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Roscellinus dit Roscelin de Compiègne ou Jean Roscelin

dimanche 22 janvier 2012, par lucien jallamion

Roscellinus dit Roscelin de Compiègne ou Jean Roscelin (1050-1121)

Philosophe scolastique français, considéré comme le fondateur du nominalisme

"Le roi Louis VI le Gros accorde des privilèges aux habitants de la ville de Compiègne, vers le 21 mai 1111. Diplôme royal en latin, non daté, portant le monogramme royal. Archives nationales. (source : wiki/Compiègne)"Né à Compiègne [1] au milieu du 11ème siècle, il étudie à Soissons [2] et à Reims [3]. Il fait la connaissance d’ [4], alors prieur ou abbé du Bec [5], en Normandie. Il enseigne dans sa ville natale de Compiègne, puis à Tours [6], à Loches [7] et enfin à Besançon [8]. Il n’est pas moine, mais maître ès arts libéraux [9].

Il fait l’objet d’attaques, de la part de Rupert de Deutz , de Yves de Chartres, mais surtout d’Anselme de Cantorbéry dans sa Lettre sur l’incarnation du Verbe, par laquelle on connaît les thèses de Roscelin.

Il est jugé pour hérésie au concile de Soissons de 1092 [10]. On lui reproche, comme plus tard à Abélard, de penser la Trinité divine en termes de logique.

L’évêque Yves de Chartres, refuse de l’embaucher dans son diocèse et le met même en garde, ses compatriotes chartrains pourraient l’accueillir à coups de pierre. Il n’est pas officiellement condamné, comme il le dit à Abélard dans une lettre.

Il quitte le Royaume de France pour l’Angleterre, où il s’oppose à Anselme, puis il revient en Touraine [11]. Il est professeur d’Abélard de longues années, à Tours et à Loches, probablement de 1094 à 1099. Saint Anselme l’accuse de persister dans ses erreurs, il le tient pour hérétique et le réfute auprès du papeUrbain II. Il meurt à Besançon vers 1121.

La pensée de Roscelin marque un changement important dans la philosophie médiévale ; il est en effet le premier nominaliste [12] dont nous connaissions un peu la doctrine.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Roscelin de Compiègne/ Portail de l’Oise/ Portail de la théologie/ Catégories  : Philosophe nominaliste/ Philosophe scolastique/ Philosophe français du 11 et 12èmesiècle/ Écrivain français

Notes

[1] Compiègne est une commune située dans le département de l’Oise, dont elle est l’une des sous-préfectures. Jusqu’à la fin du 14ème siècle les rois réunirent souvent les États-généraux à Compiègne. En 1358, le régent Charles y réunit les États de Langue d’oïl pour rétablir l’autorité royale face aux menées d’Étienne Marcel. En 1374, il commence la construction d’un nouveau château sur l’emplacement actuel du Palais. Compiègne est désormais séjour royal et séjour de la cour, et reçoit la visite de nombreux princes. Compiègne a vu naître Pierre d’Ailly, cardinal-évêque de Cambrai, chancelier de l’Université de Paris, diplomate qui contribua à mettre fin au Grand Schisme d’Occident, auteur de plusieurs ouvrages d’érudition. L’un de ses ouvrages permit à Christophe Colomb de préparer la découverte de l’Amérique. Pendant la guerre de Cent Ans, Compiègne fut assiégée et prise plusieurs fois par les Bourguignons

[2] Soissons est une commune française située dans le département de l’Aisne. Soissons est historiquement connue pour avoir été la première capitale de la France. La ville connaît la prospérité aux 12ème siècle et 13ème siècle qui ont laissé de nombreux édifices gothiques.

[3] Reims est une commune française située dans le département de la Marne, dans la région culturelle et historique de Champagne. À vol d’oiseau, la ville est distante de 130 km de Paris, de 157 km de Metz, de 168 km de Lille, et de 282 km de Strasbourg. À l’échelle régionale, Reims est située à 25 km au nord d’Épernay, à 41 km au nord-ouest de Châlons-en-Champagne, à 75 km au sud-ouest de Charleville-Mézières et à 107 km au nord de Troyes.

[4] Anselme de Cantorbéry

[5] L’abbaye Notre-Dame du Bec est une abbaye catholique bénédictine faisant aujourd’hui partie de la congrégation de Sainte-Marie de Mont-Olivet et située au Bec-Hellouin, près de Brionne, dans le département de l’Eure. Elle a été fondée en 1034 par Herluin, chevalier du comte Gilbert de Brionne. Avec l’arrivée de l’Italien Lanfranc de Pavie, prieur et maître de l’école monastique, puis d’Anselme de Cantorbéry, le Bec devient l’un des principaux foyers de la vie intellectuelle du 11ème siècle : le futur pape Alexandre II y étudie vers 1050 ainsi que nombre de futurs légats et évêques. Depuis près de 1 000 ans, l’abbaye du Bec est liée par l’histoire à la cathédrale de Cantorbéry, à laquelle elle a donné trois archevêques.

