, le Mont des Avaloirs (Pré-en-Pail), le Bas-Maine est assez bien individualisé, malgré certaines incertitudes des limites historiques par rapport aux pays voisins. Au Nord, il est bordé par les barres gréseuses du Bocage Normand. À l’Est, une marche forestière : réduite au Nord à trois massifs, (Forêt d’Écouves, Multonne et Pail), au Sud, la Forêt de Sillé et la Forêt de Charnie, le sépare des plaines du Bassin Parisien occidental. À l’Ouest, c’est une vieille marche de défense et de contrebande, avec des restes forestiers et des landes, qui le coupe de la Bretagne. La frontière Sud avec l’Anjou est toujours restée plus incertaine, commence bien là où cessent d’intervenir les influences de la Loire.

[5] Le château de Courceriers est un château médiéval reconstruit au 16ème siècle et en partie détruit en 1961, situé à Saint-Thomas-de-Courceriers en Mayenne.

[6] D’origine romaine, le pont est resté fortifié jusque sous le règne d’Henri IV. Il a été reconstruit dix-huit fois jusqu’à nos jours. Le pont actuel date de 1972. En 1436, le prévôt de Paris, Simon Morhier, allié des Anglais qui occupent la capitale, est fait prisonnier par les troupes du roi Charles VII de France lors d’un engagement au pont de Charenton. Il perd par la même occasion sa charge de prévot de Paris. Il sera libéré par le chambellan de Charles VII, Denis de Chailly, en échange de ses seigneuries de Mesnil-Aubry et Montanglaut.

[7] Fresnay-sur-Sarthe est une commune française, située dans le département de la Sarthe. La ville est située à 17 km au sud d’Alençon, 16 km au nord-est de Sillé-le-Guillaume et 27 km à l’ouest de Mamers, elle surplombe un méandre de la Sarthe.

[8] Villaines-la-Juhel est une commune française, située dans le département de la Mayenne. En 1140, Mathilde d’Angleterre donna la terre de Villaines, à Juhel II de Mayenne, en remerciements des services qu’il avait rendus. La seigneurie prit alors son nom. Une forteresse fut construite à cette époque. Elle est en ruine depuis la guerre avec les Anglais. Il en subsiste, de nos jours, les soubassements du donjon. Villaines-la-Juhel forma d’abord une châtellenie, chef-lieu pour les francs-fiefs d’une des seigneuries du Maine en 1312 et relevant du comté du Maine. La famille de Champagne occupa la terre de Villaines-la-Juhel jusqu’à la Révolution.

[9] Sainte-Suzanne est une commune française, située dans le département de la Mayenne. La cité médiévale de Sainte-Suzanne, surnommée la « perle du Maine », se situe au sommet d’une colline isolée dominant d’un à-pic de 70 mètres la rive droite de l’Erve. Sa situation géographique a longtemps été stratégique au cœur du Maine car elle se situe en lisière des monts des Coëvrons (Alpes mancelles, extrémité sud de la Normandie) et de la plaine d’Anjou, sur laquelle s’ouvre un très vaste panorama. La cité est bâtie à 170 mètres d’altitude mais son point culminant se situe au Mont-Noir (222 mètres).

[10] Batilly est une commune française, située dans le département de l’Orne

[11] Mortagne-au-Perche est une commune française, située dans le département de l’Orne. Mortagne-au-Perche est une commune qui se situe au sud du département de l’Orne dans la région naturelle du Perche. Elle est le siège de la sous-préfecture de l’arrondissement de Mortagne-au-Perche, correspondant à une partie du Perche et du pays d’Ouche.

[12] En 1423, la bataille dite la « besoigne » de la Brossinière (commune de Bourgon, Mayenne), dite parfois la bataille de la Gravelle, oppose les armées anglaise et française, alors que la guerre de Cent Ans a repris depuis peu. Le 26 septembre 1423, Suffolk, commandant les troupes anglaises qui avaient envahi la France, voyait son offensive brisée par les hobereaux faméliques du comte d’Aumale1. Il s’agit de la bataille de la Brossinière.

[13] Sablé-sur-Sarthe est une commune française située dans le département de la Sarthe. Sablé-sur-Sarthe est située au carrefour du Bassin parisien, de la Normandie, de la Bretagne, du Centre-Val de Loire et des Pays de la Loire. Elle est traversée par la Sarthe et deux de ses affluents : l’Erve et la Vaige.

[14] Lagny-sur-Marne est une commune française située dans le département de Seine-et-Marne. La commune de Lagny-sur-Marne s’étend entre la vallée de la Marne et le début du plateau de la Brie. La Marne constitue la limite nord de la commune. Lagny est situé à 28 km à l’est de Paris.

[15] Saint-Céneri-le-Gérei est une commune française, située dans le département de l’Orne. Saint-Céneri représente un bastion avancé de la Normandie aux confins des départements de l’Orne, de la Sarthe et de la Mayenne. Dans un méandre de la Sarthe qui arrive d’Alençon et s’écoule vers Le Mans, Saint-Céneri est hissé sur un piton rocheux granitique et irrégulier. Les maisons à l’est surplombent la Sarthe alors qu’elles se superposent en terrasse sur le flanc ouest. À une dizaine de kilomètres au sud-ouest d’Alençon, Saint-Céneri se trouve au nord-est des Alpes Mancelles, dans le parc naturel régional Normandie-Maine.

[16] La bastille des Augustins à Orléans était un ouvrage militaire très important, où les Anglais avaient réuni leurs troupes de la rive gauche de la Loire.

[17] Vivoin est une commune française, située dans le département de la Sarthe. Vivoin est une commune du Nord-Sarthe et fait partie du pays belmontais. À partir de la commune, il est simple et rapide d’atteindre les villes et autres chefs-lieux de canton aux alentours. La commune est à bonne distance entre Le Mans (26 km) et Alençon (25 km) mais aussi entre Fresnay-sur-Sarthe (14,5 km) et Marolles-les-Braults (13 km). Vivoin se situe à environ 220 km de Paris