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Géza de Hongrie

samedi 17 février 2018 (Date de rédaction antérieure : 7 novembre 2011).

Géza de Hongrie (vers 945-997)

Grand-Prince des Hongrois de 972 à 997

Fils de Taksony , il entreprend l’organisation d’un État hongrois en favorisant le christianisme. Il organise une armée privée semblable à la drujina des Slaves avec des soldats russes et allemands, construit 3 forteresses dans lesquelles il établit des ispans [1] sur le modèle des comtes carolingiens.

Dès Pâques 973, il envoie une ambassade à la cour de l’empereur Othon 1er, à Quedlinbourg [2]. Après un traité, il accepte la venue de missions chrétiennes, telles celles envoyées par Adalbert de Prague.

Il est en rivalité avec Gyula de Transylvanie , qui regarde vers Byzance et dont il a épousé la fille Sarolt .

Il se tourne vers Othon II qui lui envoie Bruno, évêque de Saint-Gall [3], et accepte de se convertir au catholicisme romain ainsi que son fils Vajik, qui prend le nom d’Étienne à l’âge de 10 ans en 985. Des églises et des monastères sont fondés en Hongrie. Étienne de Hongrie est éduqué par Adalbert de Prague et ses disciples qui organisent l’Église hongroise.

Géza fait convertir de gré ou de force un grand nombre de seigneurs et de guerriers et persécute les “chamans” et les païens récalcitrants. Il doit affronter de nombreuses révoltes, mais renforce son pouvoir.

La Hongrie sous Géza est divisée en 2 pays, celui des “Hongrois blancs” et celui des “Hongrois noirs”. Ces derniers comprennent les Sicules [4] et les peuples turcs agrégés aux magyars [5] comme soldats auxiliaires, tels les Kabars [6] ou les Petchenègues [7]. La plupart sont placés sous commandement ducal, mais certains sont sous l’autorité de grands seigneurs rebelles, comme Gyula de Transylvanie ou son voisin Ajtony .

Étienne succède à son père comme prince de Hongrie en 997. Il sera sacré premier roi de Hongrie en l’an 1000.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Gyula Kristó Histoire de la Hongrie Médiévale Tome I le Temps des Árpáds, Presses Universitaires de Rennes (2000) (ISBN 2-86847-533-7).

Notes

[1] En Hongrie, le titre d’ispán était donné jusqu’à l’avènement du régime communiste aux dignitaires les plus importants, initialement au commandant d’une forteresse, et ensuite, le plus souvent, au gouverneur placé par le roi à la tête d’un comitat.

[2] Quedlinbourg ou Quedlimbourg, en allemand Quedlinburg, est une ville de Saxe-Anhalt en Allemagne. La ville fut mentionnée pour la première fois en 922 dans une donation d’Henri l’Oiseleur. À la mort d’Henri, sa veuve sainte Mathilde de Ringelheim fonda l’abbaye de Quedlinbourg, une communauté de chanoinesses (Frauenstift) sur la colline du château, où les filles de la haute noblesse étaient éduquées. C’était une abbaye d’Empire.

[3] Saint-Gall (en allemand Sankt Gallen) est la huitième ville de Suisse et le chef-lieu du canton de Saint-Gall. Elle fut fondée sur l’ermitage du moine irlandais Gall au 7ème siècle.

[4] Les Sicules ou Széklers sont un groupe ethno-linguistique de langue hongroise présent essentiellement en Transylvanie et lié historiquement aux Magyars. Les Sicules habitent originellement le « Pays sicule » région montagneuse située à l’Est de la Transylvanie, sur les județe roumains de Harghita, Covasna et la moitié du Mureș, ainsi qu’un arrondissement de celui d’Alba. Leur capitale historique est Odorheiu Secuiesc, en hongrois Székelyudvarhely.

[5] Les Magyars ou Hongrois sont à l’origine un groupe ethno-linguistique finno-ougrien originaire d’Asie centrale et dont les migrations successives, d’abord vers l’Oural, ensuite vers la mer Noire (pays d’Etelköz, l’actuelle Ukraine) ont finalement abouti à la création du « pays magyar » (Magyarország), c’est-à-dire la Hongrie. Des débats historiographiques récurrents évoquent l’existence de « Magyars orientaux » (keleti Magyarok) dans le Caucase et en Asie centrale. De nos jours, le qualificatif « magyar » est souvent utilisé comme un ethnonyme, pour désigner la catégorie ethnique dans son sens historique (avant la création de l’État hongrois) ou dans son sens socio-culturel, pour désigner les Magyars d’outre-frontières, à savoir les minorités de langue hongroise dans les pays frontaliers de la Hongrie. En hongrois, le qualificatif magyar est également utilisé dans un sens politique, pour désigner tout ce qui est relatif à la Hongrie comme État-nation moderne et par extension tous les citoyens hongrois, quelles que soient leurs origines socio-culturelles.

[6] Les Kabars ou Khavars sont un ancien groupe ethnique d’origine khazaro-turcique lié à l’histoire de la Hongrie. Ils sont issus de trois tribus ayant fait acte de rébellion contre le Khaganat khazar au 9ème siècle et ayant rejoint la Confédération des sept tribus magyares peu avant l’Honfoglalás et la fondation de la grande-principauté de Hongrie, prémices du royaume de Hongrie. Les Kabars se sont par la suite entièrement assimilés aux Magyars, contribuant à la genèse de la nation hongroise. Certains historiens font des Kabars les ancêtres des Sicules. D’autres en font les ancêtres des Ashkénazes de Hongrie, la religion juive étant particulièrement répandue chez les Khazars.

[7] Les Petchénègues ou Petchenègues, sont un peuple nomade d’origine turque qui apparaît à la frontière sud-est de l’empire khazar au 8ème siècle. Ils s’installent au 10ème siècle au nord de la mer Caspienne.