[6] Tours est une commune de l’ouest de la France, sur les rives de la Loire et du Cher, dans le département d’Indre-et-Loire, dont elle est le chef-lieu. Ancienne Caesarodunum cité des Turones, fondé par Auguste, capitale de la 3ème Lyonnaise avec un des plus grands amphithéâtres de l’empire romain. Sanctuaire national avec saint Martin, Grégoire de Tours et Alcuin sous les Mérovingiens et les Carolingiens, avec l’adoption par les Capétiens de la monnaie locale la livre tournois qui deviendra la monnaie du royaume. Capitale du comté de Tours qui deviendra la Touraine, le jardin de la France. Première ville de l’industrie de la soie, voulu par Louis XI, capitale royale sous les Valois avec ses châteaux de la Loire et ville d’art avec l’École de Tours. Capitale de loyauté pour Henri III et Henri IV pendant les guerres de Religion

[7] Loches est une commune française située dans le département d’Indre-et-Loire. Au 15ème siècle, Agnès Sorel, favorite de Charles VII, habite souvent dans les châteaux aménagés de Loches et de Beaulieu de 1444 à 1449. Elle abandonne la cour de Chinon, où le Dauphin (futur Louis XI) lui a créé bien des difficultés. En effet, ce dernier ne supporte pas la relation d’Agnès avec son père le roi Charles VII. Il estime que sa mère est bafouée et a de plus en plus de mal à l’accepter. Un jour il laisse éclater sa rancœur et poursuit, l’épée à la main, l’infortunée Agnès dans les pièces de la maison royale. Agnès Sorel se réfugie à Loches et Charles VII, courroucé par tant d’impertinence, chasse son fils de la cour et l’envoie gouverner le Dauphiné. Après avoir servi de résidence royale, le château de Loches devient une prison d’État sous Louis XI. Le clergé séculier, du diocèse de Tours, fonde à Loches, un collège en 1576. Vers 1640, ce collège est repris par les Barnabites.

[8] Commune de l’est de la France, préfecture du département du Doubs. Au cours des 12ème et 13ème siècles, les Bisontins luttent contre l’autorité des archevêques et obtiennent finalement leurs libertés communales en 1290. Tout en restant soumise à l’Empereur, Besançon se gouverne par elle-même, grâce à un conseil de 28 notables élus au suffrage universel masculin à plusieurs degrés et à un conseil de 14 gouverneurs désignés par les notables. Besançon restera ainsi une « ville libre » pendant près de 400 ans. Les ducs de Bourgogne, devenus maîtres de la Franche-Comté, sont les « protecteurs » de la ville libre impériale que reste toujours Besançon. C’est pour la cité une période de prospérité.

[9] Les sept arts libéraux désignent une grande part de la matière de l’enseignement concernant les lettres latines et les sciences des écoles de second niveau de l’Antiquité, qui se poursuit sous diverses formes au Moyen Âge. Ce corpus d’enseignement est notamment généralisé en Europe occidentale médiévale par l’œuvre d’Alcuin, maître précepteur de la famille de Charlemagne et savant écolâtre responsable des réformes scolaires supérieures de l’Empire carolingien, durant la période dite de la Renaissance carolingienne.

[10] Concile présidé par Renaud, archevêque de Reims. Condamnation de la doctrine de Roscelin de Compiègne qui remet en cause le mystère de la Trinité.

[11] La Touraine est une des anciennes provinces de France héritière de la civitas turonensis ou cité des Turones, dont elle tire son nom. Les comtes d’Anjou et de Blois, maîtres politiques de la Touraine, sont longtemps plus puissants que les rois capétiens, mais la généralisation de la seigneurie franco-flamande et son besoin de garantie de paix réhabilitent le pouvoir central longtemps oublié. Au terme d’une reprise capétienne séculaire, Philippe Auguste s’impose face à la prestigieuse dynastie Plantagenêt après 1216. Toute la Touraine (et pas seulement la portion de la ville de Saint Martin de Tours) et quelques places fortes est sous l’égide de la maison royale de France.

[12] Le nominalisme est une doctrine philosophique qui considère que les concepts sont des constructions humaines et que les noms qui s’y rapportent ne sont que conventions de langage. Les êtres ne sont pas intrinsèquement porteurs des concepts par lesquels nous les appréhendons.