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Ivarr de Dublin

samedi 12 décembre 2020, par ljallamion

Ivarr de Dublin (mort en 873)

Roi viking-Co-roi de Dublin de 853 à 873

Le royaume de Dublin (en rouge) et les autres colonies vikings d'Irlande (en vert).Actif en Irlande et dans le nord de la Grande-Bretagne pendant 20 ans. Il est considéré comme l’ancêtre de la dynastie des Uí Ímair ou Uí Ímhair [1].

Les Annales irlandaises relèvent en 857 qu’Ivarr et son frère Óláfr ou Olaf Guthfrithsson dit Olaf le Blanc défont dans le Munster [2] un de leurs concurrents Caittil Find identifié sans certitude avec le viking Ketil Flatnose dit Ketill au Nez plat plat qui était à la tête d’une troupe de Vikings et d’Irlandais.

Le Chronicon Scotorum [3] précise que l’année suivante Ivarr qui s’implique dans les querelles séculaires entre les dynastes irlandais écrase le Cinél Fiachach sans doute avec son allié irlandais Cerball mac Dúnlainge roi d’Osraige [4].

Deux ans après, Ivarr associé avec Olaf mène une grande armée contre le royaume de Mide [5]. Ensuite alliés avec un 3ème roi Vikings Auisle et cette fois avec Lorcan mac Cathal roi de Mide ils dévastent le royaume de Flann mac Conaing en 863.

Les Annales d’Ulster [6] relèvent qu’en 870, Ivarr accompagne de nouveau Óláfr lorsqu’ils mettent le siège devant Dumbarton [7] la capitale du royaume de Strathclyde [8] et qu’il ramènent en Irlande l’année suivante des captifs Angles [9], Britons et Pictes [10]. Le Chronicon indique qu’Ivarr revient bien avec des otages d’Alba [11] mais ne mentionne pas de Pictes parmi eux.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Jean Renaud Les Vikings et les Celtes Éditions Ouest-France Université Rennes 1992 (ISBN 2-7373-0901-8) (notice BnF no FRBNF35539950).

Notes

[1] Les Uí Ímair ou Uí Ímhair étaient une dynastie celto-norroise qui régna sur la mer d’Irlande et la côte ouest de l’Écosse de la fin du 9ème siècle jusqu’au 10ème siècle.

[2] Situé au sud-ouest de l’île, le Munster (en irlandais An Mhumhain) (en latin Momonia), est l’une des quatre provinces d’Irlande. Le Munster est la plus grande des provinces d’Irlande, et celle qui est placée le plus au sud. Sa plus grande cité est Cork.

[3] Le Chronicon Scotorum est une chronique irlandaise. Selon Nollaig O Muraile, le Chronicon Scotorum serait une collection d’annales appartenant au « groupe de Clonmacnoise », couvrant une période allant des temps préhistoriques jusqu’à l’année 1150, avec un certain nombre de lacunes. Il serait étroitement apparenté aux Annales de Tigernach. Il n’a subsisté que par une seule copie faite par Dubhaltach MacFhirbhisigh vers 1640 à partir d’un exemplaire qui n’existe plus. La copie de MacFhirbhisigh fut conservée par son ami, et probablement élève, Roderick O Flaherty, à la fin des années 1600, et elle se retrouva en France dans les années 1760, avant son rachat par le Trinity College de Dublin en 1776. Édité et publié par William M. Hennessy en 1866, il est considéré comme l’une des plus précieuses annales irlandaises grâce à ses informations datées, qui sont fréquemment faussées dans de semblables compilations.

[4] Les rois d’Osraige ou Ossory en anglais ; régnèrent sur ce qui fut principalement un État tampon entre le Leinster et le Munster. Les frontières sud de l’Osraige étaient les fleuves côtiers Barrow et Suir, bien qu’à l’origine ce territoire s’étendît jusqu’à la mer, et que ses rois eussent quelque influence sur les rois normands de Waterford. Vers le nord, il se peut qu’il se soit étendu au-delà des montagnes Slieve Bloom et ait atteint le fleuve Shannon, mais, pendant la période historique, il s’arrêtait au sud de ces montagnes, la rivière Nore constituant généralement la frontière. En partant du nord, et en pivotant dans le sens des aiguilles d’une montre, il était bordé par les royaumes ou seigneuries suivantes : Ele, Ui Duach, Loigis, Ui Drona, Uí Cheinnselaigh, Déisi Mumhain, et Eóganachta Caisel. La ville principale et la capitale de cet état était Kilkenny. Le comté actuel de Kilkenny, ainsi que la partie ouest du comté de Laois, constituent le cœur de cet ancien royaume. On dit que le nom d’Osraige vient des Usdaie, une tribu que la carte d’Irlande de Ptolémée place à peu près dans la même zone qu’Osfraige occupa plus tard. Les autres tribus du voisinage étaient les Brigantes et les Cauci. Les Osfraiges se réclamaient descendre des Ivernes. Selon les généalogies traditionnelles le royaume d’Osraige aurait été fondé par Oenghus Oisrithe un descendant du fabuleux Breasal Breac. Ses propres descendants auraient exercé le pouvoir avant d’être renversés à la fin du 5ème siècle par Cucraidh mac Duach Iarleith de la famille des rois de Munster. Ils auraient recouvré leur héritage au 6ème siècle et ce n’est qu’à partir de cette époque que l’on peut donner une liste des rois d’Osraige. Au 11ème siècle la dynastie régnante prit le nom de Mac Gillo Patraic, qui fut plus tard changé en celui de Fitz-Patrick. Après l’invasion des anglo-normands les Mac Gillo Patraic durent se réfugier dans le haut Ossory qu’ils conservèrent jusqu’en 1537 époque à laquelle Brian Og Mac Gillo Patraic mort en 1551 se soumit au roi d’Angleterre.

[5] Mide, est le nom d’un royaume irlandais médiéval. Son nom signifiait « Milieu », du fait qu’il se trouvait au centre de l’Irlande. Le royaume de Mide incluait l’actuel comté de Meath dont le nom reprend celui du royaume, mais également le Comté de Westmeath et des parties des modernes comtés de Cavan, Dublin, Kildare, Longford, Louth et enfin Offaly.

[6] Les Annales d’Ulster sont des chroniques de l’histoire médiévale irlandaise. Les entrées couvrent la période allant de 431 à 1540. Celles allant jusqu’à l’année 1489 furent compilées à la fin du 15ème siècle par le scribe Ruaidhri Ó Luinín, sous le patronage de Cathal Óg Mac Maghnusa, sur l’île de Belle Isle sur le lac Lough Erne, dans la province d’Ulster. Les entrées plus tardives furent rajoutées par d’autres auteurs.

[7] Dumbarton est un burgh écossais, capitale administrative du council area du West Dunbartonshire et de la région de lieutenance et ancien comté du Dunbartonshire. Le burgh se situe sur la rive nord de la Clyde, à l’endroit où la rivière Leven se jette dans la Clyde. Dès le 5ème siècle, Dumbarton, dont le nom signifie en Brittonique le « Fort des Bretons », fut la capitale du Royaume de Strathclyde, elle fut ensuite prise et détruite par les Vikings en 871.

[8] Le Strathclyde est l’un des royaumes celtes brittoniques qui résista aux Anglo-Saxons, aux Pictes, aux Scots et aux Vikings durant le haut Moyen Âge avant d’être réuni au royaume des Pictes et des Scots vers le milieu du 11ème siècle.

[9] Le peuple des Angles, qui donne son nom aux Anglais et à l’Angleterre, est une peuplade germanique possiblement originaire de la péninsule d’Angeln dans l’actuel Schleswig, en Allemagne, ou bien de l’Angrie, autre région historique de l’Allemagne, située plus au sud. Durant les années 449-455, le roi breton Vortigern fit appel aux Angles pour se battre à ses côtés contre les Pictes.

[10] Les Pictes étaient un peuple établi principalement dans les Lowlands de l’Écosse. Les migrations Pictes s’installent entre les différentes vagues de migrations goïdeliques (gaëliques) et gallo-britonniques. Leurs ancêtres seraient venus du continent à la fin de la préhistoire, peut-être au cours du 1er millénaire avant jc. Leur première mention est due à l’orateur breton Eumenius, en 297, ce dernier les cite aux côtés des Hibernii (les Irlandais) comme ennemis des Bretons.

[11] Alba est le nom gaélique, gallois, cornique et breton de l’Écosse. Le terme Alba est issu du celtique, d’un mot désignant l’ensemble de l’île de Grande-Bretagne, et ceci avant l’utilisation du terme classique d’Albion. Il fut employé dans ce sens jusqu’au 9ème siècle et au 10ème siècle, avant de désigner uniquement les royaumes des Pictes et des Scots, situés au nord de la rivière Forth et de l’estuaire de la Clyde, unifiés par Kenneth Mac Alpin.